Eugène Ledrain

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(à 65 ans) 15e arrondissement de Paris |
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Fréjus Eugène Ledrain |
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Eugène Ledrain, né le à Sainte-Suzanne (Mayenne) et mort le à Paris[1], 15e arrondissement[2], est un archéologue orientaliste et écrivain français, qui fut conservateur du département des antiquités orientales du musée du Louvre entre 1908 et 1910.
Biographie
Origine
Fils de Guillaume Nicolas Fréjus Ledrain, gendarme, et d'Eugénie Couriot, Fréjus Eugène Ledrain passe sa jeunesse à Sainte-Suzanne[3], où il habite rue du Grenier à sel. Il évoquera ses souvenirs d'enfance en préfaçant les Recherches historiques sur Sainte-Suzanne, du Dr Charles Nory, maire de cette cité médiévale, en 1888. Les Ledrain sont originaires d'Écoche[4],[5] dans le Forez.
Saint-Sulpicien
Son père, ancien gendarme, s’était retiré à Sevelinges. Eugène Ledrain fait ses études au petit séminaire de Saint-Jodard (Saint-Jodard)[6]. Eugène Ledrain poursuit ses études chez les Oratoriens pour devenir prêtre.
En 1871, Ledrain publie un article[7] dans le Correspondant à Paris. Les archives de l'Institut de France conservent, dans le fonds Gaston Maspero, une série de lettres d’Eugène Ledrain. La plus ancienne, datée de 1874, est signée du Révérend Père Eugène Ledrain, prêtre de l’Oratoire[8]. Salomon Reinach[9] indique avoir rencontré l'abbé Ledrain[10], déjà connu comme égyptologue, aux bureaux d'une feuille hebdomadaire, l'Instruction publique, dirigée par Alfred Biot sous le patronage de Mgr Félix Dupanloup.
Abandon de la carrière ecclésiastique
Bien qu'il soit ordonné, Eugène Ledrain abandonne rapidement la carrière ecclésiastique[11]. Tout comme Ernest Renan au Séminaire Saint-Sulpice, il eut pour maître d’hébreu Arthur-Marie Le Hir, et, pour des raisons philologiques et d'autres, il cessa de pratiquer et de croire[6]. Cependant, il maintenait de bonnes relations avec ses anciens professeurs, notamment avec M. Noyaux, le supérieur de Saint-Jodard[12].
Malgré sa prolixité d'écrivain, Eugène Ledrain n'a jamais précisé les circonstances qui l'ont amené à quitter l'Église[13].
« Puisqu’on a parlé de M. Ledrain, je dirais qu’il est un savant et un écrivain de premier ordre. Il a acquis une grande notoriété par ses travaux d’érudition, notamment par sa magnifique traduction de la Bible, et par ses articles de critique littéraire, toujours exquis, pleins de saveur et d’une forme particulièrement élégante. L’Institut fera tôt ou tard en lui une de ses plus hautes recrues.. Mais ce n'est qu'après que M. Ledrain eut été connu comme savant, comme écrivain et comme professeur à l'École du Louvre que le public apprit qu'il avait été oratorien. Donc puisqu'il n'en parlait point et qu'il ne signa jamais : abbé Ledrain cela ne regarde personne et je n'ai parlé de tout ceci en ce qui la concerne que pour montrer, l'absurdité de la comparaison. Le Passe-temps, littérature, beaux-arts, musique, biographies, nouvelles, 7 novembre 1897. »
Egyptologue
À cette époque, il est déjà connu comme égyptologue, ayant suivi les cours d'Ernest Renan et de Gaston Maspero au Collège de France et travaillé sous la direction de ce dernier à l'École pratique des hautes études[10]. Il entre à la Bibliothèque nationale de France grâce à Ernest Renan[14], où il est d'abord chargé du catalogue des antiquités égyptiennes (à partir de 1876, terminé en 1878[15]), puis du catalogue des imprimés (à partir de 1878)[16]
Musée du Louvre
Il est nommé le [15] attaché au Département des antiquités orientales du musée du Louvre, puis, le [15], il devient conservateur adjoint de ce même département[10]. En 1908, il accède au poste de conservateur du Département des antiquités orientales du musée du Louvre.
Ecole du Louvre
En parallèle à son rôle de conservateur, Eugène Ledrain enseigne à l’École du Louvre, qu'il contribue à établir en 1882-1883, où il dispense d'abord un cours sur les inscriptions sémitiques, suivi, au fil des ans, de cours d’épigraphie assyrienne, phénicienne et araméenne[10]. Parmi ses premiers élèves figura Marcel Dieulafoy. En 1884-1885, le titre de son cours d’épigraphie évolua, comme en témoigne le texte de sa leçon inaugurale à l’École du Louvre, désormais consacrée à l’épigraphie assyrienne, phénicienne et araméenne[17]. Le directeur de l’École souligne l’enseignement vivant et fécond qu'il offre[18].
De 1896 à 1898, Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz[19] a étudié l'épigraphie phénicienne et assyrienne pendant trois années consécutives sous la supervision du professeur Eugène Ledrain[20]. Miłosz indique dans Deux messianismes avoir Eugène Ledrain comme maître[21].
Travaux scientifiques
En tant que conservateur et enseignant, Eugène Ledrain est également l'auteur de publications savantes sur les civilisations de l'Antiquité, notamment sur Israël, l'Égypte et l'Assyrie[10]. Il propose une nouvelle traduction de la Bible, dirige une collection scientifique (la Bibliothèque d’histoire orientale, chez l’éditeur Ernest Leroux) et contribue à la création de la Revue d'assyriologie et d'archéologie orientale[22] avec Jules Oppert et Léon Heuzey, tous deux membres de l’Institut de France, où il est l'un des rédacteurs, généralement avec des articles concis[10],[23],[24].
Il s'implique également dans les milieux ethnographiques : en 1900, il fait partie du Comité d’organisation du Congrès international des sciences ethnographiques, en compagnie de Textor de Ravisi, Verrier et Gauttard[10]. Ces activités littéraires empiètent sur ses travaux scientifiques[10]. Ses publications deviennent donc plus rares après les années 1890, et selon la nécrologie[25] de Salomon Reinach parue dans Revue archéologique : il était presque perdu pour la science et les promesses de son début n’avaient pas été tenues à l'âge mûr. Pour Dominique Charpin, cette remarque est assurément imméritée[24]. Peu avant sa mort, Eugène Ledrain publiait encore dans la Revue d’assyriologie les dernières acquisitions du Louvre : une agate gravée au nom du roi d’Ibbi-Sin, un poids en plomb portant une inscription phénicienne, ainsi que des inscriptions de sculptures et bas-reliefs palmyréniens.
Eugène Ledrain est un spécialiste de l’épigraphie hébraïque et assyrienne[26]. Parmi ses ouvrages, on trouve de nombreuses études épigraphiques, ainsi que des ouvrages décrivant les collections du musée du Louvre et des bibliothèques nationales, des dictionnaires de langues sémitiques anciennes et une Histoire d’Israël. Indépendant d’esprit, il n’hésita pas à critiquer vivement Ernest Renan, et ce malgré le soutien que ce dernier lui avait apporté dans sa jeunesse[24]. Pour Dominique Charpin[24], cela explique pourquoi il ne sera pas à l'Institut de France.
Journalisme

Parallèlement à ses travaux archéologiques, Eugène Ledrain participe à plusieurs revues politiques, philosophiques et culturelles du XIXe siècle (notamment La Revue de philosophie politique, La Revue de Littré, La Revue bleue, La Nouvelle Revue, L'Éclair, Le Sagittaire[3], L'Opinion, Le Contemporain et L’Artiste), ainsi qu'à des périodiques généralistes tels que L’Eclair et La Nouvelle Revue[10]. Le Figaro[27] dit de lui une « Intelligence vaste et curieuse, appuyée sur un fonds rare d’érudition ».
Critique littéraire
Il rédige des critiques littéraires, par exemple à L'Illustration[6],[28] sur des auteurs contemporains. Eugène Ledrain se distingue par une approche critique marquée par la sincérité, la méthode et une grande culture littéraire[29]. Ses articles, publiés notamment dans L’Éclair, sont salués pour leur équilibre entre exigence et bienveillance, ainsi que pour leur clarté et leur harmonie stylistique, héritées des grands auteurs français (Jacques-Bénigne Bossuet, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Alphonse de Lamartine, Jules Michelet, etc.)[29].
Eugène Ledrain est connu pour son analyse fine des œuvres et des auteurs, mêlant éloge et critique constructive. Il s’attache particulièrement à dénoncer les excès du symbolisme littéraire, notamment chez Francis Poictevin, tout en reconnaissant la valeur artistique de certains écrivains[29]. Son style se caractérise par l’usage judicieux de la citation, qu’il emploie comme pierre de touche[29] pour révéler les forces et les faiblesses d’une œuvre. Eugène Ledrain défend la simplicité et la clarté de la langue française, s’opposant aux recherches stylistiques outrancières de certains symbolistes[29]. Pour Gaston de Raimes[29], qu'il s’en prenne à Ferdinand Brunetière ou à Eugène-Melchior de Vogüé, à Ernest Lavisse ou à Pierre Loti, qu'il fasse œuvre de penseur ou de critique, toujours Ledrain reste clair, d’une pureté classique.
Il affiche parfois des jugements très tranchants[10] et des prises de position lui valent parfois des critiques très sévères[30].
« écrivain mordant et combatif [...], il eut à soutenir, un peu de tous les côtés, des polémiques ardentes. C’est ainsi qu’il eut de vifs démêlés avec Renan à propos de la Bible, avec tous les admirateurs de Flaubert au sujet de Salammbô, où il trouvait des descriptions beaucoup trop brillantes et idéalisées de la ville de Tanit, avec Anatole France, avec Berthelot, avec Émile Zola, au sujet de la valeur morale du roman contemporain qu’il jugeait à peu près nulle. Larousse mensuel illustré, , « Ledrain ». »
Ami des femmes, il affiche sa prédilection pour les femmes de lettres du XVIIIe siècle, comme Louise d'Épinay, Sophie Lalive de Bellegarde, Madame du Deffand[29]. Il se consacre également des études remarquées aux femmes de lettres de son époque, comme Athénaïs Mialaret, Pauline Caro ou Valérie Feuillet, avec une sensibilité et une courtoisie particulières, comme pour Madame Stanislas Meunier[29]
« Dans les livres plus doux du génial écrivain, des livres tels que la Mer, la Femme et l'Amour, on sent l’inspiration de Madame Michelet, on retrouve sa causerie.... Michelet eut par elle la grande et intime révélation de la femme. Eugène Ledrain[29] »
Eugène Ledrain va effectuer des chroniques dans La Nouvelle Revue de Juliette Adam[31]. Ses réflexions philosophiques, notamment sur Jeanne d’Arc, où il sépare la cause de Jeanne d’Arc de celle de l’Église[29], témoignent d’un esprit libre et d’un engagement en faveur de la pensée individuelle et de la laïcité[29]
« Si, pour un strict théologien, Jeanne fut désobéissante à l’Église et relapse, elle demeure pour nous le type le plus pur de la beauté morale, et c’est presque à genoux que nous devons parler d'elle et adorer son image. A un moment terrible où il n’y avait dans le pays que des factions et personne qui s'occupât de la patrie, elle aima la France avec un désintéressement sublime, jusqu'à en mourir et jusqu’à pardonner, sur le bûcher, tous les abandons : elle est notre sainte, une sainte purement laïque, éprise de pensée libre et ne marchant que sur les indications de sa conscience. Son image devrait se trouver au milieu de tous nos drapeaux, sur la partie blanche, comme l’incarnation même de la vertu et du patriotisme, et son histoire entre les mains de tous nos enfants. Elle est du moyen âge et elle est en même temps de la Révolution par son souci de l'unité française, et parce qu’elle nous apparaît, en dehors des églises et de l’Église, comme la plus vive protestation en faveur des voix particulières et de la conscience individuelle. Eugène Ledrain, Fût-elle une Sainte ?, étude sur Jeanne d'Arc[29]. »
Au début des années 1900, il tient dans L'Illustration[6],[28] une chronique régulière intitulée Mouvement littéraire, tout en y publiant des articles.
Témoin de son époque
Lors de l'Affaire Dreyfus, le , il s'adresse dans L'Éclair à Emile Zola suite à l'article J'accuse…![32] en indiquant
« Que M. Zola continue de composer dans le silence de son appartement, avec ses notes, des livres vigoureux ; qu’il nous décrive les milieux contemporains, qu’il en étale les abjections sous nos yeux, nous l’applaudirons ; mais qu’il n’entreprenne pas une besogne pour laquelle il n’est pas fait. Qu’il se garde bien d’imaginer qu’il est envoyé du ciel pour changer en mieux la face de la planète, et pour y opérer les purification nécessaires. Nous y gagnerons de belles œuvres, et lui, de céder un peu moins à son inclination pour la rhétorique. »
Charles Maurras indique que Eugène Ledrain avait communiqué lors de l'Affaire Dreyfus les plus fortes clartés sur les caractères de la campagne juive[31].
En 1898, il écrit dans L'Éclair sur Paul Deschanel : « Comme Lamartine, il s’est peu à peu détaché des banquettes agitées pour siéger au plafond. En dehors des petites coteries, des mesquines rivalités, jamais ministre, il a fait son ascension sur des hauteurs où nous le contemplons et d’où il laisse tomber tant d’idées personnelles[33],[34]. »
En octobre 1900, Eugène Ledrain publie une lettre ouverte à Charles Maurras, théoricien monarchiste, dans L’Éclair. Il y critique le projet de restauration monarchique de Charles Maurras, qu’il juge contradictoire : comment concilier une monarchie autoritaire (« poignarde ») et une décentralisation ambitieuse ?[31] Ledrain y souligne que la monarchie historique a unifié la France, et que toute décentralisation excessive risquerait de la fragmenter. Il doute aussi de la viabilité d’un régime monarchique dans une France moderne, estimant que son rôle unificateur est achevé[31]. Charles Maurras répond dans la Gazette de France[35] en défendant une monarchie forte mais non despotique, capable de restaurer l’ordre national tout en déléguant les compétences locales. Pour lui, le parlementarisme a affaibli l’État et divisé la nation ; seule une monarchie centralisée sur l’essentiel (diplomatie, armée) et décentralisée sur le reste (provinces, corporations) pourrait rétablir l’équilibre[31]. Eugène Ledrain réplique dans l'Éclair du
« ... Mais, quels que soient mes sentiments pour M. Maurras, je ne l'étonnerai pas en disant que sa réponse ne m'a pas convaincu. Nous pourrions, je crois, lutter éternellement l'un contre l'autre sans nous convaincre jamais. »
Sur les conseils de Jehan-Rictus cherchant à venir en aide à Léon Bloy[36], Eugène Ledrain va publier un article sur lui. L'article est prévu tout d'abord dans La Vérité française[37] sous la rubrique Opinions[36], puis finalement dans L'Éclair du [38]. L’article, loin de plaire à Léon Bloy, le poussa à refuser de remercier Eugène Ledrain en personne. Jeanne Bloy tout d'abord en l'absence de son mari, répond à une lettre indignée de Jehan-Rictus[39]. Puis, Leon Bloy répond à Rictis par une lettre teintée d’ironie sur ce prêtre défroqué, écrivain, orientaliste et marié. Les deux lettres sont insérées dans le Journal inédit de Léon Bloy.
« Nous avons le plus profond mépris pour les Judas, et Ledrain en est un. Le jour où Léon descendrait jusqu'à serrer la main d'un prêtre apostat, il cessera certainement d'être protégé [...] Il n'y a qu'une manière d'agir efficacement pour L.B. c'est de prier pour lui. Jeanne Bloy. »
Lecture
Il travaille également comme lecteur chez l’éditeur Alphonse Lemerre, où il préface plusieurs œuvres littéraires, notamment des recueils de poésie, ainsi qu'un ouvrage sur l'Inde et la littérature sanscrite. Ce fut lui qui, pendant longtemps, accordait ou refusait aux poètes l'accès à cette célèbre collection[6]. Il y soutient notamment les poètes de la Parnasse[21].
Il possède de nombreuses relations dans les milieux littéraires et artistiques parisiens. C’est François Coppée qui lui remet la Légion d’honneur lorsqu'il est fait chevalier [40]. Eugène Ledrain est l'auteur d'ouvrages, d'études et de nombreuses préfaces : Pierre-Joseph Proudhon, Laurent Tailhade, Rodolphe Darzens, Paul Toscanne, Jacques Robert, Jorge Frilley, Charles Nory, Edmond Thiaudière...
Histoire d’Israël
Cet ouvrage, publié sept ans avant le début de son projet de traduction de la Bible, ne repose pas tant sur les documents épigraphiques que Ledrain pouvait analyser, mais sur une relecture de l’Ancien Testament, considéré comme une chronique du peuple d’Israël[26]. Le texte biblique y est largement cité pour renforcer la chronologie proposée par Ledrain. Cet ouvrage, qui implique une analyse approfondie de la Bible, doit certainement être pris en compte dans la genèse de son projet de traduction intégrale[26]. L'ouvrage marque une rupture avec les méthodes philosophiques traditionnelles au profit d’une approche scientifique rigoureuse, caractéristique de son époque[3]. Ledrain y privilégie les preuves matérielles et les documents, ce qui confère à son récit une grande fidélité historique, mais au détriment de la dimension psychologique et morale[3]. En effet, pour Henri Marsac[3] en écartant des éléments comme la foi, la prophétie ou l’enthousiasme, il réduit l’histoire à une logique froide, privant le peuple hébreu de sa profondeur poétique et spirituelle[3]. Malgré cette limite, pour Henri Marsac, le style de Ledrain, parfois teinté de romantisme orientalisant, rend l’ouvrage accessible et instructif, bien que certains passages, par leur idéalisation sentimentale des personnages, évoquent davantage les contes des Mille et Une Nuits que la réalité historique de la Palestine ancienne[3].
La Bible d'Eugène Ledrain (1886-1889)
Eugène Ledrain est connu pour avoir réalisé la première traduction intégrale de la Bible en français par un traducteur non confessionnel, publiée entre 1886 et 1899[41]. Son œuvre se distingue par son approche philologique, littéraire et critique, marquant une rupture avec les traductions religieuses traditionnelles[26].
Sa traduction de la Bible est établie « en dehors de toute théorie, qui ne vise qu’à reproduire dans leur vive précision, les phrases et les mots bibliques ». Au fait des problèmes historiques et exégétiques, et de la fragilité des théories en la matière, Ledrain apporte sa contribution au débat sur l’histoire de la composition de l’Ancien Testament dans un ouvrage spécifique. Pour rendre le nom divin, Eugène Ledrain utilise le mot Yahvéh, c'est-à-dire la contraction des consonnes hébraïques du tétragramme et des voyelles du mot hašŸm (le Nom). Son choix sera repris au XXe siècle par la Bible de Jérusalem[42].
Ledrain propose une version laïque, destinée à un public non religieux[26]. Il considère les textes bibliques comme des œuvres littéraires et morales, et non comme des écrits inspirés ou historiques. Cette approche s’inscrit dans la continuité des travaux d’Ernest Renan[26]. Bien que certains lecteurs regrettent l’usage d’une orthographe trop rigoureuse pour les noms propres, cette traduction se distingue par son objectivité, évitant les biais confessionnels des versions précédentes (catholique, janséniste ou protestante)[3]. En 1892, la préface du troisième volume provoque une polémique : Ledrain y affirme que les peuples au cerveau puissant n’écrivent pas de romans, une phrase qui suscite l’indignation des romanciers contemporains, dont Alphonse Daudet, et déclenche un débat sur la valeur littéraire du roman[3].
La Bible de Ledrain, bien que saluée par certains milieux philologiques (comme Jean Berge ou Renan lui-même), reste peu connue du grand public et des autorités religieuses[26]. Elle n’est pas mise à l’index, mais son approche non confessionnelle et ses choix de traduction (comme la transcription des noms propres) influenceront certaines traductions ultérieures[26]. Eugène Ledrain meurt avant d’achever le projet initial, qui prévoyait une étude critique finale jamais publiée.
Éducation populaire
Eugène Ledrain est actif dans le domaine de l'éducation populaire, où il donne des conférences dans des universités populaires, ainsi que dans le secteur de la libre pensée[10]. En 1904, il est l'un des membres fondateurs[10], avec Ernest Tarbouriech, Jean Psichari, Alfred Naquet et Charles-Ange Laisant, du Groupe rationaliste des libres penseurs[43].
Vers la fin de sa vie, il prend la présidence du Cercle populaire d’enseignement laïque[44] en 1895[3]. Paul Painlevé sera son successeur à la tête de l’association[10]. Il va alors de quartier en quartier, dans les faubourgs parisiens, présider des réunions et des conférences[3], et il l'a décrite lui-même en ces lignes de sa préface du livre Le Cercle populaire d'enseignement laïque, de Fernand Clerget
« Nous essayons de porter partout la vérité ; nous la tenons devant nous, la présentant dans nos cours du soir. La liberté et la justice sont là derrière, suivant de près la doctrine émancipatrice. »
En 1898, le centenaire de la naissance de Jules Michelet[45] suscite l'organisation d'un hommage pour le Cercle populaire d’enseignement laïque, dirigé par Ledrain qui souhaite rendre hommage à Michelet en tant que philosophe, penseur encyclopédique et figure majeure de l’humanisme. En 1903, le Cercle veut rendre hommage au centenaire d'Edgard Quinet[46]. Eugène Ledrain organise le comité d'honneur du centenaire d'Edgard Quinet, présidé, selon le vœu d'Eugène Ledrain, par Henri Brisson[47]. Le Comité prévoyait une cérémonie au Panthéon, et une séance solennelle au Collège de France[46].
Fouriérisme

Ce n’est qu'au milieu des années 1890 qu'il rejoint le Fouriérisme[10], et il se retrouve rapidement à la tête de l'un des courants sociétaires. Dès la formation de l’Union phalanstérienne en 1895, fondée par quelques fouriéristes en désaccord avec l’orientation de Jean-Adolphe Alhaiza à l' École sociétaire, il est élu à sa présidence[48]. Devenu le rédacteur en chef de La Rénovation à la suite de Hippolyte Destrem, Jean-Adolphe Alhaiza impulse une ligne antisémite, antidreyfusarde et nationaliste créant vers 1900 un schisme au sein du mouvement sociétaire.
Eugène Ledrain préside l'anniversaire du organisé par l’École sociétaire, où il prononce un discours[49]. Toutefois, les relations entre l'Union phalanstérienne dirigée par Ledrain et La Rénovation[50] mené par Jean-Adolphe Alhaiza commencent à se détériorer. En 1897, les membres des deux courants se retrouvent devant la tombe de Charles Fourier, mais se séparent ensuite pour le banquet qui suit[51]. La même situation se reproduit en 1898[10], malgré des efforts pour organiser un banquet commun. Jean-Adolphe Alhaiza reproche à Eugène Ledrain d'être à l'origine de cette division[52].
Eugène Ledrain participe au financement pour faire ériger la statue de Charles Fourier sur la place Clichy à Paris en juin 1899. Membre du comité de la statue de Fourier, Eugène Ledrain participe à l'inauguration de la statue[10]. Il y prononce un discours[53] dans lequel il qualifie la pensée de Fourier de vision de l’avenir. Il illustre ce point en évoquant les sociétés coopératives qui se rassemblent autour de sa statue, ainsi que celles qui prospèrent en Angleterre, en Belgique et dans le monde entier. Toutes s'appuient sur la formule du maître : Intelligence, capital, travail. Cette inauguration intensifie les tensions entre les deux courants sociétaires[10],[54]. Eugène Ledrain semble en effet exploiter ses contacts dans la presse[10] pour mettre en valeur l'Union phalanstérienne[55].

Eugène Ledrain reste à la tête de l'Union phalanstérienne jusqu'au moins 1902 : en tant que président, il est, comme Jean-Adolphe Alhaiza, membre du comité pour la statue de Victor Considerant[10]. Cependant, tout comme Jean-Adolphe Alhaiz, il ne participe pas aux décisions concernant la réalisation et l'inauguration du monument en août 1901 à Salins-les-Bains[56]. Il est également absent lors de la célébration organisée en juin 1901 par l'Union phalanstérienne en l'honneur d'Emile Zola[10] pour la publication de Travail (Les Quatre Évangiles) ; néanmoins, il représente ses collègues de l'Union phalanstérienne aux obsèques de Marie-Louise Gagneur en 1902[57]. Puis, il disparaît brusquement des manifestations et des initiatives sociétaires[10]. Effectivement, durant les premières années du XXe siècle, l’Union phalanstérienne semble incapable d'atteindre son but : la réalisation d'un essai pratique[10]. Cet objectif est désormais porté par un autre groupe, l’École Sociétaire Expérimentale, qui rassemble des membres et des dirigeants de l’Union phalanstérienne, mais pas Eugène Ledrain[10].
Famille et décès
Eugène Ledrain s'est marié à Paris (16e) le 24 août 1897[58] avec Emma Wilhelmine Rascob[59], née le à Paris, professeur au Lycée Buffon, fille de Frédéric Rascob, employé, et de Wilhelmine Hachrling[60]. Wilhelmine Rascob[61] suit sa formation à l’ École normale des Batignolles entre 1883 et 1887[62]. Avant 1890, elle devient institutrice à l’école communale de la Rue Barbanègre, poste qu’elle occupe jusqu’à la fin de l’année 1893[63].
Eugène Ledrain décède en février 1910 et est incinéré au cimetière du Père-Lachaise[64].
« Eugène Ledrain était un féministe ardent, peut-être parce que jadis il avait confessé de jolies pénitentes lorsqu’il était prêtre de l’Oratoire et qu’il connaissait le cœur des femmes et surtout celui des femmes élégantes dont il avait été le directeur de conscience, il lui en était resté une indulgence infinie. Petit, replet et voûté, portant un lorgnon retenu par un cordon, il parlait d’une voix flûtée, mais avec une lenteur pleine d’onction, souvent ses yeux pétillaient d’esprit et de malice et aussitôt, comme s’il avait commis une inconvenance, son regard se voilait.[65],[64]. »
Il conserva des liens avec la Mayenne, étant ami des familles Robert, Cavellet de Beaumont, Heuzey. Il se rendait souvent à Vaiges et avait pris la parole, quelques années avant sa mort, lors d'une conférence animée par Gustave de Kerguezec, à Évron[66]. Les archives de Eugène Ledrain ont été transférées à l'étranger par sa famille[21].
Voir aussi
Publications
- Deux apocryphes du deuxième siècle, avec une étude sur la date du ″Pasteur″ d'Hermas. Paris : C. Douniol, 1871, in-8 ̊ , 16 p[67]. ;
- La Religion égyptienne, à l'occasion de la stèle de Mendès sur le culte du bélier, et des hymnes à Ammon-Ra et à Osiris, récemment publiés, Paris : impr. de J. Le Clere, 1875, in-8 ̊ , 8 p[68]. ;
- Un grand seigneur féodal dans la Moyenne-Égypte, dix siècles environ avant Moïse, Paris : Maisonneuve, 1876, in-8 ̊ , 24 p[69]. ;
- La momie. Paris : impr. J. Le Clere, 1876. 16 p. Titre de départ : La momie : à l'occasion du "Rituel de l'embaumement, publié par M. Maspéro,..."[70]. ;
- Les Momies gréco-égyptiennes ornées de portraits peints sur panneaux, Paris : Maisonneuve, 1877, in-fol., 7 p[71]. ;
- Le Papyrus de Luynes, lettre à M. Anatole Chabouillet, conservateur au Musée des antiques, Paris : impr. de J. Le Clere, 1877, in-8 ̊ , 20 p[72]. ;
- L'Assyrie, l'Égypte, et Israël. Paris : A. Lemerre, 1877, in-8 ̊ , 12 p[73]. ;
- Histoire d'Israël...avec un appendice, par M. Jules Oppert Paris : A. Lemerre, 1879-1882, 2 vol. in-18[74] ;
- Les monuments égyptiens de la Bibliothèque nationale (Cabinet des médailles et antiques) Paris : F. Vieweg, 1879-1881, 2 vol[75]. ;
- Les Antiquités chaldéennes du Louvre. Paris : J. Rouam, 1882, in-4 ̊ , 15 p. ;
- Une page de mythologie sémitique, sur un petit bijou du Louvre, Paris : A. Lemerre, 1882, in-8 ̊ , 8 p[76]. ;
- Discours d'ouverture de MM. les professeurs de l'École du Louvre [A. Bertrand, P. Pierret, E. Revillout et E. Ledrain]. Paris : E. Leroux, 1883, in-8 ̊ , 142 p., fig. ;
- Mots égyptiens contenus dans quelques stèles araméennes d'Égypte, 1884?, in-4°[77] ;
- Papyrus du Vatican et papyrus de la Propagande, 1884?, in-4°[78] ;
- Un Tyrien du Musée du Louvre, Un hébraïsme grec, Le Mot...des tables de sacrifices puniques, Étude sur quelques intailles sémitiques du Musée du Louvre, 1884?, in-4°[79] ;
- Études sur quelques objets sémitiques, 1885?, in-4 °[80] ;
- Étude sur quelques inscriptions sémitiques, 1885?, in-4°[81] ;
- Les Fouilles de Suse, 1885?, in-4°[82] ;
- Quelques inscriptions palmyréniennes, 1885?, in-4°[83] ;
- Quelques objets sémitiques, 1885?, in-4°[84] ;
- Notice sommaire des monuments araméens et himyarites du musée du Louvre, Paris : Société anonyme des imprimeries réunies, 1886, in-18, 55 p. ;
- Dictionnaire des noms propres palmyréniens. Paris : E. Leroux, 1886, in-8 ̊ , 59 p. Publications de l'École du Louvre. ;
- La Bible, traduction nouvelle, d'après les textes hébreu et grec... Paris : A. Lemerre, 1886-1899, in-8 ̊[85]. ;
- Inscriptions palmyréniennes inédites, 1888?, in-4°[86] ;
- Une statuette de bronze avec le nom d'Asur-Dan : Quelques inscriptions inédites entrées au Musée du Louvre, 1891?, in-4°[87] ;
- M. Renan, sa vie et son œuvre. Paris : aux bureaux de ″l'Artiste″, 1892, Gr. in-8 ̊[88]. ;
- Quelques inscriptions sémitiques du Louvre, 1892?, in-4°[89] ;
- Dictionnaire de la langue de l'ancienne Chaldée. Paris : E. Leroux, 1898, Gr. in-8 ̊ , V-572 p. ;
- Edgar Quinet, à l'occasion du centenaire. Paris : Impr. de A. Picard et Kaan, 1903, in-16, 40 p., portr. ;
- Monuments nouveaux au Musée du Louvre, 1909?, in-4°[90].
Notes et références
- ↑ Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris 15e, no 717, vue 1/31.
- ↑ Il habitait au 16, rue Dulac.
- Le Sagittaire : revue mensuelle d'art et de littérature / [gérant : F.-A. Cazals], (Paris), Article d'Henri Marsac, 1 juin 1900, p. 51.
- ↑ Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, (Saint-Étienne), 31 décembre 1903.
- ↑ Eugène Ledrain fera partie de la Société amicale des Foréziens de Paris.
- Journal de Roanne, (Roanne), 27 février 1910.
- ↑ E. Ledrain, prêtre de l’Oratoire, Deux apocryphes du deuxième siècle, avec une étude sur la date du pasteur d’Hermas, extrait du Correspondant, Paris, 1871.
- ↑ Ledrain (Révérend Père Eugène), prêtre de l'Oratoire
- ↑ La Revue Archéologique, nécrologie, 1er juillet 1910.
- http://www.charlesfourier.fr/?article1046 DESMARS Bernard (2012), “Ledrain, (Fréjus) Eugène”, Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en octobre 2012.
- ↑ Revue archéologique, juillet-décembre 1910
- ↑ Il lui écrivait de charmantes lettres et évoquait souvent, dans ses chroniques, ce saint prêtre passionné par l'hellénisme. Journal de Roanne, (Roanne), 27 février 1910.
- ↑ Dominique Charpin, En quête de Ninive: Des savants français à la découverte, 2023, p. 171
- ↑ Salomon Reinach indique dans sa nécrologie sur Ledrain que Renan, qui protégeait volontiers les évadés laborieux, le fit entrer à la Bibliothèque Nationale, puis au Louvre. La Revue archéologique, 1910, p. 152.
- Dossier Légion d'Honneur
- ↑ Archives du musée du Louvre, O30198, lettre du directeur de la Bibliothèque nationale ; et discours du directeur du Louvre lors des obsèques de Ledrain ; F1, organisation de l’École du Louvre, rapport du directeur, 17 juillet 1884.
- ↑ Eugène Ledrain, Les acquisitions du musée oriental du Louvre dans l’année 1884-1885, leçon d’ouverture des cours d’épigraphie assyrienne et d’épigraphie phénicienne et araméenne à l’École du Louvre, L’Artiste, décembre 1885, p. 401-402.
- ↑ Les Monuments égyptiens de la Bibliothèque nationale (cabinet des médailles et des antiques). Première livraison, Paris, F. Vieweg, 1879, préface, p. VIII.
- ↑ O. V. de L. Miłosz : ténèbres et lumières : [exposition, Paris, Bibliothèque nationale, 27 mai-26 juin] 1977 / [catalogue par Florence de Lussy et Gérard Willemetz] ; [préface de Georges Le Rider]
- ↑ La mention « très bien » apparaît à côté de son nom sur le procès-verbal de juin 1896. (ECOLE DU LOUVRE. Résultat général des examens. Thèses et procès-verbaux. Registre. Années 1884-1896. — Archives des Musées nationaux, Registre F8.)
- Alexandra Charbonnier, O.V. Milosz: le poète, le métaphysicien, le lituanien, 1996, p. 31
- ↑ Dominique Charpin, À l’occasion du centième volume : éléments pour une histoire de la Revue d’Assyriologie, Revue d’assyriologie et d’archéologie orientale, 100, 2006, p. 5-12.
- ↑ Dominique Charpin indique que lorsque Jean-Vincent Scheil et François Thureau-Dangin prirent la direction de la Revue d'Archéologie en 1910 (vol. VII, no 2), ils ne rendirent pas hommage à Eugène Ledrain qui venait de mourir.
- Charpin, Dominique. « L’enseignement de l’assyriologie, des débuts à 1905 ». En quête de Ninive, Les Belles Lettres, 2022
- ↑ Revue archéologique, juillet-décembre 1910, p. 152, nécrologie signée S. R.
- Claire Placial. Traduire la Bible en 1886 : autour de la traduction d’Eugène Ledrain . L’appel de l’étranger. Traduire en langue française en 1886, 2015. ⟨hal-01467961⟩
- ↑ Le Figaro, 19 février 1910.
- L'Illustration
- Paris / fond. Ch. Laurent, (Paris), 19 mars 1896. Article de Gaston de Raimes
- ↑ Ernest La Jeunesse, Les nuits, les ennuis et les âmes de nos plus notoires contemporains, 1913, « Une heure de la vie de M. Ledrain », p. 263-266 (le texte, daté de juin 1895, commence par : « M. Ledrain a un des plus remarquables talents que je connaisse : celui de donner à tout ce qu’il touche une odeur et une saveur de moisi et de moisi rance »).
- Enquête sur la monarchie, Charles Maurras, 1924
- ↑ Maison Zola, Musée Dreyfus
- ↑ Billard 1991, p. 97-104.
- ↑ Billard 1991, p. 109-112.
- ↑ la Gazette de France des 5 et 6 octobre 1900.
- Natacha Galpérine, Jeanne et Léon Bloy. Une écriture à quatre mains, 2017.
- ↑ Bloy répond à Rictus son refus n'appréciant ni le redacteur du journal Auguste Roussel, ni Ledrain, qui est un prêtre défroqué, un apostat auteur de livres hostiles au christianisme.
- ↑ L.A.S. «L.B.» (minute), [7 novembre 1904, à Jehan Rictus; 1 page in-4, à la suite d'un brouillon de sa femme (3 pages). Étonnante lettre citée avec variantes dans L'INVENDABLE]
- ↑ Insistant pour que Bloy revienne sur les termes de sa lettre et aille remercier Eugène Ledrain.
- ↑ Cette nomination lui vaut cependant des critiques de la part de La Croix, le qui le décrit comme un malheureux prêtre défroqué [...] qui, à l'exemple de l’académicien renégat [Renan], se livre à des études rationalistes.
- ↑ C. Placial, Traduire la Bible en 1886 : autour de la traduction d’Eugène Ledrain, dans S. Humbert-Mougin, L. Arnoux-Farnoux et Y. Chevrel (éd.), L’Appel de l’étranger. Traduire en langue française en 1886, Tours, 2015.
- ↑ Ref : la-bible.net
- ↑ Cette association « a pour objet de compléter l’action des associations similaires, qui travaillent à substituer à une société fondée sur la doctrine chrétienne et la division en classes, une société poursuivant la recherche de la vérité scientifique et la réalisation du progrès moral par l’emploi exclusif des méthodes rationnelles ». (L'Humanité, 22 juin 1904.).
- ↑ Cercle populaire d’enseignement laïque. Bulletin 1910-1911.
- ↑ La Lanterne : journal politique quotidien, (Paris), 25 mars 1898.
- La Presse, (Paris), 3 janvier 1901.
- ↑ Un des exécuteurs testamentaires de Quinet
- ↑ Louis Sterlin, Le Bilan de la République, son passé, son avenir, Hangest-en-Santerre (Somme), chez l’auteur, 1896, p. 56-57 ; L'ouvrage présente le programme validé par le conseil d'administration de l'Union phalanstérienne le 11 mars 1896, signé par Ledrain en tant que président.
- ↑ Le Journal des débats, 9 avril 1896 ; La Rénovation, no 75, 30 avril 1896.
- ↑ La Rénovation, publié au 130 rue de Rosny à Montreuil de 1894 à 1922 « Charlesfourier.fr », sur charlesfourier.fr (consulté le ).
- ↑ La Rénovation, no 86, 30 avril 1897.
- ↑ La Rénovation, no 98, 30 avril 1898.
- ↑ Annales sociétaires, no 7, 30 juin 1899, discours de Ledrain
- ↑ Le Petit Parisien du ayant écrit que Ledrain a parlé au nom des phalanstériens, Alhaiza proteste en déclarant que M. Ledrain [...] n’a pas eu la moindre part dans l’œuvre, même celle de simple souscripteur et qu’il n’était que l’« invité de l’ École phalanstérienne, seule initiatrice et réalisatrice, avec les associations coopératives, du monument de Fourier »
- ↑ En 1900, un compte rendu de l'anniversaire du 7 avril dans L'Éclair, un journal auquel collabore Ledrain, affirme que le banquet de l'Union phalanstérienne a rassemblé « tous les fouriéristes connus » ; Jean-Adolphe Alhaiza réagit avec véhémence, s'en prenant à Eugène Ledrain, qu'il qualifie de « si peu phalanstérien » ou de « prétendu phalanstérien ». (La Rénovation, no 122, 30 avril 1900 et La Rénovation, no 123, 31 mai 1900.)
- ↑ La Rénovation, no 134, 30 avril 1901.
- ↑ Revue de sociologie et d’ethnographie, mars 1902.
- ↑ Archives de Paris, 17e arrondissement, acte de mariage du 24 août 1897, qui mentionne la naissance, le 23 décembre 1888 à Puteaux, de Paul Ledrain.
- ↑ Rascob, Emma Wilhelmine (1857-), Équipe du projet FamiliLettres (Familistère de Guise - CNAM) & Projet EMAN (UMR Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne Nouvelle) consulté le 13/10/2025 sur la plate-forme EMAN : https://eman-archives.org/Famililettres/items/show/40345
- ↑ Par contrat de mariage passé en l'étude de Maître Augouard notaire à Paris le 19 décembre 1895, les époux reconnaissent en vue de légitimation Paul Ledrain, né le 23 novembre 1888 à Puteaux, inscrit comme fils reconnu de Fréjus Eugène Ledrain et de Pauline Louise Ballin.
- ↑ Guise, collections du Familistère, inv. n° 1999-09-52 : index du registre de la correspondance active de Marie Moret.
- ↑ Fêtes du 25e anniversaire de la fondation des écoles normales de la Seine (28 et 29 octobre 1897) : compte rendu suivi d'un index historique des écoles normales de Batignolles & d'Auteuil et de leurs associations d'anciennes et d'anciens élèves, L. Lenoir (Paris), 1898.
- ↑ Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris. Imprimerie municipale (Paris). 1 janvier 1894.
- Le Temps, 20 février 1910.
- ↑ Paris : ancienne Gazette des étrangers / Henry de Pène, au bureau du journal (Paris), 19 février 1910.
- ↑ L'Avenir de la Mayenne, (Laval), 27 février 1910.
- ↑ Extrait du Correspondant
- ↑ Extrait du Contemporain du .
- ↑ Extrait du Contemporain du
- ↑ Extrait du Contemporain, du
- ↑ Extrait de la Gazette archéologique.
- ↑ Extrait du Contemporain du .
- ↑ Extrait du * Contemporain
- ↑ I. Se terminant à la chute des Omrides (887 ans avant J.-C.) ; II. Se terminant à la répression de la révolte juive sous Adrien (an 135 après J.-C.)
- ↑ Bibliothèque de l'École des hautes-études. Sciences philologiques et historiques ; 38, 47
- ↑ Extrait de la Philosophie positive, mars-avril 1882.
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. I, 1. 1884. 18-23
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. I, 1. 1884. 23-32, I pl.
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. I, 1. 1884. 32-40
- ↑ Extrait de : Revue Assyrienne I, 2. 1885. 66-69
- ↑ Extrait de : Revue Assyrienne I, 4. 1885. 162-164
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne I, 3. 1885. 119-120
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. I, 2. 1885. 73-76
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. I, 3. 1885. 115-117
- ↑ Comprend : Tome Ier. Les Juges, I et II Samuel, I Rois ; T. 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 ; T. 9. - Évangiles. Épîtres de Jean. Apocalypse ; T. 10. - Actes [...]. - 1899 (En 10 vol.), traduit par E. Ledrain.
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. II, 1. 1888. 23-28
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. II, 3. 1891. 91-95
- ↑ Extrait de l'Artiste de novembre 1892.
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne. II, 4. 1892. 143-145
- ↑ Extrait de Revue Assyrienne VII, 1. 1909. 49-55
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