Eugène Mona

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 48 ans) Fort-de-France (Martinique, France) |
| Nom de naissance |
Georges Vénus Nilecam |
| Surnoms |
Le Nègre debout, poto mitan |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Instrument | |
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| Genres artistiques |
Eugène Mona, de son vrai nom Georges Nilecam, est un chanteur et flûtiste martiniquais, né le au Vauclin (Martinique) et mort le à Morne Calebasse, un quartier de Fort-de-France (Martinique).
Artiste phare de la musique antillaise, l'auteur-compositeur a reçu l'éloge d'écrivains comme Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant pour ses chants qui renferment un puissant contenu littéraire créole.
Surnommé « le Nègre debout » ou « poto mitan », le chanteur flûtiste se disait artiste créole, revendiquant les héritages africains et européens, bien sûr, mais aussi indiens en introduisant notamment des sonorités tamoules dans ses rythmes détonants.
Biographie
Georges Nilecam, dit Eugène Mona, naît le au Vauclin, une commune rurale du sud de la Martinique. Issu d’une famille modeste, il grandit dans les mornes sans scolarisation prolongée et commence très jeune le travail manuel, notamment comme ouvrier agricole puis charpentier[1].
Dès l’adolescence, il se distingue par son talent vocal et instrumental. Il rencontre le flûtiste Max Cilla, figure de la flûte des mornes, qui lui transmet une flûte en bambou et l’influence durablement. Autodidacte, Eugène Mona développe un style personnel mêlant traditions martiniquaises (bèlè, quadrille, percussions) et apports modernes (jazz, improvisation, influences caribéennes plus larges)[2].
Son premier album, Bwa Brilé (1973), marque une reconnaissance locale. Flûtiste, chanteur et percussionniste doté d’une forte personnalité, il vit chaque prestation comme un discours poétique et identitaire en faveur de la culture créole des mornes. Il contribue fortement au renouveau de la musique antillaise dans les années 1960-1970 en la « défolklorisant » : les musiciens réinvestissent les instruments et techniques traditionnelles en leur assignant un rôle nouveau, nourri par le jazz, le sens de l’improvisation et les idées de l’époque[3].
Malgré des tentatives de carrière plus nationale (notamment au Festival d'Angoulême), Eugène Mona, homme secret et introspectif, ne parvient pas à s’imposer pleinement hors de la Martinique. Il se replie progressivement sur lui-même, limitant ses apparitions publiques. Il observe de loin le succès commercial de grands groupes comme Malavoi ou Kassav' — qui s’inspirent selon certains de son œuvre sans toujours le reconnaître explicitement[3].
Il participe également à des projets cinématographiques, notamment comme compositeur pour le film Rue Cases-Nègres (1983) d’Euzhan Palcy[2].
Eugène Mona meurt brutalement le à Morne Calebasse (quartier de Fort-de-France), à l’âge de 48 ans, des suites d’une congestion cérébrale (ou accident vasculaire cérébral) survenue après une altercation avec un voisin[3],[1],[4]. Sa disparition provoque une vive émotion en Martinique, où il est considéré comme une figure patrimoniale majeure, surnommée le « Nègre debout » ou le « poto mitan » de la musique des mornes.
Son legs musical, bien que limité en volume d’enregistrements, reste influent pour sa fusion originale entre tradition et modernité, et pour son engagement dans la valorisation de l’identité afro-créole[5].
Citation
« Je suis un enfant du Marigot qui veut toucher à l’universel… C’est possible, non ? ».
Œuvre musicale
Dans La Chandelle, écrite en 1975, il fait le lien entre les mœurs dépravées des habitants de Saint-Pierre et l'éruption de la montagne Pelée en 1902[6].
Dans Moin ka douté, sorti en 1976, il évoque à nouveau l'éruption de la montagne Pelée mais cette fois-ci il détaille sur les raisons de cette malédiction[7].
Sa chanson Mi Lago (Album 1978[8]) évoque la dispute électorale entre Alfred Marie-Jeanne et Rodolphe Désiré lors des sénatoriales de 1977[9].
Discographie
- Bwa brilé
- Ti bouchon
- Salomé
- Mi bach
- Doudou Ménard
- Ti milo
- Mi mwen mi ou
- Ma maman m'a dit
- Pa fè lang fo
- Tanbou seryé
- Mango véa
- Témoignage (album)
- Blan manjé (album)
Filmographie
- 1983 : Rue Cases-Nègres de Euzhan Palcy : Douze Orteils
Hommage
Musique
Le , un concert fut organisé pour rendre hommage à Eugène Mona à la Cité de la musique à Paris[10] (participants : Max Cilla, Roland Brival, Ti Raoul, Dédé Saint-Prix).
Fin 2006, un album hommage de reprises intitulé Léritaj Mona fut édité. On y retrouve de nombreux chanteurs antillais dont Jean-Michel Rotin, François Ladrezeau de Akiyo, Oliver Jean-Alphonse, Max Télèphe, Pipo Gertrude, Cindy Faustin, Dominique Lorte, Claudine Pennont, Adeline Crouard, Harry Saint-Aimé ou encore Marcé. Plusieurs concerts furent organisés par ce collectif d'artistes.
Fin 2011, l'album de reprises Léritaj Mona – vol.2 en mémoire de son travail. De nombreux chanteurs antillais y participent tels que Max Télèphe, E.sy Kennenga, Dominik Coco, Olivier Jean-Alphonse Victor O, Jean-Michel Rotin, Admiral T, Marcé, Dédé Saint-Prix, Saël, Robert Mavouza, Kolo Barts, Max Mona...
le , Big In Jazz Collective réinventent neuf titres antillaises dont La chandelle[11].
Édifices et rues
- Fort-de-France : l'avenue Eugène Mona (Q100365662 (« avenue Eugene Mona »)) est inaugurée en 1992.
- Sainte-Marie : La place Eugène Mona est inaugurée le [12].
- Le , le collège du quartier la Marie dans la commune du Marigot en Martinique a été officiellement inauguré collège Eugène Mona.
Annexes
Bibliographie
- Mona : vie et pensée d'un artiste créole : Venus Eugène Nilécame dit "Georges Nilécame, coll. « Karibèl magazine », (OCLC 496279374)
- Dominique Cyrille, Louis-José Lancry et Victor Lina, Mona, Fort-de-France, SIM'LN, coll. « Maestro créole. Sim' Ekol, Mélodie créole », , 118 p. (ISBN 9782912861047, OCLC 495548258)
Filmographie
- Une journée d’Eugène Mona de Jean-Paul Césaire et J. Ayache, août 1987, 25 min [[Africultures _ Une journée d’Eugène Mona (Court-Métrage) |détail des éditions]] : Documentaire
- Sur les traces de Mona, de RFO (prod.) et de Nathalie Glaudon (réal.), 2009, 52 min [[Allocine Fiche : Sur les traces de Mona |détail des éditions]]
- Eugene Mona : le Nègre Debout, de Arte radio (prod.) et de David Commeillas (réal.), août 2019, 51 min [[Arte Radio _ Eugene Mona : le Nègre Debout |détail des éditions]]
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Les Dossiers de l'Institut du Tout-Monde : Grandeur de Mona
Références
- « Eugène Mona », sur Fondation pour la mémoire de l'esclavage (consulté le )
- « Eugène Mona: A comet in Caribbean skies », sur Pan African Music Magazine, (consulté le )
- « La mort du musicien Eugène Mona », Le Monde, (consulté le )
- ↑ « Il y a 28 ans, le chanteur flûtiste Eugène Mona tirait sa révérence », sur Outre-mer La 1ère, (consulté le )
- ↑ « La mort du musicien Eugène Mona », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Buzzistwa #18 L’éruption « surprise » de saint-Pierre (1902) », buzzmagmartinique.com, (consulté le )
- ↑ « E oui Sen Piè té bel mé… », buzzmagmartinique.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Mona », sur Discogs
- ↑ Karl Lorand, « Il y a 29 ans, Eugène Mona décédait », Rci.fm, (consulté le )
- ↑ « Eugène Mona », sur Philharmonie de Paris, (consulté le )
- ↑ Guillaume Schnee, « Big In Jazz Collective célèbre la biguine sur l'album "Global" », sur Radio France, (consulté le )
- ↑ Christine Cupit, « La ville de Sainte-Marie inaugure la place Eugène Mona », sur la1ere.francetvinfo.fr, (consulté le )
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