Eugénie Duchoiselle

Eugénie Duchoiselle
Biographie
Naissance
Décès
(à 87 ans)
Auxerre
Nom de naissance
Pelcot
Nationalité
Domiciles
Activités
Philanthrope, conférencière
Autres informations
Membre de
Le Pot-au-Feu des Vieux (d)

Eugénie Duchoiselle, née Eugénie Pelcot, née à Auxerre le et morte dans sa ville natale le , parfois surnommée Madame Pot-au-Feu, est une philanthrope française et une personnalité de Montmartre, créatrice d'un ancêtre des Restos du cœur, Le Pot-au-Feu des Vieux, principalement actif dans les années 1930.

Biographie

Eugénie Duchoiselle est née le [1] à Auxerre[2], elle est l'épouse en secondes noces de l'architecte Francis Duchoiselle.

Carton d'invitation pour la soirée du célébrant le 200 000e pot-au-feu servi. Ce gala avait comme président d'honneur Édouard Herriot.

Elle fonde l'œuvre du « Pot-au-feu des Vieux » — pour elle, des personnes de plus de 75 ans — qui servait gratuitement des pots-au-feu, des galettes des rois, des frites, des crêpes, etc. Elle distribuait également des colis alimentaires, des colis surprises, des vêtements[3], du charbon[4], etc. En , elle estime avoir servi 200 000 pot-au-feu. Pour se financer, elle organise des bals[5], des galas, des goûters-concert, et, du financement de son œuvre de bienfaisance à la distribution en passant par une aide matérielle, elle est aidée par de nombreuses personnalités de l'époque comme Joséphine Baker[6], Michel Simon, Nina Garal, Lise Lamarre, France Ellys, Pierre Dac, Jean Tranchant, Marcel Carpentier, Marguerite Delaune, Betty Diam, Miss Édith, Esmeralda, Marcel Laporte connu sous le pseudonyme Radiolo, Georges Questiau, Musette, Missie, Nerva, Ryonel, Andrée Wyls, Jean Sablon, Ted Grouya, les Fratellini, l'orchestre Conti et ses Canadian Serenaders. Elle sollicite auprès des bouchers des dons ou des réductions, et reçoit des dons de personnalités ou d'anonymes. Pour résumer sa méthode, elle déclare « avoir des amis un peu partout et en avoir assez pour ne pas être obligé d'aller demander toujours aux mêmes »[7]. À Montmartre, en 1934, elle estime s'occuper de 200 « vieux »[7].

Les distributions, médiatisées, occasionnent quelques bousculades, notamment quand Joséphine Baker, marraine de l'association, est présente[8].

Son activité se poursuivit pendant l'occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, où en , elle servit par exemple des crêpes et des frites à ses vieux[9].

Elle fait partie de la Ligue de la bonté[10], participant aux Semaines de la Bonté.

Elle tient un relais Duchoiselle au 97 rue des Martyrs[11], et des distributions ont aussi lieu au 25 rue Custine[12], et au 46 rue des Poissonniers[13], elle ouvre un dispensaire (ce qui permit au préfet de la Seine de déclarer : « Le dispensaire Duchoiselle, c'est la charité dans une mansarde. »[14]), organise un marché gratuit[15], met en place des soirées du jour de l'an.

Sa popularité à Montmartre lui vaut une pétition demandant à ce qu'elle soit élue[16], mais les lois de l'époque ne permettent pas aux femmes de siéger dans les assemblées délibératives et elle n'est alors pas favorable au droit de vote des femmes[17]. Pendant cette campagne, elle s'opposa à Louise Weiss, qu'elle considérait comme une « étrangère » au quartier[18].

Elle décède dans sa ville natale le [19].

Références

  1. ↑ Journal officiel de la République française, 10 janvier 1928
  2. ↑ L'Écho de l'Yonne, La bonté en action, 1 septembre 1928
  3. ↑ Paris-Soir, Mlle Duchoiselle distribue des vêtements aux Vieux de la Butte, 22 janvier 1935
  4. ↑ Paris-Soir, Du charbon pour les "vieux", 2 décembre 1935
  5. ↑ ¨Paris-Soir, Cet après-midi à Montmartre, Bal du Pot-au-Feu, 31 octobre 1927
  6. ↑ Paris-Soir, Joséphine Baker va distribuer des pot-au-feu aux Vieux de Montmartre, 20 décembre 1930
  7. Benjamin, Christian Schewaebel, Je suis allé servir des frites aux Vieux de Montmartre, 19 avril 1934
  8. ↑ Marianne, René Guetta, Pot-au-Feu et coups de poing, 15 mai 1935
  9. ↑ Paris-Soir, Les Vieux de Montmartre ont eu ce matin une jolie surprise, 3 avril 1944
  10. ↑ L'Œuvre, La semaine de la Bonté, 5 avril 1934
  11. ↑ La Liberté, Les vieillards de la Butte ont reçu des pot-au-feu, 19 mars 1936
  12. ↑ L'Ordre, Bienfaisance, 27 avril 1935
  13. ↑ L'Ordre, Au pot-au-feu des vieux, 27 avril 1936
  14. ↑ Paris-Soir, Le 200.000e pot-au-feu de Mme Duchoiselle, 3 novembre 1936
  15. ↑ Paris-Soir, Un marché gratuit pour les vieux de la Butte, 16 mars 1935
  16. ↑ « Paris-soir », sur Gallica, (consulté le ).
  17. ↑ Le Petit Journal, Paulette Damira, Mlle Duchoiselle, candidate "pot-au-feu", 28 avril 1935
  18. ↑ La Voix du Combattant, Candidates, 11 mai 1935
  19. ↑ « La France libre : organe de "Ceux de la Libération-Vengeance" », sur Gallica, (consulté le ).

Liens externes

  • icône décorative Portail des années 1920
  • icône décorative Portail des années 1930
  • icône décorative Portail de l'aide humanitaire
  • icône décorative Portail de Paris