Eva Kemlein

| Naissance | |
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| Décès |
(à 95 ans) Berlin |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
Albert Graupe |
| Mère |
Gertrud Graupe |
| Conjoint |
Herbert Kemlein, Werner Stein |
| A travaillé pour |
Berliner Zeitung, Wochenpost, Sibylle, Theater der Zeit, Illus-Bilderdiense |
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Eva Kemlein née Ernestine Eva Graupe (, Charlottenburg - , Berlin), est une photographe et photojournaliste allemande.
Biographie
Fille d'Albert et Gertrud Graupe, Ernestine Eva Graupe, la plus jeune des trois enfants est née à Charlottenburg, quartier de la ville de Berlin en 1909[1]. Son père est grossiste de céréales et banquier d'une entreprise dans le Dorotheenstraße. Peu intéressée par l'école, elle quitte prématurément le lycée pour filles de la Sybelstraße[2].
De 1915 à 1929, elle poursuit une formation professionnelle à l’école lettone afin de devenir assistance médico-technique. Elle se découvre une passion pour la photographie à travers les clichés médicaux qu'elle manipule[2].
Sous l'occupation nazie (1933 - 1945)
Eva Graupe rencontre son futur époux Herbert Kemlein lors d'un voyage en Italie au début des années 1930. Ils se marient en 1933 avant de s'exiler pour la Grèce à la suite de l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne. Le couple commence une série de reportages, Eva photographie et Herbert Kemlein rédige des articles comme journaliste pour différents quotidiens allemands[1].

Après l'instauration des lois raciales de Nuremberg, la photographe d'origine juive ne peut plus exercer sa profession. Son père lui fait parvenir de l'argent pour subvenir à leurs besoins. En 1937, le couple est expulsé de Grèce après avoir été dénoncé. Eva Kemlein se sépare de son mari à la suite des problèmes de mixité liés à leur union et s’installe à Berlin auprès de sa mère en 1938. Son père est décédé et ses deux frères sont exil en Amérique du Sud. Elle commence à travailler à la chaîne dans diverses usines[3].
En 1942, sa mère est déportée et assassinée à Riga en Lettonie[3]. Eva Kemlein rencontre l'acteur et dramaturge Werner Stein de 21 ans son aîné qui l'aide à survivre au nazisme en vivant de manière illégale dans la capitale allemande de 1942 à 1945[4]. Ensemble, ils participent à un travail souterrain politique actif contre le Régime nazi au sous-sol d'un immeuble de la rue de Schöneberg (Schöneberger Straße).
À la fin de la guerre le couple emménage dans la colonie d'artistes de la place de Laubenheim (Laubenheimer Platz), où la photographe passera près de 60 ans de sa vie[1].

Photojournalisme et histoire du théâtre allemand (1945 - 2004)
Dès 1945 après la libération de Berlin par l’armée russe, Eva Kemlein commence à travailler comme photojournaliste pour le Berliner Zeitung. Le premier numéro est publié le , sa photo réalisée avec son vieux Leica et montrant un vendeur ambulant offrant le Berliner Zeitung est la première image éditée dans l'histoire du journal[5].
Ses photographies de la ville en ruine se distinguent comme ses travaux les plus reconnus, mais sa passion reste la photographie de théâtre[6]. En , l'un de ses plus célèbres clichés montre Ernst et Eva Busch devant leur ancien appartement au 11 de la Bonner Straße. Elle capture encore Hélène Weigel dite « Mère Courage » au Berliner Ensemble, théâtre fondé par Bertolt Brecht[7]. Avec son appareil photo, Eva Kemlein a documenté pendant des décennies l'histoire du théâtre de Berlin, à travers notamment des publications pour le Wochenpost, Sibylle et Theater der Zeit[1].
Au début de la guerre froide, la photographe vagabonde entre les deux mondes. Elle s'installe à l'Ouest de la ville même après la construction du mur de Berlin en 1961. Cependant, ses images sont boycottées par les journaux de Berlin-Ouest. À la même époque, la demande d'indemnisation en tant que victimes du régime nazi d'Eva Kemlein et Werner Stein est rejetée[2].
En 1993, le Musée de la ville de Berlin acquiert la collection Théâtre. Ces portraits réunissent Tilla Durieux, Louis Armstrong, David Oïstrakh, Mary Wigman, Gret Palucca ou encore Hanns Eisler[8].
En , Eva Kemlein meurt à Berlin[9]. La totalité de ses archives soit près de 300 000 négatifs deviennent la propriété du Musée de la ville de Berlin[4].
Expositions
- 2017: Berlin lebt auf! Die Fotojournalistin Eva Kemlein (1909–2004), Nouvelle synagoge de Berlin, Berlin, -
- 2016 : Berlin – Stadt der Frauen, Musée Ephraim-Palais, Berlin, -
- 2014 : Eyes Wide Open, 100 ans de Leica Photography, commissaire d’exposition allemand, Hans-Michael Koetzle, Deichtorhallen, Hambourg, -
Notes et références
- Felix Bunge, « Gallery argus fotokunst - fine photographic prints: Eva Kemlein », sur argus-fotokunst.de (consulté le ).
- (de) « Stadtmuseum Berlin - Eva Kemlein (1909 – 2004) », sur stadtmuseum.de, .
- (de) Carolin Brühl, « Eva Kemlein und ihr zweites Leben nach 1945 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur imwestenberlins.de, .
- (de) Jochen Voit, « Eva Kemlein : über Ernst Busch und: ihr Leben in der Illegalität in Berlin und die wieder aufblühende Kulturszene der Stadt nach 1945 », sur erinnerungsort.de, .
- ↑ (de) Ingeborg Ruthe, « Fotoausstellung Bilder des Berliner Nachkriegslebens – Quelle: http://www.berliner-zeitung.de/24850650 ©2017 », sur berliner-zeitung.de, .
- ↑ (de) Marcel Jossifov, « Eva Kemleins Leica-Bilder des verwüsteten Berlin », sur welt.de, .
- ↑ (en-US) « 7th October 2016- 30th April 2017 “Berlin lives on!”the Photojournalist Eva Kemlein (1909-2004) « Stiftung Neue Synagoge – Centrum Judaicum », sur centrumjudaicum.de (consulté le ).
- ↑ (de) Detlef Friedrich, « Seit sechzig Jahren wiedergeboren: Die Theaterfotografin Eva Kemlein wird heute 95 Jahre alt », sur berliner-zeitung.de, .
- ↑ (de) dpa, « Theaterfotografin Eva Kemlein im Alter von 95 Jahren gestorben », sur welt.de, .
Bibliographie
- 1986 : Blitzmädel – Heldenmutter – Kriegerwitwe. Frauenleben im Zweiten Weltkrieg, Gerda Szepansky, S. Fischer Verlag, (ISBN 3-596-23700-9)
- 1993 : Theaterfotografin Eva Kemlein, Bernhardine Schippers et Ursula Teich
- 1997 : Hast du noch 'ne Kamera?“ – Die Fotografin Eva Kemlein – eine Berliner Chronistin, p. 44–65, Edition Luisenstadt
- 1998 : Eva Kemlein. Ein Leben mit der Kamera. Hrsg. von der Stiftung Stadtmuseum Berlin, Lothar Schirmer, Eva Kemlein et Ingeborg Pietzsch, Edition Hentrich, (ISBN 3-89468-252-3)
- 2003 : Jüdische Berliner Leben nach der Schoa, Ulrich Eckhardt et Andreas Nachama, (ISBN 3-89773-068-5)
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