Eva Schiroky
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Eva Schiroky, surnommée Eva Chirowska, née le à Velká Bíteš, dans l'Empire d'Autriche et morte le à Wilmington, aux États-Unis, est une anarchiste et cuisinière tchèque. Elle est surtout connue pour avoir été suspectée d'être membre de la bande à Ortiz, un groupe illégaliste portant le nom de son premier fils, Léon Ortiz.
Née dans l'Empire d'Autriche, elle rejoint la France, où elle donne naissance à Léon et se marie avec Philippe Ortiz, un valet de chambre mexicain qui adopte son premier fils. Exerçant comme cuisinière, Schiroky reste proche de son fils lorsque celui-ci s'engage dans la voie de l'illégalisme - elle lui envoie notamment 1,500 francs, ce qui la font suspecter d'être impliquée dans les activités de la bande de son fils. Mise en cause avec une de ses proches amies, Caroline Hermann, elle est perquisitionnée et arrêtée pendant la répression de début 1894, avant d'être remise en liberté et de recevoir un non-lieu - elle échappe ainsi au procès des Trente. Schiroky héberge sa bru, Antoinette Cazal, à son domicile après la déportation de son fils.
Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET).
Biographie
Eva Schiroky naît le à Velká Bíteš, dans l'Empire d'Autriche[1],[2],[3]. Elle se déplace et s'installe en France[1],[2],[3].
Le , elle donne naissance à Léon Ortiz à Paris[1],[2],[3]. Elle se marie le avec Philippe Ortiz, un valet de chambre mexicain qui adopte Léon six ans plus tard. Entre temps, en 1881, elle a un autre fils, Philippe, avec son époux. Schiroky exerce alors comme cuisinière[1],[2],[3].
À la fin des années 1880 et au début des années 1890, alors que son fils s'engage dans l'illégalisme, elle conserve contact avec lui et répond à ses lettres - celui-ci lui demande de l'argent en prétextant travailler mais ne pas gagner assez d'argent pour subvenir à ses besoins et Schiroky lui envoie une somme de 1,500 francs[1],[2],[3].
En , alors qu'Ortiz est de retour à Paris après l'attentat de la rue des Bons-Enfants pour lequel il est suspecté, il rencontre une femme qu'il souhaite amener chez elle[1],[2],[3]. Les deux entrent alors en conflit à ce sujet, et Ortiz rompt finalement avec sa nouvelle connaissance[1],[2],[3]. Pendant cette période où son fils est recherché par les autorités françaises, les deux se retrouvent chez Caroline Hermann nommée Clarry, qui est proche de Schiroky et chez qui les entrevues échappent à la police un temps. Les deux se connaissent depuis l'Autriche et sont donc très liées[1],[2],[3].

En , Ortiz lui déclare qu'il va devoir s'absenter quelques semaines et, le mois suivant - qui voit aussi l'attentat du café Terminus et la répression de début 1894, elle est perquisitionnée ; la police trouve chez elle une lettre de son fils ainsi que des exemplaires du Père Peinard et de La Révolte[1],[2],[3].
Le , lorsque son fils est arrêté, elle s'écrie que « C’est son trop de bonté qui l’a perdu ! »[1],[2],[3]. Schiroky est arrêtée trois jours plus tard pour association de malfaiteurs, ses transferts de fonds paraissant particulièrement suspects au juge chargé du dossier concernant l'attentat de la rue des Bons-Enfants[1],[2],[3]. Le fait qu'elle n'exerce pas de profession très lucrative lui permettant d'avoir accès à de tels fonds explique en partie ces suspicions et elle est donc incarcérée à la prison de Saint-Lazare avec Clarry. La mère de cette dernière héberge Philippe Ortiz (son fils) pendant son arrestation, celui-ci se retrouvant abandonné[1],[2],[3].
En avril, le juge Meyer, chargé du dossier de Clarry la remet en liberté[1],[2],[3]. Une ordonnance de non-lieu est ensuite prise sur l'affaire et elle n'est donc pas impliquée ou visée aux côtés de son fils pendant le procès des Trente, en [1],[2],[3]. Elle assiste à son mariage avec Antoinette Cazal avant qu'Ortiz ne soit envoyé en déportation[1],[2],[3].
Cazal demeure chez elle un temps suite à l'exil de son nouvel époux[4].
Schiroky meurt le à Wilmington, aux États-Unis, où se trouve son fils Léon après sa libération du bagne[2].
Postérité
Photographie policière
Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET)[5].
Références
- Dominique Petit, « SCHIROKY Eve [Veuve Ortiz] [dite Eva Chirowska] », sur Le Maitron des anarchistes (consulté le )
- Rolf Dupuy et Dominique Petit, « SCHIROKY, Eva [veuve ORTIZ} », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- « SCHIROKY Eve [Veuve Ortiz] [dite Eva Chirowska] », sur Archives Anarchistes, (consulté le )
- ↑ Dominique Petit, « CAZAL Antoinette, Blanche [dite Trognette] [Dictionnaire des anarchistes] – Maitron » (consulté le )
- ↑ « Alphonse Bertillon - Chiroki. Eva (veuve Ortiz). 53 ans, née à Grosbitlech (Autriche). Cuisinière. Anarchiste. 21/3/94. - The Metropolitan Museum of Art », sur www.metmuseum.org (consulté le )
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