Expédition Dumont d'Urville

Reconnaissance de la Terre Adélie, le 20 Janvier 1840

L’expédition Dumont d'Urville, officiellement désignée comme le Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie, est une expédition maritime française d'une durée de trois ans et deux mois menée entre 1837 et 1840. Dirigée par Jules Dumont d'Urville, elle mobilise deux corvettes, L'Astrolabe et la Zélée — ce dernier navire étant commandé par Charles Hector Jacquinot, le second de l'expédition. Conçue initialement comme une circumnavigation, l'expédition s'inscrit dans un contexte de concurrence face aux britanniques et aux américains[1] pour la reconnaissance des zones polaires australes et la consolidation de la présence française dans le Pacifique.

Pressée par James Clark Ross dans ses explorations vers le Sud, la flotte quitte Toulon en septembre 1837. Elle traverse l'Atlantique, explore le détroit de Magellan et, en suivant l'itinéraire que James Cook avait abandonné dans les années 1770 à cause du pack, tente à deux reprises de pénétrer la banquise antarctique. Si la première tentative de janvier 1838 est contrariée par les conditions météorologiques et l'apparition du scorbut à bord, la seconde mène à la découverte d'une terre le 21 janvier, dont Dumont d'Urville prend possession au nom de la France. Elle fut baptisée Terre Adélie en l'honneur de son épouse Adèle.

Entre ces deux descentes vers le pôle Sud, l'expédition réalise un vaste tour de l'Océanie, effectuant des relevés hydrographiques et collectant des spécimens locaux aux îles Marquises, à Tahiti, aux Samoa, aux Fidji, à Vanikoro, ainsi qu'aux Moluques, aux Philippines et en Nouvelle-Zélande.

Malgré un bilan humain assez lourd, marqué par le décès de 25 membres de l'équipage, dont cinq officiers, de 14 débarquements pour cause de maladie et de 13 désertions[2], l'expédition constitue un succès scientifique majeur. Elle a permis de cartographier de vastes zones alors méconnues, de réaliser des observations météorologiques et magnétiques et de constituer d'importantes collections naturalistes et ethnologiques. Les travaux de l'expédition sont publiés en vingt-trois volumes entre 1841 et 1854 sous la direction de Charles Hector Jacquinot après le décès de Dumont d'Urville en 1842.

Préparation

Genèse du projet

« Poursuivi par l'exemple de Cook, je songeais souvent aux trois voyages de ce célèbre navigateur et j'étais tourmenté presque chaque nuit par des songes où je me figurais être en train d'exécuter ma troisième campagne autour du monde »

— Jules Dumont d'Urville

En janvier 1837, alors que Dumont d'Urville est en train de compléter le récit du voyage de 1826, il songe déjà à sa prochaine expédition. Il écrit au ministre de la Marine Claude du Campe de Rosamel pour lui proposer de mener une expédition dans les mers du Sud qui complèterait la première[3]. Sa proposition est rapidement acceptée par le ministre[4], à la condition que l'itinéraire inclut l'Antarctique[4]. La France est jusqu'alors devancée par les Américains et les Anglais en ce qui concerne l'exploration de cette partie du globe : le navigateur britannique James Weddell y a découvert quatorze ans plus tôt une mer à laquelle il donne son nom et atteint le 74° de latitude Sud[3], la Royal Society prépare le départ des navires de l'expédition Erebus et Terror sous le commandement de James Clark Ross et les États-Unis d'Amérique s'apprêtent quant à eux à lancer en mer l'Expédition Wilkes[5].

Le roi souhaite que le navigateur entreprenne cette descente vers le pôle Sud non seulement pour l'enjeu scientifique, mais également pour permettre aux baleiniers et phoquiers français de rattraper leurs concurrents[3]. C'est dans ce contexte que Jules Dumont d'Urville se rend à Paris pour discuter des détails de l'expédition, avant de rejoindre Londres pour y recueillir le matériel et les informations nécessaires à son voyage[5].

Les instructions

Par la décision du 28 mars 1837, le roi Louis-Philippe approuve le projet de voyage proposé par Claude de Campe de Rosamel, ministre de la Marine[6]. Les instructions officielles confient le commandement des corvettes l'Astrolabe et la Zélée respectivement à Jules Dumont d'Urville, chef d'expédition, et au capitaine Charles Hector Jacquinot. Le roi exprime la volonté « que ce soit à la France et à son règne qu'appartienne la gloire d'approcher le plus près du pôle antarctique. »[7].

Afin d'élaborer le volet scientifique du voyage et à la demande de Dumont d'Urville, le ministre de la Marine invite une première société de savants à rédiger les instructions pour le voyage : l'Académie des sciences[8]. Cette dernière se contente de reprendre les instructions précédemment préparées pour l'expédition de la Bonite d'Auguste-nicolas Vaillant. Insatisfait du résultat, Dumont d'Urville se tourne ensuite vers l'Académie des sciences morales et politiques et la Société de géographie de Paris[8] pour obtenir de nouvelles instructions.

« Vous atteindrez les parages voisins du pôle austral, vous commencerez par l'exploration de ces mers la série de vos travaux […] je n'ai plus qu'à exprimer un vœu : puissent vos efforts être couronnés par le succès, et votre voyage s'accomplir heureusement »

— Instructions de Claude Campe de Rosamel[9]

Trajet de l'expédition 1837-1840.

Le départ est fixé à Toulon. L'itinéraire prévu s'engagera vers l'Antarctique par le détroit de Gibraltar et les îles du Cap-Vert. L'objectif polaire consistera à passer entre les îles Sandwich et du New Shetland pour s'aventurer au-delà du 74e degré de latitude sud, limite atteinte par le capitaine phoquier James Weddell vingt ans plus tôt[6].

Le retour de cette première phase devra s'effectuer par le détroit de Magellan, avec une escale à l'île de Chiloë, à l'ouest de la Patagonie, pour « l'intérêt de l'hydrographie, des sciences et du commerce. »[6]. Un arrêt à Valparaiso est ensuite programmé pour permettre à l'équipage de se reposer[10].

Les navires devront reprendre la mer début avril 1838 pour explorer l'Océanie. Ils vont d'abord explorer les archipels du Pacifique Sud, longeant les îles Ducie, Pitcairn, Gambier, Rapa, Rouroutou, Mangia(Mangaia) et Raotonga pour rejoindre Vavao(Vava'u) en mai. Cette dernière escale dans une station importante pour les baleiniers est prévue pour une durée de dix jours[10].

L'expédition repartira dans un second temps en Mélanésie. L'objectif sera d'observer les îles Viti(Fidji) afin de compléter les données du premier voyage de Dumont d'Urville (1826-1829), puis de se diriger vers les Nouvelles-Hébrides (Vanuatu), les îles Banks et Vanikoro, lieu présumé du naufrage de La Pérouse. L'expédition devra ensuite gagner les îles Salomon en juillet, avec l'espoir d'y retrouver des survivants du naufrage, dont on pense qu'ils ont terminé leur voyage dans la « baie des Indiens »[10].

Ensuite, un passage par le détroit de Torrès, puis par les îles Arrou et Key est prévu pour rejoindre Amboine, où une escale de dix jours sera faite[10]. Une route alternative par ce qui est alors appelé la baie de Humboldt[11], au Nord de la Nouvelle-Guinée, est envisagée si l'état des navires l'impose[12]. À la suite de cette étape, la Zélée devra être renvoyée en France pour rapporter les travaux de la première année. L'Astrolabe devra poursuivre seule sa mission dans le Pacifique, d'abord par une visite de la nouvelle colonie anglaise sur la rivière des Cygnes, suivie d'un séjour de huit jours à Hobart Town en Tasmanie, entre novembre et décembre 1838[12].

En février et mars 1839, le navire devra explorer la Nouvelle-Zélande et certaines parties du détroit de Cook[12].

En avril de la même année, l'Astrolabe devra visiter les îles Chatham, inexplorées depuis leur découverte en 1791 par William Robert Broughton[12].

La corvette s'aventurera en Micronésie, passant notamment par les îles Gilbert et Marshall, avant d'atteindre Mindanao dans les Philippines. La corvette visitera ensuite Bornéo pour atteindre Batavia en octobre[12]et un des ports de Sumatra, dans l'actuelle Indonésie, avant de repartir pour la France.

Le voyage retour, prévu pour mars ou avril 1840, devra s'effectuer par le cap de Bonne Espérance.

La querelle avec l'Académie des sciences

La préparation de l'expédition suscite de vifs débats lors des discussions budgétaires du ministère de la Marine. À la Chambre des députés, lors de la séance du lundi , le député François Arago intervient pour s'opposer au projet[13]. Évoquant le sort de l'expédition de Jules de Blosseville à bord de la Lilloise en 1833, il estime que celle de Dumont d'Urville présente les mêmes lacunes[13]. Il juge le voyage « mal conçu »[13] et prédit qu'il « ne pourrait amener que de fâcheux ou d'insignifiants résultats »[13].

Portrait de François Arago par Ary Scheffer (école de), 1842, Château de Versailles; N° INV : MV 5542)

Dans son argumentation, Arago critique un itinéraire qu'il considère trop dispersé. Après une traversée de l'Atlantique et une tentative d'exploration des glaces antarctiques, le programme prévoit le passage par le détroit de Magellan, puis l'exploration d'une multitude d'archipels du Pacifique. Pour le député, cette succession d'étapes présente peu d'intérêt. Il conteste en particulier l'objectif polaire, estimant que l'atteinte du pôle Sud, si elle advenait, ne constituerait qu'une prouesse de « pure curiosité »[14]. Il argue que comme il n'est pas possible d'y séjourner, une telle découverte n'aurait pas de retombées commerciales ou scientifiques durables, déclarant : « S'il y va, il pourra dire qu'il y a été, et voilà tout. Pour moi, je n'entrevois pas d'autres résultats. »[14].

Les critiques d'Arago portent également sur les moyens matériels alloués à l'expédition. Il met en doute l'adéquation des navires avec les zones à explorer, qualifiant l'Astrolabe de « bâtiment frêle »[15]. Il souligne également l'absence de tests préalables des instruments de navigation et compare défavorablement l'initiative française aux expéditions américaines, qu'il juge mieux motivées par des enjeux économiques de pêche à la baleine[16]. De plus, il suggère que le tracé de la route semble paradoxalement conçu pour éviter toute découverte majeure : « […] si l'on s'était proposé d'indiquer où l'Astrolabe devait aller pour n'avoir la chance d'aucune découverte, je crois qu'on se serait très peu écarté de l'itinéraire prescrit »[15]. Arago conclut son intervention en soulevant un risque budgétaire, suggérant que le soutien à l'expédition pourrait contraindre la Chambre à voter des crédits supplémentaires l'année suivante pour secourir les navires.

« Devant la première difficulté, M. d'Urville rebroussera chemin pour aller remplir l'autre partie de sa mission dans les mers équatoriales, et il fera sagement. S'il persistait, au contraire, à cause de l'importance que l'on semble attacher au succès, si l'on en juge du moins par les primes promises aux matelots; si M. d'Urville s'engage au delà des premiers obstacles, vous seriez, je ne crains pas de le dire, forcés de voter l'année prochaine des fonds pour aller le chercher. »

— François Arago, Annales maritimes et coloniales, 1837

Portrait de Claude du Campe de Rosamel dans Victor Frond, Panthéon des illustrations françaises au XIXe siècle, Paris, Pilon, s.d. (vers 1865)
Portrait de Claude du Campe de Rosamel (vers 1865)

En réponse, le ministre de la Marine et des Colonies Claude du Campe de Rosamel défend la pertinence du projet. S'il reconnait que certaines zones du trajet, comme le détroit de Magellan, ont déjà été explorées, il met en avant la capacité des ingénieurs-hydrographes françaisà produire des cartographies plus précises[17]. Concernant la préparation matérielle, il assure que les bâtiments et instruments, alors en construction à Toulon, seront dans le « meilleur état possible »[18] pour affronter les conditions australes et polaires. Répondant à l'argument selon lequel l'absence de preuves allant dans le sens de découvertes majeures rendrait l'expédition inutile, le ministre déclare: « Je ne vois pas pourquoi nous ne ferions pas de tentatives de découvertes »[18]. Pour le ministère, même un échec à franchir la banquise constituerait un résultat scientifique par les données recueillies sur les obstacles rencontrés. Le projet est maintenu et les instructions finales sont envoyées à Dumont d'Urville à la fin du mois d'août 1837[19].

Les membres de l'expédition

Les navires

L'Astrolabe et La Zélée lors de la découverte des Terres Louis-Philippe (terre de Graham aujourd'hui) le . Lithographie d'après Ernest Goupil (1846).

La décision est prise d'effectuer cette expédition sur deux navires. L'Astrolabe, bien connu de Jules Dumont d'Urville puisqu'il secondait sur ce même navire Louis Isidore Duperrey lors du voyage de circumnavigation scientifique des années 1822–1825 et qu'il l'a lui-même commandée pour une deuxième circumnavigation, est accompagné de la Zélée. Les deux corvettes sont armées le 13 et le 7 juin, après que Dumont d'Urville, inquiet de la lenteur des travaux, ait rejoint Toulon[20]. Entrées en rade le 21 août pour la première et le 14 août pour la seconde, elles appareillèrent le 7 septembre 1837[21].

L'Astrolabe : Le navire la Coquille est lancé en 1811 comme gabare-écurie. Avant 1822, il est remis en état et reclassé en corvette, pour lui permettre de participer à de longs voyages. Dumont d'Urville la choisit pour son expédition de 1826, date à laquelle il est décidé de la renommer : « La Coquille serait encore le meilleur bâtiment à accomplir ce voyage ; et pour distinguer la nouvelle expédition de la précédente, il suffit de changer le nom de cette corvette »[22]. C'est ainsi que la corvette la Coquille prit le nom de l'Astrolabe, en l'honneur du navire homonyme de l'expédition de La Pérouse, disparu en 1788 dans le Pacifique Sud[22].

La Zélée : Cette corvette est décrite par Dumont d'Urville comme un navire « de la même force et de la même nature »[23] que l'Astrolabe.

Les équipages

Portrait du contre-amiral Jules Dumont d'Urville par Jérôme Cartellier, 1846, Musée de Versailles (MV 4824)

Jules Dumont d'Urville, conscient de l'ampleur de l'entreprise et soucieux de rendre hommage à ses participants, tient à consigner les noms de chaque matelot. Dans le récit officiel du voyage[24], il dresse donc une liste nominative de chaque membre, du simple matelot aux officiers supérieurs, incluant les maîtres de manœuvre et les maîtres charpentiers, essentiels au maintien de la flotte.

L'Astrolabe et la Zélée embarquent initialement environ 65 hommes chacune[25], mais les aléas du voyage (décès, désertions, embarquements de passagers temporaires) font qu'environ 220 personnes ont séjourné à bord au cours de la campagne[24].

Commandée directement par le capitaine et chef d'expédition, l'Astrolabe a pour second le lieutenant de vaisseau Gaston de Rocquemaurel. Dumont d'Urville avait d'abord proposé la position à ses anciens compagnons de mer Victor Charles Lottin, Victor Amédée Gressien et Pierre-Edouard Guilbert, qui ont tous trois refusés[26]. Le commandant et son second sont assistés du lieutenant François Barlatier Demas. Le corps des officiers subalternes comprend quant à lui quatre enseignes de vaisseau : Joseph-Antoine Duroch, Jean-Marie Gourdin, Jacques-Marie-Eugène Marescot Du Thilleul (1809-1839)[27] et Auguste-Elie-Aimé Coupvent Desbois. Ils sont épaulés par quatre élèves de première classe : Louis Le Maistre du Parc, Charles François Eugène Gervaize, Pierre-Antoine Lafond et Joseph Emmanuel Boyer (aussi sur la Zélée).

La mission scientifique et technique est assurée par l'ingénieur-hydrographe Clément Adrien Vincendon-Dumoulin, les chirurgiens Jacques Bernard Hombron, Louis Le Breton, le préparateur d'anatomie et phrénologiste Pierre Marie Alexandre Dumoutier, qui prendra les fonctions de second chirurgien au cours du voyage. Le commissaire de bord Louis Jacques Ducorps. César Desgraz occupe la fonction de secrétaire du commandant.

La corvette la Zélée est quant à elle placée sous le commandement du capitaine de corvette Charles Hector Jacquinot. Il a participé aux campagnes de La Chevrette (1819), de La Coquille (1822-1825) et de l'Astrolabe (1826-1829) aux côtés de Jules Dumont d'Urville, et ce dernier lui voue une confiance absolue : « Nul autre officier dans le corps entier de la marine ne possédait au même degré ma confiance, et nul autre ne l'aurait justifiée d'une manière aussi complète »[23]. Il est assisté par les lieutenants de vaisseau Joseph-Fidèle-Eugène du Bouzet (second) et Charles Thanaron. Trois enseignes de vaisseau servent sous leurs ordres : Aimé Coupvent-Desbois, Antoine Pavin de la Farge et Louis Tardy de Montravel. Félix Casimir Huon de Kermadec exerce la fonction de commissaire de bord. Le groupe des élèves de première classe est constitué de Jean Edmond Gaillard, Germain Hector Perigot, Joseph Emmanuel Boyer et Paul de Flotte.

L'équipe scientifique embarquée comprend les chirurgiens Élie Le Guillou et Honoré Jacquinot, frère du commandant, ainsi que le dessinateur Ernest Goupil.

Déroulement

Descente de l'Atlantique

Ville de Laguna, Teneriffe. Atlas pittoresque, planche 01

L'Astrolabe et La Zélée quittent le port de Toulon le . Après une escale à Minorque et une navigation le long des côtes espagnoles et marocaines[28], les navires atteignent Tenerife, aux îles Canaries, à la fin du mois. Il y sont mis en quarantaine pendant quatre jours en raison de rumeurs de cas de peste à Marseille[29]. Une fois l'accès ouvert, l'équipage obtient une permission à terre[30].

Au mois d'octobre, l'expédition reprend sa route en direction de Rio de Janeiro afin de débarquer l'élève Louis Le Maistre du Parc, dont l'état de santé, déjà précaire au départ de Toulon, s'est aggravé. Durant la traversée, Dumont d'Urville procède à des observations de la faune marine, notamment des bandes de poissons volants et « de beaux trigles aux nageoires azurées »[31]. La progression des deux navires est ralentie par les conditions météorologiques caractérisées par des vents forts, de la pluie et de la brume[32]. Une fois à Rio, Dumont d'Urville envoie le commissaire de bord Ducorps acheter des vivres, notamment du tabac[33].

À la mi-novembre, les deux corvettes font voile vers Port-Famine, mais leur avancée est entravée par des vents contraires et une brume de plus en plus fréquente[34]. Jules Dumont d'Urville, qui craignait initialement de ne pas disposer de suffisamment de temps pour traverser le détroit de Magellan en raison du départ tardif de Toulon, envisage un moment de contourner le cap par la « terre des États »[35]. Dans son récit du voyage, il explique cette hésitation : « Malgré toute mon envie, j'hésitais à m'engager dans le détroit, dans la crainte d'y être retenu plus que je ne l'aurait voulu, et de me trouver trop pressé pour mon excursion vers le pôle Sud »[36]. Finalement, le commandant décide de s'engager dans le détroit pour consacrer un mois à son exploration, estimant que si des travaux hydrographiques y avaient déjà été menés par le passé, des découvertes en histoire naturelle restaient à faire[37].

Exploration du détroit de Magellan

Plan du Détroit de Magellan, XVIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans

Ce détroit, découvert par Fernand de Magellan en 1520, avait depuis été emprunté par plusieurs navigateurs comme le Néerlandais Olivier van Noort, l'Espagnol Garcia de Nodal et l'Anglais John Narborough. L'Astrolabe et la Zélée y pénètrent début décembre 1837, mais y restent plus d'un mois car les brumes de l'océan Atlantique gênent la navigation.

Après avoir dépassé la Pointe Dungeness et sa plage occupée par un troupeau de phoques[38], les navires affrontent des conditions de navigation difficiles, rythmées par des falaises escarpées, une brume épaisse et une mer agitée.

En franchissant la baie Saint-Philippe, les explorateurs aperçoivent plusieurs groupes autochtones identifiés comme les Patagons et les Pêcherais. Il note dans son récit du voyage que la distance « les fit prendre pour des sauvages montés à cheval, tantôt arrêtés, tantôt galopant le long des plages »[39].

Plus loin, la présence de cinq silhouettes sur une falaise, que l'équipage prend initialement pour des naufragés, s'avère être celle de Pêcherais regroupés autour d'un feu et vêtus de longs manteaux de peau[40].

Entrée des forêts de la rivière Sedger, détroit de Magellan. Atlas pittoresque, planche 06

La flotte poursuit sa navigation jusqu'à Port-Famine. L'équipage y fait escale pour se ravitailler en bois et en eau et mener des observations naturalistes et hydrographiques. Lors de cette halte, les scientifiques décrivent la faune littorale composée de « moules, de patelles, de fissurelles, de buccins, etc. » et observent des perroquets et des pingouins. Le commandant et l'équipe scientifique procèdent à l'échantillonnage de diverses espèces végétales aux abords de la rivière Sedger, dans l'objectif de constituer un herbier similaire à celui réalisé pour la flore des Malouines et publié en 1825[41]. Louis Le Breton réalise deux dessins de ces bords de rivière[42]. Sur le plan historique, l'expédition repère sur place les marques de passages antérieurs, dont un poteau gravé par le capitaine Philip Parker King, ainsi qu'un second signalant le passage du capitaine Dugué en 1834. L'équipage découvre également un petit baril suspendu à un arbre, servant de « bureau de poste » informel où les capitaines de passage déposent des notes. Profitant de cette escale, le commandant dépêche ses hydrographes pour explorer et cartographier la zone environnante[43]. Parallèlement, une équipe composée de Dumoutier, Marescot et Gourdin entreprend une expédition vers le nord dans l'espoir de rencontrer les populations patagonnes, sans succès. Une fois les opérations de ravitaillement et de réparation achevées, la flotte reprend sa route en direction du hâvre Peckett.

Campement de Patagons au Havre Peckett, détroit de Magellan dans "Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée", 1842

Au large de ce havre, près de l'île Elisabeth, les deux corvettes mouillent à proximité d'un campement de Patagons et d'un pavillon américain[44]. L'équipage part à leur rencontre à bord de canots et Dumont d'Urville décrit les habitants comme étant « doux, paisibles et complaisants »[45]. L'observation permet de rectifier la croyance répandue concernant le mythe des géants Patagons, les membres de l'équipage constatant que leur stature est moyenne, et même inférieure à celle du commandant[46]. La présence d'un Suisse, l'horloger Niederhauser, établi dans la communauté facilite la collecte de données linguistiques, permettant à Dumont d'Urville de recenser le vocabulaire et les sonorités de la langue patagone[47]. Après ces rencontres et l'exploration du territoire, la flotte reprend la mer, traversant la baie Lomas en direction du cap Catherine[48]. Le , l'expédition quitte le détroit et poursuit sa route en direction du sud, longeant la Terre de Feu.

Première descente vers le sud

Gravure en noir et blanc proposant une muraille de glace en arrière-plan, dans un brouillard polaire. Au premier plan, des rochers avec des manchots d'Adélie.
Gravure du Rocher du débarquement, un spectacle « tout à la fois grandiose et effrayant ».

Après avoir quitté le détroit de Magellan, l'expédition se dirige vers la mer de Weddell. C'est en traversant le brouillard, la pluie et le froid grandissant que les corvettes finissent par atteindre les glaces. Le 21 janvier 1838, la flotte atteint la zone explorée par Weddell en 1823[49] mais se retrouve rapidement bloquée par la banquise. L'explorateur choisit de rediriger les navires vers les îles Orcades du Sud. Du 9 février au 14 février, les bâtiments sont immobilisés par les glaces[50]. Face à l'apparition des premiers symptômes du scorbut parmi l'équipage, le commandant décide d'interrompre la descente vers le pôle à la latitude de 65° et de faire route vers le nord.

Lors de ce retrait, entre le 22 février et le 5 mars 1838, la flotte découvre, dans le prolongement de l'Île de Graham, deux terres qui n'avaient jamais été cartographié. Il les nomme la terre Louis-Philippe et l'île de Joinville[51]. Le 7 mars, l'expédition met le cap sur le Chili[52].

Escale au Chili

Le 6 avril 1838, les deux corvettes mouillent à Talcahuano[52] afin de soigner l'équipage. Un séisme ayant frappé la zone six mois plus tôt, l'équipage découvre une ville en ruine. Ils y restent un mois et demi mais perdent 24 hommes, déserteurs ou décédés[52].

Le 24 mai, la flotte arrive à Valparaiso. C'est dans ce port que le navigateur apprend par une lettre de son épouse Adèle la mort de son fils Émile. Après quelque jours d'isolement, il sollicite l'aide d'Auguste Duhaut-Cilly, capitaine de l'Ariane qui vient également de mouiller à Valparaiso, pour recruter des volontaires afin de combler les pertes. Ce dernier refuse d'abord, influencé par des rumeurs dépeignant l'expédition comme un échec[53]. Afin de rectifier ces informations, Dumont d'Urville invite le capitaine à bord pour lui présenter les cartes et rapports préliminaires témoignant des avancées de la mission[53]. Auguste Duhaut-Cilly, convaincu, met six marins à la disposition du commandant[53]. Ainsi, malgré les supplications de sa femme, Dumont d'Urville continue sa mission et appareille le 29 mai 1838 en direction de l'Océanie[54].

La traversée du Pacifique

La mission dans le Pacifique dure un an et demi, avec comme objectif de fonder des points d'appui français dans la région et ainsi concurrencer la forte présence anglaise[54].

Trajet de Dumont d'Urville depuis Hobart (Tasmanie) vers la découverte et la prise de possession de la Terre Adélie au nom de la France le .

Le 3 août 1838, trois mois après le départ du Chili, la flotte atteint Mangareva dans les îles Gambier. Dumont d'Urville rend visite aux missionnaires français[55] et à l'évêque Etienne Rochouze. Il rencontre ensuite le chef local du nom de Moputea[56], avec lequel il échange des cadeaux diplomatiques tels que des miroirs et des noix de coco. Il quitte l'île avec la conviction que de bons rapports avaient été établis entre la France et les populations[57].

L'expédition reprend sa route vers les îles Marquises, atteintes le 24 août 1838[57]. Les corvettes mouillent à Nuku Hiva, où elles rencontrent les habitants qui leur demandent cette fois de la poudre et des armes. Le 3 septembre, la flotte reprend la mer pour atteindre Tahiti six jours plus tard[58].

À Tahiti, l'expédition rejoint la frégate la Vénus, commandée par Abel Aubert du Petit-Thouars et qui était venue négocier la présence des missionnaires catholiques français sur l'île avec la reine Pōmare IV[59]. Les missionnaires étaient à cette période systématiquement expulsés du territoire par les autorités locales sous l'influence britannique[59]. Après que le commandant de la Vénus a réussi sa négociation, Dumont d'Urville rend visite à la reine[60]. Le 16 septembre 1838, les deux corvettes quittent Tahiti et font voile vers les Samoa[61].

À Apia, l'équipage est accueilli par le chef local Pea Pongui qui leur demande de payer avec des dollars des frais de port. L'idée lui aurait été donnée par le capitaine britannique Drinkwater du sloop Conway[62]. Bien que Dumont d'Urville refuse de s'acquitter de ces frais, l'équipage séjourne six jours à terre. Dumoutier en profite pour réaliser plusieurs moulages des visages des habitants de l'île[63].

Le mois d'octobre est marqué par un séjour à Vava'u, aux Tonga. Sur demande des missionnaires John Thomas et Brooke, Dumont d'Urville fait arrêter Simonet, un déserteur français rencontré à Tongatapu lors de la précédente expédition (1826-1829). Il est fait prisonnier sur le navire et sert de traducteur lors des escales suivantes[64]. Le roi Tupou et la reine Sālote rendent également visite au commandant, sans lui dire que le jeune tongien nommé Mafi-Kelepi, que Dumont d'Urville avait autorisé à rejoindre l'équipage, avait en réalité été banni pour des raisons politiques[64].

L'expédition se dirige ensuite vers Fidji, dans le but de venger la mort du capitaine Bureau et de l'équipage de l'Aimable Joséphine advenues quatre ans plus tôt[55]. Ce dernier s'était retrouvé impliqué dans une guerre entre plusieurs tribus, et avait été tué et dévoré par le chef Nakalasse, ancien allié, comme les reste de son équipage[65]. En représailles, Dumont d'Urville ordonne l'incendie du village du chef fidjien sur l'île de Piva. Le village est trouvé désert au moment de l'attaque[65]. La flotte se rend ensuite à Ovalau puis à Vanua Levu, en collectant sur son passage différents spécimens botaniques et géologiques[66].

En novembre 1838, l'expédition Dumont d'Urville atteint Vanikoro, à la recherche des traces des naufragés de l'Expédition de La Pérouse, en vain. À partir du 12 novembre 1838, les ingénieurs-hydrographes cartographient les côtes des îles Salomon, baptisant « Cap Zélée » la pointe ouest de l'île de Malaita.

La flotte atteint la Nouvelle-Irlande le 8 décembre 1838. En raison de l'épuisement des vivres et du passage prévu par la Nouvelle-Guinée ou le détroit de Torrès, le navigateur décide de rejoindre les îles Carolines et de relâcher à Guam le 1er janvier 1839[67]. Le 10 janvier, la navigation reprend en direction des îles Palaos et Mindanao. Lors de la première escale, deux marins malais qui souhaitaient se rendre en Indonésie rejoignent l'équipage[68]. Après avoir traversé une zone de mer difficile, l'expédition arrive le 29 décembre à Gilolo(Halmahera). Dumont d'Urville, en pleine crise de goutte, y prend quelques jours de repos tandis que l'équipage collecte des spécimens, notamment 400 oiseaux de Paradis de Nouvelle-Guinée échangés avec des commerçants malais[69].

Du 5 au 19 février 1839, l'équipage séjourne à Amboine, en Indonésie, où il est accueilli par les Hollandais. Contrairement aux instructions du ministre de la Marine, Dumont d'Urville décide de ne pas renvoyer la Zélée en France à cette étape du voyage[70].

L'expédition traverse ensuite les Célèbes et les Moluques pour rejoindre l'Australie, effectuant plusieurs escales, notammebt à Port Essington, à Batavia et à Singapour[71], avant de mouiller à Sumatra[72].

Deuxième descente vers le sud

Reconnaissance de la Terre Adélie, le 20 Janvier 1840, Atlas pittoresque, planche 169.

Le 11 octobre 1839, l'expédition quitte les Philippines pour la Tasmanie[72]. La traversée est marquée par la détérioration de la santé de l'équipage : en plus du scorbut, les marins sont frappés par la dysenterie, le tétanos et même la tuberculose. L'équipage perd un nombre important de ses troupes. L'arrivée à Hobart a lieu le 12 décembre 1839. Le séjour, prévu pour durer un mois afin de permettre la convalescence de l'équipage, est écourté en raison de la proximité des expéditions de l'Américain Wilkes et de l'Anglais Ross[55].

Le 2 janvier 1840, la flotte quitte Hobart en direction du pôle Sud, choisissant un secteur à l'opposé de la mer de Weddell, explorée lors de la première tentative[55]. Le passage du cercle polaire a lieu le 18 janvier 1840[55]. Le lendemain, l'équipage aperçoit une île élevée qui se distingue de la banquise environnante. En s'approchant, l'équipage remarque la présence de pingouins, puis de rochers recouverts de glace. Les marins descendent immédiatement briser cette glace et recueillir des échantillons géologiques. Ces prélèvements confirment l'existence d'un continent antarctique. Le 21 janvier 1840, Dumont d'Urville prend possession de ce territoire au nom de la France et le nomme terre Adélie, en hommage à son épouse[73]. Le navigateur décide également de donner le nom de son épouse au manchot noir à ventre blanc tout juste découvert et qu'il baptise "manchot Adélie". Le 1er février, après avoir estimé la position du pôle magnétique, Dumont d'Urville quitte définitivement la Terre Adélie[55].

Alors que l'expédition de Dumont d'Urville célébrait la découverte de cette nouvelle terre, les Américains suivaient le même itinéraire entre les glaces, à quelques heures de distance. Le capitaine Hudson et son Peacock au gouvernail brisé par les glaces doivent rebrousser chemin, tout comme le Flying Fish. Les deux autres navires de l'expédition Wilkes, le Porpoise et le Vincennes, continuent leur route et croisent les deux corvettes de Dumont d'Urville[74], comprenant qu'ils se sont fait devancer de peu par les Français.

Nouvelle-Zélande et détroit de Torres

Le 17 février 1840, la flotte rejoint la Tasmanie et séjourne une seconde fois à Hobart, et ce jusqu'au 25 février[55]. À l'issue de cette escale, les deux corvettes entreprennent le voyage retour. Elles passent par les îles Auckland, avant de se rendre en Nouvelle-Zélande, territoire dont les Anglais ont récemment pris possession[55]. La flotte décide de s'y arrêter le 23 mars 1840[75] pour y dresser les plans de cinq baies de l'île Sud, afin de faciliter la navigation future des baleiniers français[76]. Le 4 mai 1840, après diverses escales sur le territoire néo-zélandais, la flotte repart définitivement pour la France[77].

Retour en France

Dumont d'Urville décide de passer par le détroit de Torrès pour rejoindre l'océan Indien[78]. Les corvettes y entrent le 31 mai[78] et rencontrent une mer si tumultueuse que l'explorateur l'abandon des navires avant qu'ils ne soient brisés[79]. Le 4 juin, la flotte réussit finalement à sortir du détroit et rejoindre l'océan[80]. Après des escales aux îles Loyauté et à Timor courant juin, les Français s'arrêtent à l'Île Bourbon (actuelle Réunion)[55] le 21 juillet 1840[80].

En septembre 1841, la flotte rejoint Sainte-Hélène[55], comme les navires français en avaient l'habitude, pour rendre hommage à Napoléon Ier, mort en ces lieux le 21 mai 1821. Dumont d'Urville sera le dernier à honorer cette coutume, avant le rapatriement Prince de Joinville ramènera quelque temps après le corps de l'empereur afin qu'il soit enterré à l'Hôtel des Invalides à Paris.

Le 6 novembre 1841, l'Astrolabe et la Zélée rentrent au port de Toulon, et le mois suivant Dumont d'Urville, en récompense de ses services, reçoit le titre de contre-amiral[81].

Le bilan

Un bilan scientifique considérable

Koala brun, Louis Le Breton, Atlas zoologique, planche 17

L'expédition au pôle Sud et dans l'Océanie constitue l'une des entreprises scientifiques françaises les plus complètes du XIXe siècle. Elle a permis de récolter une quantité considérable de données dans divers domaines. Elle ramène notamment en France une importante collection zoologique et botanique. Les naturalistes à bord, notamment Hombron, ont recensé et prélevé de nombreux spécimens d'insectes, d'animaux terrestres et marins ainsi que des échantillons de flore, dans le but d'enrichir les collections du Muséum national d'histoire naturelle[2]. Ces différentes espèces ont été dessinées et compilées dans les atlas zoologiques et botaniques. Parallèlement, des observations géologiques ont été menées lors des escales.

Naturel de Nouka-Hiva. Atlas pittoresque, planche 58

Les dessinateurs présents sur les corvettes ont également réalisé divers portraits et descriptions des modes de vie et langues des peuples rencontrés lors de la traversée[82].

Au-delà de l'histoire naturelle, les membres de l'expédition ont compilé d'importantes observations météorologiques et magnétiques en effectuant, à l'aide de différents outils comme le thermométrographe, des relevés réguliers de température de l'air et des eaux et de la force des vents, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des systèmes climatiques de l'hémisphère Sud. Ces travaux s'inscrivaient dans la continuité des recherches initiées par des explorateurs comme Alexander von Humboldt sur le magnétisme terrestre, et plus précisément pour comprendre la différence entre le pôle indiqué par les boussoles et le véritable pôle magnétique[83] que le navigateur localise le 1er février 1840[55].

Le bilan géographique de l'expédition est également majeur pour la connaissance de la zone Antarctique. La découverte et la prise de la Terre Adélie le 21 janvier 1840 confirment la possibilité d'avancer sur la route ouverte par Weddell et surtout l'existence d'un continent antarctique. En plus de ces travaux vers le pôle Sud, l'expédition a produit des relevés précis dans le détroit de Magellan, en Océanie et dans le détroit de Torrès qui ont permis de corriger les erreurs des cartographes précédents et d'établir des routes maritimes plus sûres pour les navires français. Ces mêmes cartes des archipels du Pacifique dressées par l'ingénieur-hydrographe Vincendon-Dumoulin serviront de référence aux marins français jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[84].

La compilation de ces données a donné lieu à une publication de grande envergure qui s'est étalée entre les années 1841 et 1854. Elle fut dirigée par Charles Hector Jacquinot, après la mort de Dumont d'Urville en 1842. Le compte rendu officiel comprend ainsi 23 volumes de texte et sept atlas détaillant les découvertes zoologiques[85], botaniques[86], géologiques, hydrographiques et ethnologiques[87]. Cette œuvre collective reste une référence pour l'histoire des explorations polaires et pacifiques au XIXe siècle.

Publications

Frontispice du Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée (1842)
  • Voyage au Pôle sud et dans l'Océanie sur les corvettes « L'Astrolabe » et « la Zélée », exécuté par ordre du Roi pendant les années 1837-1838-1839-1840 sous le commandement de M. J. Dumont-d'Urville, capitaine de vaisseau, rédaction après le décès de Dumont d'Urville sous la direction supérieure de M. Jacquinot, capitaine de vaisseau, commandant de La Zélée, rédigé suivant les spécialités.
  • Histoire du Voyage, par Dumont-d'Urville pour les Tomes 1 à 3 puis à partir du tome 4 à la suite du décès de ce dernier, par Vincendon-Dumoulin, hydrographe de l'expédition, Paris, Gide éditeur, 1842-1846 (10 Vol. et atlas de 20 planches). Texte sur Gallica (voir avertissement Tome 4 pages 1 à 4) : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, tome 10.
  • Zoologie, par Hombron, Jacquinot et autres collaborateurs (3 vol. et atlas de 140 planches).
  • Botanique, par Hombron, Jacquinot et Decaisne (2 vol. et atlas de 66 planches).
  • Anthropologie et Physiologie humaine, par Dumoutier (1 vol. et atlas de 50 planches).
  • Minéralogie et Géologie, par J. Grange (2 vol. et atlas de 15 planches).
  • Physique, Routes des corvettes et observations météorologiques faites à bord de « l'Astrolabe » par Vincendon-Dumoulin (1 vol).
  • Hydrographie, par Vincendon-Dumoulin (2 vol. et atlas de 64 planches).

Notes et références

  1. ↑ Guillon 1986, p. 164.
  2. Catherine Méhaud et Hélène Richard, Dumont d'Urville en Antarctique : Journal de bord de Joseph Seureau, quartier-maître de la Zélée (1837-1840), p. 18
  3. Catherine Méhaud et Hélène Richard, Dumont d'Urville en Antarctique : Journal de bord de Joseph Seureau, quartier-maître de la Zélée (1837-1840), Paris, Publisud, , p. 16-17
  4. Dunmore 2007, p. 148.
  5. Dunmore 2007, p. 149.
  6. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 575
  7. ↑ Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 580
  8. Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. LXXV
  9. ↑ François Bellec, Jean-Marie Demetz & Dominique Le Brun, Grands marins : de Cartier à Charcot, la saga des explorateurs français, Paris, Tallandier, , p. 213
  10. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 576
  11. ↑ La baie porte cette appellation de 1827 à 1968. À ne pas confondre avec l'actuelle baie de Humboldt sur la côte californienne/
  12. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 577
  13. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, Paris, (lire en ligne), p. 929
  14. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 931
  15. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 933
  16. ↑ Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 932
  17. ↑ Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 938
  18. Annales Maritimes et Coloniales, t. I, , p. 939
  19. ↑ Dunmore 2007, p. 154.
  20. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, , p. LXXIX
  21. ↑ Autour de Lapérouse : les voyages de Dumont d'Urville [exposition organisée par le Service historique de la marine dans le hall de la Caisse d'Épargne de Toulon du 22 octobre au 20 décembre 1985], Toulon, Service historique de la Marine, , 107 p., p. 42
  22. François Bellec, Jean-Michel Demetz, Dominique Le Brun, Grands marins : de Cartier à Charcot, la saga des explorateurs français, Paris, Tallandier, , p. 197
  23. Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, t. I, Paris, Gide, (lire en ligne), p. LXIX
  24. Jules Dumont d'Urville, Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, t. I, Paris, Gide, (lire en ligne), p. XXXVI - LIX
  25. ↑ François Bellec, Jean-Michel Demetz & Dominique Le Brun, Grands marins : de Cartier à Charcot, la saga des explorateurs français, Paris, Tallandier, , p. 212
  26. ↑ Dunmore 2007, p. 151.
  27. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes « L'Astrolabe » et « La Zélée », histoire du voyage, vol. 8, 1845, p. 363.
  28. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 5
  29. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 12
  30. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 18-32
  31. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 35
  32. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 39
  33. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 45
  34. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 52
  35. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 53
  36. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 55
  37. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 54
  38. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 81
  39. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au pole sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 86
  40. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 87
  41. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 93-94
  42. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 110
  43. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 100
  44. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 142
  45. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 145
  46. ↑ François Bellec, Jean-Michel Demetz & Dominique Le Brun, Grands marins : de Cartier à Charcot, la saga des explorateurs français, Paris, Tallandier, , p. 214
  47. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 150
  48. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne), p. 165
  49. ↑ Dunmore 2007, p. 160.
  50. ↑ Dunmore 2007, p. 162.
  51. ↑ Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs et grands voyageurs français du XIXe siècle : Océanie, vol. IV, Paris, CTHS, , p. 147
  52. François Bellec, Jean-Michel Demetz & Dominique Le Brun, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Tallandier, , p. 214
  53. Dunmore 2007, p. 172-173.
  54. François Bellec, Jean-Michel Demetz & Dominique Le Brun, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Tallandier, , p. 215
  55. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs et grands voyageurs français du XIXe siècle : Océanie, IV, Paris, CTHS, , p. 148
  56. ↑ Dunmore 2007, p. 174-175.
  57. Dunmore 2007, p. 176.
  58. ↑ Dunmore 2007, p. 177.
  59. Dunmore 2007, p. 179.
  60. ↑ Dunmore 2007, p. 180.
  61. ↑ Dunmore 2007, p. 181.
  62. ↑ Dunmore 2007, p. 182.
  63. ↑ Dunmore 2007, p. 185.
  64. Dunmore 2007, p. 186.
  65. Dunmore 2007, p. 187.
  66. ↑ Dunmore 2007, p. 188.
  67. ↑ Dunmore 2007, p. 191-192.
  68. ↑ Dunmore 2007, p. 193.
  69. ↑ Dunmore 2007, p. 194.
  70. ↑ Dunmore 2007, p. 195.
  71. ↑ Dunmore 2007, p. 197.
  72. Dunmore 2007, p. 201.
  73. ↑ Dunmore 2007, p. 209.
  74. ↑ Vanney 1986, p. 295.
  75. ↑ Dunmore 2007, p. 213.
  76. ↑ Vanney 1986, p. 296.
  77. ↑ Dunmore 2007, p. 217.
  78. Dunmore 2007, p. 218.
  79. ↑ Dunmore 2007, p. 219.
  80. Dunmore 2007, p. 220.
  81. ↑ Vanney 1986, p. 297.
  82. ↑ Dunmore 2007, p. 234.
  83. ↑ Vanney 1986, p. 274.
  84. ↑ Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs et grands voyageurs français du XIXe siècle : Océanie, Paris, CTHS, , p. 149
  85. ↑ Jules Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée (Atlas de zoologie), Paris, Gide, 1842-1853 (lire en ligne)
  86. ↑ Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie, sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, Paris, Gide, (lire en ligne)
  87. ↑ Catherine Méhaud et Hélène Richard, Dumont d'Urville en Antarctique : Journal de bord de Joseph Seureau, quartier-maître de la Zélée (1837-1840), Publisud, , p. 19

Bibliographie

  • François Bellec, Jean-Michel Demetz et Dominique Le Brun, Grands marins : de Cartier à Charcot, la saga des explorateurs français, Paris, Tallandier, , 329 p. (ISBN 979-10-210-5855-2)
  • Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs et grands voyageurs français du XIXe siècle : Océanie, Paris, CTHS,
  • (en) John Dunmore, From Venus to Antarctica : the Life of Dumont d'Urville, Titirangi, Exisle Publishing, (ISBN 978-0-908988-71-6)
  • Jacques Guillon, Dumont d'Urville : 1790-1842, Paris, France-Empire, , 349 p. (ISBN 2 7048 0472 9)
  • Yves Jacob, Dumont d'Urville : le dernier grand marin de découvertes, Glénat, , 405 p. (ISBN 978-2-7234-1752-5).
  • Adolphe Joanne, Voyage illustré dans les cinq parties du monde en 1846, 1847, 1848 et 1849, chapitre L : « Expédition de Dumont d'Urville au Pôle Sud », Paris, 1850, pp. 380–387 (lire en ligne).
  • Joseph Seureau, Dumont d'Urville en Antarctique : Journal de bord de Joseph Seureau, quartier-maître de la Zélée (1837-1840), Publisud, coll. « La France au fil des siècles », , 141 p. (ISBN 978-2-86600-726-3)
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française : des origines à nos jours, Rennes, Ouest-France, , 427 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7373-1129-2, BNF 35734655)
  • Rémi Monaque, Une histoire de la marine de guerre française, Paris, éditions Perrin, , 526 p. (ISBN 978-2-262-03715-4)
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, Tallandier, coll. « Dictionnaires », , 537 p. [détail de l’édition] (ISBN 978-2847340082)
  • Étienne Taillemite, Marins français à la découverte du monde : De Jacques Cartier à Dumont d'Urville, Paris, éditions Fayard, , 725 p.
  • Jean-René Vanney, Histoire des mers australes, éditions Fayard,
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1 508 (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0).
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