Exploitation minière des fonds marins

Exploitation minière des fonds marins.

L'exploitation minière des fonds marins est un sous-domaine de l'exploitation minière qui implique la récupération de minéraux (notamment des nodules polymétalliques) et de gisements à des profondeurs de 200 mètres ou plus au fond de l'océan[1],[2]. Ces activités sont organisées et contrôlées par l'autorité internationale des fonds marins, organisme intergouvernemental autonome fondé sous l'égide de l'ONU.

Fonctionnement

L'extraction des minéraux sous-marins se concentre sur trois types de gisements principaux : les nodules polymétalliques (manganèse, nickel, cuivre et cobalt), les croûtes riches en cobalt (cobalt, manganèse, nickel, lithium et terres rares) et les sulfures polymétalliques composés de cuivre, de zinc, d'argent et d'or[3].

Le procédé technologique de référence repose sur une séquence opérationnelle en trois phases. Un véhicule de récolte sous-marin robotisé parcourt d'abord le plancher océanique pour aspirer la couche superficielle du sédiment, d'environ 10 cm, contenant les minéraux. Un système de pompage, ou système riser, assure ensuite le transport des matériaux vers un navire de support en surface via une conduite rigide ou flexible. Après la séparation des minéraux à bord, les sédiments résiduels et les eaux de traitement sont rejetés dans la colonne d'eau, générant des panaches de décharge dont l'impact environnemental fait l'objet d'études scientifiques[4].

Controverses

Un article scientifique paru dans le Harvard Environmental Law Review en compare ce type d'exploitation avec les autres types de ruées passées, incluant une absence de prise en compte de l'impact environnemental et social et la marginalisation des peuples indigènes et de leurs droits[5],[6].

Cette exploitation pourrait avoir des conséquences potentiellement irréversibles pour la biodiversité marine, pour les écosystèmes marins, pour les stocks de poissons, et des impacts climatiques. Parmi les possibles dangers, la destruction directe d'habitats et d'organismes des fonds marins, la pollution sonore et lumineuse, le risque de fuites chimiques provenant des machines ainsi que le déplacement accidentel d'espèces[7],[8].

En , le Parlement norvégien autorise l’ouverture d’environ 280.000 km2 du plateau continental en Arctique à la prospection et à l’exploitation minière. En , le gouvernement annonce le report du premier cycle de licences d'exploitation jusqu’à la fin de la législature (2029)[9],[7]. Jonas Gahr Store, Premier ministre travailliste, a toutefois souligné que cette décision n'entérine pas les projets d'exploitation. En même temps s'est ouvert à Oslo un procès intenté à l'État par la branche norvégienne du Fonds mondial pour la nature [WWF] qui réclame une suspension de ce processus d'ouverture dans l'attente d'études d'impact[8].

Le , le président des États-unis Donald Trump signe un décret autorisant l'exploitation minière des fonds marins en dehors de la ZEE américaine, contrevenant ainsi aux règles de l'ONU[10].

Impacts environnementaux

Notes et références

  1. (en-US) « Seabed Mining », The Ocean Foundation, (consulté le )
  2. « SPC-EU Deep Sea Minerals Project - Publications and Reports », dsm.gsd.spc.int (consulté le )
  3. Welcome to the United Nations, « L'EXPLOITATION MINIÈRE DES FONDS MARINS » Accès libre [PDF], sur Welcome to the United Nations, (consulté le )
  4. OceanFdn Admin, « Exploitation minière des fonds marins », sur The Ocean Foundation, (consulté le )
  5. « Broadening Common Heritage: Addressing Gaps in the Deep Sea Mining Regulatory Regime », Harvard Environmental Law Review,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  6. Ben Doherty, « Deep-sea mining possibly as damaging as land mining, lawyers say » [archive du ], sur the Guardian, (consulté le )
  7. « La Norvège reporte la polémique exploitation minière de ses fonds marins », sur RFI, (consulté le )
  8. « La Norvège renonce à ouvrir ses fonds sous-marins à l'extraction minière en 2025 », sur RFI, (consulté le )
  9. Caroline Britz, « Norvège : le lancement de l’exploitation minière des fonds marins suspendu », sur Mer et Marine, (consulté le )
  10. Denis Delbecq, « Non, président Trump, les océans ne vous appartiennent pas », Le Temps,‎ (lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail du monde maritime
  • icône décorative Portail de la mine
  • icône décorative Portail de la géologie
  • icône décorative Portail des minéraux et des roches