Exposition coloniale de Strasbourg
| Exposition coloniale, agricole et industrielle de Strasbourg | ||||||||
Affiche pour l'exposition coloniale de Strasbourg, par Jean Jacoby[1]. | ||||||||
| Type | Exposition coloniale | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Localisation | Strasbourg | |||||||
| Date d'ouverture | ||||||||
| Date de clôture | ||||||||
| Fréquentation | 1 000 000 visiteurs | |||||||
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L'exposition coloniale de Strasbourg, en forme longue exposition coloniale, agricole et industrielle de Strasbourg, est une exposition coloniale qui se tient de à à Strasbourg, en France.
Contexte
L’exposition s’inscrit dans un contexte de relance économique et symbolique de Strasbourg après la Première Guerre mondiale. D'autres manifestations avaient été organisées à Strasbourg, comme le l'Exposition nationale de 1919 ou le Centenaire de Pasteur en 1923[2].
Ainsi, le rapport général souligne la nécessité de montrer aux populations d’Alsace-Lorraine récemment réintégrées à la France l’importance de la « grande France », qui inclus la métropole et l’empire colonial, que ces derniers « n’avaient pas été à même de connaître et d’apprécier durant de longues années »[3]. Le public visé est d'abord français, mais les organisateurs cherchent également à attirer des visiteurs venus du Luxembourg et de Suisse[4].
Organisation
L’exposition est placée sous le haut patronage de Gaston Doumergue, président de la République, et bénéficie du soutien du ministère des Colonies ainsi que du ministère du Commerce et de l’Industrie[5].
Le Comité français des Expositions est chargé de la Section métropolitaine, tandis que le Comité national des Expositions coloniales participe à la Section coloniale. Un accord entre les deux comités, conclu le , fusionne finalement les sections métropolitaine et coloniale afin d’optimiser les emplacements[6].
L'exposition
Localisation
L'exposition, qui se tient du au , est située à l’extrémité d’une grande avenue de Strasbourg, dans le parc du Wacken[7]. L'exposition est organisée en trois grands ensembles : la section métropolitaine, la section coloniale et la section locale (Alsace-Lorraine)[8].
La section locale, située près de l'entrée principale, a pour vocation de mettre en valeur les industries régionales et locales[8]. La section métropolitaine, bénéficiant de 10 000 m2 de surface d'exposition, présente des produits industriels, agricoles et artisanaux français[9]. La section coloniale donne à voir les produits agricoles tropicaux, l'artisanat, les objets ethnographiques et les ressources minières de certaines colonies[10].
Architecture
Il s'y dresse une vingtaine de palais et pavillons de style colonial[11]. L’entrée, notamment, est marquée d'un portique indochinois :
« L’entrée de l’Exposition se faisait par un portique monumental, dans le style indo-chinois, orné à son faîte d’un immense dragon annamite, les côtés ouvragés comme tous les portiques asiatiques ; le soir, l’aspect devenait féerique, grâce à un éclairage intensif composé de milliers de lampes électriques. »[11]
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Pavillons
Les constructions préexistantes situées dans le parc ont été remaniées dans des styles coloniaux[12].
D'autres constructions s'inspirent de l'architecture des colonies françaises : on peut voir un tata soudanais érigé par les chocolats Schaal, un souk marocain et un pavillon mauresque présentant l’alcool de menthe Ricqlès[11]. Le palais des Colonies, en fer à cheval, est également inspiré de l'architecture mauresque[13]. On y trouve les présentations de l'Algérie, du Maroc, de l'A.O.F., de Madagascar et de l'Indochine[14].
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Pavillon indochinois. -
Cour intérieure de la section coloniale. -
« L'école au village nègre ». -
Vue intérieure d'une des sections.
L'exposition inclut également un « village africain »[15], aussi appelé « village nègre », monté par un entrepreneur[16]:
«Toits en roseaux, murs en pisé, palmiers : le décor est soigné. Des « habitants » recrutés dans tout le bassin nigérian l’animent : maroquinier de Haute-Volta, tisserand du Sénégal… Au quotidien, les femmes broient le mil, le sorcier lance des imprécations, les griots entament des chants, les enfants font des plongeons dans le bassin central. »[12]
Évènements et divertissements
L'exposition est inaugurée le par Édouard Daladier, alors ministre des Colonies[7],[17].
Des évènements festifs et divertissements sont proposés aux visiteurs, comme le corso fleuri du qui attire une foule considérable et récolte un franc succès[18]. L’exposition accueille également la Semaine agricole d’Alsace et de Lorraine, le 2e Congrès régional de la Fédération des syndicats de l’épicerie, ainsi qu'une Exposition bovine le [18]. De plus, « derrière le « village africain » se trouve le parc de loisirs avec un théâtre des illusions, des exhibitions de singes, des manèges, des stands de tirs et des bazars »[19]. Le « village africain » est également au centre de certains évènements : on y célèbre par exemple un mariage[12] et le couronnement d'un roi.
Albert Lebrun, alors sénateur et ancien ministre des Colonies, visite l'exposition le . Le maréchal Lyautey fait de même [18].
Bilan
Au total, l'exposition rassemble plus de 2 000 exposants[20] et attire un million de visiteurs[7]. Il est difficile d'en mesurer la portée : si le succès du « village africain » est sans appel, son impact dans la presse nationale est limité et la très large distribution de récompenses en diminue l'impact. La Ligue maritime et coloniale remarque une influence positive de l'exposition, mais pas le port de Strasbourg[21].
Références
- ↑ Amougou 2008, p. 119.
- ↑ Grandhomme 2018, p. 306.
- ↑ Amson 1927, p. 60.
- ↑ Grandhomme 2018, p. 315.
- ↑ Amson 1927, p. 8.
- ↑ Amson 1927, p. 196.
- Grandhomme 2018.
- Amson 1927, p. 195.
- ↑ Amson 1927, p. 56 - 69, 195.
- ↑ Amson 1927, p. 56 - 92.
- Amson 1927, p. 100.
- Julien Louis, « Expo : autour du bâtiment du Maillon | Art », sur ZUT Magazine, (consulté le )
- ↑ Amson 1927, p. 104.
- ↑ Amson 1927, p. 113.
- ↑ Amson 1927, p. 119.
- ↑ Amson 1927, p. 165.
- ↑ « 2429GJ 00006 - Strasbourg. M. Daladier, ministre, préside l'exposition des colonies », sur gparchives.com, GP archives (Gaumont-Pathé), .
- Amson 1927, p. 166.
- ↑ Grandhomme 2018, p. 321.
- ↑ Catherine Repussard, « Alsace (post)coloniale : Identités, territoires et migrations symboliques », dans Gwénola Sebaux (dir.), Identités, migrations et mobilités transnationales : Europe (XIXe – XXIe siècle) (colloque international à l'Université catholique de l'Ouest, départements LÉMIC (Littérature, étrangéité, mutations, identités culturelles) et LLHA (Lettres, langues, histoire et arts), - ), Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », , 332 p. (ISBN 978-2-7574-1636-5, DOI 10.4000/books.septentrion.13506, lire en ligne), p. 135–144 [143] [lire en ligne].
- ↑ Grandhomme 2018, p. 315-316.
Voir aussi
Bibliographie
Sources primaires d'époque :
- Exposition coloniale de Strasbourg () : L'Enseignement technique, industriel, commercial et artisanat en Alsace et Lorraine depuis l'armistice, Strasbourg, Dernières Nouvelles d'Alsace, , 48 p. (BNF 33384408).
- Gaston Amson (rapporteur), Exposition coloniale, agricole et industrielle. Strasbourg, : Rapport général de la section métropolitaine et coloniale, Paris, Comité français des expositions, , 379 p. (BNF 31717850, lire en ligne).
Sources secondaires :
- Odile Goerg, « Exotisme tricolore et imaginaire alsacien : L'Exposition coloniale, agricole et industrielle de Strasbourg en », Revue d'Alsace, no 120, , p. 239–268.
- Emmanuel Amougou (préf. Pierre Bourdieu), La construction de l'inconscient colonial en Alsace : Un village nègre sous le froid, Paris-Budapest-Turin, L'Harmattan, coll. « Logiques sociales », , 217 p. (ISBN 2-7475-2819-7, lire en ligne).
- Emmanuel Amougou, « L'Exposition coloniale : Strasbourg », dans Nicolas Bancel (dir.), Pascal Blanchard (dir.), Ahmed Boubeker (dir.) et Éric Deroo (dir.), Frontières d'Empire du Nord à l'Est : Soldats coloniaux et immigrations des Suds, Paris, La Découverte, coll. « Un siècle d'immigration des suds en France », , 259 p. (ISBN 978-2-7071-5497-2, HAL halshs-00352381), p. 118–119.
- (en) Alison Carrol, chap. 4 « Imagining Greater France in the Provinces : The Strasbourg Colonial Exhibition of », dans Philip Wahlen (dir.) et Patrick Young (dir.), Place and Locality in Modern France, Londres-New York, Bloomsbury Academic, , 221 p. (ISBN 978-1-7809-3686-4, 978-1-4742-8277-2, 978-1-7809-3841-7 et 978-1-7809-3822-6), p. 42–52 [lire en ligne].
- Francis Grandhomme, « « Retour à la France » et « Plus grande France » : Le fait colonial, composante de l'éblouissement tricolore et du malaise alsacien (à travers le cas de l'Exposition coloniale de Strasbourg en ) », Revue d'Alsace, no 144 « Actes du colloque De l'éblouissement tricolore au malaise alsacien : Le retour de l'Alsace à la France (-) », , p. 303–342 (DOI 10.4000/alsace.3512, HAL hal-03207365, lire en ligne).
- Odile Goerg, « Exposition coloniale de Strasbourg () », dans Roland Recht (dir.) et Jean-Claude Richez (dir.), avec la collab. d'Isabelle Laboulais, coord. Émilie Oléron Evans, Dictionnaire culturel de Strasbourg : -, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, , 597 p. (ISBN 978-2-86820-988-7), p. 185–187.
- Jérôme Ruch, « L'Exposition coloniale de : L'Alsace dans l'Empire français », dans Rétro d'Expos : Quarante ans d'expositions, Strasbourg, - (exposition, Strasbourg, Archives de la Ville et de la Communauté urbaine, - ), Barr, Le Verger, coll. « Histoire-Patrimoine », , 127 p. (ISBN 978-2-84574-255-0), p. 103–113.
Liens externes
- « L'exposition coloniale de Strasbourg () », panneau no 5 de l'exposition Alsace, présence des Suds : Un siècle d'immigration des Suds en Alsace, sur achac.com, Groupe de recherche Achac, - (version du sur Internet Archive) [voir la reproduction du panneau].
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