Fête nationale espagnole
| Fête nationale espagnole | |
Démonstration de la Patrulla Águila le . | |
| Nom officiel | Día de la Fiesta Nacional de España |
|---|---|
| Observé par | |
| Type | Fête nationale |
| Signification | Commémoration de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb |
| Date | 12 octobre |
| Célébrations | Défilé militaire |
La fête nationale d'Espagne (anciennement Jour de la Race puis Jour de l'Hispanité) est une fête nationale célébrée le en Espagne, en commémoration de la découverte de l'Amérique par les Espagnols le .
Célébration
La fête nationale d'Espagne (Fiesta Nacional de España en castillan, Festa Nacional d'Espanya en catalan, Festa Nacional de España en galicien, Espainiako Jai Nazionala en basque, Hèsta Nacionau d'Espanha en aranais), anciennement Jour de la Race ou Jour de l'Hispanité, commémore la découverte fortuite de l'Amérique par Christophe Colomb pour le compte des Rois catholiques. Elle est célébrée le . Un défilé militaire est notamment organisé à Madrid, devant la famille royale, le gouvernement, les représentants des hautes institutions de l'État et les présidents des communautés autonomes.
Histoire
Début de la colonisation européenne des Amériques

Le , après une longue traversée financée par les Rois catholiques d'Espagne, le Génois Christophe Colomb débarque à Guanahani (actuelle île de San Salvador aux Bahamas). Il pense alors arriver en Inde, raison pour laquelle il appelle « Indiens » les autochtones qu'il rencontre.
S’il n’est pas le premier Européen à mettre le pied en Amérique, ce jour est considéré toutefois comme celui de la découverte de l’Amérique, et il marque le début de l'exploration, de la découverte et de la colonisation de ces terres.
Fête nationale espagnole (1892-1918)
C’est lors de la célébration des 400 ans de la découverte de l’Amérique en 1892 que le devient par décret royal le jour de fête nationale en Espagne[1].
Jour de la Race (1918-1958)

En 1913, sous l’impulsion de l’Association Ibéro-américaine de Madrid qui voulait unir tous les peuples hispanophones, le prend le nom de « Jour de la Race » (Día de la Raza en castillan). Cette appellation devient officielle par un décret en 1918[1]. Par la suite, la date est instituée comme fête nationale dans plusieurs pays d'Amérique latine.
Jour de l'hispanité (1958-1981)
En 1926, dans un article publié à Buenos Aires, le prêtre espagnol Zacarías de Vizcarra propose de substituer au mot « race », celui d'« hispanité ».
Le , le député nationaliste et monarchiste espagnol Ramiro de Maeztu célèbre le Jour de l'hispanité à Madrid. Ses idées vont faire partie du socle idéologique des phalangistes, futurs vainqueurs de la Guerre civile d'Espagne.
Finalement, par un décret du , le régime franquiste renomme officiellement le Jour de la Race, Jour de l'Hispanité. Signé par le dictateur Franco, le texte stipule que « compte tenu de l’importance que revêt le pour l’Espagne et tous les peuples de l’Amérique hispanique, le sera Fête nationale, sous le nom de Jour de l’Hispanité ».
Fête nationale d'Espagne et Jour de l'Hispanité (1981-1987)
En 1981, après la restauration de la démocratie et de la monarchie par l'entrée en vigueur de la Constitution espagnole de 1978, l'arrêté royal 3217/1981, publié dans le premier Bulletin officiel de l'État de l'année 1982, officialise la date du comme « Fête nationale d'Espagne et Jour de l'Hispanité ».
Suppression de la mention d'hispanité depuis 1987

En 1987, une loi fait disparaître définitivement la mention d’hispanité et celle de race. Le devient alors seulement le « Jour de la Fête nationale d'Espagne ». Malgré tout, l’expression « Jour de l'Hispanité » est restée dans le vocabulaire courant[1].
Un défilé militaire se déroule traditionnellement à Madrid à l'occasion de la fête nationale.
Fêtes en Amérique
Le est aussi célébré en Amérique latine, mais sous divers noms. L'expression « Jour de la Race » est de plus en plus critiquée et certains pays ont opté pour une dénomination moins connotée, comme le Mexique, « Jour de la nation pluriculturelle », l’Argentine, « Jour de la Diversité Culturelle Américaine », le Chili, « Jour de la Découverte des Deux Mondes », ou encore le Venezuela, « Jour de la Résistance Indigène »[1].
Aux États-Unis, le « Columbus Day » ou « Jour de Christophe Colomb » est devenu jour férié fédéral en 1937. Toutefois, Christophe Colomb est désormais souvent considéré comme une des figures du génocide des Amérindiens, raison pour laquelle des dizaines de villes américaines ont remplacé la célébration en octobre par une journée d’hommage aux « peuples indigènes »[1].
Journée de la langue espagnole (ONU)
La journée de la langue espagnole est une initiative prise par l’ONU pour célébrer[2] une de ses six langues officielles ; initialement le , cette journée a lieu maintenant le [3], date anniversaire de la mort de Miguel de Cervantes.
Cette initiative entre dans le cadre de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée chaque année le . Le but est d’améliorer la prise de conscience et le respect pour l'histoire, la culture et les succès de chacune des six langues officielles au sein de la communauté onusienne. Ces Journées des langues aux Nations unies sont destinées à promouvoir et à fêter le multilinguisme et la diversité culturelle, ainsi que l'égalité de toutes les langues officielles en usage au sein de l'Organisation.
Critiques du 12 octobre
Véracité de la date du 12 octobre 1492
L’introduction du calendrier grégorien a commencé en Espagne le , qui fut le lendemain du : 10 jours ont été supprimés du calendrier, pour compenser un excès d’années bissextiles dans le calendrier julien, dont l'année 1500. Par conséquent, le (calendrier julien) a pour réel correspondant actuel le (calendrier grégorien).
Référence coloniale controversée
La commémoration du début de la colonisation européenne des Amériques, et l'hommage rendu à Christophe Colomb, perçu comme un des initiateurs du génocide des Amérindiens, provoquent des réticences autour de cette date commémorative en Espagne. Le porte-parole du parti Podemos, Pablo Iglesias, revendique par exemple de ne pas célébrer le [4]. De même, l'ancienne maire de Barcelone, Ada Colau, considère qu’un « État qui célèbre un génocide devrait avoir honte », et le maire de Cadix d'affirmer : « Nous n’avons jamais découvert l’Amérique, nous avons massacré et soumis un continent et ses cultures au nom de Dieu. Il n’y a rien à célébrer »[5].
Notes et références
- Cathy Lafon, « Ce jeudi, c’est la fête nationale espagnole : que fêtent nos voisins ibériques le 12 octobre ? », SudOuest.fr, (ISSN 1760-6454, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La Journée de la langue espagnole célébrée au siège de l'ONU », sur ONU Info, (consulté le )
- ↑ (es) « Día del idioma español en las Naciones Unidas, 23 de abril », sur un.org
- ↑ (es) « Pablo Iglesias no irá a los actos del 12 de octubre », sur ElHuffPost, (consulté le )
- ↑ Quentin Ravelli, « Peut-on parler d’un mouvement postcolonial en Espagne ? : « Jour de la Race » et lutte indigène contre les banques », Mouvements, , p. 126-140 (lire en ligne)
Articles connexes
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