Famille Regnauld de La Soudière
| de Regnauld de La Soudière | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | D'argent à deux fasces de gueules, accompagnées de six merlettes de sable, 3, 2 et 1.[1] | |
|---|---|---|
| Devise | « Corde Regno »[2] (je règne par le cœur) | |
| Période | XIIIe siècle - aujourd'hui | |
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Fiefs tenus | L'Age-Bertrand, Saint-Mary | |
| Demeures | Château de Saint-Mary | |
| Récompenses civiles | Ordre de la Légion d'honneur | |
La famille de Regnauld de La Soudière est une famille de la noblesse française subsistante les plus anciennes, d'extraction chevaleresque sur preuves de 1213 et originaire de l'Angoumois.
Histoire
Originaire de la Charente limousine, région du nord-est de l'Angoumois[3]. D’après Beauchet-Filleau, cette famille était réputée avoir fondé le castrum de Châteaurenauld, en Angoumois, autour de l’an Mil[4].
Les maintenues de noblesse font remonter sa filiation prouvée à 1213, date d’une transaction faite par Foulques Regnauld, fils de feu Arnaud Regnauld, chevalier, seigneur de Saint-Mary[5]. On peut remonter cependant un peu plus haut car Arnaud est attesté comme seigneur du lieu en 1186[6]. De son côté Raoul de Warren donne la date de 1189[3].
Vers 1350-1360, Jean II Regnauld épouse Marguerite de Confolens qui lui apporte l’importante seigneurie de l’Age-Bertrand, à Chirac (Charente) qui restera dans la famille jusqu’au XVIIIe siècle. L’Age-Bertrand comprenait 27 paroisses et s’étendait jusqu’en Limousin.[réf. nécessaire]
Pendant la guerre de Cent ans Arnaud, seigneur de Cervole, surnommé « l’Archiprêtre », combattant à la bataille de Poitiers en 1356, capitaine dans les Grandes Compagnies, qui met ses troupes de routiers au service du roi mais commet aussi des pillages et des violences qui lui valent une réputation sulfureuse[3].
A la Renaissance, Jean IV Regnauld, seigneur de l’Age-Bertrand, Saint-Mary et d’autres terres, épouse en 1508 Charlotte de Saint-Gelais, dame de Maumont, nièce d’Octavien de Saint-Gelais, évêque d’Angoulême, érudit, poète et traducteur. Jean IV a onze enfants, et trois de ses fils vont former chacun une branche : la branche aînée de l’Age-Bertrand et La Soudière, la branche de Scée-Pondeville (Charente) et la branche de Maumont (Juignac, Charente)[réf. nécessaire].
Les guerres de religion voient les Regnauld combattre du côté catholique. Charles Regnauld, chevalier de l’ordre du roi, participa en 1587 à la bataille de Coutras où il fut fait prisonnier[réf. nécessaire].
Les deux branches cadettes s'éteignent au tout début du XIXe siècle. La branche aînée s’était scindé au XVIIe siècle en deux rameaux dont l’aîné (à l’Age-Bertrand) s’éteignit en 1738. L’autre rameau continua avec François, héritier de la seigneurie de la Soudière. De lui descendent les Regnauld de la Soudière actuels, formant eux-mêmes deux branches dont le nom s’écrit « de Regnauld de la Soudière » pour l’une (son chef porte le titre de courtoisie de marquis de la Soudière) et « Regnauld de la Soudière » pour l’autre (son chef porte le titre de courtoisie de comte de la Soudière). Cette branche est appelée traditionnellement en famille branche de Roissac, du nom de la baronnie qu’elle posséda à la fin du XVIIIe siècle, mais le titre de courtoisie de baron de Roissac est aujourd’hui délaissé[réf. nécessaire].
Personnalités
- Pierre Regnauld, dit Pierre de Saint-Mary, cité de 1269 à 1281, chanoine d’Angoulême, archidiacre de Saintonge, fondateur d’une chapellenie avec érection à Saint-Mary de la chapelle funéraire des Regnauld.
- Arnaud Regnauld, seigneur de Cervole, dit Arnaud de Cervole (vers 1320 - 1366), militaire français ou l’Archiprêtre, capitaine général dans les Grandes compagnies, lieutenant du roi en Nivernais, chambellan du roi, conseiller du duc de Bourgogne († 1366).
- Philippe Regnauld, conseiller-chambellan de Charles VI, bailli de Vitry († av 1414).
- Jean Regnauld, abbé de Saint-Amand de Boixe de 1442 à 1472. Il releva l’abbaye ruinée par la guerre de Cent ans et acheva la reconstruction du chœur.
- Pierre Regnauld, l’un des cent gentilshommes de la maison du roi († 1567).
- Charles Regnauld, seigneur de Maumont, (v. 1550 – 1589), chevalier de l’ordre du roi, capitaine de deux cent hommes de guerre puis de cinquante hommes d’armes des ordonnances du roi. Le roi Henri III lui écrit en 1586 de « maintenir la conservation des pays de Saintonge et Angoulmois. »
- Pierre Regnauld, baron de l’Age, mestre de camp par provisions royales de 1652 lui enjoignant de lever un régiment de cavalerie.
- Anne Regnauld, veuve d’Étienne de Magnac, fondatrice du Carmel d’Angoulême en 1653.
- Pierre Regnauld, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem (ordre de Malte) en 1670.
- François Regnauld, comte de la Soudière (1712-1757), lieutenant du roi en l'île de Saint-Domingue.
- Catherine Marie Cécile de Regnauld, épouse d'Anne-François de Chauveron, gouverneur d'Angoulême. Présentée à la cour en 1777, elle est la maîtresse de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, futur évêque d'Autun[7].
- François Gabriel Regnauld, dit le comte de Regnauld (sic), baron de Roissac, Gensac et Marville (1749-1830), commissaire de la noblesse d’Angoumois aux États généraux de 1789 et l’un des rédacteurs du cahier de doléances de son ordre.
- Pierre Paul Alexandre de Regnauld de La Soudière (1833-1897), officier dans l'Armée française, chevalier de Légion d'honneur (1877)[8], fils de Louis-Gabriel.
- Arnaud de Regnauld de la Soudière (1909-1988), membre de la France Libre[9], chef d'un réseau de résistance, chevalier de la Légion d'honneur.
- Vincent Regnauld de La Soudière ("Vincent La Soudière"), écrivain et poète (1939-1993).
- Martin Regnauld de La Soudière (frère du précédent), ethnosociologue[10], auteur (1944-2026).
Armes, devise et titres
Les armes de la famille se blasonnent ainsi : d’argent à deux fasces de gueule accompagnées de six merlettes de sable posées 3, 2 et 1.[1]
Devise : Corde Regno (Je règne par le cœur).
Livrée : blanche, rouge et noire. Habit gris-blanc, collet et parements rouges bordés d’un liseré noir.
Titres portés (non réguliers) : baron de l’Age (l’Age-Bertrand) (1443), marquis et comte de la Soudière (XVIIIe siècle), baron de Roissac, Gensac et Marville (XVIIIe siècle). Marquis et comte de la Soudière sont des titres de courtoisie.
Châteaux : Saint-Mary (Chte), La Soudière (Saint-Mary, Chte), l’Age-Bertrand (Chirac, Chte), Maumont (Juignac, Chte), la Richardie (Champagne-et-Fontaine, Dordogne), le Châtelard (Saint-Junien, Hte Vienne), Goué (Mansle, Chte), Roissac (Chte). Depuis 1471 la famille possédait aussi un hôtel noble à Cognac.
La Soudière, château perdu, retrouvé et disparu
La seigneurie de La Soudière, à Saint-Mary, que la famille possède depuis au moins 1290, passa chez les Barbezières vers 1450, probablement par mariage. Deux siècles plus tard, en 1636, Louise de Barbezières, dame de la Soudière, épousait son lointain cousin Pierre Regnauld, baron de l’Age-Bertrand, seigneur de Montembœuf, Vitrac, Pressac, etc., lui apportant l’ancienne terre familiale qui faisait ainsi retour à ses premiers seigneurs. Pierre épousa en secondes noces Marie Green de Saint-Marsault dont il eut entre autres un fils François qui reçut La Soudière en partage. Tous les Regnauld de la Soudière actuels descendent de lui. Le château de la Soudière, cependant, n’existe plus. Mis en fermage avec les terres à la fin du XVIIIe siècle – car la famille habitait le château voisin de Saint-Mary – il ne fut plus entretenu. Il n’en subsistait au milieu du XXe siècle que quelques vestiges (deux tours d’enceinte arasées et une chapelle pratiquement en ruine) et il n’en reste plus rien aujourd’hui.
Alliances
Les principales alliances de la famille sont[réf. nécessaire] : de Chabanais (avant 1213), d’Aubusson (vers 1260), de Montausier (1284), de Chasteigner (vers 1315), de Pompadour (vers 1325), de Châteauvillain (1362), de Confolens (avant 1363), de la Jaille (1394), de Montbrun (1397), de la Rochefoucauld (vers 1430), de Saint-Gelais (1508), de Barbezières (1528, 1555, 1636), de Sainte-Maure (1558), de Rochechouart (1654), de Castellane (1726), de Galard de Béarn (1728), de Tryon-Montalembert (1755), de Vasselot (1790), de Nesmond (1814), de Saluces (1885), Ruinart de Brimont (1908), de Larminat (1930), d’Anterroche (1997).
Notes et références
- E. Jouffroy d'Eschavannes, Dictionnaire de la noblesse et du blason, Paris, Garnier frères, 1850, p. 354 — sur Gallica.
- ↑ Annuaire héraldique : contenant la nomenclature de toutes les familles françaises et étrangères , Paris, 1901, p. 1049 — sur Gallica.
- Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, Grand Armorial de France, t. V, , p. 447–448
- ↑ « Comme aussi ont toujours ouy dire que la Maison des Regnaud est tenue et réputée pour une des plus nobles et plus anciennes de la province et tenant rang ». (Extrait des preuves pour l’entrée de Pierre Regnauld dans l’ordre de Malte, 1676 – arch. dép. du Rhône, 48 H 89).
- ↑ H. Beauchet-Filleau et Ch. de Chergé, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, 1818-1895, tome II, p. 579.
- ↑ La première de ces maintenues de noblesse, en 1667, donna lieu à « une généalogie en forme certifiée par commissaires nommés par le Roi pour la vérification des titres de noblesse de la Province [d’Angoumois], la dite généalogie commencée en 1213 et suivie jusqu’au 12 juin 1667 signée d’Aguesseau en original. » (BnF, Carrés d’Hozier 533). Peu après, en 1675, François fit ses preuves pour son admission comme page de la Grande écurie du roi : « Janvier 1675. Extraict de la généalogie des Regnaud d’Angoumois, tirée sur les originaux des tiltres, qui peuvent justiffier leur véritable noblesse depuis cinq siècles, et leurs alliances, qui sont cognues par iceux tiltres estre sorties touttes de Maisons nobles, et très anciennes . » (BnF, cabinet d’Hozier 288 D 7844).
- ↑ Talleyrand disait de Catherine : « Elle a de l’esprit comme trois hommes. » (Généalogies limousines et marchoises, Mayenne, éd. régionales de l’ouest, tome XIII, 2004 – p. 182, note 839). Charles Maurice était le petit-neveu du marquis de Chauveron. Sur les relations familiales entre les Chauveron et les Talleyrand-Périgord et les circonstances du mariage du marquis avec Catherine, voir le site de Saint-Séverin Informations : https://www.saintseverin.fr B15-99-juin1996.
- ↑ « Regnauld de La Soudière, Pierre Paul Alexandre », , notice sur la base Leonore, Archives nationales de France.
- ↑ Matricules et références, in: « Arnaud Gabriel Paul Louis de Regnault de la Soudière », sur Les Français libres.
- ↑ (BNF 11910324).
Voir aussi
Bibliographie
- Beauchet-Filleau (H) et Ch. de Chergé, Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l’ancien Poitou, 1840-1854 (t.2).
- Blanchet (abbé), Notice historique sur l’ancien Carmel d’Angoulême, Angoulême, imp. Roussaud, 1888.
- Borel d’Hauterive et Albert Révérend, Annuaire de la Noblesse de France, Paris, Honoré Champion (année 1904).
- Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente (notamment années 1865, 1866, 1933, 1938, 1955 et 1986).
- Bureau (Pierre), Les émigrés charentais 1791-1814, Presses universitaires de Limoges, 2003.
- Callandreau (Amédée), L’ordre de la noblesse de l’Angoumois aux Etats provinciaux de 1789, Cognac, 1911-1914.
- Gigon (Cl.), Les victimes de la Terreur du département de la Charente, Angoulême, 1866.
- Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, Grand Armorial de France, t. V, , p. 447–448
- Percy-Marinier (Éric), Histoire et généalogie de la maison de Regnauld de la Soudière, Loudun, P.S.R. Éditions, 1995.
- Saluces (Henri de), Le capitaine Cervole, Ruffec, éd. Dubois, 1931.
- Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, p.???..
Articles connexes
- Armorial des familles de l'Angoumois
- Liste de familles subsistantes armoriées en 1696
- Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)
- Liste des familles subsistantes de la noblesse française d'Ancien Régime (L à Z)
Liens externes
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