Famille Vendégou
| Famille Vendégou | |
| Période | XVIIe siècle - XXIe siècle |
|---|---|
| Origine | Lifou, île des Pins |
| Allégeance | |
| Charges | Grands chefs, souverains et rois coutumiers de l'île des Pins Maires de l'île des Pins Membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie Sénateur français |
| Récompenses civiles | Ordre national de la Légion d'honneur |
La famille Vendégou est la dynastie royale coutumière de l'île des Pins, ou île Kunié, située au sud de la Nouvelle-Calédonie. Elle a donné un grand nombre de grands chefs, souverains et rois coutumiers de l'Île de Pins depuis l'unification politique de ce territoire au XVIIIe siècle mais aussi des maires de la commune et un sénateur français, au XXIe siècle.
Histoire
Selon la tradition kanak[1] recueillie par les missionnaires[2], la famille Vendégou - mot qui désigne, en langage tongien la majesté royale - remonterait à un clan venu de Lifou, les Ti Téré, dont le chef, Pile Ketiware (né vers 1655), arrivé sur l'île des Pins, au début du XVIIIe siècle, aurait réussi à unifier les tribus jusqu'alors indépendantes de l'île des Pins, jusqu'alors divisées politiquement et fréquemment en conflit. Il crée ainsi une nouvelle organisation politique, de type monarchique, inspirée des royaumes tongiens ou polynésiens. Depuis lors, la grande chefferie se transmet, génération après génération, au sein de la famille Vendégou.
Selon les règles coutumières, la magistrature royale est transmise par droit d'aînesse ou adoption au sein du clan Vendégou, mais après confirmation par les tribus, ce qui explique la succession parfois complexe des grands chefs de l'Île. Cependant, la relative unité politique de l'île des Pins est situation singulière, éloignée de l'organisation traditionnelle kanak, alors que les chefferies de la Nouvelle-Calédonie sont historiquement marquées par leur rivalité et la division politique entre les tribus. Elle contribuera puissamment à l'évangélisation de la population mais aussi à l'établissement d'un équilibre avec l'administration coloniale naissante, relativement favorable à la population kanak.
Au XIXe siècle, le grand chef Këëwa Vâdëku (v.1821-1855), roi coutumier de l'île des Pins, et qui règne de 1850 à 1855, fait venir et accueille des missionnaires français de la Société de Marie, qui accostent le en baie de Saint-Maurice.
Il est baptisé sous le prénom français de Louis-Philippe, en l'honneur à l'ancien Roi des Français. Ami des missionnaires français, il accepte le la prise de possession de son île par la France, au détriment du Royaume-Uni. Très vite, à sa suite, l'ensemble de la population se convertit au catholicisme à tel point que vers 1860, on considère que l'ile est en totalité chrétienne.
A sa mort en 1855, sa fille Hortense Kanejö, désignée héritière, est âgée de 7 ans et voit son autorité violemment contestée par certaines tribus. Elle doit se réfugier à l'intérieur de l'île, au lieu désormais connu sous le nom de Grotte de la Reine Hortense, où elle réside deux ans, sous la protection de ses fidèles. Une solution est trouvée par les missionnaires qui prennent son éducation en charge.
Rétablissant la paix entre les tribus de l'île, ils obtiennent la désignation de ses oncles Jérôme et Philippo comme régents, jusqu'au mariage de la Reine Hortense en 1870 son cousin Samuel Kwaneye Vendégou. Éduquée par des religieuses, Hortense Kanejö reçoit une instruction solide, lit et écrit le français. Alors que le pouvoir colonial souhaite exproprier les tribus kanaks pour fonder un grand établissement pénitentiaire, elle mène courageusement les négociations et permet le déplacement des tribus et le maintien de son peuple sur son île ancestrale.
Sans descendance, la Reine Hortense adopte le cousin germain de son mari, Abel Vendégou (v. 1840-1926), qui sera le grand-chef de l'Île de 1883 à 1926.
Ce dernier, sans postérité, adopte a son tour son cousin Samuel Trouru, grand chef à partir de 1926, mais qui se retire dès 1927 au profit de son cousin Barthélémy Kwaneye (1903-1974)[3], grand chef de 1927 à 1974.
Ce dernier est toutefois contesté par son cousin Guillaume Këëwa (mort en 1968), qui devient premier maire de l'île des Pins de 1961 à 1968.
Son fils Hilarion Vendégou (1941-2020), intronisé en 1979, est grand chef coutumier de l'Ile. Figure kanak de l'anti-indépendantisme politique, il mène une importante carrière politique, assumant les fonctions de maire de la commune de l'île des Pins, de membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et siégeant au Palais du Luxembourg, à Paris, comme sénateur de la Nouvelle-Calédonie entre 2010 et 2017.
Depuis 2022, le grand chef de l'île des Pins est Guillaume Këëwa Vendégou[4].
Personnalités
- Pile Ketiware, né vers 1655, décédé après 1700, premier grand chef et roi coutumier de l'île des Pins. Issu de lu clan Ti Téré de Lifou et chassé par une guerre, il réussit à unifier les tribus des Kunié de l'île des Pins.
- Trouru Vâdëku Kwattè Micüwaét (v. 1775-1845), 5e grand-chef des Kunié, exilé par son père à Lifou avant qu'il ne le fasse tuer. Il fait la guerre aux clans du Sud de la Grande Terre et demande la venue de deux teachers protestants samoans, Noa et Taniela, en 1840, avant de les expulser en 1842. Son nom Vâdëku va servir ensuite de patronyme à l'état-civil pour ses descendants.
- Këëwa Vâdëku ou « Vandégou » (v. 1821-1855), baptisé en 1848 sous le nom de Louis-Philippe par les missionnaires maristes, nouvellement arrivés, il est surnommé par les santaliers anglo-saxons « Jimmy ». Grand-chef et roi coutumier de l'île des Pins, de 1850 à 1855, il accepta la prise de possession de l'Île par la France le , en présence de l'amiral Febvrier des Pointes.
- Corona Hortense Kanejö, dite la Reine Hortense (v. 1848-1900), grand-chef de l'Île 1855 à 1883, d'abord sous la régence de ses oncles Jérôme et Philippo, puis, à partir de 1870, conjointement avec son mari et cousin Samuel Kwaneye († ), sans postérité. Elle adopte Abel (v. 1840-1926), grand-chef de 1883 à 1926, cousin germain de son père Louis-Philippe Vendégou.
- Hilarion Vendégou (1941-2020), maire de l'île des Pins (1989-2014 puis 2015-2020), sénateur français (2011-2017)
- Sarah Vendégou (née en 1960), maire de l'île des Pins (2014-2015)
- Laura Vendégou, fille d'Hilarion, vice-présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, auteur d'un discours devant le Comité spécial de décolonisation de l'Organisation des nations unies le [5].
Filiation simplifiée
- Pile Ketiware, né vers 1655, décédé après 1700, premier grand chef et roi coutumier de l'île des Pins.
- Ouamantengné, né vers 1680
- Waweya, né vers 1705
- Wadawa, né vers 1730
- Kaoua, né vers 1755
- Trouru Vâdëku Kwattè Micüwaét (v. 1780-1845), grand chef et roi coutumier de l'île des Pins.
- Lalè (né vers 1800, mort avant 1845) :
- Këëwa Vâdëku ou « Vandégou », baptisé sous le nom de Louis-Philippe et surnommé par les santaliers anglo-saxons « Jimmy » (v. 1821-1855, grand-chef et roi coutumier de l'île des Pins, de 1850 à 1855) :
- 'Corona Hortense Kanejö, dite la Reine Hortense (v. 1848-1900, fait office de grand-chef de 1855 à 1883, sous régence de ses oncles Jérôme et Philippo jusqu'en 1870), épouse en 1870 son cousin Samuel Kwaneye ((† )), sans postérité. Elle adopte Abel (v. 1840-1926, grand-chef de 1883 à 1926, cousin germain de son père Louis-Philippe Vendégou.
- Këëwa Vâdëku ou « Vandégou », baptisé sous le nom de Louis-Philippe et surnommé par les santaliers anglo-saxons « Jimmy » (v. 1821-1855, grand-chef et roi coutumier de l'île des Pins, de 1850 à 1855) :
- Wacumé (mort en 1850), grand-chef régent pour son neveu Këëwa Vâdëku de 1845 à 1850 :
- Samuel Kwaneye (v.1840-1882), .épouse en 1870 sa cousine Hortense Kanejö, dite la « Reine Hortense », sans postérité.
- Ouanéï :
- Abel (v. 1840-1926, grand-chef de 1883 à 1926, adopté par la « Reine Hortense », adopte à son tour, étant sans postérité, son cousin Samuel Trouru.
- Cotthi (fils métis et légitimé d'une femme de Trouru avec un Européen) :
- Guillaume Trouru :
- Samuel Trouru (grand-chef de 1926 à 1927, se retire au profit de son cousin Barthélémy Kwaneye) :
- Guillaume Këëwa (mort en 1968, opposant à Barthélémy Kwaneye, premier maire de l'île des Pins de 1961 à 1968) :
- Jean-Marie Trouru (mort en mer en 1976), candidat à la grande-chefferie contre Hilarion Tumi, leurs partisans respectifs s'affrontant violemment, jusqu'à sa disparition en mer en 1976.
- Guillaume Këëwa (mort en 1968, opposant à Barthélémy Kwaneye, premier maire de l'île des Pins de 1961 à 1968) :
- Samuel Trouru (grand-chef de 1926 à 1927, se retire au profit de son cousin Barthélémy Kwaneye) :
- Guillaume Trouru :
- Prosper Mëunë :
- Isaac Ouïné, Wün, Wiine ou Wine (né en 1864) :
- Barthélémy Kwaneye(1903-1974, grand-chef de 1927 à 1974) :
- Alexandre
- Abel
- Hilarion Tumi (1941-2020, grand-chef à partir de 1974, intronisé sur le plan coutumier en 1979)
- Barthélémy Kwaneye(1903-1974, grand-chef de 1927 à 1974) :
- Isaac Ouïné, Wün, Wiine ou Wine (né en 1864) :
- Lalè (né vers 1800, mort avant 1845) :
- Trouru Vâdëku Kwattè Micüwaét (v. 1780-1845), grand chef et roi coutumier de l'île des Pins.
- Kaoua, né vers 1755
- Wadawa, né vers 1730
- Waweya, né vers 1705
- Ouamantengné, né vers 1680
Notes et références
- ↑ Alexis Vandégou, « La venue des Vendegou à l'île des Pins », récit enregistré en 1966, Projet Pangloss, disponible sur le site du CNRS (lire en ligne).
- ↑ P. Lambert, Mœurs et superstitions des Néo-Calédoniens, Nouvelle Imprimerie Nouméenne, Nouméa, 1900.
- ↑ R.P. O'Reilly, Calédoniens : Répertoire bio-bibliographique de la Nouvelle-Calédonie, Publications de la Société des Océanistes, 1953 et 1980, articles « Ti-Toouru », « Vandégou » et « Hortense ».
- ↑ Stéphanie Chenais, « Guillaume Këëwa Vendegou nommé grand chef de l'île des Pins », article publié le 9 février 2022 sur le site de France Info - Nouvelle-Calédonie la 1re (lire en ligne).
- ↑ Laura Vendégou, Discours à l’ONU du 12 juin 2023 (lire en ligne).
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