Famille d'Aubonne
| d'Aubonne | |
| Blasonnement | D'azur, au croissant d'argent, accompagné de trois étoiles de même. |
|---|---|
| Branches | aînée, seigneurs d'Aubonne, co-seigneurs d'Aubonne, bourgeois de Lausanne, installée en Franche-Comté |
| Période | XIe – XVe siècles |
| Origine | Vaud |
| Pays | Suisse |
| Fiefs tenus | Aubonne |
La famille d'Aubonne est une famille noble vaudoise. Mentionnée dès le XIIe siècle, la branche aînée s'éteint au XIVe siècle, tandis que les branches des co-seigneurs d'Aubonne et des citoyens de Lausanne s'éteignent au siècle suivant et celle installée en Franche-Comté semble disparaître en 1600.
Le Répertoire des familles vaudoises qualifiées, de l'an 1000 à l'an 1800 (1883) rappelait que « le nom d'Aubonne a été porté par diverses familles, dont la plus importante est celle de dynastes ». Elle ne doit pas ainsi être confondue avec la famille d'Aubonne mentionnée à Morges, puis à Nyon.
Histoire
Occupant un rang distingué parmi les dynastes vaudois, les sires d'Aubonne régnaient sur un territoire s'étendant sur les diocèses de Genève et de Lausanne de part et d'autre de l'Aubonne.
Les premiers membres connus de cette famille seraient Turumbert[1] et Dodon[2],[n 1],[4]. Ils apparaissent comme des primats du royaume de Bourgogne[1], qui siégeaient au plaid d'Eysins, en 1001 ou 1002, sous le roi Rodolphe III, au cours duquel étaient confirmées des donations à l'abbatiale de Romainmôtier[2],[4]. Toutefois, l'appartenance à cette famille de ces deux personnages n'est pas attestée[4]. Charrière (1870) ajoute également Gérold comme probable fils de Turumbert, selon cette mention Geroldus filius Turumberti de Albonna), vers 1040[5], et Nantelme (mentionné vers 1130)[6]. Mais il existe des lacunes généalogiques pour ces personnages[4].
Un siècle plus tard, Humbert Ier, seigneur d'Aubonne, est mentionné pour la période de 1154 à 1177[4]. Charrière (1870) considère qu'il pourrait être le fils Nantelme[6]. Humbert est bienfaiteur de l'abbaye de Théla (alias Montheron)[7].
En 1234, trois frères et seigneurs d'Aubonne, Guerric, Jacques II et Pierre II, dit Putoz, accordent des franchises à la ville d'Aubonne[4].
En , Jacques II remet au comte Pierre II de Savoie sa part dans la seigneurie d'Aubonne avant de la reprendre en fief[8].
En 1255, Guerric d'Aubonne cède sa part de la seigneurie à Pierre II de Savoie[9],[4], qui la transmet à Humbert de Thoire-Villars. Avec l'arrivée de ces nouveaux seigneurs est édifié un « bourg neuf » entre 1319 et 1343.
En , Jean II reçoit l'hommage lige de Vaucher de Grancy, dit "Fraschar", de tout ce que ce dernier possédait depuis la Morges jusqu'au Jorat et depuis le lac Lausanne jusqu'à la Joux[8].
Marguerite d'Aubonne († ), issue de la branche de co-seigneurs d'Aubonne, épouse Henri, seigneur de Montricher[4],[10],[11]. Sans postérité, Marguerite teste en 1438 en faveur de son oncle Henri de Menthon, bailli de Vaud[10],[11].
La branche aînée lausannoise semble s'éteindre dans le courant du XVe siècle[4].
Filiation
La filiation repose sur l'article de Louis Charrière (1870)[8]. Si pour les premiers membres, la filiation est non prouvée[4], à partir d'Humbert Ier, seigneur d'Aubonne, la filiation semble connue[3].
- Humbert Ier († apr. ), seigneur d'Aubonne, ∞ (?) Pétronille, fille de Walcher de Divonne
- Nantelme II († apr. ), seigneur d'Aubonne, ∞ (1°) Gerriette († v. /1200), (2°) Alix
- (1) Guerry († ou ), co-seigneur d'Aubonne, ∞ Clémence
- Étienne († /62),
- Jean Ier († ), ∞ N.N.,
- Simon, Guillaume, Jacquet, Henri, Marguerite, Jacquette et Clémence,
- Aimon († ), moine à Saint-Oyand de Joux.
- (1) Jacques II († /36), chevalier, co-seigneur d'Aubonne, ∞ Béatrice († apr. ),
- Jacques III (1212/22 † /77), co-seigneur d'Aubonne, ∞ (1°) N.N., (2°) Marguerite d'Oron
- (1) un fils († av. ,
- (2) Aymon (1248/56 † /77, probablement avant son père), co-seigneur d'Aubonne
- Guillaume († apr. ),
- (2) Jean II (1259/67 † ), chevalier, co-seigneur d'Aubonne, ∞ Binfa,
- Jean III (1295/1303 † apr. ), chevalier (dès 1340), co-seigneur d'Aubonne avec Guillaume Alamandi, lieutenant des châteaux de Granges et de Sierre pour le comte Amédée VI de Savoie, châtelain du château de Tourbillon et vice-bailli du Valais, ∞ (1°) Marguerite, fille de Girard III d'Oron, (2°) Johanette, fille de Jean d'Anniviers,
- (1) Humbert II, co-seigneur d'Aubonne, mort sans postérité,
- (1) Catherine, ∞ Jean d'Oron,
- (1) Guillermette, ∞ Jean de Disy,
- (1) Johanette, ∞ Jean de Rych,
- (1) Antonie.
- (2) Antoine († ), co-seigneur d'Aubonne, à la mort de son frère Humbert II, ∞ (1) Mirande de Menthon, (2°, 1399) Agnès de Vuippens,
- (2) Louis, mort jeune,
- (2) Marguerite († ), co-dame d'Aubonne, ∞ (1418) Henri, seigneur de Montricher. Sans postérité.
- (2) Jacques.
- Hélène († av. ), ∞ Jean de Lucinge de Duzillier,
- Marguerite († ), ∞ Henri Tavelli, citoyen de Genève,
- Éléonore, Alexie, Henriette, Françoise,
- Jean III (1295/1303 † apr. ), chevalier (dès 1340), co-seigneur d'Aubonne avec Guillaume Alamandi, lieutenant des châteaux de Granges et de Sierre pour le comte Amédée VI de Savoie, châtelain du château de Tourbillon et vice-bailli du Valais, ∞ (1°) Marguerite, fille de Girard III d'Oron, (2°) Johanette, fille de Jean d'Anniviers,
- (2) Arthaud († apr. ), chevalier et bailli de Vaud,
- Jean († apr. ),
- Jordane († apr. ),
- Alix († apr. ),
- Léonette († apr. ),
- Clémence († apr. ),
- Jacques III (1212/22 † /77), co-seigneur d'Aubonne, ∞ (1°) N.N., (2°) Marguerite d'Oron
- (1) Étienne († apr. ),
- (2) Pierre III († apr. ), dit Putoux (né après le décès de son père, d'où probablement le surnom), ∞ (1°) Froyn, (2) Binfa,
- (2) Guerry († av. ),
- (1 ou 2) Alexie († )/12), ∞ (1283) Pierre II d'Aubonne, puis Pierre de Prangin,
- (1 ou 2) Étiennette († ), ∞ Jean de saint-Oyen,
- (2) François († ),
- (1) Guerry († ou ), co-seigneur d'Aubonne, ∞ Clémence
- Aimon,
- Jacques ou Jacob Ier († apr. ), ∞ N.N..
- Pierre Ier,
- Pierre II, s'installé à Lausanne.
- Nantelme II († apr. ), seigneur d'Aubonne, ∞ (1°) Gerriette († v. /1200), (2°) Alix
Armes et sceaux
Les armes de la famille d'Aubonne se blasonnent ainsi : D'azur, au croissant d'argent, accompagné de trois étoiles de même.[12]
Les auteurs du Dictionnaire historique et biographique de la Suisse (1921) donnaient, sans émaux et meubles, « un croissant accompagné de trois étoiles, 2 et 1 »[11]. Galbreath (1934) mentionnait une variation des armes montrant « un croissant et deux ou trois étoiles à six rais »[9], avec un champ d'azur et des meubles en argent[9]. Face à la variété des sceaux, il concluait, en 1920 que le « Le croissant et les étoiles se rapporteraient à l'écu, dont ils formaient peut-être les renforcements, et le pallé au chef, à la bannière, tous les deux ayant été portés simultanément à l'époque de formation des armoiries. »[13]
La plus ancienne représentation est un contre-sceau de l'archidiacre Jacques d'Aubonne, datant de 1225, qui appartient à la branche franc-comtoise[9]. L'écu montre un croissant accompagnée de trois étoiles, une en chef et deux en pointe[9].
Les sceaux de Guerric, seigneur d'Aubonne, portaient des écu d'un croissant accompagné de deux étoiles, en 1234 et 1246[14],[9]. Jacques II, son frère, porte un écu sur son sceau équestre montrant un croissant contourné accompagné de trois étoiles, deux en chef et une en pointe (1235)[15],[14].
Jacques, co-seigneurs d'Aubonne, portaient sur son sceau un écu d'un croissant versé accompagné de trois étoiles, en 1235, puis en 1264 un écu à quatre pals sous un chef[16]. Son fils portait pour sa part un palé de six pièces, au chef chargé d'un lion issant[16]. Galbreath (1934) proposait palé d'argent et de gueules au chef d'or chargé d'un lion de sable.[16].
Les armes de la branche bourgeoise de Lausanne sont inconnues selon Galbreath (1934)[16]. Les auteurs du Dictionnaire historique et biographique de la Suisse (1921) mentionnaient quand à eux D'azur à trois à trois pals alézés d'argent, celui du milieu en bande[11].

La famille franc-comtoise porte D'azur au chevron d'argent accompagné de deux étoiles en chef et d'un croissant en pointe.[13],[17],[18] Selon Galbreath (1920) le chevron serait une brisure[13].
Notes et références
Notes
- ↑ "Turumbertus" a fait don de la propriété "in pago Equestrico in villa Balgeello" à Romainmotier "per manu advocati meo Dooni", non datée mais datée par Charrière à la première moitié du XIe siècle, probablement à la fin du Xe siècle. Une charte non datée, datée de 1049/1109, indique que Romainmotier a concédé des terres "à la villa Brucinis… (et) à la villa Germaniaco…. Helemosinam Turumberti fratris Dodoni de Albona"[3]
Références
- Galbreath 1920, p. 5.
- Charrière 1870, p. 139-141.
- MedLands, p. Seigneurs d'Aubonne.
- Ansgar Wildermann, « d'Aubonne » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Mallet (1862), Tome XIV, 6, p. 4.
- Charrière 1870, p. 141-143.
- ↑ Charrière 1870, p. 143-152.
- Charrière 1870, p. ???.
- Galbreath 1934, p. 20.
- Aymon de Crousaz, Dictionnaire historique, géographique et statistique de canton de Vaud, M, Imprimerie L. Corbaz et compagnie, , p. 630.
- Marcel Godet, Henri Türler et Victor Attinger, Dictionnaire historique et biographique de la Suisse, vol. 8, t. 1 : A. Baroche, Neuchâtel, Imprimerie Paul Attinger, (lire en ligne), Aubonne.
- ↑ Galbreath 1934, p. Planche II.
- Galbreath 1920, p. 7.
- Galbreath 1920, p. 5-6.
- ↑ Charrière 1870, p. 173 et 193.
- Galbreath 1934, p. 21.
- ↑ Jules Gauthier et Léon Gauthier, Armorial de Franche-Comté, Paris, , 230 p. (lire en ligne), p. 3.
- ↑ Roger de Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté, Besançon, P. Jacquin, (lire en ligne), p. 36-37.
Voir aussi
Bibliographie
- Louis Charrière, Les dynastes d'Aubonne, Lausanne, Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, , 180 p. (lire en ligne), p. 139 à 313.
- Donald Lindsay Galbreath, Armorial vaudois, vol. 2, t. 1 : A-H, Baugy-sur-Clarens, chez l'auteur, , 337 p. (lire en ligne).
- Donald Lindsay Galbreath, « Sceaux des seigneurs d'Aubonne », Archives héraldiques suisses, no 30, , p. 5-10 (lire en ligne).
Articles connexes
Liens externes
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Germain Hausmann, « Aubonne (commune) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- Jean-Jacques Bouquet, « Aubonne (seigneurie, district) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- (en) Charles Cawley, « Burgundy Kingdom — Neuchâtel, Vaud, Valais, Gruyère — Chapter 3. Nobility in Vaud & Valais — A. Seigneurs d'Aubonne », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.
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