Famille de Berterèche de Menditte

de Berterèche de Menditte
Image illustrative de l’article Famille de Berterèche de Menditte
Armes.

Blasonnement Écartelé, aux 1 et 4 d’azur à une guivre ondoyante en pal d’argent, qui est du Domec d’Ossas ; aux 2 et 3 d’or au dragon ailé de sinople, qui est de Berterèche de Menditte
Période XVIe siècle - à nos jours
Origine Pays basque
Charges Journaliste, sénateur des Basses-Pyrénées, maire de Menditte, juge
Fonctions militaires Général de corps d'armée, colonel
Récompenses militaires Ordre national de la Légion d'honneur

La famille de Berterèche de Menditte est une famille française originaire de la Soule, au Pays basque français.

Histoire

D’après Gustave Chaix d’Est-Ange (1905), cette famille a pour berceau le Domec d’Ossas, une des anciennes potestateries du pays de Soule, au Pays Basque français, dont elle portait primitivement le nom[1]. Elle appartient ainsi à la noblesse d'extraction.

La notice de Chaix d’Est-Ange démarre la filiation rigoureusement suivie à partir de noble Pierre, seigneur du Domec d’Ossas, potestat au pays de Soule, mentionné en 1542 avec son épouse Marie de Sponde[1]. La famille prend le nom de Berterèche de Menditte à la suite du mariage, en 1576, de Pierre du Domec d’Ossas avec Marie de Puyanne, héritière de la maison noble de Berterèche de Menditte[1].

Cette maison, située à Menditte dans la vicomté de Soule, était copatronne de la cure avec la maison noble de Casenave de Menditte et percevait une partie des dîmes de la paroisse[2].

Toujours selon cette notice, la descendance de Pierre du Domec d’Ossas et de Marie de Puyanne abandonna progressivement son nom primitif, conformément à un usage local, pour conserver celui de la maison noble de Berterèche de Menditte[2].

La même notice cite parmi les premiers seigneurs connus Bernard, seigneur du Domec d’Ossas en 1297, Pierre-Arnaud, donzel, seigneur du même lieu en 1327, ainsi que Gachenauton, seigneur du Domec d’Ossas, juge à la cour de Licharre au XVe siècle[2].

Au XVIIIe siècle, Armand-Jean de Berterèche de Menditte, seigneur desdits lieux, épouse en secondes noces Marie de Bachoué de Barraute. En 1789, Marie-Charles de Berterèche, seigneur de Menditte, participe aux assemblées de la noblesse du pays de Soule. Jacques-Théodore de Berterèche de Menditte, né en 1792, juge de paix à Mauléon, meurt en 1871 après avoir laissé une nombreuse postérité issue de son mariage avec Monique Darhanpé[2].

Selon un article de La République des Pyrénées consacré à l’ouvrage Mon petit basque de Jean-Claude Fauveau, la famille de Berterèche de Menditte rattache son histoire à celle de la Soule sur plusieurs siècles. L’auteur y évoque une première mention du nom de Menditte en 1296, dans un traité relatif à la délimitation de bois entre Josbaig et Barcus. Il rappelle également que la famille, affectée par les troubles politiques locaux, perdit temporairement ses particules pendant la période révolutionnaire et ne fut autorisée à les reprendre qu’en 1885 par décision judiciaire[3].

Maison noble de Berterèche de Menditte

Avant son union avec les du Domec d’Ossas, la maison noble de Berterèche de Menditte est attestée en Soule dès le Moyen Âge. Raymond-Guillaume, donzel et seigneur de Berterèche de Menditte, assiste en 1327 à une assemblée de la noblesse du pays de Soule. La filiation des seigneurs de cette maison est donnée par Jean de Jaurgain à partir de noble Sens, seigneur de Berterèche de Menditte, mentionné dans des actes de 1429 et 1433[4].

Au Pays basque français, la maison constitue longtemps une réalité familiale, sociale et patrimoniale essentielle. Certaines maisons, dites nobles, confèrent à leurs détenteurs un rang particulier dans l’organisation locale. En Soule, ces maisons sont liées à la terre, au nom familial et aux droits coutumiers. Les plus importantes d’entre elles relèvent des anciennes potestateries, dont les titulaires participent à la vie politique et judiciaire du pays. La noblesse souletine se distingue ainsi moins par de grands domaines que par l’ancienneté des maisons, leur statut et leur rôle dans les institutions locales. La famille de Berterèche de Menditte s’inscrit dans ce cadre, par son rattachement au Domec d’Ossas et à la maison noble de Berterèche de Menditte[5].

La ballade de Bereterretxe

Le nom de Berterèche est porté dans la tradition orale basque par la Bereterretxen kantorea (« Chant de Bereterretche »), considérée comme l'une des plus anciennes ballades de la littérature basque[6]. Transmise oralement pendant plusieurs siècles, elle est publiée pour la première fois en 1870 par Jean-Dominique-Julien Sallaberry dans son recueil Chants populaires du Pays basque[7].

La ballade relate l'assassinat d'un jeune noble souletin nommé Bereterretxe, commis par les hommes du comte de Lerin entre 1434 et 1449, sur fond de luttes entre les clans rivaux des Beaumont et des Gramont[8]. L'œuvre a fait l'objet de nombreux commentaires littéraires et linguistiques, notamment ceux de Jean Haritschelhar[9]. Une stèle commémorative existe à Etchebar, sur les lieux supposés de l'assassinat[6].

L'identification du héros de la ballade avec la maison noble de Berterèche de Menditte relève d'une tradition locale et n'est pas explicitement établie par les sources savantes, qui rattachent généralement le personnage à la maison Bustanoby ou situent son etxe à Larrau[8]. La similitude des noms et l'ancienneté de la maison noble de Berterèche à Menditte, attestée dès 1327[10], ont toutefois nourri cette tradition d'identification.

En 1958, le barde souletin Etchahun-Iruri consacra une pastorale basque au personnage de Bereterretxe, redonnée notamment en août 2005 devant la stèle commémorative[6].

Mémoire familiale

La famille de Berterèche de Menditte conserve un lien marqué avec la Soule et avec le village de Menditte, présenté dans la presse locale comme le berceau de la famille. Des rassemblements familiaux, appelés biltzar, réunissent périodiquement les descendants et apparentés de la famille.

En 2019, le quatrième Biltzar de Berterèche de Menditte se tient à Abense-de-Haut et réunit près de 300 cousins venus notamment d’Argentine, de Nouvelle-Calédonie, du Vietnam, d’Allemagne, d’Italie et de différentes régions de France. La presse locale rappelle à cette occasion la devise familiale : « Bethi Jincotiar, Bethi Etchetiar », c’est-à-dire « Dieu toujours, famille toujours »[11],[12].

Cette histoire familiale comporte aussi une dimension migratoire : des membres de la famille auraient quitté la Soule dès la fin du XVIIe siècle pour Saint-Domingue, avant d’autres départs vers l’Argentine et l’Uruguay[3].

Une association familiale, le Biltzar de Berterèche de Menditte, créée à Menditte en 1987 et dissoute en 2024, permettait de développer les liens entre les membres de la famille et de faciliter les recherches historiques et généalogiques la concernant[13].

Personnalités

  • Charles de Menditte (1869-1931), colonel, officier de la Légion d’honneur, connu pour avoir commandé le franchissement de la Meuse à Vrigne-Meuse les 10 et 11 novembre 1918, l’un des derniers combats de la Première Guerre mondiale
  • Jacques Marie Maurice de Berterèche de Menditte (1905-1995), général de corps d'armée
  • Jacques de Menditte (1906-1995), journaliste, écrivain, résistant évadé, sénateur des Basses-Pyrénées de 1946 à 1959 et maire de Menditte de 1947 à 1965

Alliances

Parmi les alliances anciennes mentionnées par Gustave Chaix d’Est-Ange figurent notamment les familles de Sponde, de Puyanne, de Conget, de Bachoué de Barraute, Darhanpé[2].

Armes

Les armes de la famille sont blasonnées ainsi : écartelé, aux 1 et 4 d’azur à une guivre ondoyante en pal d’argent, qui est du Domec d’Ossas ; aux 2 et 3 d’or au dragon ailé de sinople, qui est de Berterèche de Menditte[14].

Notes et références

  1. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 4 : Ber-Blo, , notice « Berterèche de Menditte »
  2. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 4 : Ber-Blo, , notice « Berterèche de Menditte »
  3. « Menditte : une histoire mouvementée », La République des Pyrénées,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 4, Évreux, Imprimerie de Charles Hérissey, (lire en ligne), notice « Berterèche de Menditte »
  5. Bernardo Estornés Lasa, « Potestades », sur Auñamendi Eusko Entziklopedia, Eusko Ikaskuntza (consulté le )
  6. « La chanson de Bereterretxe, XVe siècle », sur Bilketa, portail des fonds documentaires basques (consulté le )
  7. Jean-Dominique-Julien Sallaberry, Chants populaires du Pays basque : paroles et musique originales recueillies et publiées avec traduction française, Bayonne, Lamaignère,
  8. Jean de Jaurgain, La Vasconie : étude historique et critique, t. 2, Pau, Garet, 1898-1902, p. 151-155
  9. Jean Haritschelhar, L'œuvre poétique de Pierre Topet-Etchahun, Bilbao, Euskaltzaindia,
  10. (eu) « Bereterretxe », sur Euskal Onomastikaren Datutegia (EODA), Euskaltzaindia (consulté le )
  11. « Une grande famille unie, fidèle à ses racines et à ses traditions », La République des Pyrénées,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. Pierre-Alex Barcoisbide, « Plus de 300 Menditte réunis », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Biltzar de Berterèche de Menditte », sur Assoce.fr (consulté le )
  14. Hubert Lamant-Duhart, Armorial du Pays Basque, J&D Éditions, (ISBN 2-84127-121-8)

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

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