Famille de Fougères

Famille de Fougères
Image illustrative de l’article Famille de Fougères
Armes de la famille.

Fiefs tenus Seigneurie de Fougères

Comté de Porhoët

Demeures Château de Fougères
Château de Josselin
Fonctions militaires Sénéchal de Bretagne

La famille de Fougères est une famille de seigneurs bretons qui possède la seigneurie de Fougères de vers 1030 au milieu du XIIIe siècle.

Histoire

Le premier seigneur de Fougères cité est Main II de Fougères, de vers 1030 à vers 1060[1]. Dans une donation en faveur de l'abbaye de Marmoutier datée des années 1040, il se dit fils d'Alfred, lui-même fils de Main Ier[2],[3]. C'est la seule trace de Main Ier, alors qu'Alfred, chevalier également, est cité dans d'autres sources[4],[5].

Main II de Fougères épouse Adélaïde[6],[1], peut-être fille du comte Éon Ier de Penthièvre[1]. Ils ont quatre enfants, dont les noms ne sont pas puisés dans le patrimoine onomastique des Fougères, qui abandonnent donc les noms de Main et d'Alfred pour ceux de Eudes, Raoul et Juhel, provenant probablement de la famille d'Adélaïde. Ce choix indique bien que Main II a fait un mariage hypergamique[7].

Raoul Ier de Fougères, quoique seigneur de Fougères, est un fidèle des ducs de Normandie[8]. Il épouse Avitia (ou Havoise), fille de Richard de Bienfaite, de la famille de Clare, choisissant ainsi son épouse dans l'entourage du duc de Normandie et dans une famille qui est parente des Rollonides[1]. Les noms des fils de Raoul Ier et d'Avitia ou Havoise, Guillaume, Henri et Robert, proviennent de leur parenté, par leur mère, avec les ducs de Normandie[1],[8]. Ce sont en effet les prénoms des trois fils de Guillaume le Conquérant, Guillaume le Roux, Henri Ier et Robert Courteheuse[8]. Vers 1112-1113, Raoul fonde l'abbaye de Savigny[9],[10],[11],[12] pour l'ermite Vital, qui est déjà installé dans la forêt de Savigny et qui devient abbé du nouveau monastère[11],[12]. Raoul jette ainsi les bases de la nécropole familiale des seigneurs de Fougères[13].

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, Raoul II de Fougères, sénéchal de Bretagne, est un seigneur particulièrement puissant[14]. Après être revenu de croisade, il combat Henri II Plantagenêt, s'opposant à la mainmise de ce dernier sur la Bretagne. Raoul est défait et son château de Fougères est détruit. Il le fait ensuite reconstruire[15],[16]. Après la mort de Raoul II, la famille de Fougères connaît successivement deux minorités périlleuses : tout d'abord celle du petit-fils de Raoul II, Geoffroy de Fougères, qui peine à s'émanciper de la tutelle de son grand-oncle, Guillaume, dit l'Angevin, ensuite celle du fils de Geoffroy, Raoul III de Fougères, d'abord sous la tutelle de Juhel III de Mayenne puis sous le contrôle du duc de Bretagne Pierre Mauclerc[17].

Raoul III de Fougères hérite par l'intermédiaire de sa mère des deux tiers de la terre de Porhoët, dont le château de Josselin[18],[19]. Il est le dernier seigneur de Fougères de la famille. Sa fille unique et héritière, Jeanne de Fougères, épouse en 1253 Hugues XII de Lusignan, qui devient ainsi seigneur de Fougères[20],[19].

Généalogie

Notes et références

  1. Mazel 2006, p. 111.
  2. Mazel 2006, p. 107.
  3. Bachelier 2011, p. 425.
  4. Brand'honneur 2001, p. 112.
  5. Mazel 2006, p. 108.
  6. Brand'honneur 2001, p. 276.
  7. Mazel 2006, p. 110.
  8. Bachelier 2011, p. 479-480.
  9. Brand'honneur 2001, p. 127.
  10. Mazel 2006, p. 115.
  11. Daniel Pichot, « Savigny : une abbaye entre Normandie, Bretagne et Maine », dans Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac (dir.), Bretons et Normands au Moyen Âge : Rivalités, malentendus, convergences, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 384 p. (ISBN 978-2-7535-3056-0 et 978-2-7535-0563-6, DOI 10.4000/books.pur.5678, lire en ligne), p. 241-257.
  12. Bachelier 2011, p. 489-490.
  13. Bachelier 2011, p. 484.
  14. Morvan 2003, p. 2-5.
  15. Morvan 2003, p. 6-8.
  16. Bachelier 2011, p. 501-514.
  17. Morvan 2003, p. 8-13.
  18. Morvan 2009, p. 21-23.
  19. Amiot 2010, § 20.
  20. Morvan 2003, p. 19-22.
  21. Bachelier 2011, p. 439.
  22. Morvan 2009, p. 40.
  23. Brand'honneur 2001, p. 178.

Voir aussi

Bibliographie

  • Christophe Amiot, « Lignages et châteaux de la baillie de Rennes avant la guerre de Succession (XIe – XIVe siècles) », dans Sylvain Soleil et Joëlle Quaghebeur (dir.), Le pouvoir et la foi au Moyen Âge en Bretagne et dans l’Europe de l'Ouest : Mélanges en mémoire du Professeur Hubert Guillotel, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 750 p. (ISBN 978-2-7535-6739-9, DOI 10.4000/books.pur.141622, lire en ligne), p. 695–734.
  • Julien Bachelier, « Une histoire en Marche : Fougères et la Normandie au Moyen Âge (début XIe siècle – milieu du XIVe siècle) », Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, vol. 88,‎ , p. 423-529 (lire en ligne).
  • Michel Brand'honneur, Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes : Habitat à motte et société chevaleresque (XIe – XIIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 317 p. (ISBN 978-2-86847-561-9 et 978-2-7535-2564-1, DOI 10.4000/books.pur.11260, lire en ligne).
  • Florian Mazel, « Seigneurs, moines et chanoines : pouvoir local et enjeux ecclésiaux à Fougères à l’époque grégorienne », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, nos 113-3,‎ , p. 105–135 (ISSN 0399-0826, DOI 10.4000/abpo.796, lire en ligne, consulté le ).
  • Frédéric Morvan, « Les seigneurs de Fougères du milieu du XIIe au milieu du XIVe siècle », Bulletin et Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie du Pays de Fougères, vol. 41,‎ , p. 1-40 (lire en ligne).
  • Frédéric Morvan, « Les règlements des conflits de succession dans la noblesse bretonne au XIIIe siècle », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, nos 116-2,‎ , p. 7-54 (lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

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