Famille de Peretti
| de Peretti della Rocca | |
Armoiries des Peretti della Rocca. | |
| Blasonnement | Parti au 1 de gueules à la colonne d'argent couronné d'or, au 2 de gueules à une tour d'argent maçonnée de sable surmontée d'une balance d'or tenue par une main mouvante du chef, au chef d'azur chargé d'un cipe d'argent et accosté de deux lions tenant une fleur de lis posée sur le cipe, le tout d'or |
|---|---|
| Devise | Virtus et Honor |
| Branches | Peretti (origine) de Peretti de Peretti della Rocca |
| Période | XVe – XXIe siècle |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Charges | Ambassadeur Préfet Député Maires Conseiller général |
| Fonctions militaires | Colonel |
| Fonctions ecclésiastiques | Évêque |
| Récompenses civiles | Légion d'honneur Ordre de l'Éperon d'or |
| Récompenses militaires | Légion d'honneur Croix de Guerre Médaille Militaire |
| Preuves de noblesse | |
| Autres | Reconnaissance de noblesse du 28 avril 1772 par le royaume de France |
La famille de Peretti della Rocca est une famille subsistante de la noblesse corse originaire de Lévie sur l'Alta Rocca.
Histoire
La famille Peretti della Rocca descendrait, selon certaines sources, des Cinarchesi[1].
Au XIIIe siècle, les Cinarchesi prennent le pouvoir en renversant les Biancolacci. Les della Rocca prennent le contrôle du sud de la Corse et obtiennent des suffrages populaires le titre de Comte de Corse. La seigneurie della Rocca, au sens strict du terme dure deux siècles, du premier de la lignée Sinucello della Rocca au XIVe siècle jusqu'à Rinuccio della Rocca[2] au début du XVIe siècle. À sa mort en 1408, Francesco della Rocca, représentant du peuple auprès de la cité de Gênes, dernier Seigneur de la Rocca, laisse quatre fils légitimes, dans l'ordre des naissances : Guglielmo, Polo, Orlando et Antone.

En 1416, Polo della Rocca se pose en chef de la Maison, en 1417, il franchit les monts et selon les droits de ses aïeux, se proclame Seigneur de la Rocca.
En 1420, Alphonse V d'Aragon revendique l'île à la suite de la concession de la Corse du pape Boniface VIII et Polo della Rocca lui prête serment d'allégeance.
Après l'assassinat de Rinuccio della Rocca , le fils de Guidice della Rocca le , la Seigneurie della Rocca prend fin.
La famille de Peretti della Rocca descend du Comte Polo della Rocca par Pieretto della Rocca puis Napoleone delle Vie, capitaine au service de la France, premier Corse connu ayant porté le prénom de Napoléon[4],[5],[6]. Du fait de sa bravoure lors de la bataille de Renty le , le roi de France obtient en sa faveur l'octroi de l’ordre de l’Éperon d’or par le pape Paul IV. À Saint-Germain, le , Henri II lui donne l'accolade et lui concède, ainsi qu'à ses descendants, le privilège d'ajouter à ses armoiries une fleur de lys soutenue par deux lions affrontés d'or[7]. Son descendant , Peretto donnera le nom à la famille Peretti
En juillet 1768, à la suite du traité de Versailles, la France rachète à Gênes ses droits sur l'île. Descendants des Comtes de Corse inféodés au XVIe siècle par l'Office de Saint-Georges de Gênes, des membres de la famille Peretti établissent leur filiation depuis Napoleone (1554) au Conseil supérieur de la Corse qui reconnaît la noblesse des Peretti de Lévie le . À cette époque une partie des Peretti firent précéder leur nom d'une particule et certains y adossèrent le lignage à la Maison della Rocca pour se distinguer du peuple mais aussi pour se conformer aux usages français de la noblesse à la suite de l'annexion de la Corse par la France.
Malgré cela, des Peretti, en 1739, firent partie d’un groupe s'intitulant antichi privilegiati qui dénonçait à la Caméra les prétentions de certains imposteurs qui, avec la complicité du Lieutenant de Sartène, tentaient de se faire reconnaître comme nobles. L'adresse fut signée par Rocco Peretti, son fils et Giovan Battista Lanfranchi. L'absence des Rocca Serra, Durazzo et Ortholi parmi les signataires laisse deviner les contours de deux partis qui s'affrontent, l'un plus attaché à Gênes, l'autre plus ouvert à la France.
En 1789, le Chanoine Charles-Antoine de Peretti della Rocca[8], vicaire général du Diocèse d'Aléria est désigné pour siéger aux États généraux de Versailles 1789 à 1791[6],[9]. C'est lui qui donna l'impulsion de compléter le nom par un della Rocca[3].
Les Peretti se sont beaucoup alliés aux familles de Sgiò du Sartenais-Taravo-Valinco, de l’Alta Rocca et de la Rocca, en particulier avec les Abbatucci, Durazzo, Ortoli, Paoli, Pietri, Lanfranchi et Rocca Serra[10]: Lelio Maria (Lelius) de Peretti della Rocca épouse Maria Isabella Abbatucci; Perle-Marie Peretti épouse Stéphane Durazzo; Don Charles de Peretti della Rocca épouse Antoinette de Rocca Serra; Maria Desolina Peretti épouse en 1854 à Levie Don Guillaume de Rocca Serra; Joseph de Peretti se marie en 1812 à Sartène avec Marie-Thérèse de Rocca-Serra; Maria Brigida Peretti épouse en 1735 Cesare Antonio Lanfranchi; Sacra Maria de Peretti (ca 1652) épouse Lanfranco Lanfranchi, Maria Caterina de Peretti épouse en 1771 Simon Francesco Lanfranchi, Ange-Françoise de Peretti[11] épouse en 1810 Marc- Aurèle Lanfranchi; Don Gio Battista de Peretti épouse en 1855 Marie Roselinde Lanfranchi, Jean-Baptiste de Peretti épouse en 1919 Marie Lanfranchi à Aullène; Benoîte de Peretti della Rocca épouse Marc Lanfranchi de Viggianello; Padoue de Peretti della Rocca se marie avec Antoinette Lanfranchi de Viggianello, Henri de Peretti della Rocca épouse Marie-Antoinette Lanfranchi...
Des Peretti ont émigré à Sartène, Olmeto et Giuncheto.
La famille a donné de nombreux diplomates, politiciens, ecclésiastiques et militaires aux XIXe, XXe et XXIe siècles.
Armoiries
Il se blasonne de la façon suivante : Parti au 1 de gueules à la colonne d'argent couronné d'or, au 2 de gueules à une tour d'argent maçonnée de sable surmontée d'une balance d'or tenue par une main mouvante du chef, au chef d'azur chargé d'un cipe d'argent et accosté de deux lions tenant une fleur de lis posée sur le cipe, le tout d'or.
L'écu accolé à une aigle à deux têtes, visible sur le fronton de la porte.
L'écu est généralement surmonté d'une couronne comtale.
-
Blason des Peretti della Rocca, surplombant la porte de la demeure de Peretti della Rocca sise 6 rue Valère de Peretti della Rocca à Sartène.
Personnalités
- Colonel Angelo Santo, seigneur de Lévie, compagnon d'armes de Sampiero Corso, colonel au service de la France en 1550[6].
- Napoleone delle Vie, seigneur de Levie, fils du précédent[6]
- Lelio Maria de Peretti della Rocca (Levie, - Levie, ), colonel des troupes franches au service de Gênes, seigneur de La Testa, époux de Maria Isabella Abbatucci (v. 1727 - Levie, ), fille de Severino, colonel dans la cavalerie légère vénitienne, citoyen de Venise, gouverneur de Brescia (Italie) en 1735, commissaire commandant de la piève de Tàlavu en 1748 et sœur de Jacques Pierre Abbatucci le « vieux général Giacomo Abbatucci »[6].
- Ugo Francesco de Peretti della Rocca (Levie, 1747 - 1838), capitaine au régiment corse de Buttafoco, lieutenant-colonel au service de la France, chevalier de Saint-Louis, poète, auteur d'Ottave Rusticane, rédigées à Levie lors de sa retraite[6].
- Charles Antoine de Peretti della Rocca, vicaire général du Diocèse d'Aléria est désigné pour siéger aux États généraux de Versailles 1789 à 1791[8].
- Léonard Cassien de Peretti della Rocca, ordonné prêtre en 1847 et évêque auxiliaire d'Ajaccio en 1875, (Lévie: 1822 - Ajaccio 1892)[12]. Auteur de Bonaparte ou la France sauvée, poème en 24 chants alors qu’il était abbé, chanoine honoraire et secrétaire général de l'évêché d'Ajaccio.
- Jacques de Peretti , maire de Propriano de 1929-1935
- Emmanuel de Peretti de La Rocca[6].
- Jean-Pierre de Peretti della Rocca[6].
- Jean-Jacques de Peretti[6].
- André de Peretti[6].
- Camille de Peretti[6].
- Thierry de Peretti[6].
- Napoléon de Peretti della Rocca, maire de Lévie de 2011 à 2021[6],[13].
-
Emmanuel de Peretti de La Rocca, diplomate. -
Charles-Antoine de Peretti della Rocca, député du clergé de Corse, 1789 à 1791.
Alliances
Les principales alliances de la famille Peretti sont : Abbatucci, de Rocca Serra, de La Rozière, Colonna d’Istria, Durazzo, Lorenzi de Bradi, Lanfranchi, de Susini, de Giacomini, Ortoli, Piétri, Pozzo di Borgo, Pianelli, Chiaroni, Poli, Lepidi de Gaffory, Galloni d'Istria.
Notes et références
- ↑ Jean-Napoléon de Peretti della Rocca, La famille de Peretti Della Rocca, Paris, La Pensée universelle,
- ↑ Giacomo Mathée, Casanova Antoine, Chronique médiévale de la Corse de Giovanni della Grossa, Ajaccio, La Marge,
- Fernand Ettori, La Maison de la Rocca, un lignage seigneurial en Corse au Moyen-Age, Ajaccio, Piazolla, , 179 p., pp 146-150-153
- ↑ Demartini François, Armorial de la Corse, Ajaccio, Editions Piazzola,
- ↑ Pierre-Paul Raoul Colonna de Cesari Rocca : Armorial corse, Jouve, Paris, 1892, Armorial corse, Paris, Jouve, (lire en ligne), p. 65
- Orsu Caporossi, « Répertoire des personnages : who's who corse », sur cronicadiacorsica.fr, (consulté le )
- ↑ (it) Anton Pietro Filippini, La Historia di Corsica, Pise, Tournon, , p 1594
- Jean-Michel Moreau, « Charles-Antoine de Peretti della Rocca, vicaire général », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ assemblee-nationale, « Charles, Antoine de Peretti Della Rocca », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
- ↑ Nils de Rocca Serra, « Arbre généalogique », sur geneanet.org (consulté le )
- ↑ Nicolas Lanfranchi, Quelques mots improvisés sur la vie de Marc Aurèle Lanfranchi, Bastia, Fabiani, (lire en ligne), p. 4-6: M. Marc-Aurèle Lanfranchi épousa, à l’âge de 28 ans, Mlle Ange-Françoise de Peretti, noble par son origine, noble par le prestige de ses aïeux, tel que le colonel Paoli …”
- ↑ (en) David M. Cheney, « Bishop Cassien-Léonard de Péretti », sur catholic-hierarchy.org
- ↑ « Municipales ä Lévie, Napoléon de Peretti », Corse Matin, (lire en ligne)
Voir aussi
Bibliographie
- Pierre Antonetti, Histoire de la Corse, Paris, Robert Laffont, 1973.
- Pierre-Paul Raoul Colonna de Cesari Rocca, Armorial corse, Jouve, Paris, 1892.
- François Demartini, Armorial de la Corse, Ajaccio, Editions Piazzola, 2003.
- Fernand Ettori, La Maison de la Rocca, un lignage seigneurial en Corse au Moyen-Age, Ajaccio, Editions Piazzola, 1998.
- Giacomo Mathée, Antoine Casanova, Chronique médiévale de la Corse de Giovanni della Grossa, Ajaccio, La Marge, 1998.
- Goury de Champgrand, Histoire de l'Isle de Corse, Nancy, 1749.
- Jean-Napoléon de Peretti della Rocca, La Famille de Peretti della Rocca, Paris, La Pensée universelle, 1994.
Articles connexes
- Portail de la généalogie
- Portail de la Corse
