Fayez Sayegh
Fayez Sayegh (فايز صايغ, 1922–1980) est un diplomate, universitaire et professeur arabo-américain. En tant qu’universitaire, il a développé des analyses sur l’opposition palestinienne au sionisme[1].
Jeunesse
Sayegh nait en 1922 à Kharaba (en), dans le sud de la Syrie sous domination française, où son père était prêtre presbytérien[2]. Il est l’un des six fils d’Abdoullah Sayigh et Afifa Batruni, dont Yusif Sayigh (en), Anis Sayigh (en) et Tawfiq Sayigh (en)[3]. Il avait aussi une sœur, Mary[3]. Son père était syrien et sa mère palestinienne née à al-Bassa[4].
Encore enfant, Sayegh et sa famille s’installent à Tibériade ; il va à l’école à Safed[5]. Il obtient un bachelor's degree en 1941 et son master en 1945, les deux à l’université américaine de Beyrouth[2]. En 1949, il est reçoit un Ph.D. en philosophie et sciences politiques à l’université de Georgetown[6],[7].
Carrière
Sayegh, rejoint ensuite par ses frères, adhère au Parti social nationaliste syrien en 1943[2]. Il est exclu du parti après le retour d’Antoun Saadeh au Liban en 1947, après son exil[8]. Après avoir obtenu son Ph.D., Sayegh travaille à l’ambassade libanaise à Washington DC et aux Nations unies[2]. Il enseigne dans plusieurs universités, dont Yale, Stanford, le Macalester College, à l’université américaine de Beyrouth et à Oxford[2].
Sayegh crée le Centre de recherches de la Palestine (CRP) à Beyrouth en 1965 dont il est le directeur-général un an[6],[7]. Le CRP publie son étude historiqueZionist Colonialism in Palestine [Le Colonialisme sioniste en Palestine] en 1965[9]. Son frère Anis lui succède à la tête du CRP en 1966[7],[10].
Sayegh joue un rôle essentiel dans la création de Shu'un Filastiniyyah publié par le Centre de recherches de la Palestine à partir de 1971[1]. Il est le principal contributeur de la Résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1975[1], selon laquelle le sionisme est une forme de racisme[1]. Ce succès le fait devenir un des porte-paroles les plus visibles de la cause palestinienne[1].
Sayegh est invité plusieurs fois comme commentateur sur le conflit israélo-arabe à la télévision américaine[11].
Idées
Fayez Sayegh est l’un des premiers chercheurs à avoir analysé les effets négatifs du confessionnalisme au Liban[12] : pour lui, les effets du confessionnalisme viennent de la vie populaire et de la conscience populaire, et pas des évènements historiques[12]. Il estime qu’outre un changement politique, un changement social est nécessaire pour unifier les sociétés arabes[10].
Sayegh est l’un des premiers chercheurs à utiliser le concept du sionisme comme colonialisme de peuplement (en)[13],[14]. Il écrit que les Palestiniens n‘accepteront jamais « une fraction de leurs droits dans une fraction de leur patrie »[15] et définit les principes racistes du sionisme comme auto-ségrégation, exclusion et suprématie qui sont les composantes de la ségrégation[1] et les caractéristiques essentielles de l’apartheid[1].
Il conteste les arguments d’Israël aux Nations unies selon lesquels les résolutions concernant les Territoires palestiniens occupés devaient prendre en compte les deux points de vue, car il n’y a que les territoires palestiniens qui sont occupés[16],[17]. Il exprime de l’empathie pour tous ceux qui souffrent d’une occupation étrangère, agissant en ce sens auprès des Nations unies. Il rejette la notion d’exceptionalisme palestinien, soulignant les principes universels et l’importance de leur application cohérente[16].
Mort
Sayegh meurt à New York en 1980 et est enterré à Beyrouth[2].
Bibliographie
- The Palestine Refugees (1952)
- The Arab-Israel Conflict (1956)
- Arab Unity: Hope and Fulfillment (1958)
- Communism in Israel (1958)
- The Dynamics of Neutralism in the Arab World: A Symposium (1964)
- Zionist Colonialism in Palestine, Research Center, Palestine Liberation Organization (1965)
- The United Nations and the Palestine Question, Facts & Figures Series, No 2, Research Center, Palestine Liberation Organization (1966)
- Discriminations in education against the Arabs in Israel, Facts & Figures Series, No 3, Research Center, Palestine Liberation Organization (1966)
- Palestine, Israel and Peace, Palestine essays, No 17, Research Center, Palestine Liberation Organization (1970)
- A Palestinian view, General Union of Palestinian students (1970)
- The Record of Israel at the United Nations
Notes
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fayez Sayegh » (voir la liste des auteurs).
- Nina Fischer, « Palestinian Non-Violent Resistance and the Apartheid Analogy », Interventions, vol. 23, no 8, , p. 1129 (DOI 10.1080/1369801x.2020.1816853, S2CID 234662442, lire en ligne)
- Michael R. Fischbach, Encyclopedia of the Palestinians, New York, Facts on File Inc., (ISBN 9780816069866), « Sayigh (family) », p. 440
- Hani A. Faris, « Book review », The Middle East Journal, vol. 70, no 1, , p. 162–164 (JSTOR 43698630)
- ↑ « Prisoner of War: Yusif Sayigh, 1948 to 1949. Excerpts from his recollections », Jerusalem Quarterly, no 29, (lire en ligne)
- ↑ (ar) « فايز صايغ انتصار الحرية على الأيديولوجيا » [archive du ], Palestine Assafir
- Andrew I. Killgore, "25 Years After His Death, Dr. Fayez Sayegh’s Towering Legacy Lives On", Washington Report on Middle East Affairs, December 2005, pp 22–23.
- Jonathan Marc Gribetz, « When the zionist idea came to Beirut: Judaism, christianity, and the palestine liberation organization's translation of zionism », International Journal of Middle East Studies, vol. 48, no 2, , p. 246 (DOI 10.1017/s0020743816000015, S2CID 163254448)
- ↑ Adel Beshara, Fayez Sayegh, The Party Years 1938-1947, Black House Publishing, , 39–91 p. (ISBN 978-1912759224)
- ↑ Fayez Sayegh, « Zionist Colonialism in Palestine (1965) », Settler Colonial Studies, vol. 2, no 1, , p. 206–225 (DOI 10.1080/2201473x.2012.10648833, hdl 1959.3/357351
, S2CID 161123773)
- Katlyn Quenzer, Writing the Resistance: A Palestinian Intellectual History, 1967-1974 (thèse), Australian National University, , 59,96 (DOI 10.25911/5d5149b41c470, hdl 1885/155195, lire en ligne)
- ↑ [vidéo] « Firing Line with William F. Buckley Jr.: Where Do We Go from Here in the Middle East? » (consulté le )
- Max Weiss, « The Historiography of Sectarianism in Lebanon », History Compass, vol. 7, no 1, , p. 146 (DOI 10.1111/j.1478-0542.2008.00570.x)
- ↑ Walid Salem, « Jerusalem: Reconsidering the Settler Colonial Analysis », Palestine - Israel Journal of Politics, Economics, and Culture, vol. 21, no 4, (lire en ligne)
- ↑ Sune Haugbolle et Pelle Valentin Olsen, « Emergence of Palestine as a Global Cause », Middle East Critique, vol. 32, no 1, , p. 137 (DOI 10.1080/19436149.2023.2168379
, hdl 10852/109792
)
- ↑ Efraim Karsh, « Introduction: From Rabin to Netanyahu », Israel Affairs, vol. 3, nos 3–4, , p. 7 (DOI 10.1080/13537129708719427)
- Lori Allen, A History of False Hope, Stanford University Press, , 162 p. (ISBN 978-1-5036-1419-2, DOI 10.1515/9781503614192, lire en ligne)
- ↑ (ar) Fayez Sayegh, « Zionist Colonialism in Palestine (1965) », Settler Colonial Studies, vol. 2, no 1, , p. 206–225 (ISSN 2201-473X, DOI 10.1080/2201473X.2012.10648833, hdl 1959.3/357351
, lire en ligne)
Liens externes
- "Where Do We Go from Here in the Middle East?", 60-minute video interview on Firing Line with William F. Buckley Jr. (1974)
- Fayez Sayegh, Zionism: “A Form of Racism And Racial Discrimination” Four Statements Made at the U.N. General Assembly « https://web.archive.org/web/20150723000735/http://www.ameu.org/Resources-(1)/Zionism-A-Form-of-Racism-2.aspx »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), , 1976. Reprinted by Americans for Middle East Understanding
- As'ad AbuKhalil, "Before Edward Said: a tribute to Fayez Sayegh", Al Akhbar, 9 December 2014
- Fayez Sayegh at University of Utah Digital Library, Marriott Library Special Collections
- Portail de la Palestine
