Fernand Ochsé

Fernand Ochsé
Fernand Ochsé par Louise Catherine Breslau (1898).
Biographie
Naissance
Décès
(à 65 ans)
Auschwitz-Birkenau, Pologne
Nom de naissance
Fernand Émile Didier Ochsé
Nationalité
Française
Formation
Activité
Père
Albert Ochsé
Mère
Alix/Alice Fanny Dreyfus
Fratrie
Marianne Léa Berthe Ochsé
Robert Lucien Willy Ochsé
Julien Edgard Ochsé
Julie-Marie-Christine Ochsé
Henriette Antoinette Jacqueline Ochsé
Conjoint
Louise Ochsé
Autres informations
Lieu de détention

Fernand Ochsé, né le dans le 10e arrondissement de Paris et mort assassiné le dans le camp de la mort d'Auschwitz, est un artiste juif français, dandy, auteur, compositeur et peintre.

Biographie

Fernand Ochsé est né à Paris[1], le , dans le 10e arrondissement[2].

Il est issu d'une famille de négociants juifs aisés. Son frère aîné, Julien Ochsé (1876-1936) est parolier, poète et directeur de revue littéraire[3]. Ils vivent dans une grande villa à Neuilly-sur-Seine, où, autour de soirées souvent musicales, ils réunissent nombre de célébrités parisiennes.

Julien Ochsé épouse en 1906 la sculptrice belge Louise Esther Mayer, nièce du créateur du théâtre des Champs-Elysées Gabriel Astruc, qui demandera à Fernand de participer à la décoration et aux peintures du théâtre, et petite-fille du Grand Rabbin de Belgique Élie-Aristide Astruc.

Fernand Ochsé étudie au Conservatoire de Paris[4], où il rencontre Arthur Honegger (qui deviendra son jeune protégé), Maurice Ravel et Reynaldo Hahn, avec qui il est resté ami. Honegger lui dédie en 1918 le ballet Le Dit des Jeux du Monde et en 1930, l'opérette Les Aventures du roi Pausole. Il a composé des opérettes et nombreuses chansons.

Ochsé travaille avec son frère et organise des lectures et conférences à sa demande. Dans leur villa, ils tiennent des salons littéraires dédiés aux courants artistiques de leur temps. Il (co)crée décors et mises en scène. En 1923, il est responsable de la création de l'opérette Ciboulette de Reynaldo Hahn[5].

En 1928, il crée les costumes de La Chute de la maison Usher de Jean Epstein[6]

En 1934, il dessine la couverture de l'édition des chansons du compositeur Pierre Octave Ferroud Trois Chansons de Jules Supervielle[7].

Après la mort de son frère Julien en 1936, Fernand épouse sa veuve, Louise.

Il est aussi l'un des illustrateurs de La Revue musicale.

Arthur Honegger par Fernand Ochsé.

Louise et Fernand Ochsé fuient en 1940 vers la zone occupée par l'Italie[8]

Ils sont arrêtés à Cannes en [9] et emprisonnés à Nice, puis déportés au camp de Drancy. Honegger ne peut, malgré ses démarches, les sauver. Ils sont déportés le par le Convoi 77[10]vers le camp d'extermination d'Auschwitz, où ils sont assassinés[11]. Leur dernière adresse est à la Clinique Montmorency, Route de Fréjus, Cannes (Alpes-Maritimes)[12].

Arbre généalogique

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Seligman Isaac Ochsé (1762-1832)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Wolgang Ochsé (1806-v. 1868)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cordula Gudula Cahn (1772-1839)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Albert Ochsé (1839-1910)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Julie Bock
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Fernand Ochsé (1879-1944)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Emmanuel Dreyfus (1787-1873)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Abraham Dreyfus (1823-1895)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie Anne Magdalene Abraham (1796-1869)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alice Fanny Dreyfus (1849-après1906)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Simon Seligman Dreyfus (1800-1851)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie Victorine Dreyfus (1833-1892)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Madeleine Jonas (1795-)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Oeuvres

  • « Propos sur le costume d'opérette », article dans Le Figaro artistique illustré, [PDF] en ligne.
  • « La poésie dans l'opérette », article dans Conferencia - Revue mensuelle des lettres, .
  • C'était hier (valse chantée), texte de Gustave Nadaud, orchestre Marcel Cariven. Schallplattenaufnahme, 1940.

Chant et piano

  • Odelettes. Composition. Texte Henri de Régnier. Paris : Heugel, non daté.
  • Le Parc. Poèmes des "Fêtes galantes" de Paul Verlaine. Composition. Berlin : Adolph Fürstner, 1913[13].
  • Ce que je préfère. Texte et composition. Paris : Choudens, 1933.
  • Ménage moderne. Composition. Paris : Coda, 1934
  • Réponse à Balzac. Composition. Texte de Paul Dublin. Paris : éditions Coda, 1934.
  • Me v'là ! Composition. Texte de Paul Dublin. Paris : éditions Coda, 1934.
  • Sur les toits. Composition. Texte de Paul Dublin. Paris : S. Fox, 1935.
  • Réponse à Balzac. Composition. Texte de Paul Dublin. Paris : éditions Coda, 1934.
  • Vite et doucement. Composition. Texte de Paul Dublin. Paris : éditions Coda, 1934.
  • L'Arithmétique. Composition. Texte de Paul Dublin. Paris : S. Fox, 1935.

Hommages

Son ami Proust écrit « Ochsé règne »[Où ?], Reynaldo Hahn, Honegger et bien d'autres disent et écrivent à son sujet force louanges.

À 103 ans, en 2017, Gisèle Casadesus témoigne, depuis sa maison montmartroise d'une affectueuse admiration[14].

Bibliographie

Notes et références

  1. « Fernand Ochsé », sur Centre Pompidou (consulté le )
  2. « Visionneuse - Archives de Paris » [archive du ], sur archives.paris.fr (consulté le )
  3. Vers et prose, Prais, février-mars 1910 — sur Les Petites Revues.
  4. (en) Rubén Gallo: Proust's Latin Americans. Baltimore, Md. : Johns Hopkins Univ. Press, 2014 (ISBN 1-4214-1345-0), S. 29
  5. (de) Reynaldo Hahn, Kurzbiografie, bei musimem
  6. (en) Jacek Klinowski; Adam Garbicz; Sergiusz Wasilewski: Feature Cinema in the 20th Century. A Comprehensive Guide.
  7. Pierre Octave Ferroud: Trois Chansons de Jules Supervielle. Paris : Durand, 1934
  8. Yannick Simon: Composer sous Vichy, Lyon : Symétrie, 2009 (ISBN 978-2-914373-57-9) Auszug
  9. Julien Green, Journal 1946-1950 - Le Revenant, Plon, 1951 ; réédition Le Livre de Poche, 1975, pages 9-10.
  10. http://www.convoi77.org/en/les-deportes/liste-alphabetique-des-deportes-du-convoi-77/ Louise Ochse, Fernand Ochse
  11. http://www.lesmortsdanslescamps.com/general_fichiers/o.xml?titre=o Louise Ochse, Fernand Ochse
  12. Voir, Klarsfeld, 2012.
  13. Le Parc, Text und Interpreten bei lieder.net
  14. http://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-des-ecrivains/mondes-engloutis-avec-benoit-duteurtre-et-cedric-meletta sam. 24 févr. 2018 17h - durée : 58 min 36 s - Le temps des écrivains - Christophe Ono-Dit-Biot écoute/téléchargement gratuit : http://rf.proxycast.org/1405066380335652864/13956-24.02.2018-ITEMA_21597964-0.mp3 puis http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13956-24.02.2018-ITEMA_21597964-0.mp3

Liens externes

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