Flávio Cavalcanti
Flávio Antônio Barbosa Nogueira Cavalcanti, né le 15 janvier 1923 à Rio de Janeiro et mort le 26 mai 1986 à São Paulo, est un animateur de radio et de télévision, journaliste, auteur-compositeur et critique musical brésilien.
Figure emblématique et controversée des médias brésiliens, il a animé avec succès plusieurs émissions de radio et de télévision dans les années 1960 et 1970, telles que Programa Flávio Cavalcanti, Um Instante, Maestro! et A Grande Chance. De son vivant, il fut considéré comme le principal rival de Silvio Santos[1].
Biographie
À l'âge de 22 ans, Flávio Cavalcanti travaille à la Banco do Brasil et, en même temps, comme journaliste pour le journal de Rio de Janeiro A Manhã. Il exerce ensuite au bureau des douanes de Rio de Janeiro, qu'il quitte en 1964[2],[3].
En 1951, il compose sa première chanson, Mancha de Batom, en partenariat avec son frère Celso Cavalcanti, enregistrée par le groupe vocal Os Cariocas[3].
Sa première émission de radio est Discos Impossíveis, sur Rádio Tupi (pt), à Rio de Janeiro, qui en 1952 commence à être diffusée par Rádio Mayrink Veiga. Parallèlement, il se lie d'amitié avec Dolores Duran, qui enregistrera des années plus tard sa chanson la plus célèbre, Manias, également composée par Flávio Cavalcanti en partenariat avec son frère Celso. Toujours sur Rádio Mayrink Veiga, il a également produit, avec Jacinto de Thormes, le programme Nós os Gatos, en 1955[3].
La carrière télévisuelle de Flávio Cavalcanti commence en 1957 avec l'émission Um Instante, Maestro! sur TV Tupi. Peu après, il rejoint l'équipe de Noite de Gala sur TV Rio (en). Parallèlement, il se trouve aux États-Unis et interviewe le président John F. Kennedy à la Maison Blanche à Washington, D.C.[4]
En 1965, il passe à TV Excelsior, où il revient avec son programme Um Instante, Maestro!, qui est rediffusé sur TV Tupi l'année suivante, lançant deux autres programmes sur la même chaîne : A Grande Chance et Sua Majestade é a Lei[5].
En 1970, il lance le Programa Flávio Cavalcanti sur Rede Tupi, diffusé le dimanche à 18 h 00. C'est l'une des premières émissions à être diffusées à l'échelle nationale grâce au canal satellite fourni par Embratel (en), une entreprise publique brésilienne chargée des communications par satellite[4].
En 1976, alors que Tupi connaît déjà des difficultés financières, Cavalcanti rejoint TVS, où il remanie son émission à succès Um Instante, Maestro !. En 1978, il revient sur Tupi avec Programa Flávio Cavalcanti, mais cette fois-ci le samedi. Il reste à Tupi jusqu'à la fermeture de la chaîne en 1980[4].
Il se rend en 1982 à Rede Bandeirantes pour présenter le programme Boa Noite Brasil. De 1983 jusqu'à sa mort en 1986, il présente le Programa Flávio Cavalcanti sur SBT. Ses programmes mettent en vedette des noms tels que Osvaldo Sargentelli (pt), Marisa Urban (pt), Érlon Chaves (pt) ou, parmi d'autres, Márcia de Windsor (pt).
Le 22 mai 1986, Flávio Cavalcanti accorde une brève interview à l'antenne et lève l'index en lançant son slogan habituel : « Nossos comerciais, por favor ! ». Après la pause publicitaire, Wagner Montes le remplace, annonçant son retour pour l'émission suivante, ce qui ne se produira jamais. Il venait d'être victime d'une ischémie myocardique. Il meurt quatre jours plus tard, le 26 mai 1986[6], et est inhumé à Petrópolis. Le lendemain de son décès, la chaîne SBT interrompt sa diffusion jusqu'aux obsèques du présentateur[7].
Style et opinions
Flávio Cavalcanti était connu pour ses critiques acerbes envers les artistes qu'il jugeait mauvais ou dont les chansons étaient médiocres ou faibles[4]. Il était connu pour ses gestes marquants, comme lever la main droite vers le ciel et lancer son fameux « Nos publicités, s'il vous plaît ! » (« Nossos comerciais, por favor ! ») lors de l'annonce de la pause publicitaire. Il est l'un des créateurs du premier concours de talents avec jury à la télévision brésilienne, qui a notamment accueilli des personnalités comme Chiquinho Scarpa (pt), Jorge Kajuru et Conrado (pt)[8]. De nombreux artistes brésiliens, tels qu'Alcione, Emílio Santiago et Fafá de Belém, ont commencé leur carrière dans les émissions de Flávio Cavalcanti[9].
Connu pour son conservatisme, il a soutenu le coup d'État militaire de 1964. Il a même vivement critiqué le musicien britannique John Lennon, estimant que le chanteur des Beatles exerçait une mauvaise influence sur la jeunesse. Il était farouchement opposé à l'homosexualité et au mariage homosexuel. En 1973, son émission sur Rede Tupi est suspendue soixante jours par la censure fédérale après la diffusion de l'histoire d'un invalide qui avait « prêté » sa femme à son voisin, un incident qui s'inscrivait dans une série de problèmes liés au contenu de l'émission[5].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Flávio Cavalcanti » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (pt-BR) « Filhos de Flávio Cavalcanti falam sobre rivalidade do pai com Silvio Santos », sur Record, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Pedro Alexandre Sanches, « O Brasil nos tempos de Flavio Cavalcanti », sur Farofafá, (consulté le )
- (pt-BR) « Flávio Cavalcanti », sur Dicionário Cravo Albin (consulté le )
- Paulo Senna, « 25 anos sem Flávio Cavalcanti » [archive du ], sur O Globo
- (pt-BR) Thell de Castro, « Ditadura tirou Flávio Cavalcanti do ar por fazer sensacionalismo », sur Notícias da TV, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Daniel Castro, « Flavio Cavalcante morreu ao vivo, diz Geraldo Luis ao recusar programa », sur Notícias da TV, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) « Há 38 anos, SBT ficou fora do ar após morte de Senhor dos Domingos por parada cardíaca », sur fmnativa.com.br (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Surenã Dias, « Quem era Flávio Cavalcanti? Ícone da TV brasileira lançou modelo de apresentador », sur Caras Brasil, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Estado de Minas, « Filho de Flavio Cavalcanti conta em livro a história de sua suspensão da TV », sur Estado de Minas, (consulté le )
Annexes
Bibliographie
- Lúcia Maciel Barbosa de Oliveira, Nossos comerciais por favor!. A televisão brasileira e a Escola Superior de Guerra: o caso Flávio Cavalcanti, São Paulo: Beca, 2001, (ISBN 8587256203).
- Flávio Cavalcanti Júnior, Senhor TV. A vida com meu pai, Flavio Cavalcanti, São Paulo: Matrix, 2022, (ISBN 978-6556161778).
Liens externes
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