Flora (Marblehead)

| Naissance |
(?) |
|---|---|
| Décès |
Après années 1810 |
| Domiciles |
Comté d'Essex (jusqu'aux années 1800), Boston (à partir des années 1800), Granville Street (d), Marblehead |
| Statut |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Personne liée |
Samuel E. Sewall (en) |
Flowhear ou Flora, née probablement en 1736 dans le Massachusetts et morte au plus tôt dans les années 1810 à Boston, est une travailleuse domestique afro-américaine esclavagisée par un rameau loyaliste des familles Lee, Bradstreet, Robie et Sewall. À la suite de la mort de sa propriétaire de Marblehead en , Flora rejoint la descendance de celle-ci réfugiée à Halifax, afin d'y retrouver sa propre fille. Flora retourne ensuite avec la même famille dans le Massachusetts nouvellement indépendant vers 1789, et continue de travailler comme servante. Malgré l'abolition officielle, son statut est tacitement considéré comme équivalent à l'esclavage. Dans les deux premières décennies du XIXe siècle, Flora élève Samuel Edmund Sewall (en).
Biographie
Flora naît en 1736 de Dille (ou Delle) et Stephan, deux personnes réduites en esclavage par un marchand du nom de Samuel Lee Jr., qui la met en vente en en tant qu'accessoire immeuble par destination de son domaine de Manchester-by-the-Sea. Toutefois, il finit par léguer Flora à la veuve Hannah Swett, avec laquelle il s'est remarié, en . L'objectif est que Flora, alors âgée d'environ 17 ans, prenne soin de Hannah Lee et qu'elle fournisse à elle et à ses descendants des enfants à esclavagiser. Vers 1770, la veuve Lee donne en esclavage à sa petite-fille Mary Bradstreet (épouse de Thomas Robie Jr.) la fille de Flora. En 1775, le couple Bradstreet-Robie fuit Marblehead pour Halifax, en Nouvelle-Écosse, y emmenant la fille de Flora[1].
Le , Flora se marie avec Pompey Hooper, avec lequel elle avait déjà eu une relation conjugale dans le passé puis dont elle s'était provisoirement séparée. Dans une lettre de 1779 adressée à sa petite-fille exilée, la veuve Lee, demeurée au Massachusetts révolutionnaire, mentionne que Flora, grâce aux libertés conquises alors par les Afro-Américains, serait devenue « une grande Madame dans la ville » (« a great Madam in the Town »). La même lettre rapporte que deux fils de Flora, appelés Pomp et Pique, sont morts ; elle précise aussi que Flora ne peut plus enfanter. À la mort de Hannah Lee en , Flora reçoit en héritage un ensemble de meubles d'une valeur totale de 8 dollars[1].
Dans les deux années suivantes, Flora rejoint le foyer de la petite-fille, Mary Bradstreet-Robie, à Halifax. Flora pourrait avoir été affranchie par la mort de la veuve Lee, mais son statut juridique est incertain dans le contexte de la guerre d'indépendance des États-Unis. Selon l'historien G. Patrick O'Brien, Flora pourrait avoir choisi de rejoindre la famille de Lee en Nouvelle-Écosse, où l'esclavage est encore légal, pour ne pas sombrer dans la pauvreté totale ; elle pourrait aussi avoir voulu y rejoindre sa propre fille. Cette dernière meurt de rougeole en . En , Flora persuade Mary Bradstreet-Robie de la laisser adopter Prince, un jeune garçon racisé comme Noir, qui passe dès lors au service de la famille Robie. Tandis que Flora reste en Nouvelle-Écosse, Prince est emmené au Massachusetts en pour y servir la fille de Mary Bradstreet-Robie, Mary Robie, qui se marie avec Joseph Sewall en 1788. Mary Robie-Sewall, élevée par Flora à Halifax et l'appréciant, accorde à Prince un traitement privilégié. En 1789, Mary Bradstreet-Robie réemménage à Marblehead, y ramenant aussi Flora[1].
Selon une lettre de , Flora vit dorénavant entre les maisonnées Robie et Sewall et joue un rôle maternel pour Prince ainsi que pour d'autres enfants afro-américains. L'un d'entre eux s'appelle Juba, et est considéré comme le fils de Flora. Au début du XIXe siècle, Flora déménage dans le foyer de Joseph Sewall à Boston, où elle joue un rôle important dans l'éducation de son fils Samuel Edmund Sewall (en). Le recensement des États-Unis de 1820 ne contient plus de trace de Flora, dont la mort n'est pas connue[1].
Références
Bibliographie
- (en) G. Patrick O'Brien, « Duty and Love: Flora Lee’s Resistance to Slavery in Revolutionary Marblehead », The New England Quarterly (en), MIT Press, vol. 96, no 2, , p. 96‑120 (ISSN 0028-4866, DOI 10.1162/tneq_a_00989)
- (en) Harvey Amani Whitfield, « 414. FLORA (c. 1780s) », dans Biographical dictionary of enslaved Black people in the Maritimes, Toronto, Buffalo, London, University of Toronto Press, coll. « Studies in Atlantic Canada history », (ISBN 978-1-4875-4384-6)
Voir aussi
Liens externes

- Pour d’autres femmes nommées simplement Flora et esclavagisées en Nouvelle-Angleterre, voir entre autres:
- Sur Flora (Connecticut), (en) Phillip Troutman, Jennifer Van Horn, « Seeing Flora’s Profile as Portrait », Panorama, vol. 1, no 8, (ISSN 2471-6839, DOI 10.24926/24716839.13111, lire en ligne)
- Sur Flora (Roslindale), (en) « Flora was a Black woman enslaved in what is now Roslindale when slavery was legal in Massachusetts », sur Jamaica Plain Historical Society,
- Sur Flora (Lynn), (en) Lois Brown, « Memorial Narratives of African Women in Antebellum New England », Legacy, University of Nebraska Press, vol. 20, nos 1/2, , p. 46-49 (ISSN 0748-4321)
Articles connexes
- Loyaliste noir
- Samuel Edmund Sewall (en)
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