Fonds Séguier

Le fonds Séguier est constitué des archives et des collections du chancelier de France Pierre Séguier. Elles couvrent plusieurs décennies du XVIIe siècle.

Elles sont conservées principalement à la bibliothèque nationale de France et à la Bibliothèque nationale de Russie à Saint-Pétersbourg, en Russie.

La bibliothèque du chancelier Séguier

Pierre Séguier a été l'un des plus grands bibliophiles et collectionneurs de manuscrits et documents autographes du XVIIe siècle. À sa mort, sa bibliothèque comprenait plus de 34 000 volumes ; elle était conservée dans son hôtel, à Paris[1], rue de Grenelle-Saint-Honoré (là où se trouve aujourd'hui la rue du Louvre), à l'étage supérieur de la grande galerie qu'il avait fait construire[2]. Après la mort de sa veuve, Madeleine Fabri, en 1683, les livres imprimés sont pour l'essentiel vendus en vente publique (1686). Les autres documents, comprenant d'une part de très nombreux manuscrits, notamment médiévaux, et des pièces autographes et documents historiques collectionnés par le chancelier, et d'autre part les correspondances et documents administratifs liés aux charges occupées par Pierre Séguier, sont conservés et passent entre les mains de son arrière-petit-fils Henri-Charles du Cambout, duc de Coislin (1665-1732), évêque de Metz, qui légua en 1731 cet ensemble à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

À la Révolution, lorsque l'abbaye devient un bien national, la bibliothèque et les archives sont confiées, comme celles de l'abbaye de Saint-Denis, à la garde de Dom Germain Poirier[3]. Lors de l'incendie d', la bibliothèque est détruite, mais les manuscrits sont sauvés. Poirier, qui a réalisé un catalogue des manuscrits, les fait transporter à la Bibliothèque nationale entre et [4]. Cependant, dès 1791, de nombreux manuscrits ont été volés. Beaucoup de ces manuscrits, plus d'un millier, ont été achetés par un diplomate russe en poste à Paris, Piotr Doubrovski, qui ramena sa collection à Saint-Pétersbourg en 1800. Cette collection fut acquise par le gouvernement russe en 1805 et entra à la Bibliothèque impériale[5]. Elle se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Russie. En dehors des deux localisations principales des documents issus du fonds Séguier, à Paris et à Saint-Pétersbourg, d'autres documents, venus des disparitions de la période 1791-1795 ou déjà détachés du fonds avant le legs à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, se trouvent en divers endroits : à Londres, à la British Library ; à Paris, dans la collection Godefroy[6] (Bibliothèque de l'Institut de France) et à la Bibliothèque du Sénat, etc.

Notes et références

  1. L'ancien hôtel de Bellegarde, acquis par Séguier en 1634.
  2. Yannick Nexon, « Topographie d'une collection d'art au XVIIe siècle : l'hôtel Séguier », Studiolo. Revue d'histoire de l'art de l'Académie de France à Rome, 8, 2010, p. 75-87.
  3. Léon Deries, « Un grand sauveteur de documents historiques : l'ancien bénédictin dom Germain Poirier », Revue Mabillon, t. XIX, 1930, p. 50-67 (en ligne).
  4. Léopold Delisle, « Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale », in Histoire générale de Paris, II, 1874, notamment p. 80-99.
  5. Lettres et mémoires adressés au chancelier Séguier (1633-1649) recueillis et publiés par Roland Mousnier, t. I, Paris, Presses universitaires de France, 1964, p. 10-12 ; Michel Antoine, « Sources de l'histoire de France en U. R. S. S. », Bibliothèque de l'École des chartes, 144-2, 1986, p. 384-387.
  6. « La collection Godefroy », Bibliothèque de l'École des chartes, 76, 1915, p. 262 (en ligne).

Voir aussi

Bibliographie

  • Yannick Nexon, « La Bibliothèque du chancelier Séguier », in Histoire des bibliothèques françaises, vol. 2 (Les bibliothèques sous l’Ancien Régime, 1530-1789), Paris, éditions du Cercle de la librairie, p. 181-193.
  • Lettres et mémoires adressés au chancelier Séguier (1633-1649) recueillis et publiés par Roland Mousnier, t. I (« Publications de la faculté des lettres et sciences humaines de Paris », série « Textes et documents », VI), Paris, Presses universitaires de France, 1964 (en ligne).
  • Michel Antoine, « Sources de l'histoire de France en U. R. S. S. », Bibliothèque de l'École des chartes, 144-2, 1986, p. 384-387 (en ligne).

Articles connexes

Liens externes

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