Fontaine Vaillancourt

La Fontaine Vaillancourt en 2013.

La sculpture Québec libre!, plus connue sous le nom de Fontaine Vaillancourt est une œuvre monumentale d'Armand Vaillancourt réalisée en 1971 à San Francisco.

Création

Cette création brutaliste, appréciée par certains et méprisée par d'autres[1], représente bien le lien qu'effectue Vaillancourt entre ses convictions politiques et sociales et ses œuvres. Cette énorme fontaine de béton, de 61 mètres de long, 43 mètres de large et 11 mètres de haut est installée à l'Embarcadero plaza (originellement la Justin Herman (en) plaza[2]), en plein cœur du quartier financier de la ville.

La nuit précédant son inauguration, Vaillancourt y inscrit un très visible Québec libre! en lettres rouges, signifiant son appui à la liberté du peuple québécois et plus largement, son appui à l'émancipation de tous les peuples. Voyant, le lendemain, que les employés de la ville avaient effacé l'inscription, il grimpa sur la sculpture et y réinscrivit plusieurs fois son message.

Dans les années 1980 et 1990, les éléments architecturaux de la plaza, tel le mur concave de béton, devient un site pour les skaters de la ville, et la fontaine, qui surplombe le site, le point de ralliement[1].

Polémique

Armand Vaillancourt en 2011.

Cette œuvre fut l'objet d'une polémique très médiatisée lorsque, durant un concert gratuit de U2 le , Bono monta au haut de l'œuvre et y inscrivit « Rock & Roll stops the trafic ». Le chanteur du groupe faisait référence à la puissance du rock démontrée par les 20 000 personnes qui assistaient au spectacle[2] bloquant ainsi une partie des rues avoisinantes.

Réagissant à cet acte, la mairesse de la ville déclara qu'elle déplorait la vandalisme de l'œuvre et que ce genre de délit était punissable d'une amende et/ou d'emprisonnement. Vaillancourt fut par la suite contacté pour lui demander s'il appuyait le geste, ce qu'il fit en se rendant dès le lendemain au concert de U2 au colisée d'Oakland, où il écrivit « Stop the Madness » en direct sur la scène, devant 70 000 spectateurs. Il défendit le geste de Bono, après un discours critique sur les injustices envers plusieurs peuples, en déclarant : « Les graffitis sont un mal nécessaire. Les jeunes n'ont pas accès aux premières pages des journaux comme les politiciens[3]. »

Démolition

La fontaine en février 2026 avant son démontage.

En 2025, considérant que la fontaine présente des risques pour la sécurité du public et nécessite des réparations évaluées à environ trois millions de dollars, la ville de San Francisco l'entoure d'une clôture durant l'été et prévoit la démolir. Une pétition contre cette décision est lancée. Armand Vaillancourt, 96 ans, se déplace à San Francisco pour rencontrer les responsables du projet et met la ville en demeure afin de la préserver[4].

En , le conseil de la ville vote 10 contre 1 pour le démontage de la fontaine. Les travaux de démantèlement de la sculpture, au coût de 4,4 millions de dollars[5], commencent le [6] et la structure démontée sera entreposée pour quelques années[1].

Notes et références

  1. (en) Katie DeBenedetti, « San Francisco is set to lose a historic fountain, beloved by its skate community », NPR,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. (en) Bill Kopp, « Photos of U2’s Bono vandalizing an iconic work of SF public art », The San Francisco Standard (en),‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « Stop the Madness », sur fondation-armand-vaillancourt.com (consulté le ).
  4. Jean Siag, « Armand Vaillancourt met la Ville de San Francisco en demeure », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (en) Nadia Lopez, « San Francisco approves removal of Vaillancourt Fountain », Axios San Francisco,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. (en-US) Gloria Rodríguez, « San Francisco starts $4M removal of controversial Vaillancourt Fountain », sur ABC7 San Francisco, (consulté le )
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