Forêts pluviales d'altitude de la Chaîne Centrale

Forêts pluviales d'altitude de la Chaîne Centrale
Écorégion terrestre - Code AA0105
Description de cette image, également commentée ci-après
Forêt dans le district de Goroka (Papouasie-Nouvelle-Guinée).
Classification
Écozone Australasien
Biome Forêts décidues humides
tropicales et subtropicales
Géographie et climat
Superficie
172 365 km2
min.max.
Altitude 1 000 m 3 000 m
Température 14 °C 31,1 °C
Précipitations 406 mm 576 mm
Oiseaux
348
Mammifères
90
Espèces endémiques
Plus de 100
Conservation
Statut
Relativement stable / intact
Aires protégées
14,3 %
Espèces menacées
18

Localisation

Description de l'image Ecoregion AA0105.png.

Les forêts pluviales d'altitude de la Chaîne Centrale sont une écorégion terrestre du WWF. Elle appartient à l'écozone australasienne et au biome des forêts décidues humides tropicales et subtropicales.

Elle traverse d'ouest en est l'île de Nouvelle-Guinée en suivant la chaîne centrale, en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Elle est un centre important d’endémisme et de diversité végétale et animale. Elle est menacée par plusieurs activités humaines malgré la présence de nombreuses réserves naturelles.

Géographie

Localisation et géologie

Cette écorégion d'environ 170 000 km2 recouvre les forêts de montagne de la chaîne centrale de Nouvelle-Guinée, entre 1 000 et 3 000 mètres d’altitude. Traversant l’île d’ouest en est, elle sépare ses plaines du nord et du sud. Elle est composée de trois principaux massifs : la chaîne de Sudirman (ouest), les monts Star (centre) et les hautes terres du centre et de l’est de la Papouasie (est). D'après le WWF, l’écorégion appartient à l’écozone australasienne et au biome des forêts décidues humides tropicales et subtropicales[1]. Selon One Earth, elle fait partie de la biorégion de la Nouvelle-Guinée et des îles alentours et du sous-règne des îles australasiennes et de l’Indonésie orientale[2].

Les sols de l’écorégion est composé de roche magmatique provenant de stratovolcans du Pléistocène et métamorphique issue de sédiments océaniques du Crétacé et de l’Éocène[1].

Climat

L’écorégion figure, d’après le WWF d’un climat tropical humide d’altitude du fait de son élévation[1], tandis que la classification de Köppen-Geiger la situe, comme le reste de l’île, dans un climat tropical[3].

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 30,9 31 31 31,2 30,7 30,8 30,5 29,8 29,8 30,5 31,1 31,1 31,1
Moyenne 22,7 22,6 22,8 22,7 22,4 21,8 21,3 21,3 21,8 22,3 22,6 22,7 22,6
Minimale moyenne 14,6 14,6 14,7 14,2 14,1 13,2 13 13 13,2 13,7 13,9 14,4 14
Nombre de jours avec gel 2,7 0,9 5 8,3 6,9 9,2 7,7 8,7 8,4 7 4,1 4,8 6,14
Précipitations
Hauteur (mm) 525 503 576 510 505 556 523 566 474 513 406 469 510
Nombre de jours avec précipitations 28,4 26,9 30,8 29,4 29,4 25,5 19,5 26,6 27,1 23,5 22 26,7 26,32
Source : (en) « Central Range montane rain forests ecoregion », sur World Species


Biodiversité

Flore

Hauts plateaux boisés en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L'écorégion contient une diversité de plantes vasculaires parmi les plus élevées de l’archipel indo-malais, ainsi qu’un important nombre de plantes endémiques. On peut la séparer en trois zones végétales : les forêts de basse altitude, de haute altitude et de très haute altitude. Les premières, de 1 000 et 1 500 mètres d’altitude, sont dominées par des chênes (Castanopsis acuminatissima), des Araucaria, des Elaeocarpus et des lauriers. Les forêts de haute altitude (entre 1 500 et 2 500 mètres), très denses et humides, figurent d’importantes quantités de mousses et des Nothofagus. Au dessus de 2 500 mètres, les forêts de très haute altitude sont moins diverses, avec de nombreux conifères (Podocarpus, Dacrycarpus, Dacrydium, Papuacedrus (en), Araucaria, Libocedrus) et des Myrtaceae. On y trouve une canopée fine et un sous-bois très développé. L’écorégion compte septs centres de diversité végétale (en). Le centre « monts Star, Telefomin, Tifalmin, gorge Strickland » abrite plus de 3 000 espèces de plantes vasculaires de montagne, tout comme le centre « mont Giluwe. col Tari, pics Doma », qui est notamment composé d’une forêt marécageuse de Dacrydium unique. « chaîne Hunstein, mont Bürgers, Schatteburg, mont Giluwe, col Tari. pics Doma » compte plus de 2 500 espèces de plantes vasculaires, dont des épiphytes et des populations de Agathis labillardieri. « Mont Kubor (en) », fragile et peu connu, abrite probablement de nombreuses plantes endémiques. On trouve au centre « monts Bismarck, mont Wilhelm, mont Otto, chaîne Schrader (en), mont Hellwig-Gahavisuka » une grande variété de végétation, avec plus de 5 000 espèces différentes. « Mont Michael (en), Okapa (en), mont Crater » dispose d'importantes populations de Araucaria cunninghamii, de Araucaria hunsteinii et de Castanopsis[1],[2].

Faune

Le Paradisier de Raggi, l’espèce porte-drapeau de l’écorégion.
Phalanger vestitus (en), espèce endémique de l’écorégion.

L’écorégion compte est l’un des plus grands foyers de diversité de reptiles et d’amphibiens et d’endémisme de mammifères et d’oiseaux du bassin Indo-Pacifique. Sa faune, composée de plus de 100 vertébrés endémiques, est parmi les plus riches et uniques du monde. Ses plus grands membres sont les kangourous arboricoles, les échidnés à bec courbe et les casoars de Bennett. Considérée comme un point chaud de biodiversité pour les Paradisiers, avec 15 espèces endémiques ou presque, son espèce porte-drapeau est le Paradisier de Raggi[2].

Elle accueille 90 espèces de mammifères, dont 44 sont endémiques ou quasiment endémiques. Quatre d’entre-elles sont en danger critique d’extinction : la roussette de Nouvelle-Guinée, Leptomys elegans (en), Pseudohydromys murinus (en) et Macruromys elegans (en). Neophascogale lorentzi, Phalanger vestitus (en), Phalanger matanim, Pseudocheirus caroli (en), le phalanger pygmée à queue zébrée, Dactylopsila megalura, Hipposideros corynophyll (en), Nyctophilus microdon (en), Paraleptomys wilhelmina (en), Baiyankamys habbema, Macruromys elegans (en), Protochromys fellowsi, Mammelomys lanosus (en), Brassomys albidens (en), Rattus giluwensis (en) et Pogonomys championi (en) sont les mammifères endémiques à l’écorégion[1].

Elle est dominée par une avifaune australasienne, avec notamment les familles Ptilonorhynchidae, Eopsaltria, Meliphagidae et Paradisaeidae. Ses limites correspondent à la zone de conservation des espèces ornithologiques endémiques de la Nouvelle-Guinée centrale. Elle abrite 348 espèces dont 55 endémiques ou quasiment endémiques, avec 4 genres endémiques et 3 espèces vulnérables (le Jardinier d'Archbold, le Paradisier à rubans et le Paradisier bleu). L’Androphobe vert, le Pitohui ombré, le Capucin des Maoke, le Capucin à poitrine noire, le Jardinier d'Archbold, le Paradisier à queue courte et le Paradisier du Prince Albert en sont endémiques. Elle compte également deux des principaux centres d’endémisme de papillons en Papouasie : les monts Weyland (en) (neuf espèces endémiques) et Hagen-Sepik-Wahgi (cinq espèces endémiques)[1].

Menaces et protection

Menaces

La mine de Grasberg (Nouvelle-Guinée occidentale).

La biodiversité de l’écorégion est affectée par les exploitations forestières et minières ainsi que par la construction de routes qui facilitent le braconnage et l’exploitation forestière illégale. Les altitudes sont généralement moins touchées que les zones plus basses, plus peuplées et donc plus déforestées. La mine de cuivre de l’entreprise Freeport-McMoRan, située au sein d’une réserve naturelle, constitue un facteur important de déforestation et de contamination des cours d’eau. La province papoue des Hautes-Terres méridionales compte de nombreuses concessions prétrolières (plus de la moitié de la réserve Gunung Lorentz est couverte par des concessions). On trouve également des mines d’or jusque dans les aires protégées[1],[2], et des cultures de banane et de café dans les mêmes zones. D’autres minéraux en sont extrait, comme l’argent et le molybdène[4].

De nombreuses espèces de l’écorégion sont en danger : deux amphibiens (Choerophryne siegfriedi et Cophixalus nubicola), deux reptiles (Bothrochilus fredparkeri et Malayopython timoriensis), quatre oiseaux (le Bécasseau à queue pointue, la Harpie de Nouvelle-Guinée, le Méliphage de MacGregor et le Psittrichas de Pesquet) et dix mammifères (la Roussette de Nouvelle-Guinée, le Dendrolague de Doria, le Dendrolague de Goodfellow, le Dingiso, le Dendrolague de Seri, Microperoryctes murina, le couscous de Telefomin, Rattus richardsoni, le Pademelon de Brown et l'échidné de Barton[4].

Protection

Carte du parc national de Lorentz.

Près de 20 % de la superficie totale de l’écorégion (33 660 km2) est recouverte par des réserves naturelles à différents degrés de protection. Les aires protégées de l’écorégion, majoritairement situées en Indonésie, sont les suivantes : la réserve naturelle Pegunungan Weyland (1 830 km2), la réserve naturelle d'Enarotali (en) (3 540 km2), le parc national de Lorentz (7 350 km2), la réserve faunique de Jayawijaya (7 710+4 260 km2), mont Capella (1 500 km2), monts Yakopi Nalenk (4 550 km2), le parc national du mont Wilhelm (380 km2), mont Onuare (620 km2), mont Michael (1 160 km2) et mont Bosavi (1 260 km2)[1].

D’après le WWF, les priorités en termes de protection de l’environnement dans l’écorégion sont la réduction de l’impact des exploitations forestières, minières et pétrolifères sur les écosystèmes, l’arrêt total de ces activités dans certaines zones et assurer la protection effective des réserves naturelles[2].

Notes et références

  1. (en) John Morrison, « Southeastern Asia: Extends across central New Guinea (AA0105) », sur WWF.
  2. (en) David Olson, « Central Range Papuan Montane Rainforests », sur One Earth, .
  3. ↑ (en) Ryan Gerue, « Köppen–Geiger Climate Classification », sur Koppen-map.com.
  4. (en) « Central Range montane rain forests », sur World Species.

Annexes

Liens externes

Articles connexes

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