Forces armées de Madagascar

Forces armées de Madagascar
Tafika Malagasy
Drapeau de Madagascar
Drapeau de Madagascar
Fondation 1960
Branches Armée de terre
Armée de l'air
Marine de guerre
Gendarmerie Nationale
Commandement
Président Michael Randrianirina
Ministre Général de division Ely Razafitombo
Chef d'état-major Général de divison Demosthène Pikulas
Main-d'œuvre
Âges militaires 19
Disponibles au service militaire 4 900 729 hommes
4 909 061 femmes
Aptes au service militaire 3 390 071 hommes
3 682 180 femmes
Atteignant l'âge militaire chaque année 248 184  hommes
246 769 femmes
Actifs 13 500 (armée)
8 100 (gendarmerie)
Industrie
Fournisseurs étrangers Drapeau de la France France
Drapeau de la Russie Russie
Drapeau des États-Unis États-Unis

Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord

Les Forces armées de Madagascar (en malgache : Tafika Malagasy) sont constituées des forces armées populaires fondées le [1], divisées en une armée de terre (Tafika an-tanety) comptant 12 500 hommes, une marine nationale (Tafika andranomasina) comptant 500 hommes, ainsi qu'une armée de l'air (Tafika anabakabaka) comptant 500 hommes et la gendarmerie nationale (Zandarmariam'pirenena) comptant 8 100 hommes, selon les données de l'International Institute for Strategic Studies en 2017.

Le palais Ratsimamanga à Antananarivo, siège de l'état-major des armées.

Missions

Les Missions de l'armée malgache sont les suivantes :

  • Soutenir la population en cas de catastrophes (cyclones tropicaux, inondations, catastrophes naturelles) ;
  • Défendre le pays contre toute attaque extérieure (piraterie, menaces extérieures) ;
  • Assurer la sécurité dans les zones les plus reculées du pays (DAS) ;
  • Déployer ses forces pour les opérations internationales de maintien de la paix et les opérations de coopération avec les forces extérieures.

Historique

Soldats malgaches en 1895.
Fusil à platine à silex malgache de la fin du XIXe siècle.

Avant l’intervention française de 1881-1882, le royaume de Madagascar ne subit que peu d'influences européennes. Sous les règnes des reines Ranavalona II (1808-1883) et Ranavalona III (1883-1895), du royaume Merina, alors hégémonique sur l’île, le Premier ministre Rainilaiarivony tente d’utiliser les tensions entre Européens pour protéger l’indépendance du pays et de le moderniser avec des cadres occidentaux. On retiendra le rôle de Jean Laborde, un naufragé devenu très sollicité à la cour royale d'Antananarivo, la capitale du royaume Merina, et qui créa des manufactures, entre autres, de fusils, et de canons. Une armée de conscription a été mise sur place pouvant comprendre théoriquement de 20 à 30 000 hommes.

En 1892, le parti colonial français demande l’application du protectorat sur l’île. le gouvernement français, qui hésite encore, ne fait que renforcer les garnisons des comptoirs français comprenant des soldats malgaches et envoie une escadre navale, tentant une dernière démarche diplomatique pour établir un véritable protectorat. Après le refus de la reine le , la France procède à l’évacuation de ses ressortissants le 25 ; la guerre est déclarée.

Le gouvernement envoie une expédition de 15 000 hommes. Le , l’escadre de l’amiral Amédée Bienaimé occupe Tamatave et débarque à Majunga. Le corps expéditionnaire débarque à Majunga le . L'armée malgache commandée par Ramasombazaha, commandant en chef des armées du nord-ouest, Razanakombana, Rasanjy, Rabanona, Rakotondravoavy, Ralambotsirofo, Ramangalahy, Rainianjahaly et Andriantavy offre peu de résistance et, si le Corps Expéditionnaire de Madagascar ne perd que 25 hommes au combat, 5 756 autres meurent de maladie.

L'absence de résistance organisée des Malgaches ainsi que la prise de Tananarive le permettent la mise en place d’un protectorat le , mais au prix de la naissance d'un fort mouvement anticolonial. Ce protectorat ne convient pas aux Réunionnais et au parti colonial, qui réclamaient l’annexion. Par décision unilatérale, par décret du et la loi du , Madagascar est annexé et rattaché au ministère des Colonies. L’île s’embrase alors dès et Paris envoie le général Gallieni, investi de tous les pouvoirs civils et militaires, afin de rétablir l’ordre. Il devient gouverneur général. Grâce à sa tactique de la tache d’huile, il pacifie la région et, début 1897, l’insurrection est considérée comme vaincue.

Durant la Première Guerre mondiale, 41 355 Malgaches sont mobilisés au total dans l'armée française, principalement dans les unités d'infanterie. 34 386 d'entre eux partent en Europe. 2 368 sont portés morts ou disparus. 6 000 autres Malgaches sont recrutés pour travailler en France.

Durant la Seconde Guerre mondiale, dans l'armée française en 1940, 2 Régiments d'Artillerie Lourde Coloniale Mixte Malgache sont intégrés dans 2 divisions d'infanterie coloniale en métropole tandis que 19 000 militaires stationnent à Madagascar[2]

Les forces françaises fidèles au régime de Vichy, présentes lors de la bataille de Madagascar qui voit les forces britanniques envahir l'île sont d'environ 8 000 soldats, dont environ 6 000 Malgaches et Sénégalais. L'affrontement militaire entre Britanniques et Vichystes, puis les trois mois durant lesquels l'île échappe à tout contrôle français, atteignent durement le prestige de la France auprès des Malgaches[3].

Une insurrection commence en 1947, elle est violemment réprimée par l'armée française : au minimum, plus de 11 000 Malgaches sont tués.

Le , la France accorde une première autonomie. L'indépendance totale est signée le ce qui permet la constitution d'une armée nationale. Une force de 5 000 hommes répartis en 2 régiments interarmes et d'une gendarmerie est alors constituée.

Le , les responsabilités de défense commune exercées depuis le avec la République française sont désormais totalement prises en charge par la République malgache. Les dernières unités françaises quittent l’île.

À partir de , les militaires s'engagent dans la vie politique. Conformément à la nouvelle Constitution de 1975 établissant la République démocratique de Madagascar, le rôle des Forces Armées Malgaches, leur organisation, leurs missions sont révisés : baptisées « Forces Armées Populaires », elles devaient défendre la Révolution et ses acquis. Un décret du institue un Ministère de la Défense[4] nommé Ministère des Forces Armées en 1991.

Dans les années 1970/1990, la République démocratique de Madagascar bénéficie du soutien matériel du bloc de l'Est puis de la Russie qui fournit entre autres blindés et avions de combat.

Le changement de régime en 1991 change la donne, les forces armées qui étaient relativement bien tenues jusque-là ne sont plus une priorité. Les équipements n'ont pas été renouvelés, ni entretenus, les pouvoirs civils ont pris de haut les militaires. Ce qui explique en partie la participation d'une partie de ces derniers dans la crise politique de 2009 à Madagascar.

Des liens subsistent entre la France et Madagascar, ainsi du 3 au se tient l'exercice militaire Betsiboka entre l'armée malgache et les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI), unités de l'Armée française stationnées à La Réunion et à Mayotte[5].

Présentation des écoles

Équipement

Voici les informations de l’IISS en 2012.

Armée de terre

Véhicules blindés

Un blindé BRDM-2 Malagasy lors d'un exercice
Un blindé BRDM-2 similaire à ceux utilisés par l'armée malgache.

Défense anti-aérienne

Infanterie

Les fantassins malgaches utilisent un armement datant de la guerre froide et fournis majoritairement par la France, la Chine populaire, la Corée du Nord :

Enfin, ces deux types de mitrailleuses lourdes équipent la flotte des pick-up armés :

Armée de l'air

Un MiG-17 de l'armée malgache.

Le premier élément aérien de l’armée malgache est créé le et s'installe dans la base aérienne 181 sur l'aéroport international d'Ivato[6].

Elle a disposé de 4 MiG-17 et d'une dizaine de MiG-21 d'origine nord-coréenne et russe à partir de 1978, stockés à la fin des années 1990[7] ainsi que de 8 hélicoptères Mil Mi-8 et de plusieurs Antonov de la Société Malgache de Navigation Aérienne affrétés à l’armée malgache dont une partie a été détruite début 2009[8].

En 2019, un CASA CN-235 est acheté à crédit à la société française Sofema. Il est repris en 2021 par cette entreprise car l'état malgache n'arrive pas à payer l'appareil. Il s'agit alors du seul avion de transport tactique de ce pays[9].

Les appareils en service en 2016 sont les suivants[10] :

Cocarde de l'armée de l'air de Madagascar.
Aéronefs Origine Type En service Versions Notes
Avion de transport
Antonov An-26 Drapeau de l'URSS Union soviétique Transport tactique 1 retiré
Cessna 172 Drapeau des États-Unis États-Unis Avion d'entrainement 4 172M (un a été détruit dans un incendie Nov.2024)
Cessna 310 Drapeau des États-Unis États-Unis Communications 1 310R
Cessna 337 Drapeau des États-Unis États-Unis 2
Cessna 402B Drapeau des États-Unis États-Unis at least 2 (2 ont été détruits dans un incendie, Nov.2024)[11]
Cessna 421 Drapeau des États-Unis États-Unis at least 1 (1 a été détruit dans un incendie, Nov.2024)[11]
Aero Synergie J300 Joker (en) Drapeau de la France France 2
Humbert Tétras Drapeau de la France France 1 Premier remis par la France en août 2002. Troisième exemplaire remis le 10 avril 2013[12]
Piper PA-23 Drapeau des États-Unis États-Unis Communications 2 PA-23-250 Aztec D (1 a été détruit dans un incendie Nov.2024[11])
Yakovlev Yak-40 Drapeau de l'URSS Union soviétique Transport VIP 2 retired Première livraison en 1978[13] Ne semble plus en service en 2020
Boeing 737 Drapeau des États-Unis États-Unis Transport tactique 2 sold ex-Air Madagascar
Hélicoptère
Bell 206B Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère au moins 1 (détruit dans un incendie Nov.2024)
Alouette II Drapeau de la France France Hélicoptère multi-rôles 4 SA318C Ex-armée belge. Revendus à une société privée,
arrivent fin 2009 dans le pays, intégrés dans l'armée malgache le 27 mars 2010 sans autorisation belge[14]. Un accidenté a terre le 28 janvier 2019[15]. Un accidenté en mer le 21 décembre 2021[16].

Marine de guerre

Patrouilleur RC Trozona en 2016 aux Seychelles lors de l'exercice Cutlass Express

Gendarmerie nationale

La gendarmerie nationale (Zandarimariam-pirenena en malgache) est une force militaire chargée de faire respecter la loi. Contrairement aux autres pays, à Madagascar la gendarmerie est la plus active par rapport à la Police et aux Armées puisqu'elle est la plus sollicitée (notamment parce que Madagascar est majoritairement rural). La Gendarmerie Nationale a été formée par la Gendarmerie Française et dispose de moyens de transport d'origine allemande (Mercedes-Benz Unimog, Mercedes-Benz Atego, Daimler Ferret), Soviétique (BRDM-1 et BRDM-2) ou encore d'origine française (Peugeot P4, Sovamag), japonaise (pick-up Nissan Hardbody) et chinoise (tout-terrains Dong Feng).

Elle dispose aussi d'éléments d'intervention : le FIGN (Force d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) et le GSIS (Groupe de Sécurité et d'Intervention Spéciale) qui est l'unité d'élite équivalent du GIGN, qui l'a, d'ailleurs, formé.

Implication internationale

Avant l'entrée dans la crise, l'Armée malgache participait à des opérations dans le cadre de maintien de la paix des Nations unies et de l'Union africaine ainsi qu'à des opérations bilatérales avec les Forces armées françaises.
Ces accords ont été arrêtés à la suite de la crise politique de 2009 à Madagascar.
Une partie des activités bilatérales avec les Forces armées françaises ont été reprises en 2012[17].

Grades

Récapitulatif des grades

Grades des Forces armées malgaches
Marine Armée Gendarmerie
Officiers généraux
Amiral Général d'armée[18]
Vice-amiral d'escadre Général de corps d'armée
Vice-amiral Général de division
Contre-amiral Général de brigade
Officiers supérieurs
Capitaine de vaisseau Colonel
Capitaine de frégate Lieutenant-colonel
Capitaine de corvette Commandant Chef d'escadron
Officiers subalternes
Lieutenant de vaisseau Capitaine
Enseigne de vaisseau 1re classe Lieutenant
Enseigne de vaisseau 2e classe Sous-lieutenant
Aspirants
Aspirant
Sous-officiers et officiers mariniers supérieurs
Premier maître Adjudant-chef Gendarme principal de classe exceptionnelle
Maître Adjudant Gendarme principal hors classe
Second maître 1re classe Sergeant-chef Gendarme principal de première classe
Second maître 2e classe Sergeant Gendarme principal de deuxième classe
Sous-officiers et officiers mariniers subalternes
Quartier maître 1re classe Caporal-chef Gendarme hors classe
Quartier maître 2e classe Caporal Gendarme de première classe
Matelot 1re classe 1re classe Gendarme de deuxième classe
Matelot 2e classe 2e classe Gendarme stagiaire
Militaires du rang
Mousse Soldat/Aviateur

Armée de terre

Grades des officiers de l'armée de terre
Insignes Désignation Appellation Niveau de commandement habituel
Officiers généraux
Général d'armée mon général armée
Général de corps d'armée mon général corps d'armée
Général de division mon général division
Général de brigade mon général brigade
Officiers supérieurs
Colonel mon colonel régiment
Lieutenant-colonel mon colonel bataillon / groupe d'escadrons
Commandant mon commandant bataillon / escadron
Officiers subalternes
Capitaine mon capitaine compagnie / escadron / batterie
Lieutenant mon lieutenant section / peloton
Sous-lieutenant mon lieutenant section / peloton (adjoint)
Aspirant
Aspirant mon aspirant élève officier en stage
Sous-officiers
Adjudant-chef mon adjudant adjoint de commandement de compagnie / escadron
Adjudant mon adjudant adjoint de section ou de batterie

Marine

Grades de la marine malgache
Insignes Désignation Appellation Niveau de responsabilité habituel
Officiers généraux
Amiral amiral ou mon amiral commandement des forces navales
Vice-amiral d'escadre amiral commandement de zone maritime
Vice-amiral amiral commandement d’une force d’intervention
Contre-amiral amiral commandement d’une escadre
Officiers supérieurs
Capitaine de vaisseau commandant commandement d’un bâtiment majeur
Capitaine de frégate commandant commandement d’une frégate
Capitaine de corvette commandant commandement d’un aviso ou d’une corvette
Officiers subalternes
Lieutenant de vaisseau lieutenant officier en second sur un bâtiment majeur
Enseigne de vaisseau de 1re classe enseigne chef de service sur un bâtiment
Enseigne de vaisseau de 2e classe enseigne officier subalterne
Aspirant
Aspirant aspirant élève officier embarqué
Officiers mariniers supérieurs
Premier maître maître maître d’équipage
Maître maître maître d’équipage
Second maître de première classe maître chef de secteur
Second maître de seconde classe maître chef de secteur
Officiers mariniers subalternes
Quartier-maître de 1re classe quartier-maître équipier qualifié
Quartier-maître de 2de classe quartier-maître équipier
Matelot de 1re classe matelot matelot breveté
Matelot de 2de classe matelot matelot non breveté

Articles connexes

Notes et références

  1. Yv Sam, « Madagascar: 62e année de l'Indépendance - Une exposition en honneur aux forces armées » Accès libre, sur https://fr.allafrica.com/stories/202206300217.html, (consulté le )
  2. Jacques Frémeaux, « Les contingents impériaux au cœur de la guerre », Histoire, économie et société, vol. 23,‎ , p. 215-233 (lire en ligne)
  3. Pierre Montagnon, La France coloniale, tome 2, Pygmalion-Gérard Watelet, , 497 p. (ISBN 978-2-85704-319-5), p. 176
  4. « Historique des Forces Armées malgaches de 1960 depuis sa creation », sur Ministère des Forces Armées, (consulté le )
  5. Betsiboka : exercice militaire franco-malgache 2013, Madagate, 6 février 2013
  6. Jean-Pierre Pénette et Christine Pénette Lohau, Le livre d'or de l'aviation Malgache, , 235 p. (lire en ligne), p. 104
  7. (en)Tom Cooper, « Central, Eastern, & Southern Africa Database African MiGs - Part 2 », sur Air Combat Information Group, (consulté le )
  8. Alain Rajaonarivony, « L'armée? De l'air... », sur L'actu de Madagascar, (consulté le )
  9. Laurence Caramel, « Mauvais payeur, Madagascar perd son seul avion de transport militaire », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. International Institute for Strategic Studies; Hackett, James (ed.). The Military Balance 2016. London: Routledge. (ISBN 1857435575).
  11. Journal du 20 Novembre 2024)
  12. « Coopération militaire bilatérale franco malagasy: don d'un avion léger tetras », sur Ministère des forces armées, (consulté le )
  13. Jean Pierre Pénette et Christine Pénette Lohau, Le livre d'or de l'aviation Malgache, , 240 p. (ISBN 978-2-9523646-0-7, lire en ligne), p. 53.
  14. Damien Spleeters, « L’armée belge ignore à qui elle revend ses armes », sur La Libre Belgique, (consulté le )
  15. Fabrice Floch, « Madagascar : crash d'un hélicoptère de l'armée à Ivato - Réunion la 1ère », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  16. « Crash d'un hélicoptère - Le corps du pilote retrouvé au large de Foulpointe », sur L'Express de Madagascar (consulté le ).
  17. « Reprise des Manœuvres bilatérales avec l'armée Française », sur madagascar-tribune.com
  18. LOI N° 98-030 Modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n° 96-029 du 6 décembre 1996 portant statut général des militaires. Dispose de la création du grade de général d'armée

Liens externes

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