Soient une suite de polynômes orthogonaux sur l'intervalle pour une fonction poids , dont on suppose qu'elle est échelonnée , et donc tels que
où les constantes non nulles ne dépendent que de , et désigne le delta de Kronecker. Une des bornes de l'intervalle , voire les deux, peut être infini.
Théorème — Si
où est un polynôme de degré au plus 1 et est un polynôme de degré au plus 2, et
pour tout .
Soit , alors pour tout pour des polynômes bien choisis , avec . On peut alors montrer par induction sur :
Soit . On a vu que est un polynôme de degré au plus n. Par intégration par partis, on a pour tout , puisque . Ainsi, forme une suite de polynômes pour le poids . Ainsi, on a pour des constantes .
L'égalité est triviale pour n = 0. Pour n = 1, elle se réduit à , qui est vraie car par construction .
On considère maintenant . On pose , alors par calcul direct et simplification, l'équation à prouver devient équivalente à
On remarque que, pour une fonction y arbitraire, on a :
Cela nos permet de sortir les termes hors de la dérivée n-ième. On pose , et on définit
Alors l'équation se simplifie en
On a :
.
et on conclut en remarquant que
On peut également établir la formule par la théorie de Sturm-Liouville. On définit l'opérateur , alors l'équation différentielle devient équivalente à . On définit l'espace fonctionnel comme l'espace de Hilbert de fonctions sur , tel que . Alors l'opérateur est auto-adjoint sur des fonctions satisfaisant certaines conditions aux limites, ce qui permet d'appliquer le théorème spectral.
Il existe des formules similaires valables pour beaucoup d'autres suites de fonctions orthogonales issues des équations de Sturm-Liouville ; elles ont aussi pour nom formule de Rodrigues, en particulier lorsque ces fonctions sont polynomiales.
↑O. Rodrigues, « Mémoire sur l'attraction des sphéroïdes », Correspondance sur l'École impériale Polytechnique, vol. 3, 1814-1816, p. 361-385 (lire en ligne) (thèse de la Faculté de sciences de Paris).
↑(en) J. Ivory, « On the Figure Requisite to Maintain the Equilibrium of a Homogeneous Fluid Mass That Revolves Upon an Axis », Phil. Trans. R. Soc., vol. 114, , p. 85-150 (DOI10.1098/rstl.1824.0008).
↑(de) C. G. J. Jacobi, « Ueber eine besondere Gattung algebraischer Functionen, die aus der Entwicklung der Function (1 – 2xz + z2)1/2 entstehen », J. reine angew. Math., vol. 2, , p. 223-226 (DOI10.1515/crll.1827.2.223).
↑(en) R. Askey, Mathematics and social utopias in France : Olinde Rodrigues and his times, vol. 28, Providence, R.I., AMS, coll. « History of Mathematics », , 168 p. (ISBN978-0-8218-3860-0, lire en ligne), « The 1839 paper on permutations: its relation to the Rodrigues formula and further developments », p. 105-118.