Fort Ruychaver

| Pays | |
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| Baigné par | |
| Coordonnées |
5° 02′ 00″ N, 2° 12′ 00″ O |
| Statut |
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| Fondation | |
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| Dissolution |

Fort Ruychaver ou Fort Ruijghaver, est un poste de traite néerlandais dans l'arrière-pays de la Côte-de-l'Or, dans le Ghana contemporain. Il existe entre 1654 et 1660 sur les rives du fleuve Ankobra. Le nom du poste fait référence à Jacob Ruijghaver, le directeur des possessions de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales sur la Côte-de-l'Or qui ordonne son établissement.
L'objectif du poste de traite est de développer le commerce de l'or, car la zone entourant le fort est localement réputée pour ses mines d'or. La classification du poste de traite en fort est un produit de la littérature moderne. Le poste de traite n'est probablement pas aussi fortifié que le terme fort l'implique. Il se compose probablement d'un simple pavillon et de quelques huttes plus petites.
Situation
Situé dans l'actuel Ghana, le Fort Ruychaver est l'un des deux premiers comptoirs européens construits dans l'intérieur de la forêt guinéenne placé le long de l'Ankobra[1].

Dans la littérature, deux emplacements possibles pour le fort sont donnés. La carte montre ces deux emplacements.
Une possibilité est que Fort Ruychaver est situé sur la rive droite de la rivière Ankobra, en face de la rivière Bonsa, dans la région d'Egwira. Doorman, entre autres, est de cette école.
L'autre théorie, principalement préconisée par Daaku, prend comme point de départ une entrée du journal du directeur général Valckenburg. L'inscription indique que le poste de traite est situé à 30 milles de la côte. Comme un mile d'Amsterdam équivaut à 5 754,53 mètres, cela signifierait que l'emplacement du fort est à 173 kilomètres à l'intérieur des terres. A cette distance se trouve en effet une colonie appelée Sanaya, là où, selon Daaku, se trouvait autrefois Fort Ruychaver.
Aux deux endroits, il existe des champs aurifères épuisés, qui sont également des centres de production d'or à l'époque précoloniale. Il semble plutôt improbable, cependant, que les Néerlandais aient traversé de vastes champs aurifères afin d'établir un fort à 173 kilomètres à l'intérieur des terres.
Histoire
Le fort Ruychaver est construit dans un contexte de recherche de contrôle sur les mines intérieures d'Awudua Dada par la compagnie néerlandaise des Indes occidentales. En 1653, le directeur-général Jacob Ruychaver commissionne Jacob Valckenburg dans l'intérieur des terres depuis Elmina afin d'identifier la position des mines et déloger les éventuelles communautés qui s'y trouveraient. En effet, depuis la signature du traité d'Axim, le commerce reprend activement et plusieurs sites de ressources sont réoccupées. En 1654, le site d'Awudua Dada est localisé et il est demandé de construire à proximité un fort qui prend le nom de Fort Ruychaver[1].
Ce petit fort, construit en quelques semaines en bois et terre glaise avec un toit en tuiles hollandaises parvient à renforcer le transit commercial vers le fort Saint-Georges-de-la-Mine et fort Batenstein. Le fort Ruychaver est dès lors équipé de canons dès 1656 pour garantir le contrôle de la position[1],[2].
En 1659, un oppose le gouverneur du fort et un caboceer (chef) local. D'abord mineur, le fort se trouve à court de munitions durant la bataille et, plutôt que de se rendre, le gouverneur décide de mettre le feu au fort. Un stock de poudre s'y trouve et explose, tuant 80 locaux et trois officiers de la Compagnie néerlandaise[1],[2]. Selon la tradition locale, cette explosion survient lorsque le gouverneur du fort invite le chef local et son armée à une rencontre en vue de résoudre le conflit[3].
La tentative de contrôle du commerce de l'or du bassin de l'Ankobra ne sera pas réitérée avant le XIXe siècle. En 1830, ils tentent d'établir leur propre mine d'or et en 1859 ils utilisent pour ça l'argument du district d'Axim relevant du traité d'Axim établi deux siècles auparavant[2],[4].
Recherches archéologiques
De précédentes fouilles archéologiques, en 1976, avaient déjà identifié l'emplacement du fort, parmi les deux principales hypothèses[3]. En 2018, le chef local Kwabena Aboh II donne des indications aux archéologues qui permettent d'identifier un site sacré où seraient enterrés les corps des victimes ainsi que les ruines du fort Ruychaver[1].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fort Ruychaver » (voir la liste des auteurs).
Références
- (en) Fritz Biveridge, « The “Galamsey” Menace: Implications on the Archaeological Record at Awudua Dada, Western Region, Ghana », Legon Journal of the Humanities, vol. 32, no 1, , p. 103–133 (ISSN 2458-746X, DOI 10.4314/ljh.v32i1.5, lire en ligne, consulté le )
- Albert Van Dantzig, « La « Juridiction » du Fort Saint-Antoine d'Axim », Outre-Mers. Revue d'histoire, vol. 66, no 242, , p. 223–236 (DOI 10.3406/outre.1979.2190, lire en ligne, consulté le )
- Yaw Bredwa-Mensah, « World Archaeological Congress 4 University of Cape Town 10 th-14 th January 1999 Symposium : Archaeology of Slavery In West Africa », www.academia.edu, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Doortmont et Smit 2007, p. 291
Voir aussi
Bibliographie
- Michel R. Doortmont et Jinna Smit, Sources for the Mutual History of Ghana and the Netherlands. An annotated guide to the Dutch archives relating to Ghana and West Africa in the Nationaal Archief, 1593-1960s, Leiden, Brill, (ISBN 978-90-04-15850-4, lire en ligne)
- Meredith, Henry (1812). An Account of the Côte-de-l'Or of Africa: with a brief history of the African Company, London.
- Cruickshank, Brodie (1855). Ein achtzehnjähriger Aufenthalt auf der Goldküste Afrika's, Leipzig.
- Doorman, J. G. (1898). Die Niederländisch-West-Indische Compagnie an der Goldküste, In: Tijdschrift voor Indische Taal-, Land- en Volkenkunde (Batavia), 40 (5/6), pp. 387–496.
- Daaku, Kwame Yeboa (1970). Trade and politics on the Côte-de-l'Or 1600–1720 - A Study of the African Reaction to European Trade, Oxford.
- Jean-Michel Deveau, L’or et les esclaves, histoire des forts du Ghana du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, UNESCO / Karthala, , 330 p.
- (en) William St Clair, The Door of No Return : The History of Cape Coast Castle and the Atlantic Slave Trade, New York, BlueBridge, , 282 p. (ISBN 978-1-933346-05-2)
- (en) Albert van Dantzig, Forts and Castles of Ghana, Accra, Sedco Publishing, , 116 p. (ISBN 9964-72-010-6)
Articles connexes
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