Fort du Dellec
| Fort du Dellec | |
| Nom local | Castel ar Delleg |
|---|---|
| Type | Fort |
| Fin construction | XVIIIe siècle - XIXe siècle |
| Destination initiale | Fortification |
| Protection | Inventaire général du patrimoine culturel |
| Coordonnées | 48° 21′ 08″ nord, 4° 34′ 05″ ouest |
| Pays | |
| Anciennes provinces de France | Bretagne |
| Région | Bretagne |
| Département | Finistère |
| Commune | Plouzané |
Le fort du Dellec est situé sur la commune de Plouzané. Il a été édifié au XVIIIe siècle et était constitué par des remparts entourés de douves profondes et comprenait une batterie de 47 à tir rapide, en collaboration avec les batteries de la côte de Cornouaille au sud sur la presqu'île de Crozon. Le fort du Dellec a été remanié plusieurs fois après : rajouts de casemates et de soutes à munitions.
Le fort du Dellec fut un des nombreux éléments de défense de la rade de Brest. Ouvert au public, il est devenu un espace culturel et de loisirs en plein air. Les belvédères, accessibles au public, permettent d'assister au passage des nombreux navires dans le goulet de Brest.
Description
La revue Armée et marine décrit ainsi la batterie, équipée de canons de 320 mm, en 1905 : « Ces batteries sont presque toutes de deux pièces ; celles du Mengam [Mengant] et de Dellec sont de quatre pièces. Elles sont casematées, à l'exception du Stiff [en Roscanvel], du Mengam et de Dellec, qui sont à ciel ouvert. Ces dernières ont leur champ de tir limité à 30 degrés ; elles ne peuvent tirer qu'un seul coup par pièce sur un navire passant devant elle »[1].
Histoire
Construction
Au moment où le cardinal de Richelieu décide de créer à Brest l'un des grands ports pour la Marine du Roi, s'impose l'idée de protéger la ville contre toute attaque ennemie, notamment provenant de la mer[2]. C'est alors que Vauban décide, à la fin du XVIIe siècle, d'ériger des remparts tout autour de la ville ainsi qu'une ceinture de forts autour du goulet de Brest, seul passage maritime vers la rade de Brest et son port.
Contrairement à une idée largement répandue, le fort du Dellec n'est pas construit sur les ordres de celui-ci, mais plutôt au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Une première batterie de côte est construite, protégée alors par un retranchement en terre, au XVIIIe siècle. Cette batterie est modifiée en 1841-1842, puis une nouvelle batterie, en plus de la précédente, est ajoutée à l'ouest du fort en 1885. Dernier gros remaniement du fort : à la fin du XIXe siècle, des canons à tir rapide et des projecteurs électriques sont ajoutés. Ainsi, la plupart des éléments du fort, visibles aujourd'hui, datent du XIXe siècle, à l'exception de la caserne, du magasin à poudre et de la maison du gardien qui datent du XVIIIe[3].
Pour se protéger côté terre, le fort est doté d'un petit bastion crénelé et possédant des mâchicoulis, permettant la défense du fossé entourant la construction[4].
En 1795, un four à boulets est installé dans le fort. L'objectif de cet élément est de faire chauffer les boulets jusqu'à devenir rouges, puis de les envoyer sur les navires ennemis, essentiellement en bois à l'époque, ce qui cause leur incendie et leur naufrage[4].
Après la Seconde Guerre Mondiale et la débâcle allemande, le fort est longtemps laissé à l'abandon. Il est aujourd'hui ouvert gratuitement au public, et offre un point de vue saisissant sur le goulet de Brest[5]. C'est en effet l'endroit où le goulet est le plus étroit : seulement 1km séparent le fort de la presqu'île de Roscanvel au sud.
Batterie du Grand-Dellec[6]
Afin de parfaire la défense du goulet du côté du Dellec, une seconde batterie est installée dans la vallée située à 200m à l'ouest du fort, au lieu-dit du Grand-Dellec, en 1885. Il est conçu à cette époque comme le dernier rempart avant le port de Brest, en visant sur la ligne de flottaison des navires[6].
Afin de rester discrète, la batterie est construite au fond de l'anse du Dellec, entourée de végétaux. Elle est protégée par un mur d'enceinte de faible hauteur percé de créneaux[6].
La batterie comprenait en son sein, à l'ouest, un poste de commandement et un poste télémétrique en béton qui servait à évaluer la distance et la position des navires passant dans le goulet[7]. Le magasin à poudre, quant à lui, a été construit en 1885. Le sol est surélevé par un plancher en bois laissant passer l'air, et l'accès au magasin était interdit en chaussures à clous ; ces deux précautions servant à limiter le risque d'explosions accidentelles.
Aujourd'hui, la batterie du Dellec est occupée par les plaisanciers de l'anse[6].
Armement du fort[8]
A l'origine, l'armement prévu pour le fort du Dellec est composé de six canons de 30 livres et de six obusiers de 22cm. Plus tard, et afin de lutter contre la menace des torpilleurs, quatre canons de 47 mm sont installés dans le fort pour effectuer du tir rapide. Ce dispositif sera complété en 1910 par l'ajout d'un projecteur d'un diamètre de 90 cm : d'où la présence d'un poste de jour et d'un poste de commandement en béton, servant au fonctionnement du dispositif. Dans le même temps, l'ancien magasin à poudre est transformé en usine électrique pour le projecteur[8].
La batterie du Grand-Dellec, quant à elle, est dotée de quatre canons de 32cm destinés au tir de rupture, le but étant de tirer dans la ligne de flottaison des navires, pour les couler plus facilement. Ce type de tirs doit se faire avec de larges ouvertures dans le mur d'enceinte, permettant l'utilisation de projectiles utilisés spécialement pour percer la coque des cuirassés, entre autres[9]. En 1910, l'armée y installe six canons de 65mm, remplacés en 1914 par quatre canons de 95mm.
Galerie photos
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Fort du Dellec (fin XIXe) -
Vue de la terrasse, du magasin à poudre et de la maison du gardien (à droite) -
Cour du fort
Notes et références
- ↑ Général Delaissey, De l'emploi de l'artillerie dans la défense des côtes, "Armée et marine : revue hebdomadaire illustrée des armées de terre et de mer", n° du 20 juin 1905, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5731483g/f7.image.r=Dellec?rk=128756;0
- ↑ « Il y a 390 ans, Richelieu décide de créer l’arsenal de Brest », sur Le Télégramme, (consulté le )
- ↑ « Le fort du Dellec – Les Vigies du Minou », (consulté le )
- « Fort du Dellec (Plouzané) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur patrimoine.bzh (consulté le )
- ↑ « Le fort du Dellec », sur Site officiel de la ville de Plouzané (consulté le )
- « Visite de la batterie de rupture du Dellec – Les Vigies du Minou », (consulté le )
- ↑ « Les batteries côtières de la défense fixe des côtes - Fortif'Séré », sur Fortif'Séré - Les fortifications Séré de Rivières (consulté le )
- Association "1846", « Ni Vauban, ni allemand ! », sur Association "1846" (consulté le )
- ↑ « Les différents types de tirs d'artillerie », sur www.passionmilitaria.com (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Guillaume Lécuillier et al. (préf. Jean-Yves Le Drian), Les fortifications de la rade de Brest : Défense d'une ville-arsenal, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Cahiers du patrimoine » (no 94), , 388 p. (ISBN 978-2-7535-1334-1)
Liens externes
- « Le fort du Dellec », sur le site de Plouzané
- « position du Fort de Dellec »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) (inventaire général et nombreuses photos)
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