Forteresse de Frangokastello
| Frangokástello | |
| |
| Nom local | Φραγκοκάστελλο |
|---|---|
| Période ou style | Forteresse |
| Début construction | 1371 |
| Fin construction | 1374 |
| Coordonnées | 35° 10′ 56″ nord, 24° 14′ 02″ est |
| Pays | |
| Région historique | Crète |
La forteresse de Frangokástello (grec moderne : Φρούριο Φραγκοκάστελλο — « Phrourio Phrangokastello »), également connue sous le nom italien de Castelfranco, initialement appelée Ágios Nikítas (grec moderne : Άγιος Νικήτας), est un forteresse située dans le village homonyme de Frangokástello, sur la côte sud de l'île de Crète, en Grèce[1],[2],[3]. Cette forteresse fait partie des chefs-d'œuvre de l'architecture vénitienne en Crète qui sont arrivés jusqu'à nous[4].
Histoire
La forteresse est construite entre 1371 et 1374 par les Vénitiens, alors maîtres de la Crète (y compris la ville de La Canée). Elle doit à la fois de protéger la côte sud de l'île contre les pirates, et contrôler la population locale, qui s'oppose parfois à la domination vénitienne[1]. Initialement, la forteresse est connue sous le nom d'Ágios Nikítas (grec moderne : Άγιος Νικήτας — « Saint Nikitas »), nom d'une ancienne colonie située sur le site, lui-même dérivé d'une église des environs dédiée à Nicétas le Goth. Le nom ultérieur (« forteresse des Francs ») provient de l'appellation « Francs » (grec moderne : Φράγκοι — « Franki ») donnée alors par les Grecs et les Crétois à l'ensemble des chrétiens de confession catholique[3],[5].
Aujourd'hui, la forteresse est la seule qui subsiste sur la côte sud de la Crète, avec celle de Iérapétra[4].
Période vénétienne

Au cours de la période vénitienne, le château est peu utilisé et, en certaines périodes, il n'est même pas occupé par une garnison, en raison de l'opposition farouche de la population locale. Dès le commencement des travaux de construction, la population locale de Sfakiá aurait démantelé chaque nuit la nuit ce que les Vénitiens construisaient durant la journée. Entre 1593 et 1597, les Vénitiens continuent à effectuer des travaux de restauration de la forteresse, puis en 1645 pour la dernière fois, après quoi elle est visiblement abandonnée. Au cours de la période ottomane, les nouveaux maîtres utilisent la forteresse. En 1770, les Crétois parviennent à le conquérir pendant un certain temps, sous le commandement de Daskalogiánnis[3].
Guerre d'indépendance

Au cours de la Guerre d'indépendance grecque (1821-1829), le château est à nouveau occupé par les Crétois. En 1828, les Ottomans attaquent le bâtiment et tuent Hatzimichalis Dalianis (en) (1775-1828), le chef des défenseurs, ainsi que 385 de ses hommes. Les morts sont enterrés dans le désert côtier de Frangokástello. Selon la légende locale, chaque (commémorative du massacre), à l'aube, les hommes enterrés sortent de leurs sépultures et se dirigent vers le château. Cette armée de fantômes est connue sous le nom de drosoulítes (grec moderne : δροσουλίτες)[6]. Lors de l'attaque ottomane, le château subit d'importants dégâts, mais, il est cependant reconstruit par les Ottomans, sous les ordres de Mustapha Naili Pacha, au cours des années 1866-1869[5].
Architecture
Le château, construit sur un plan rectangulaire, indique une date de construction antérieure à l'ère des canons et des bastions. Aujourd'hui, les vestiges subsistants du château sont principalement le rectangle constitué par les murs d'enceinte, flanqués de quatre puissantes tours d'angle. Celle de l'angle sud-ouest est la plus grande et la plus massive. L'entrée principale du château est située sur le côté sud, tandis qu'une autre entrée, de taille plus modeste et dotée d'une porte en arc, est située sur le côté est. Cette entrée principale est gardée depuis la tour sud-ouest.
À l'intérieur, la majorité des restes qui subsistent sont celles d'édifices ajoutés par les Ottomans[4]. Le bâtiment a en effet subi de nombreuses modifications, principalement au cours de la période 1866-1869, entreprises par Mustafa Naili Pacha. Mais l'édifice ne présente pas de différences marquées par rapport aux plans datant de l’occupation vénitienne[7],[5],[6].
-
La forteresse vue depuis la plage. À gauche, la tour sud-ouest. -
Vue depuis le nord-est. -
La forteresse dans le paysage. Au premier plan, la tour sud-ouest. -
Face sud : décorations au-dessus du portail d'entrée. Au centre, le lion de Saint-Marc. -
Le lion de Saint-Marc (détail de l'image précédente). -
À droite : Chatzimichális Daliánis[8].
Notes et références
- (fi) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en finnois intitulé « Fragkokástellon linna » (voir la liste des auteurs).
Références
- (el) « Φρούριο Φραγκοκάστελλο - Castelfranco: Ιστορικό » [« Forteresse de Frangokástello - Castelfranco : Historique »] [archive du ], sur http://odysseus.culture.gr/, Ministère de la Culture et des Sports (consulté le )
- ↑ (el) « Φρούριο Φραγκοκάστελλο - Castelfranco: Περιγραφή » [« Forteresse de Frangokástello - Castelfranco : Description »], sur http://odysseus.culture.gr/, Ministère de la Culture et des Sports (consulté le )
- (el) « Φραγκοκάστελλο » [« Frangokástello »], sur https://www.kastra.eu/, Kastrológos (consulté le )
- Crète, Paris, Gallimard, coll. « Guide du Voyage », 2023 (ISBN 978-2-742-46093-9) p. 246 ; 106.
- (en) « Frangokastello in south-west Crete » [« Frangokástello dans le sud-ouest de la Crète »], sur https://www.explorecrete.com/, Explore Crete (consulté le )
- (en) Nick Hanna, Crete [« Crète »], Globetrotter Travel Guide, (ISBN 978-1859744758), p. 118-119
- ↑ (el) « Τα Μνημεία του Χώρου », sur odysseus.culture.gr (consulté le )
- ↑ Crète, Paris, Gallimard, coll. « Guide du Voyage », 2023, p. 247.
- Portail de Venise
- Portail de l’Empire ottoman
- Portail des châteaux
- Portail de la Crète


