Forteresses royales du Languedoc

Les forteresses royales du Languedoc sont un ensemble défensif remarquable édifié au XIIIe siècle par les Capétiens en la personne du roi Louis IX (1214-1270), après la croisade contre les Albigeois. Il est constitué du château et des remparts de Carcassonne et de sept autres châteaux des départements de l'Aude et de l'Ariège.

Histoire

Après l'échec de la tentative de reconquête de Carcassonne par le vicomte Trencavel en 1240, la cité de Carcassonne est considérablement renforcée par le pouvoir royal capétien, nouveau maître du territoire. Elle est dotée d’une double enceinte abritant un château, centre de commandement d'une sénéchaussée, territoire administré par un représentant du roi – le sénéchal – et regroupant les pouvoirs administratifs, juridiques et militaires[1].

En parallèle, dans les Corbières, un vaste programme de fortification est entrepris, qui concerne une vingtaine de places fortes féodales ou castrums, certains confisqués par la couronne à des seigneurs locaux opposés au roi et entièrement reconstruits pour former un réseau autour de Carcassonne, à proximité de la nouvelle frontière avec le royaume d’Aragon-Catalogne[1], véritable ligne militaire conçue comme système de défense avancée de la cité de Carcassonne face au royaume d'Aragon. Il s'agit principalement des châteaux appelés les « Cinq fils de Carcassonne»[2],[3] que sont les châteaux d'Aguilar, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Quéribus et de Termes ainsi que ceux de Lastours - seul des sept à être situé en arrière de la cité de Carcassonne comme un ultime verrou - et de Montségur.

Cet ensemble de forteresses constitue un des exemples les plus significatifs et les mieux préservés de l’architecture militaire déployée par le roi au milieu du XIIIe siècle en France.

Les six forteresses situées face à la frontière en avant de la cité de Carcassonne - qui pour sa part comme le château de Lastours ne fut pas directement attaquée - résistèrent aux différents assauts menés par l'armée aragonaise. Le système de défense royal est basé sur le pivot logistique puissant que constituent ces sept châteaux et sur des châteaux dispersés sur la ligne de front comme par exemple les châteaux de Puivert[4],[5] et d'Axat[6] qui jouent ce rôle de verrou militaire au plus près de la frontière entre le château de Montségur et celui de Puylaurens.

En , Louis XIV signa avec le royaume d'Espagne le traité des Pyrénées, scellé par son mariage avec l'infante Marie-Thérèse. Ce traité modifia les frontières en donnant le Roussillon à la France. La frontière recula donc sur la ligne de crête des Pyrénées, actuelle frontière franco-espagnole. Les différentes forteresses perdirent alors leur importance stratégique. Certaines conservèrent une petite garnison encore quelque temps, parfois jusqu'à la Révolution, mais elles tombèrent lentement dans l'oubli, devenant bien souvent des abris de bergers ou des repaires de brigands.

Inscription au patrimoine mondial de l'Unesco

Sous la dénomination de « Forteresses royales du Languedoc », le château et les remparts de Carcassonne ainsi que les sept forteresses sont candidates, depuis le , à l'inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco. Le Comité du patrimoine mondial rendra sa décision au cours de l’été 2026[7].

Carte des forteresses royales

Notes et références

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