François-Joseph Amon d'Aby

Amon Koutouan, né Francois-Joseph Amon d'Aby, est un écrivain ivoirien d'expression française, né le à Aby[1] (Sud-Comoé) et mort le [2].

Il a été chef du service des archives de Côte d'Ivoire et le premier ivoirien à accéder au poste d'inspecteur des affaires administratives (1961). Avec Germain Coffi Gadeau, il fonde en 1938, le Théâtre indigène de Côte d'Ivoire[3].

Biographie

Né officiellement vers 1913[4] ou le [5], Amon d'Aby est le fils d'Amon Koutoua, chef du village d'Aby. Il commence ses études à l'école élémentaire d'Assinie en 1924. Ne prenant pas l'école au sérieux, il est vite rappelé par son père au village pour le consacrer aux activités agricoles, à la pêche et à la médecine traditionnelle. Deux ans après, en 1926, il reprend les cours à Aboisso[1]. Après son cycle primaire, entre à l'école primaire supérieure de Bingerville, qui était à sa douzième année d'existence, en 1932. C'est dans cet établissement qu'il fait ses premiers pas dans le théâtre. Au nombre des élèves, cinq noms vont contribuer à l'émergence, à l'affirmation et au développement de la littérature moderne en Côte d'Ivoire : Coffi Gadeau (1929-1930), Dadié (1930-1931), Amolin Animan, Aka Bilé et Amon Koutouan (1931-1932)[6].

En 1934, François-Joseph Amon d'Aby arrive à l'École normale William-Ponty[7]. Mais en première année de la section administrative. Pendant son séjour de trois années dans cette école, il prend part aux événements théâtraux en jouant des rôles dans Assémien Déhilé, roi du Sanwi et dans Les Prétendants rivaux. Il y suit une formation d'archiviste, couronnée, en 1937 par le diplôme d'école. Il fera un stage aux services des archives et bibliothèque du gouverneur général à Dakar. En 1938, de retour en Côte d'Ivoire, il prend la direction des archives jusqu'en 1959. Entre-temps, il écrit La Côte d'Ivoire dans la cité africaine (1951), Kwao Adjoba (théâtre), drame social en cinq tableaux (1956). François-Joseph Amon d'Aby est élu membre correspondant de la première section de l'Académie des sciences d'outre-mer, le . En 1959, il part pour la France poursuivre ses études à l'Institut des hautes études d'outre-mer. En , il est le premier Ivoirien à accéder au poste d'inspecteur des affaires administratives.

Pour le professeur Sidibé Valy, Amon d'Aby est une conscience critique de la société ivoirienne contemporaine. Ses ouvrages sur les coutumes agnis, à titre d'exemple Croyances et religion en pays Agni et Kwao Adjoba, vont amener le législateur à prendre des décisions pour uniformiser le système d'héritage. Désormais, les enfants sont tenus d'hériter du père et non le neveu. « Amon d'Aby en élaborant une pièce tenait compte des facteurs socio-culturels », dixit M. Valy et de renchérir : « Amon d'Aby est une grande figure historique. Parce qu'ayant vécu à la fois la colonisation, le post-colonialisme, l'indépendance et la post-indépendance ».

Pour services rendus à la nation, il est élevé au rang de commandeur de l'ordre national de Côte d'Ivoire. La France, l'ancienne puissance coloniale, l'a fait officier de l'ordre du Mérite.

D'Aby, membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne (J.O.C. section de Treichville), fait une série de pièces sur la JOC.

Le , Amon d'Aby décède au CHU de Treichville[8].

Œuvres

Livres
  • 1951 : La Côte d'Ivoire dans la cité africaine, Paris, Larose, 206 p. (Extrait sur Gallica).
  • 1958 : Le problème des chefferies traditionnelles en Côte d'Ivoire
  • 1960 : Croyances religieuses et coutumes juridiques des Agni de Côte d'Ivoire, Paris, Larose, 184 p.
  • 1973 : La Mare aux crocodiles, Abidjan, éditions Nouvelles éditions africaines.
  • 1973 : Verdier et la Côte d'Ivoire
  • 1984 : Le Murmure du roi
  • 1984 : Proverbes populaires de Côte d'Ivoire. Abidjan,éditions Centre d'édition et de diffusion africaines (CEDA)
  • 1985 : Les aventures du coq
  • 1988 : Le théâtre en Côte d'Ivoire, des origines à 1960, suivi de Kwao Adjoba et la Couronne aux enchères, Abidjan, éditions CEDA.
Pièces de théâtre
  • 1938 :
    • La conversion des habitants de Yabi
    • Le Mando
  • 1939 : Un mariage difficile
  • 1940 :
    • Noël! Noël! Jésus est mort
    • Wodjé, le Karamoko
  • 1941 : Joseph vendu par ses frères
  • 1942 : Le supplice de Jeanne d'Arc
  • 1953 : Kwao Adjoba
  • 1955 : Entraves
  • 1956 : La Couronne aux enchères
  • 1957 : La Sorcière

Contes et légendes

  • 1973 : La mare aux crocodiles : contes et légendes populaires de Côte d'Ivoire, Abidjan / Dakar, Nouvelles éditions africaines, 122 p.
  • 1978 :
    • Le regard mortel, Dakar, NEAS, 16 p. (ISBN 2-7236-0528-0).
    • Le singe noir et la tortue, Dakar, NEAS, 15 p. (ISBN 2-7236-0529-9).

Notes et références

  1. Richard Bonneau, Écrivains, cinéastes et artistes ivoiriens : aperçu bio-bibliographique, Abidjan, NEA, , 175 p. (lire en ligne), pp. 16-20
  2. ↑ « Qui est François-Joseph Amon d'Aby ? Sa biographie », sur www.dicocitations.com (consulté le )
  3. ↑ (en) Simon Gikandi, Encyclopedia of African Literature, Taylor & Francis, , 648 p. (ISBN 978-1-134-58223-5, lire en ligne), p. 28
  4. ↑ « Personnes | Africultures : Aby (d') François Amon », sur Africultures (consulté le )
  5. ↑ Notice de la BnF
  6. ↑ « Rezo-Ivoire .net | francois joseph amon daby 1913 2007 », sur www.rezoivoire.net (consulté le )
  7. ↑ « CTHS - AMON d’ABY François Joseph », sur cths.fr (consulté le )
  8. ↑ « Nécrologie. Hommage à M. Amon d'Aby François Joseph », sur necrologie.abidjan.net.

Bibliographie

  • Pierre Achille, « Kwao Adjoba, pièce de F.-J. Amon d'Aby, met en scène un drame de la cupidité », Abidjan Matin, .
  • Pierre Achille, « Vers un théâtre authentiquement africain : Kwao Adjoba de F.-J. Amon d'Aby », Afrique Nouvelle, .
  • « Amon d'Aby (François Joseph », dans Grand Larousse encyclopédique [supplément I], .
  • Richard Bonneau, « F.-J. Amon d'Aby, dramaturge ivoirien », Artiste littéraire et artistique, no  27, 1973, p. 7.
  • Philippe Decraene, « Amon d'Aby : un certain sens du drame », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Matthieu Ekra, « Première de Kwao Adjoba, drame de F.-J. Amon d'Aby », Traits d'Union, no  5, octobre-, p. 74-75.
  • Gaoussou Kamissoko, « Kwao Adjoba, une pièce de F.-J. Amon d'Aby, présentée par le CCFCI », Fraternité Matin, n°686, .
  • Gaoussou Kamissoko, « Kwao Adjoba, une pièce de F.-J. Amon d'Aby, présentée par le CCFCI », Fraternité Matin, no  686, , p. 7.
  • Issiaka Tao, « F.-J. Amon d'Aby : le héros dramatique est particulièrement contagieux », Fraternité Matin, no  668, , p. 7.

Liens externes

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