François Guillaume Ducray-Duminil

François Guillaume Ducray-Duminil
Gravure de Julien et Ducarme.
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François Guillaume Ducray-Duminil, né en à Paris et mort le à Ville-d'Avray, est un poète, chansonnier, goguettier et romancier français.

L’un des derniers écrivains diffusés par le colportage, il est considéré comme le précurseur du roman populaire français[1].

Biographie

Avant de se faire littérateur, Ducray-Duminil était maitre de musique, et donnait des leçons de guitare[2]. Ses airs et ses chansons ont eu beaucoup de vogue. Le succès de la Danse du petit Marmot, dans Petit-Jacques et Georgette, l’a probablement amené à composer les Aventures de la Marmotte, chanson, qui a paru dans les Étrennes lyriques el anacréontiques de 1793, et qui est restée populaire jusqu’à la fin du siècle suivant. L’air, qui est naïf et original, a été employé avec succès dans la célèbre Fanchon la Vielleuse. Son Air de la Croisée a souvent été employé dans les vaudevilles. Rivarol se moquait de ses productions, dont étaient remplis les almanachs chantants. Il composait également lui-même les paroles et les airs des nombreuses romances et de chansons au sein de ses romans[3].

À partir de 1790, il a été rédacteur de la partie littéraire des Petites Affiches, dont il est devenu copropriétaire, il a montré une grande bienveillance dans ses articles de critique. Ayant hérité de la rédaction en chef après l’abbé Aubert, le , il a eu l’idée, pour égayer la monotonie de ce journal, d’y insérer l’annonce d’une vente à faire en assignats démonétisés. Décrété d’arrestation, le , ses explications ont néanmoins satisfait le pouvoir qui, ayant compris qu’il n’y avait aucune portée politique, se sont contentés de donner un avertissement au pacifique rédacteur, qui en a été quitte pour la peur[4]:412.

Se le tenant pour dit, il passe, dès lors, tout son temps entre la lecture des épreuves des Petites-Affiches et la composition de divers romans, qui, quelque faibles qu’ils soient, n’en ont pas moins fait la fortune de leur éditeur, Prieur, qui a acquis, avec ses bénéfices, l’hôtel de Cluny. S’étant également essayé au théâtre, mais sans succès, le genre dans lequel il s’est fait une réputation est celui du roman destiné à la jeunesse, où il a eu pendant longtemps un succès populaire[5]. Certains de ces romans ont obtenu, à leur publication, un très grand succès et la plupart ont eu de nombreuses éditions[6]. Le succès indéniable qu’il a connu, est prouvé par les doubles, triples ou quadruples éditions de presque tous ses romans[4]:413.

Son absence de création était comblée par une certaine imagination et des réminiscences rapides, une habileté à combiner les aventures de mélodrames et de causes célèbres. Il y joignait quelque mouvement, un vernis d'originalité, une espèce de verve sentimentale qui, même dégénérant en naïveté, avait du charme pour les enfants, un style clair et naturel, et assez d'adresse à tracer et à suivre des caractères. Du reste, il écrivait fort vite, jetant au milieu de ses tomes des pages de descriptions que quelquefois il prenait toutes faites. C'est pourquoi, sans s'élever jamais sous quelque point de vue que ce soit au-dessus du très médiocre, il a produit plus que sa vingtaine de romans, et a été plus lu que Walter Scott[4]:413.

Préoccupé du côté moral de ses œuvres, il arrive par une suite de péripéties ingénieuses à faire triompher l’innocence et la vertu. Le manque de soin, voire de correction, de son style lui a été reproché, mais il recherchait surtout la clarté, qualité essentielle pour le jeune public auquel il s’adressait. L’invention, en revanche, ne lui manquait pas, et les aventures intéressantes, combinées avec habileté, expliquent la longue vogue de ses écrits, où ont largement puisé les dramaturges[5].

Membre du Caveau moderne, et de plusieurs sociétés de belles-lettres, dont l’Académie des Arcades de Rome[7], il a écrit, outre ses chansons, des poésies fugitives. Quelque temps avant sa mort, la gaité de son caractère s’était altérée, lui qui avait tant aimé les sociétés joyeuses ne cherchait plus que la solitude dans sa maison de Ville-d’Avray, où il s’était retiré depuis plusieurs années[7]. Sa maladie n’a duré que quinze jours[8].

Œuvre

Romans

  • Lolotte et Fanfan ou Les Aventures de deux enfans abandonnés dans une isle déserte, Paris, 1787, 4 vol. in-12.
  • Alexis : ou la maisonnette dans les bois, Paris, , 4 vol. in-12, t. 1 sur Gallica, t. 2 sur Gallica, t. 3 sur Gallica, t. 4 sur Gallica.
  • Petit-Jacques et Georgette : ou Les Petits montagnards auvergnats, Paris, , vol. 1-4 ; in-18 (lire en ligne).
  • Les Soirées de la chaumière, Paris, , vol. 1-4 (lire en ligne).
  • Victor : ou L’Enfant de la forêt, Paris, , 1-4 ; in-12 (lire en ligne). — Avec Cœlina, l’un de ses deux romans plus populaires de ses romans.
  • Cœlina : ou L’Enfant du mystère, Paris, , vol. 1-6, in-12 (lire en ligne). — Avec Victor, l’un de ses deux romans plus populaires de ses romans.
  • Les Cinquante Francs de Jeannette, Paris, , vol. 1-2 ; in-12 (lire en ligne).
  • Les Veillées de ma grand-mère, Paris, , vol. 1-2 (lire en ligne).
  • Les Petits Orphelins du hameau, Paris, , 4 vol. 1-4 ; in-12 (lire en ligne).
  • Paul : ou La Ferme abandonnée, Paris, , 4 vol. in-12 (lire en ligne sur Gallica), t. 1, t. 2, t. 3 et t. 4)
  • Les Journées au village : ou tableau d'une bonne famille, Paris, , vol. 1-8 (lire en ligne).
  • Elmonde : ou La Fille de l’hospice, Paris, , vol. 1-5 ; in-12 (lire en ligne).
  • Jules : ou le Toit paternel, Paris, , vol. 1-4 ; in-12 (lire en ligne).
  • Le Petit Carillonneur, Paris, , 4 vol. in-12. t. 1, t. 2, t. 3 et t. 4)
  • La Fontaine Sainte-Catherine, Paris, , 1-4 vol. (lire en ligne)
  • Jean et Jeannette : ou les petits aventuriers parisiens, Paris, , 4 vol. in-12 (lire en ligne).
  • L'Hermitage Saint-Jacques : ou Dieu, le Roi et la Patrie, Paris, Ménard fils, , 4 vol. ; in-12 (lire en ligne).

Poésies

  • Poème sur la mort du duc de Brunswick, 1787, in-8º.
  • La Semaine mémorable ou Tableau de la révolution depuis le 12 juin 1789, 1789, in-18.
  • Codicille sentimental, ou recueil de discours, contes, anecdotes, idylles, romances et poésies fugitives, 1793, 2 vol. in-12.
  • Soirées de la chaumière, 1794, 8 vol. in-18, plusieurs fois réimpr.
  • Les Veillées de ma grand’mère, nouveaux contes de fées, 1799, 2 vol. in-18.
  • Journées au village, ou Tableau d'une bonne famille, 1804, 8 vol. in-18.
  • Le Bon oncle et les neveux, annuaire moral (1812, in-18.
  • Contes de Fées, 1817, vol. in-18.

Chansons

Notes et références

  1. ↑ Thierry Laurent, Jean Mauclère (1887-1951) : une vie d’écriture, Paris, L’Harmattan, , 118 p., ill. ; in-8º (ISBN 978-2-29613-971-8, OCLC 1054886356, lire en ligne sur Gallica), p. 55.
  2. ↑ Ducray-Duminil, « Chanson à Mademoiselle Roy : qui me reprochait d’être distrait en lui donnant une leçon de musique », Almanach des Grâces, Paris, Cailleau et fils,‎ , p. 197 (ISSN 2452-8242, lire en ligne sur Gallica).
  3. ↑ François-Joseph Fétis, « Ducray-Duminil François-Guillaume) », dans Arthur Pougin, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique : supplément et complément, t. 1, Paris, Firmin-Didot, , 498 p., 2 vol. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica), p. 285.
  4. Paribot, « Ducray-Duminil (françois-guillaume) », dans Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. 11. Diacceto-Duphot, Paris, A. Thoisnier Desplaces, , 610 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 412-3.
  5. Gustave Vapereau, « ducray-duminil (Francois-Guillaume) », dans Dictionnaire universel des littératures, t. 1, Paris, Hachette, , 2111 p., 2 vol. in-8º (OCLC 3117725, lire en ligne sur Gallica), p. 666.
  6. ↑ « M. Ducray-Duminil », Journal politique et littéraire de Toulouse et de la Haute-Garonne, Toulouse, vol. 6, no 133,‎ , p. 2 (lire en ligne sur Gallica).
  7. « M. Ducray-Duminil », Le Drapeau blanc, Paris, J. G. Dentu, no 138,‎ , p. 1 (ISSN 2546-6984, lire en ligne sur Gallica).
  8. ↑ « M. Ducray-Duminil », Gazette de France, Paris, no 305,‎ , p. 2 (ISSN 1958-6795, lire en ligne sur Gallica).

Bibliographie

Liens externes

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