François Lawalle

François Lawalle, dit Lawalle L'Écuyer (né en 1747 à Metz, mort le à Gentilly), est un compositeur, éditeur et marchand de musique français, actif à Paris pendant la Révolution française. Membre du district et du Club des Cordeliers, il en assure le secrétariat puis la présidence en 1791.

Biographie

Origines et carrière musicale

François Lawalle naît en 1747 à Metz, fils de Nicolas Lawalle, commissaire de police dans cette ville[1].

Il s'établit à Paris vers 1780[2]. Compositeur attesté dans la capitale dès 1779, il commence à vendre de la musique à partir de 1781. Il se qualifie de « correspondant des spectacles de province » en 1783-1784[3]. Son établissement est situé cour du Commerce, dans le faubourg Saint-Germain.

Il exerce cette profession de correspondant des théâtres jusqu'à sa mort, étant encore mentionné comme tel en [4] et lors de son décès en 1815[5].

Engagement révolutionnaire

Membre actif du district puis du club des Cordeliers, François Lawalle L'Écuyer occupe des fonctions importantes au sein de cette organisation politique. Il assure le secrétariat le , puis la présidence les 18 et [6],[7]. Il signe une délibération du district des Cordeliers demandant la suppression de la juridiction politique du Châtelet le [8].

Le , il présente au district des Cordeliers une motion sur l'approvisionnement de Paris en subsistances, proposant un système d'achats coopératifs pour contourner les marchands de grains traditionnels[9]. Face au succès de son projet, il publie sa motion en brochure pour en revendiquer la paternité[10].

En , il est élu électeur du département de Paris pour la section du Théâtre-Français, à l'âge de 44 ans. Il est alors qualifié de négociant et demeure toujours cour du Commerce[11]. À cause de ses infirmités, il est autorisé à occuper une place habituelle à la barre de l'assemblée électorale[12]. Il est également signataire de la Pétition d'une partie des citoyens composant le Corps électoral de Paris.

Le 2 germinal an VII (), selon un rapport de police, François Lawalle participe à une réunion au Café Procope, qualifié de « foyer des insurrections », en compagnie du dentiste Laforgue, de Berger, ancien membre des Cordeliers, et de Mandinelli, employé du Département[13].

Vie privée

François Lawalle épouse Françoise Gastal le en l'église Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand[14]. Le couple réside à Clermont avant de s'établir à Paris vers 1780.

De cette union naît au moins une fille, Françoise Félicité, baptisée le à l'oratoire de l'Instruction dans le faubourg Saint-Germain[15].

Une autre fille, également nommée Mme Lawalle-Lécuyer, devient cantatrice. Elle est première cantatrice du Grand-Concert de Lille, où elle débute en dans Roméo et Juliette, Zémire et Azor et les Prétendus[16].

François Lawalle L'Écuyer meurt le à Gentilly, à l'âge de 73 ans.

Notes et références

  1. ↑ Jean-Bernard Lang, Les robes écarlates : la justice criminelle au parlement de Metz, , p. 146.
  2. ↑ Archives nationales, F7/4807, cartes de sûreté.
  3. ↑ Anik Devriès-Lesure et François Lesure, Dictionnaire des éditeurs de musique français : des origines à environ 1820, Genève, Minkoff, , p. 94.
  4. ↑ Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 13 avril 1803, p. 4.
  5. ↑ Archives du Val-de-Marne, état civil de Gentilly, acte de décès n° 71, 11 février 1815.
  6. ↑ Jacques De Cock, Les Cordeliers dans la Révolution française, vol. 1, , p. 823.
  7. ↑ Étienne Charavay, Catalogue des Autographes et des Documents composant la collection de M. Étienne Charavay, Paris, , chap. 23, p. 76.
  8. ↑ Sigismond Lacroix, Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, vol. 5, , p. 142.
  9. ↑ François Lawalle L'Écuyer, Moyens de ne pas manquer de subsistances à Paris, Paris, Knappen fils, 20 octobre 1789.
  10. ↑ Jacques De Cock, Les Cordeliers dans la Révolution française, vol. 1, , p. 139.
  11. ↑ Marie Étienne Charavay, Assemblée électorale de Paris, 18 novembre 1790-15 juin 1791, vol. 2, , p. 55.
  12. ↑ Marie Étienne Charavay, Assemblée électorale de Paris, 18 novembre 1790-15 juin 1791, vol. 2, , p. 104.
  13. ↑ Victor Advielle, Le Café Procope en 1799, , p. 150.
  14. ↑ Archives départementales du Puy-de-Dôme, 3E500-422, paroisse Notre-Dame-du-Port, mariage du 13 juin 1774.
  15. ↑ Archives de Paris, V6E.23, état civil.
  16. ↑ Léon Lefebvre, Histoire du théâtre de Lille de ses origines à nos jours. II. La Salle des spectacles 1787-1821, Lille, L. Danel, , p. 246.

Bibliographie

  • Victor Advielle, Le Café Procope en 1799, .
  • Étienne Charavay, Catalogue des Autographes et des Documents composant la collection de M. Étienne Charavay, Paris, .
  • Marie Étienne Charavay, Assemblée électorale de Paris, 18 novembre 1790-15 juin 1791, vol. 2, Paris, Cerf et Noblet, .
  • Jacques De Cock, Les Cordeliers dans la Révolution française, vol. 1, .
  • Anik Devriès-Lesure et François Lesure, Dictionnaire des éditeurs de musique français : des origines à environ 1820, Genève, Minkoff, .
  • Sigismond Lacroix, Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, vol. 5, Paris, Cerf et Noblet, .
  • Jean-Bernard Lang, Les robes écarlates : la justice criminelle au parlement de Metz, .
  • Léon Lefebvre, Histoire du théâtre de Lille de ses origines à nos jours. II. La Salle des spectacles 1787-1821, Lille, L. Danel, .
  • R. B. Rose, « The French Revolution and the grain supply: Nationalization pamphlets in the John Rylands Library », Bulletin of the John Rylands Library, vol. 39, no 1,‎ , p. 171-187.

Liens externes

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