François Ribac

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(à 63 ans) Berne |
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Guitare acoustique et électrique, basse électrique |
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François Ribac né le à Neuilly-sur-Seine et mort le à Berne, Suisse[1]est compositeur de théâtre musical et sociologue[2],[3]. Il a été maître de conférences à l’Université de Bourgogne[4]. Ses recherches portent sur les musiques populaires, l’histoire de la reproduction sonore et du cinéma, les processus d’apprentissage, la place des usagers dans les innovations et sur les façons dont la musique et les arts de la scène font face aux défis écologiques. Auteur-compositeur, ses disques ont été publiés par les labels Muséa (France) et No Man’s Land (Allemagne).
Biographie
François Ribac grandit à Paris. Bassiste/guitariste et compositeur depuis 1977, il emprunte d’abord les chemins du rock et du jazz. À partir du milieu des années 1980, il complète sa formation par des études d’harmonie avec Philippe Drogoz. De 1987 à 1993 il est engagé comme compositeur pour HarlekinArt à Metz, une académie d‘été où de jeunes compagnies européennes viennent créer un spectacle. Entre 1986 et 2008, il compose la musique de plusieurs téléfilms. Il travaille notamment avec Jean-Louis Bertucelli pour les films Le Clandestin et Marie Marmaille[5].
En 1995 il fonde avec la chanteuse et librettiste Eva Schwabe une compagnie de théâtre musical, la compagnie Ribac-Schwabe, qui est à l‘origine de sept opéras, un ciné-concert, une petite cantate et deux spectacles musicaux hybrides et collaboratifs[6],[7].
Ces oeuvres sont souvent bi- voire trilingues et intègrent des formes comme le cinéma, la vidéo, le reportage radiophonique, les arts plastiques ou encore la botanique. Nombre des livrets comprennent des textes de poètes : William Blake, Yvan Goll, Gertrude Stein, Hervé Le Tellier et le poète anglais Martin Newell.
À partir du début des années 2000, la musique est fortement teintée de pop, tant du point de vue du style vocal que de l’instrumentation. Ce tournant se manifeste par des collaborations avec des figures de la scène rock britannique et irlandaise : les chanteurs Cathal Coughlan et Martin Newell, le guitariste Dave Gregory. À partir de 2013, il développe de vastes projets au cours desquels des collectifs d’habitants, ensembles de musique et de théâtre, amateurs et professionnels, réfléchissent ensemble sur des thématiques (de George Harrison à la transition écologique) puis les représentent sur scène[8].
Musique Nouvelle en Liberté a commandé deux œuvres : Un demi-siècle (1995) et Qui est fou (2002). François Ribac et Eva Schwabe sont lauréats du prix Beaumarchais/SACD (en 1995 et en 2007), de la bourse Louis Lumière-Villa Médicis hors les Murs (1996) et du programme “en quête d’auteurs” de l'Association française d'action artistique (AFAA) (2003) En 1999, François Ribac est lauréat avec l’écrivain Hervé Le Tellier du prix national de composition d’opéra, théâtre musical et opéra rock de la SACD[9].
En parallèle à la création musicale, François Ribac mène des recherches en sociologie. Son premier travail L‘avaleur de Rock est publié en 2004 aux éditions La Dispute[10]. Le livre annonce déjà les principaux espaces et thèmes de ses investigations : la phonographie du côté des artistes comme des consommateurs, du côté des professionnels et des amateurs, au cours de l’histoire et dans les pratiques contemporaines.
En 2008 il soutient sous la direction de Jean-Marc Leveratto (Université de Metz) et la supervision de Simon Frith en Grande-Bretagne (Université de Stirling) une thèse consacrée aux formes d'apprentissage des musiques populaires (rock, hip hop, techno) au début des années 2000 : Feedback ! Pour une généalogie des musiques populaires[11].
Au même moment il développe une deuxième axe de travail : la circulation du rock dans l'espace public et le cinéma. Il pose les bases de ces explorations dans un article écrit avec Thierry Jousse, critique de cinéma et cinéaste, ancien directeur des Cahiers du Cinéma en 2003. Cette recherche donne lieu à la publication d‘un livre : Les Stars du rock (en collaboration avec Gulia Conte) au cinéma chez Armand Collin, 2011.
Entre 2008 et 2010, François Ribac mène une enquête pour le programme interministériel “Culture et territoires en Ile-de-France” visant à mieux comprendre les nouvelles formes de prescription culturelle surgies à la faveur du Web 2.0 : blogs, webzines, forums de discussions, échanges sur les (jeunes) réseaux sociaux de type Twitter et Facebook. Cette étude est résumée dans un rapport mis en ligne en 2010 :“Ce que les usagers et Internet font à la prescription culturelle publique et à ses lieux L’exemple de la musique en Île-de-France”.
En , il devient maître de conférences à l'Université de Bourgogne, à Dijon[12].
À la faveur d'un appel d'offres du Département des Études, de la Prospective et des Statistiques du Ministère de la Culture (DEPS) et de la ville de Nantes et de la région Pays de la Loire, il mène de 2011 à 2013, en collaboration avec Catherine Dutheil-Pessin, une recherche de terrain sur les programmateurs professionnels de spectacles bénéficiant de subventions publiques. La fabrique de la programmation culturelle (avec Catherine Dutheil-Pessin) (La Dispute, 2017) est issue de ce travail[13].
À partir de 2015, il oriente ses recherches vers les questions écologiques. Il participe au comité scientifique du Living Lab implanté à la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) de Dijon. Lors d'une délégation du CNRS à l'IRCAM en 2017/2018, il travaille sur Musique et Arts de la scène dans l'anthropocène[14]. En 2020, il obtient une habilitation à diriger des recherches (HDR) à Sorbonne Université[15]. Elle est parue aux éditions EAC en 2024.
Music and the Performing Arts in the Anthropocene - Nature, Materialities and Ecological Transformation que François Ribac a édité avec Nicolas Donin et Isabelle Moindrot a été publié en à titre posthume.
Formation musicale
Classe d'harmonie de Philippe Drogoz à l'École Nationale de Musique et de Danse de Montreuil-sous-Bois (France) 1984-85
Classes d'ensemble jazz et basse électrique à l'IACP (Institut Art Culture Perception) sous la direction d'Alan Silva (Paris) 1984-86
Stage de musique Concrète du GRM (Groupe de Recherches Musicales) à Radio-France avec Philippe Mion et Jacques Lejeune 1985
Stage d'électro-acoustique de l'IRCAM (Paris) 1982
Œuvres
Livres
- L'Avaleur de rock (La Dispute, Paris 2004).
- La Fabrique de la programmation culturelle avec Catherine Dutheil-Pessin (La Dispute, Paris, 2017).
- Les stars de rock au cinéma avec Giulia Conte (Armand Colin, Paris 2011).
- Simon Frith, une sociologie des musiques populaires - Direction éditoriale, préface et postface. (Petite collection du Labex Arts H2H/Les Presses du Réel, Dijon, 2018).
- Arts de la scène et musique dans l’Anthropocène, Paris (Éditions des archives contemporaines, 2024).
- Music and the Performing Arts in the Anthropocene - Nature, Materialities and Ecological Transformation - Direction éditoriale avec Nicolas Donin et Isabelle Moindrot (Routledge, UK 2025).
Articles (liste non exhaustive)
- La voix re-composée » L'homme et la Société n°126. (octobre/) : 98-106.
- (avec Thierry Jousse) « Rock et cinéma, une filiation? » Mouvements, no 26 (2003) : 108-15.
- « Phantom of the Paradise de Brian De Palma, ou comment la captation sauve de la mort ». Volume ! Numéro spécial “Rock et cinéma” (2004).
- (avec Simon Frith) « Du rock à la techno, entretien avec Simon Frith ». Mouvements, no 42 () : 70-81.
- « From the Scientific Revolution to Popular Music. A Sociological Approach to the Origins of Recording Technology ». Journal of Art Record reproduction, no 1 (2007) : 1-30.
- « Quand l’amateur rend le numérique analogique ; l’exemple des musiques populaires ». Revue Anthropologie des connaissances 6 (2012) : 717-41.
- « When rock songs meet movies ». In Musiques de films, nouveaux enjeux, édité par Sabine Abhervé, NT Binh et José Moure, 115-27. Bruxelles : Éditions Les Impressions Nouvelles, 2014.
- « Les récits de l’anthropocène. Quelle contribution des arts à la transition socio-écologique ? ». Cahiers de l’Atelier/Ademe, no 553 () : 103-108.
- (avec J. Le Marec) « Savoirs de la musique et études de sciences : sons, sens et silence ». Revue d’Anthropologie des Connaissances 13, no 3 () : 653-70.
- (avec Nicolas Nova) « Musi[ha]cking : Ce que la musique fait au hacking (et inversement) ». Volume ! 16:1, no 2 (2019) : 115-26.
- « Is DIY a Punk Invention? Learning processes, Recording Devices and Social Knowledge ». In Rethinking Music Through Science and Technology Studies, Hennion A. et Levaux C. New York : Routledge, 2021.
- (Avec Nicolas Donin) « Agir en chercheur et en musicien dans l'Anthropocène » Circuit : musiques contemporaines, 2022, Composer dans l’Anthropocène, 32 (2), pp.78-89.
- « Que peuvent (ou pas) les arts de la scène ? » In L’écologie en scène, édité par Éliane Beaufils et Climène Perrin ; Presses Universitaires de Vincennes, 2024.
Musique vocale, opéras, spectacles
- Marguerite Ida et Helena Annabel (opéra pour voix de femme et un orchestre de chambre), 1992
- La nef du roi Moselle (Cantate pour voix de femme, musique enregistrée et un chœur), 1993
- Un Demi-Siècle/Ein Halbes Jahrhundert (opéra pour voix de femme, musique et voix enregistrées), 1995
- Kinopéra (opéra pour le film muet Die Strasse -1923-, 4 solistes et 2 magnétophones), 1996
- Le Regard de Lyncée (opéra pour 3 solistes, un narrateur et un orchestre de jazz), 1998
- Qui est fou ? (opéra pour 5 solistes, 2 acrobates et un orchestre de dix musiciens), 2002
- Le Petit Traité Pop du Jardin Botanique (opéra de chambre pour 2 chanteurs et un groupe
- rock), 2004
- La noce des platines (opéra de chambre pour 3 chanteurs et 1 multi instrumentiste), 2007
- La mélodie de l’ombre (films d'animation japonais, une fanfare et une soliste), 2008
- Tout un monde de strat(e)s (Pièce pour un ensemble de cinq musiciens, vingt guitares électriques, trois batterie, quatre percussionnistes, deux chanteurs et un ensemble symphonique), 2013
- Le Grand Orchestre de la Transition, spectacle musical collaboratif, 2019
Musique pour la télévision
- Musique des 25 épisodes de la série TV Les vélos de l'aventure. Dirigé par PYM et Frédéric Delesques. Fiction. France 3, 1992
- Musique du générique de la série TV l’Instit. France 2, 1993 à nos jours
- Le Mot de passe, long métrage de Jean-Louis Bertucelli. Fiction. France 2, 1993
- Un métier comme les autres, Une liberté, 2 court métrages de Julie Bertucelli. Documentaires. Arte, 1994
- Le Carnet, long métrage de Christiane Lehérissey. Fiction. TF1, 1994
- Le Clandestin, long métrage de Jean-Louis Bertucelli. Fiction. France 2, 1994
- Profession infirmière, moyen métrage de Jenny Keguiner. Documentaire. Arte, 1995
- Docteur Sylvestre, long métrage de Christiane Lehérissey. Fiction. France 3, 1995
- Justice et Presse, 3 court métrages de François Ribadeau-Dumas. Documentaires. Arte, 1996
- Un pas de trop, court métrage de Rémi Vimard et Alain Ferrari pour Handicap International, 1999
- J.M Barrie, long métrage de Jean-Claude Robert. Documentaire. Arte, 2001
- Marie Marmaille, long métrage de Jean-Louis Bertucelli. Fiction. France 2, 2002
- L'abbé Glasberg, long métrage de Julie Bertucelli. Documentaire. KTO, 2008
Discographie
- Musique pour la Scène, label Muséa, 1989
- La Nef du Roi Moselle, label Muséa, 1992
- Marguerite Ida et Helena Annabel Opera, label No Man's Land 1993
- Le Regard de Lyncée, label Gazul, 2000
- Another way, label Gazul, 2002
- Compilation du label No Man's Land, 2003
- Marguerite Ida et Helena Annabel Opera (nouvelle version), label Gazul, 2017
- Into the Green, label Gazul, 2017
- Qui Est Fou ? label Gazul, 2024
Notes et références
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ « Disparition du musicien et sociologue François Ribac – 4'33 magazine », sur www.4-33mag.com (consulté le )
- ↑ « François Ribac 16-03-1961 – 06-11-2024 – Compagnie Ribac Schwabe », (consulté le )
- ↑ « RIBAC François », sur CIMEOS (consulté le )
- ↑ « François Ribac | Bande originale, Équipe de supervision musicale », sur IMDb (consulté le )
- ↑ « Le concert inactuel », sur SudOuest.fr, (consulté le )
- ↑ « "Qui est fou ?" : le "songspiel" de Ribac et Schwabe », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Morgane Macé, « Anthropocène : les pratiques artistiques et culturelles peuvent-elles changer le monde ? », sur Profession Spectacle, (consulté le )
- ↑ la lettre du musicien, « PODCAST : Le Chant de la terre », sur lalettredumusicien, (consulté le )
- ↑ « À propos du rock Groupes, musiciens et amateurs : du « phénomène rock » aux pratiques socio-musicales », Mouvements, vol. 3940, no 3, , p. 190–196 (ISSN 1291-6412, DOI 10.3917/mouv.039.0190, lire en ligne, consulté le )
- ↑ François Ribac, « Feedback ! : pour une généalogie des musiques populaires », theses.fr, Metz, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ ADMIN : Pascal BOCHATON (CAS), « François Ribac », sur Inspé de Bourgogne, (consulté le )
- ↑ Jean-Marie Chevallier, « La Fabrique de la programmation culturelle, Catherine Dutheil-Pessin, François Ribac, préface de Pierre Delcambre, Paris, La Dispute, 2017, 236 p. », Terrains/Théories, no 7, (ISSN 2427-9188, DOI 10.4000/teth.1141, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Profile », sur www.ircam.fr (consulté le )
- ↑ François Ribac, « Arts de la scène et musique dans l'anthropocène », theses.hal.science, Sorbonne Université, (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
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