François Roger
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| Fauteuil 26 de l'Académie française | |
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(à 65 ans) Ancien 10e arrondissement de Paris |
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François Roger, ou Jean-François Roger, né le à Langres et mort le à Paris, est un homme politique et auteur dramatique français.
Biographie
François Roger est incarcéré en 1792 comme suspect pendant dix-sept mois avec une partie de sa famille pour avoir chanté des chants royalistes[1].
Rendu à la liberté après la chute de Robespierre, il revient, à la fin de 1795, dans la capitale, et il s’y fixe. Un homme de lettres lui indique une idée de comédie, qu’il versifie en quinze jours. Ce petit acte intitulé L'Épreuve délicate, est représenté, le , au Théâtre de la rue Feydeau[a], après avoir été lue et refusée au théâtre Louvois. Le , La Dupe de soi-même, comédie en trois actes, est jouée avec succès aussi, ainsi que La Jolie Bagatelle de Caroline ou le Tableau le [1].
François Roger passe, après le succès de Caroline, dans la division de l’Instruction publique, dirigée par Antoine-Vincent Arnault, qui s’occupe alors activement de mettre les lycées au pas. Adjoint à une commission chargée d’examiner les livres destinés aux élèves, et d’en rédiger de nouveaux, il publie successivement, un choix des Fables de La Fontaine, une nouvelle édition de L’Appendix de Dits du père Jouvency, et un volume intitulé Théâtre classique, contenant Esther, Athalie, Polyeucte et le Misanthrope, avec un commentaire et des notices, pour l’usage des lycées[1].
En 1804, appelé à l’administration. des Droits Réunis, il fait engager des centaines de royalistes. Encouragé à reprendre sa carrière dramatique suspendue depuis plusieurs années, il donne, le , L’Avocat, dont le sujet est emprunté à L’Awocato veneziano de Goldoni. Cette pièce a connu un grand succès partout en France[1].
En 1809, il est appelé par Louis de Fontanes au conseil de l’Université. La même année, il donne, avec Creuzé de Lesser, une comédie en trois actes et en prose, La Revanche. Conseiller général de la Haute-Marne, il est député de ce département de 1807 à 1812 au Corps Législatif. Destitué aux Cent-Jours, il réintègre ensuite l'administration, comme secrétaire général des Postes en 1815. En 1814, il accueille avec joie le retour des Bourbons et continue de représenter le même département, pendant plusieurs sessions, siégeant constamment à droite. Le , il est élu à l'Académie française, et reçu le suivant par le duc de Lévis[2]. Le roi dit au nouvel académicien : « Vous aviez, Monsieur, un trop bon avocat pour ne pas gagner votre cause ». C'est à cette époque que sont jouées, dans son salon, les petites pièces écrites par Théodore Leclercq, ultérieurement publiées sous le titre de Proverbes[3]. La Société des Bonnes Lettres a également beaucoup de dû à sa coopération[1].
Il a également écrit quelques poésies légères, et donné une traduction en vers du début des Histoires de Tacite, allusion à la France sous le Directoire, lu publiquement, dans une séance littéraire, peu du temps après le coup d'État du 18 fructidor an V. Élu député de la Corse en , il est destitué quatre mois plus tard après la Révolution de Juillet. Réduit, dès lors, à une position modeste, il se retire alors de la vie politique pour se consacrer à ses occupations littéraires[b]. En 1833, il publie par souscription ses Œuvres diverses formant deux volumes in-8º[1]. Il fut l'un des compagnons du "Déjeuner de la fourchette"[2].
Mort le à Paris, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise[4].
Œuvres
Théâtre
- La Dupe de soi-même, comédie en 3 actes et en vers, Paris, les Comédiens français, 22 germinal an VII ().
- Le Valet de deux maîtres, opéra-comique en 1 acte en prose, Paris, Théâtre de la rue Feydeau, 12 brumaire an VIII ().
- L'Épreuve délicate, comédie en 1 acte, en vers, Paris, les Comédiens français, 24 nivôse an VI ().
- Arioste gouverneur, ou le Triomphe du génie, comédie en 1 acte, mêlée de vaudevilles, Paris, Vaudeville, 24 ventôse an VIII ().
- Caroline, ou le Tableau, comédie en 1 acte, en vers, Paris, les Comédiens français, 12 vendémiaire an IX ().
- L'Avocat, comédie en 3 actes, en vers, Paris, Théâtre-Français, .
- La Revanche, comédie en 3 actes et en prose, Paris, Théâtre-Français, .
- Le Billet de loterie, comédie en 1 acte, mêlée d'ariettes, Paris, Opéra-Comique, .
- Le Nouveau Seigneur du village, opéra-comique en 1 acte, Paris, Opéra-Comique, .
- L'Amant et le Mari, opéra comique en 2 actes, Paris, Opéra-Comique, .
- Marie Stuart en Écosse, ou le Château de Douglas, drame lyrique en 3 actes et en prose, Paris, Opéra-Comique, .
Autres
- Théâtre classique, ou Esther, Athalie, Polyeucte et le Misanthrope commentés, ouvrage prescrit et adopté par la commission des livres classiques pour l'enseignement des lycées et des écoles secondaires, 1807
- Vie privée, politique et militaire du Prince Henri de Prusse, frère de Frédéric II, 1809
- Cours de poésie sacrée, par le docteur Lowth, traduit pour la première fois du latin en français par F. Roger, 1813
- Œuvres diverses de M. Roger, publiées par M. Charles Nodier, 1835
Notes et références
Notes
- ↑ Mademoiselle Mars jouait dans L’Épreuve délicate : c’est l’un des premiers rôles qu’elle ait créé[1].
- ↑ Conformément à un usage répandu à son époque, il signait les ouvrages qu’il publiait sous son seul nom, sans prénom usuel ou, parfois, avec la seule initiale de son prénom usuel : Roger ou F. Roger.
Références
- Théodore Muret, « Biographie littéraire : M. Roger », La Quotidienne, Paris, vol. 52, no 65, , p. 1 (ISSN 2592-3951, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- « François ROGER | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le )
- ↑ Proverbes dramatiques, de Théodore Leclercq, MM. Sainte-Beuve et Mérimée (éds.), volume 1, Paris, Lebigre-Duquesne, 1854, p. XVII. Ouvrage numérisé.
- ↑ Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 686-687
Bibliographie
- « François Roger », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- « Roger (François) », dans Alphonse Rabbe, Claude Vieilh de Boisjolin, François Binet de Sainte-Preuve (dir.), Biographie universelle et portative des contemporains, t. IV, Paris, (lire en ligne), p. 1144.
Liens externes
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