François Turrettini
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(à 63 ans) Genève |
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Professeur d'université (à partir de ), théologien protestant |
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Université de Genève (à partir de ) |
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François Turrettini ( – ), aussi parfois appelé François Turretin, Francis Turrettin ou encore François Turtin est un théologien calviniste orthodoxe genevois. Turretin est surtout connu pour son opposition résolue à la théologie de l'académie de Saumur (incarnée par Moïse Amyraut), et comme un ardent défenseur de l'orthodoxie calviniste établie lors du synode de Dordrecht (les canons de Dordrecht), co-auteur du Consensus helvétique, qui défendait la formulation de la prédestination issue du synode de Dordrecht et l'inspiration littérale de la Bible.
Biographie
François Turrettini naît à Genève, le [1]. Il est le fils du théologien réformé Bénédict Turrettini[2]. Son grand-père, Francesco Turrettini avait quitté la ville toscane de Lucques en 1574 et s'était installé à Genève en 1592[3].
Il étudie la théologie protestante à Genève (1640-1644), Leyde (1644), Utrecht, Paris (1645-1646), Saumur (1646-1648)[4]. À Paris, il étudie la philosophie auprès du professeur catholique Pierre Gassendi. De retour à Genève, il exerce son ministère de pasteur au sein de l’église italienne de 1648 à 1687 et de la congrégation française de 1653 à 1687. Il est nommé professeur de théologie à l'Académie de Genève en 1653[4]. « Résolument opposé à la théologie de Saumur (Moïse Amyraut et Louis Cappel) », il est l'un des artisans de la Formula Consensus (1675) et est un « défenseur infatigable de l'orthodoxie ratifiée par le synode de Dordrecht »[1].
Il est le père de Jean-Alphonse Turrettini[5].
Il meurt à Genève le .
Œuvres
Son Institutio Theologiae Elencticae (3 tomes, Genève, 1679-1685) a été le point culminant de la théologie scholastique réformée orthodoxe. L'Institutio utilise la méthode scolastique pour débattre un certain nombre de questions controversées. Dans ce cadre, il a défendu le point de vue que la Bible est la Parole de Dieu verbalement. Il a également plaidé en faveur du lapsarianisme et de la théologie de l'alliance. L'Institutio a été largement utilisé comme manuel, y compris par les théologiens de Princeton au Séminaire Théologique de Princeton jusqu'à son remplacement par la Théologie Systématique de Charles Hodge à la fin du XIXe siècle. Parmi ses autres controverses, les plus importantes sont De Satisfactione Christi disputationes (1666) et De necessaria secessione nostra ab Ecclesia Romana et impossibili cum ea syncretismo (publié en 1687). Il a écrit le Consensus Helvétique, une confession Réformée écrit contre la doctrine de Saumur, avec J. H. Heidegger en 1675[5].
Conception du libre-arbitre
Dans la ligne générale de la théologie calviniste, François Turrettini fait valoir qu'après la chute, les êtres humains n'ont pas perdu leur faculté de vouloir. "L'incapacité à faire le bien est fortement affirmée, mais l'essence de la liberté n'est pas détruit" (Institutio theologiae elencticae, 10.2.9). Ils ont encore la liberté, qui n'est pas incompatible avec certains types de nécessité. Turrettini distingue six types de nécessité (Institutio, 10.2.4-9): nécessité physique, nécessité de coercition, nécessité de la dépendance envers Dieu, nécessité rationnelle, nécessité morale, et nécessité de l'événement. Les deux premières sont des nécessités incompatibles avec la liberté, tandis que les quatre autres sont non seulement compatibles avec la liberté, mais encore la rendent plus parfaite. Pour Turrettini, la liberté ne résulte pas d'une indifférence de la volonté. Aucun être rationnel n'est indifférent au bien et au mal. La volonté d'un être humain n'est jamais indifférente, dans le sens de conserver un équilibre, que ce soit avant ou après la chute. Turrettini définit la liberté par la notion de spontanéité rationnelle (Institutio, 10.2.10-11)[6]. La doctrine de la liberté semble être similaire à celle de Duns Scot en ce que tous deux adhèrent à la logique aristotélicienne : la distinction entre la nécessité du conséquent (necessitas consequentis) et la nécessité de la conséquence (necessitas consequentiae) ; la distinction entre in sensu composito et in sensu diviso. La doctrine de la liberté de Turrettini n'utilise pas la notion de contingence synchronique de Duns Scot mais celle de logique modale d'Aristote. En outre, les idées de Duns Scot à propos de la nécessité et de l'indifférence diffèrent considérablement de celles de Turrettini. Turrettini développe la discussion sur la nécessité et l'associe à son argumentation à propos de la liberté de choix. Son rejet prudent de la notion d'indifférence dans la doctrine de la liberté crée un grand écart entre sa doctrine et celle de Duns Scot. L'enseignement de la contingence de Turrettini met l'accent sur l'acte souverain de Dieu dans le processus de conversion. Turrettini n'est pas un disciple de Duns Scot, mais un théologien protestant dans une “tradition aristotélicienne générique.”[7]
Influence
L'influence de la théologie calviniste de tendance orthodoxe développée par François Turrettini trouvera un écho important dans la théologie de Princeton, théologie calviniste conservatrice développée à la faculté de théologie de Princeton au XIXe siècle[8].
Notes et références
- Emidio Campi, « Turrettini, François », in Dictionnaire historique de la Suisse, version du 7 décembre 2012, traduit de l’italien, [lire en ligne], consulté le 03.09.2025.
- ↑ Toni Cetta, « Turrettini, Bénédict », in Dictionnaire historique de la Suisse, version du 25 février 2014, [lire en ligne], consulté le 03.09.2025.
- ↑ Liliane Mottu-Weber, « Turrettini, François », in Dictionnaire historique de la Suisse, version du 30 novembre 2012, [lire en ligne], consulté le 03.09.2025.
- Spencer 2000, p. 512
- Spencer 2000, p. 513
- ↑ (en) B. Hoon Woo, « The Difference between Scotus and Turretin in Their Formulation of the Doctrine of Freedom », Westminster Theological Journal, vol. 78, , p. 263 (lire en ligne)
- ↑ (en) B. Hoon Woo, « The Difference between Scotus and Turretin in Their Formulation of the Doctrine of Freedom », Westminster Theological Journal, vol. 78, , p. 268–69 (lire en ligne)
- ↑ Mark A. Noll, The Princeton Theology 1812 – 1921, Grand Rapids: Baker Academic, 2001, pp. 22-24.
Bibliographie
- Stephen R. Spencer, Biographical Dictionary of Christian Theologians, Westport, CT, Greenwood Press, (lire en ligne), « TURRETIN, FRANCOIS » (Attention pour lire en ligne, abonnement nécessaire.)
Cet article comprend un contenu provenant d'un ouvrage dans domaine public : Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge, 1914.
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Œuvres de François Turretin dans la "Bibliothèque numérique post-Réforme" [1]
- Brève Biographie de Turretin - une brève biographie de Francis Turretin orale à l'adresse donnée par son neveu, et traduit en anglais
- Des extraits de Turretin de Instituts en anglais :
- "Les Saintes Écritures" - sur la Bible
- "Justification légale" - la façon dont on est faite à droite avec Dieu
- "Sur la Prédestination des Élus de Dieu"
- Article sur le Turretin de la famille et les Instituts de la Princeton Review ()
- "L'alliance des Concepts de Francis Turretin s Instituts de Elenctic Théologie" par C. Matthieu McMahon
- B. Hoon Woo, « The Difference between Scotus and Turretin in Their Formulation of the Doctrine of Freedom », Westminster Theological Journal, vol. 78, , p. 249–69 (lire en ligne)
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