François de Vendôme

François de Bourbon-Vendôme
Duc de Beaufort
François de Vendôme
François de Vendôme, duc de Beaufort.
Portrait du duc en cuirasse, peint par Jean Nocret, musée d'Art de Baltimore, XVIIe siècle.

Naissance
Décès (à 53 ans)
au siège de Candie (Crète)
Mort au combat
Origine Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Grade Grand-maître de la navigation
Années de service 1628 – 1669
Conflits Guerre de Trente Ans
Fronde
Guerre de Candie
Faits d'armes Siège de Corbie
Siège d'Hesdin
Siège d'Arras (1640)
Expédition de Djidjelli (1664)
Bataille de Cherchell
Siège de Candie (1669)

Emblème

François de Bourbon-Vendôme, 2e duc de Beaufort, dit « le Roi des Halles » (1665), né le au château de Coucy et mort le lors du siège de Candie, est un gentilhomme et militaire français du XVIIe siècle, membre de la puissante Maison de Vendôme, issue du roi Henri IV et de maîtresse Gabrielle d'Estrées.

Biographie

Origines et famille

François de Bourbon-Vendôme, fils de César de Bourbon-Vendôme et de Françoise de Lorraine, est un petit-fils du roi Henri IV, issu d'un rameau légitimé. Il est ainsi le cousin germain du roi Louis XIV.

Son père est souvent absent du domicile familial en raison de ses fonctions de gouverneur (Bretagne), de ses charges militaires (amirauté et surintendance de la navigation) et des nombreuses cavales contre le Roi qui lui valent emprisonnements et exils. Il semble plus proche de sa mère, connue comme une femme pieuse et opiniâtre[1], qui lui communique la fierté de son rang et de sa maison.

Il reste célibataire et meurt sans postérité.

Carrière militaire

François de Bourbon-Vendôme, duc de Beaufort.
Paris, BnF, département des estampes, XVIIe siècle.

Il entre très jeune dans l'armée puisqu'il participe à l'expédition de Savoie dès 1628, alors qu'il n'était âgé que de douze ans. Il se distingue plus tard lors des sièges de Corbie (1636), d'Hesdin (1639) et d'Arras (1640).

Suivant l'exemple de son père, il conspire contre le cardinal de Richelieu et doit s'exiler un temps en Angleterre où il retrouve son père en exil.

À la mort du cardinal en 1642, il est rappelé par la Reine Anne d'Autriche, mais ne tarde pas à s'opposer au successeur de Richelieu : le cardinal Jules Mazarin. Dès 1643, âgé d'à-peine 27 ans, le duc est ainsi le chef d'une des principales actions dirigées contre le Cardinal, la dite « cabale des Importants », par laquelle il espère se débarrasser définitivement de celui qu'il juge responsable des obstacles au retour en grâce de la Maison de Vendôme.

À ce sujet, le futur Cardinal de Retz (alors coadjuteur) écrit : « M. de Beaufort n’en était pas jusqu’à l’idée des grandes affaires ; il n’en avait que l’intention. Il en avait ouï parler aux Importants, et il avait un peu retenu de leur jargon ; et cela, mêlé avec les expressions qu’il avait très fidèlement tirées de madame de Vendôme, formait une langue qui aurait déparé le bon sens de Caton. Le sien était court et lourd, et d’autant plus qu’il était obscurci par la présomption. Il se croyait habile, et c’est ce qui le faisait paraître artificieux, parce que l’on reconnaissait qu’il n’avait pas assez d’esprit pour cette fin. Il était brave de sa personne et plus qu’il n’appartenait à un fanfaron ; il l’était en tout sans exception, et jamais plus faussement qu’en galanterie. Il parlait, il pensait comme le peuple, dont il fut l’idole quelque temps. [2]»

La tentative est déjouée par Mazarin : Anne d'Autriche fait arrêter et incarcérer le duc au château de Vincennes. Il y reste six ans. Le donjon de Vincennes est réputé inviolable, mais le duc parvient à s'évader en avec l'aide de complices qui l'attendent à l'extérieur. Il se réfugie d'abord au château de Chenonceau puis, semble-t-il, dans le Vendômois, vivant dans la clandestinité.

Il joue un rôle important en 1649 lors du siège de Paris au cours duquel il est l'un des chefs des frondeurs, s'opposant à son père qui soutient le Roi et Anne d'Autriche et combat les partisans du Grand Condé en Bourgogne puis en Guyenne. Le duc jouit d'une popularité telle que les Parisiens le surnomment alors le « Roi des Halles » et qu'il est même désigné gouverneur de Paris par les Frondeurs en [3],[4].

Le même mois, ayant un désaccord avec son beau-frère le duc Charles-Amédée de Savoie-Nemours, le duc le provoque en duel au marché aux chevaux et le tue d'un coup de pistolet[5].

S'étant soumis, il se réconcilie avec la couronne en 1653 mais demeure écarté de toute charge pendant une dizaine d'années, le jeune Roi ne lui pardonnant pas son soutien aux Frondeurs. Grâce à l'appui de son père, trop âgé pour prendre la mer, Beaufort est chargé de plusieurs opérations navales importantes dès les années 1660, "afin de mettre fin aux actes de piraterie des Barbaresques qui entravaient le commerce en Méditerranée"[1]. Nommé à la charge de grand maître, chef et surintendant général de la navigation, il commande en 1662 la flotte française et affronte les Turcs en Méditerranée. Il est écrasé à Jijel par les Barbaresques lors de l'expédition de Djidjelli. En 1665, il bat par deux fois les Algériens sur mer, au large de Cherchell.

Vue du siège de Candie en 1669, lors de l'intervention de l'escadre du duc de Beaufort[6].

En 1669, Beaufort conduit une importante expédition de secours aux Vénitiens contre les Turcs, assiégés depuis vingt-quatre ans par les Ottomans, dans l'île de Candie, en Crète[7]. Il est tué durant un assaut le . Sa disparition suscite un certain émoi dans la Cour, d'autant que son corps n'est pas retrouvé sur le champ de bataille.

Cette disparition mystérieuse donne lieu aux XVIIe et XVIIIe siècles à un certain nombre de légendes, Beaufort étant réputé prisonnier du sultan Mehmed IV ou identifié à l'homme au masque de fer[8],[9], ce que "les historiens écartent aujourd'hui sans hésitation"[1].

Ascendance

Réputation

Il est généralement décrit comme un courtisan dénué de capacités militaires, bel homme, brave au combat, voire téméraire, et habile à manier les armes, notamment le pistolet. Il alliait « un courage et une témérité extraordinaires » à « la plus grande sottise »[10].

Ses contemporains soulignent avec malice son manque d'aisance intellectuelle[1] et ses fanfaronnades, notamment en matière de galanterie. « Facilité brillante pour le galimatias, éloquence grotesque, un torrent de non-sens. Il ne lui manquait rien pour charmer une sotte[11]. »

Fiction

François de Vendôme apparaît dans Vingt Ans après d’Alexandre Dumas ainsi que sa suite, Le Vicomte de Bragelonne. Il est également un des héros principaux du roman en trois tomes de Juliette Benzoni, Secret d’État. Il est incarné par Georges Descrières dans un épisode de la série télévisée, Les Évasions célèbres.

C'est un personnage essentiel d’une trilogie d’Hubert Monteilhet comprenant De Plume et d’épée, Les Cavaliers de Belle-Île et Au Royaume des Ombres.

Dans la comédie musicale Le Roi Soleil, le personnage est joué par le chanteur français Merwan Rim, puis par le chanteur français Flo Malley lors de la reprise de la comédie musicale en 2025.

Notes et références

  1. Jean-Jacques Renault, « Le duc de Vendôme et le duc de Beaufort. », Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois,‎ (lire en ligne)
  2. ↑ Cardinal de Retz, Mémoires du cardinal de Retz, Foucault, (lire en ligne)
  3. ↑ Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris volume 2, p.196.
  4. ↑ Nicolas Viton de Saint-Allais, Histoire généalogique des maisons souveraines de l'Europe: depuis leur origine jusqu'à présent, Volume 2, 1812.
  5. ↑ Laurent Perrillat, L'apanage de Genevois aux XVIe et XVIIe siècles : pouvoirs, institutions, société (tome I), vol. 113, t. 1, Académie salésienne, , 540 p. (lire en ligne), p. 80.
  6. ↑ Anonyme, « Estampe anonyme allemande donnant une vue du siège de Candie en 1669 au moment de l'intervention française avec l'escadre du duc de Beaufort (détail) »,
  7. ↑ Pierre Daru, Histoire de la république de Venise, 1853, p. 214. Özkan Bardakçı et François Pugnière (dir.), La dernière croisade, Les Français et la guerre de Candie, 1669, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, chapitre III. Ouvrage numérisé.
  8. ↑ Michel Vergé-Franceschi, Le Masque de Fer enfin démasqué, Fayard, 2009 p. 219-230.
  9. ↑ Cette légende a été reprise par l'auteur dramatique Lagrange-Chancel.
  10. ↑ Michel L'Hour, L’épave de la Lune, La Marche des sciences, France Culture, émission du 12/07/2012 [1].
  11. ↑ Jules Michelet, Histoire de France, vol. 12, Paris, Librairie Internationale, 1874, p. 284.

Sources et bibliographie

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’histoire militaire
  • icône décorative Portail du monde maritime
  • icône décorative Portail du Grand Siècle
  • icône décorative Portail du royaume de France