François de l'Espinay

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(à 67 ans) Salvador |
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Prêtre catholique (à partir de ) |
François de l'Espinay est un prêtre catholique français, né le à Luçon (Vendée) et mort le à Salvador de Bahia (Brésil)[1],[2]. Il fut successivement aumônier militaire durant les guerres d'Indochine et d'Algérie, puis prêtre fidei donum en Amérique latine. Au cours des années 1970, il découvre le candomblé et s'y fait initier, tout en demeurant prêtre catholique.
Enfance et formation
François naît le à Luçon (Vendée), dans une famille de la noblesse de l'Ouest liée à l'Eglise catholique. Son arrière grand-oncle, Henri Victor de l'Espinay, avait été vicaire général du diocèse de Luçon et député monarchiste de la Vendée sous la Seconde République. Il fait sa formation de séminariste dans le diocèse de Luçon, à partir de 1934 au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers (Vendée), puis au grand séminaire de Luçon. Sa formation est interrompue par le début de la Seconde Guerre mondiale. Il est alors mobilisé comme infirmier, puis est fait prisonnier par l'armée allemande lors de la Débâcle française. Il passe toute la guerre en captivité, et se retrouve à partir de 1942 au Stalag 325 à Rawa-Rouska. Libéré en 1945, il obtient par la suite le titre de déporté résistant. Revenu au séminaire de Luçon, il est ordonné prêtre en 1948.
Aumônier militaire durant les guerres de décolonisation
Après plusieurs années comme vicaire de paroisse aux Sables d'Olonne et à La Roche-sur-Yon, François de l'Espinay s'engage en comme aumônier militaire dans l'armée française, et rejoint le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient en Indochine, alors que la bataille de Diên Biên Phu vient de mettre un terme aux combats en consacrant la victoire des indépendantistes.
En , il quitte Saïgon en tant qu'ultime aumônier-en-chef de l'aumônerie militaire catholique en Indochine, et rejoint à Alger l'aumônerie militaire de la 10e région militaire d'Afrique française du Nord. Il est alors spécialement chargé de l'accompagnement des séminaristes et religieux soldats, qui font leur service militaire en Algérie à l'instar de l'ensemble du contingent depuis 1955. En 1958, il remplace Victor Vaugarni à la tête de l'aumônerie militaire catholique en Algérie, et le restera jusqu'en [3]. Il fait pression sur sa hiérarchie pour que l'aumônerie militaire condamne la pratique de la torture par l'Armée française[1].
Il quitte ensuite l'aumônerie militaire et revient dans le diocèse de Luçon comme curé-doyen de Beauvoir-sur-Mer.
Prêtre fidei donum en Amérique latine
En 1963, il rejoint l'organisme d'envoi de prêtres diocésains français vers l'Amérique latine qui se constitue alors, le Comité épiscopal France-Amérique latine (CEFAL)[4]. Jusqu'en 1971, il occupe le rôle de "délégué continental" du CEFAL, chargé d'être l'intermédiaire - présent en Amérique latine - de la direction française du Comité. Il est basé à Cuernavaca, au Mexique, et participe au Centre interculturel de formation (CIF), puis au Centre interculturel de documentation (CIDOC) d'Ivan Illich, qui forment les prêtres arrivants en Amérique latine à la culture et à l'espagnol. Inscrit au cœur des circulations catholiques transatlantiques des années 1960, François de l'Espinay est au contact des prêtres français installés dans toute l'Amérique latine et rencontre les évêques des pays latinoaméricains, dont plusieurs figures de la théologie de la libération (Sergio Méndez Arceo, Hélder Câmara).
En 1974, François de l'Espinay s'installe au Brésil, à Salvador de Bahia. Il fait la rencontre du candomblé et se fait initier à un terreiro. Il milite progressivement pour que l'Eglise catholique reconnaisse mieux les adeptes du candomblé[5],[6]. Atteint d'un cancer, il décède et est enterré au Brésil en .
Postérité
Son rôle en Algérie puis en Amérique latine a marqué un certain nombre de membres du clergé catholique en France[7] mais également en Amérique latine, comme pionnier d'un dialogue interreligieux d'un nouveau type [8].
Bibliographie
- Xavier Boniface, L'aumônerie militaire française, 1914-1962, Cerf, coll. « Histoire religieuse de la France », (ISBN 978-2-204-06660-0).
- Olivier Chatelan, Des allers sans retours ? Les prêtres français en Amérique latine 1961-1984 : Une histoire du Comité épiscopal France – Amérique latine, LARHRA, (ISBN 979-10-91592-36-9 et 979-10-91592-40-6, DOI 10.4000/books.larhra.10671, lire en ligne)
- Matteo Houssin--Monello, « Indochine, Algérie, Amérique latine. Itinéraire d’un prêtre vendéen, François de l’Espinay (1918-1985) », Chrétiens et sociétés, vol. 31, , p. 147–166 (ISSN 1257-127X et 1965-0809, DOI 10.4000/13v2w, lire en ligne, consulté le )
- Les Amis du Baron (préf. Charles Paty), François de l'Espinay, prêtre, dit le Baron, Paris, , 144 p., plaquette à compte d'auteur (présentation en ligne).
Références
- Matteo Houssin--Monello, « Indochine, Algérie, Amérique latine. Itinéraire d’un prêtre vendéen, François de l’Espinay (1918-1985) », Chrétiens et sociétés. XVIe – XXIe siècles, no 31, , p. 147–166 (ISSN 1257-127X, DOI 10.4000/13v2w, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Mort du père François de l'Espinay », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Boniface 2001.
- ↑ Olivier Chatelan, Des allers sans retours ? Les prêtres français en Amérique latine 1961-1984: Une histoire du Comité épiscopal France – Amérique latine, LARHRA, (ISBN 979-10-91592-36-9 et 979-10-91592-40-6, DOI 10.4000/books.larhra.10866., lire en ligne).
- ↑ (pt) François de l’Espinay, « A religião dos Orixás – outra Palavra do Deus único? », Revista Eclesiástica Brasileira, vol. 47, no 187, , p. 639–650 (ISSN 2595-5977, DOI 10.29386/reb.v47i187.3250, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (pt) François de l'Espinay, « Igreja e Religião Africana do Candomblé no Brasil », Revista Eclesiástica Brasileira, vol. 75, no 297, (ISSN 2595-5977 et 0101-8434, DOI 10.29386/reb.v75i297, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ René Luneau, « François de l'Espinay, prêtre, dit le Baron [recension] », Archives de sciences sociales des religions, vol. 68, no 2, , p. 242–242 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (pt) Afonso Maria Ligorio Soares, « Diálogo na escola de François de L’Espinay: catolicismo e tradições africanas », Revista Eclesiástica Brasileira, vol. 67, no 267, , p. 593–608 (ISSN 2595-5977, DOI 10.29386/reb.v67i267.1500, lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
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