Françoys Bernier

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(à 65 ans) |
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Maurice Bernier (en) |
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Pierre Bernier (d) |
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Françoys Bernier (Québec, - ) est un pianiste, chef d'orchestre, réalisateur, administrateur et professeur québécois.
Biographie
Bernier est né au sein d'une famille de musiciens à Québec. Il est le fils du violoncelliste et critique musical Maurice Bernier (en); le frère du violoncelliste Pierre Bernier (né en 1933) et de la pianiste Madeleine Bernier, le neveu de la pianiste Gabrielle Bernier et du compositeur et pianiste Conrad Bernier (1904-1988). Sa première éducation musicale a lui été donnée par son grand-père, le pianiste et compositeur Joseph-Arthur Bernier.
Bernier a reçu sa formation générale au Séminaire de Québec (et en partie au séminaire de La Pocatière) où il a aussi étudié la musique de 1939 à 1947. De 1945 à 1950, il a suivi des cours au Conservatoire de musique de Québec où il fut un élève de Françoise Aubut, Henri Gagnon, Hélène Landry, Ria Lenssens et du père Alphonse Tardif. En 1949-1950 il a poursuivi ses études à l'Université Laval avec Lucien Brochu et Marius Cayouette. Par la suite il a étudié l'analyse musicale et la direction d'orchestre avec Sergiu Celibidache à Sienne et avec Hermann Scherchen à Salzbourg en 1962-1963 grâce à une bourse attribuée par le Conseil des arts du Canada.
Carrière
En 1950 Bernier a rejoint l'équipe d'enseignants du Collège Mathieu (en) francophone à Gravelbourg (Saskatchewan) où il est resté plus de deux ans. En même temps, il a aussi travaillé comme directeur du premier programme de la station de radio locale francophone CFRG qui a débuté en . Il quitte Gravelbourg en 1953 pour devenir producteur de programmes de musique pour la Société Radio-Canada (CBC) à Montréal.
Travaillant pour la partie francophone de la CBC, la SRC , Bernier a été particulièrement actif dans le programme Premières de la SRC durant sa première année de collaboration. En 1954, il a travaillé comme producteur pour les programmes Concerts pour la jeunesse et L'Heure du concert de la pour la télévision de la SRC. Il a aussi produit plusieurs programmes en direct de musique classique, dont L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky (1955), L'Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel (1956, 1957), Faust de Charles Gounod (1957), Madame Butterfly de Giacomo Puccini (1958), et Manon de Jules Massenet (1960), entre autres.
En 1956, Bernier est devenu directeur musical des Festivals de Montréal, poste qu'il a occupé jusqu'en 1960 où il a été nommé directeur général de l'Orchestre symphonique de Québec. En 1960 il a dirigé l'orchestre pour la création de Mouvement symphonique no 1 de Roger Matton (1960) et, en 1963, il a créé Ouranos de Serge Garant. Après avoir passé six ans au poste de directeur général, il a succédé à Wilfrid Pelletier comme chef principal de l'orchestre en 1966. Il a occupé ce poste pendant deux ans, au cours desquels il a soutenu la musique contemporaine des compositeurs canadiens et français, en particulier celle d'Olivier Messiaen. Il a dirigé la création du Te Deum de Matton avec l'OSQ en 1967 ainsi que lors de sa création en Europe en 1969 avec l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF). Il a été chef invité de plusieurs orchestres français, dont l'Orchestre des Concerts Colonne et l'Orchestre national Bordeaux Aquitaine.
De 1959 à1964, Bernier a enseigné la direction d'orchestre à la faculté de musique de l'Université Laval où il a aussi dirigé la chorale universitaire. Parallèlement, il fut directeur adjoint du Conservatoire de musique du Québec à Québec, de 1960 à 1968. En 1973-1975 il a été président du Conseil canadien de la musique. Il a également été membre du conseil d'administration de l'Encyclopédie de la musique au Canada. Il a été nommé comme premier directeur du département de musique de l'Université d'Ottawa en 1969, poste qu'il a occupé jusqu'en 1976. Il est resté attaché à ce département jusqu'en 1992. En 1977, il a fondé le Domaine Forget, un festival d'été des arts et d'enseignement de la musique, la danse et le théâtre. Il a servi en tant que directeur général du Domaine jusqu'à sa mort à Québec en 1993 à l'âge de 65 ans, des suites d'un cancer des os.
Le fonds d’archives Françoys Bernier est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].
Controverses
En 1959, Bernier prit ouvertement le parti de la direction, à l'encontre de ses collègues, lors de la grève de 68 jours des réalisateurs de la société Radio-Canada, ce qui lui valut plusieurs inimitiés et l'incita à quitter la SRC. En , 24 ans après sa mort, sa nièce Sophie Bernier l'accuse dans Le Soleil d'avoir commis des attouchements sexuels répétés sur sa personne à partir de ses 14 ans[2] et aussi sur d'autres membres de sa famille. Au vu de ces allégations, le Domaine Forget se dissocia immédiatement de son ex-fondateur[3] et renomma la salle de concert qui portait son nom. L'université d'Otttawa, par suite de ces révélations très médiatisées, renomma la bourse d'étude établie à son nom et retira la plaque apposée sur la porte de son ancien bureau. En , la ville de Québec lança une consultation visant à trouver un nouveau nom à la rue qui avait été baptisée en son honneur[4]. Cette rue est désormais rebaptisée « Rue du Quatuor »[5]. Des rapports parfois difficiles avec ses collègues ne lui valurent pas que des amis...
Vie personnelle
Bernier disait que le "y" de son prénom était une coquetterie de sa mère mais il ne fit jamais rien pour la rectifier. Il était séparé, mais non divorcé, de son épouse avec qui il eut quatre enfants, trois garçons et une fille. Aucun ne fut musicien. La compagne de ses dernières années était une étudiante plus jeune que lui d'une trentaine d'années.
Bernier était un orateur habile -- peut-être même plus que musicien -- qui savait charmer son auditoire sans nécessairement le convaincre, l'humour facile et la recherche de l'effet tenant lieu de substance. Au dire de plusieurs, eût-il choisi le Droit plutôt que la musique, il eût été un véritable foudre du prétoire, ne cédant jamais rien à ses adversaires...
Le seul écrit musical connu de Bernier est un court article sur la musique de piano de Chopin paru en 19?? dans ?? (à compléter).
Références
- ↑ Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Françoys Bernier (P718) » (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Mylène Moisan, « La fin d'un long silence », Le Soleil, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (fr-CA) « Allégations d'inconduite sexuelle : le Domaine Forget se dissocie de Françoys Bernier », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Baptiste Ricard-Châtelain, « Françoys Bernier rayé de la carte à Québec », Le Soleil, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (fr-CA) « Rue du Quatuor - Québec (Ville) », sur Commission de toponymie (consulté le )
Honneurs
- 1985 - prix de l'Institut canadien de Québec
- 1993 - chevalier de l'ordre national du Québec
Liens externes
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