Francisco Espinosa Maestre

Francisco Espinosa Maestre
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Biographie
Naissance

Villafranca de los Barros
Nationalité
Espagnole
Formation
Université de Séville
Activité
Historien, professeur d'université, écrivain
Autres informations
A travaillé pour
Dir. de thèse
Antonio Miguel Bernal

Francisco Espinosa Maestre (Villafranca de los Barros, Badajoz, 1954) est un historien espagnol, établi à Séville. Il a publié des travaux sur la Seconde République espagnole, la guerre civile espagnole, la répression franquiste et la mémoire historique.

Biographie

Formation

Docteur en Histoire, Francisco Espinosa Maestre a réalisé des études sur la Seconde République espagnole, la guerre civile espagnole, la répression franquiste et la mémoire historique, en particulier sur les territoires de l'Andalousie et de l'Estrémadure[1].

Depuis 2005 il fait partie du groupe du Département d'Histoire Économique de l'Université de Séville, d'où il mène des recherches sur la réforme agraire de la Seconde République dans la province de Badajoz. C'est sur ce thème qu'il a présenté sa thèse doctorale à l'Université de Séville le . La thèse était dirigée par le professeur Antonio Miguel Bernal et le jury était présidé par l'historien Josep Fontana.

Travaux et essais

En 2002, dans un ouvrage collectif intitulé Mourir, tuer, survivre, Francisco Espinosa Maestre défend l’usage des mots « extermination » et « génocide » pour qualifier la répression franquiste. Selon lui, celle-ci obéirait à un plan d’extermination établi a priori visant les représentants de l’Espagne progressiste. La majorité des historiens espagnols ont évité de reprendre à leur compte cet usage du terme « génocide », mais celui-ci a rencontré un « écho certain » chez des historiens britanniques comme Paul Preston et cette thèse d’une répression « extermination » a suscité l’adhésion de nombreux jeunes chercheurs. Pour Élodie Richard et Charlotte Vorms, le choix de ce terme a « évidemment une finalité politique, voire polémique » : soutenir que « l’horreur franquiste est à la mesure des crimes nazis »[2].

Mémoire historique et fosses communes du franquisme

En 2008, sur proposition des parties prenantes (les familles de disparus et les associations pour la récupération de la mémoire historique plaignantes dans l'affaire), il a été élu membre du groupe d'experts chargé de la recherche de fosses communes et de l'identification des victimes dans l'instruction contre les crimes du franquisme menée par le juge Baltasar Garzón[3].

Tous les Noms

Espinosa Maestre a occupé jusqu'à 2010 la direction scientifique et technique de l'initiative pour la récupération de la mémoire historique intitulée "Tous les noms" (Todos los nombres), base de données de victimes de la répression franquiste consultable sur internet, mise en place par l'Association Andalouse Mémoire Historique et Justice et la Confédération Générale du Travail d'Andalousie[4]. Le conseil consultatif de "Tous les noms" est composé de Josep Fontana, Reyes Mate, Paul Preston, Hilari Raguer et Nicolás Sánchez Albornoz.

Critique du révisionnisme historique de la droite espagnole

Espinosa Maestre considère que la droite espagnole se livre actuellement à un processus de blanchiment et de réécriture de l'histoire — par exemple à travers le livre de Pio Moa Franco, un bilan historique (Franco, un balance histórico) — pour pouvoir se revendiquer sans remords de son passé franquiste. Pour Francisco Espinosa le succès éditorial et médiatique de ce projet révisionniste est dû essentiellement à la façon dont s'est réalisée la transition espagnole, qui a permis le recyclage des élites du franquisme[5].

Bibliothèque de la Mémoire Historique "Francisco Espinosa Maestre"

En a été annoncé le début du catalogage de la bibliothèque et du fond documentaire sur la Seconde République et la répression franquiste de Francisco Espinosa, opération réalisée par l'Association pour la Récupération de la Mémoire Historique "José González Barrero" de Zafra. Cette action, cofinancée par le Ministère de la Présidence et d'autres institutions, constituait un premier pas pour la création d'une bibliothèque publique constituée de ces fonds qui, selon la volonté de l'historien, finiront déposés dans l'une des communes d'Estrémadure de la route suivie par l'infâme "colonne de la mort" en [6].

Œuvre de Francisco Espinosa

Livres

En tant que seul auteur
  • 1996 - La Guerre Civile à Huelva, Députation Provinciale d'Huelva, Huelva, (ISBN 978-84-8163-387-0)
  • 2000 - La Justice de Queipo: Violence sélective et terreur fasciste dans la IIe Division en 1936. Séville, Huelva, Cadix, Cordoue, Málaga et Badajoz. Montilla (Cordoue. Bibliofilia Montillana, Cofradía de la Viña y el Vino, 2000. (ISBN 84-95197-18-9), Réédité en 2005 par Éditorial Critique
  • 2003 - La colonne de la mort. L'avancée de l'armée franquiste de Séville à Badajoz. Crítica, Barcelone, (ISBN 84-8432-431-1)
  • 2005 - Le phénomène révisionniste ou les fantômes de la droite espagnole, Del Oeste Ediciones, Badajoz, (ISBN 978-84-88956-68-2)
  • 2006 - Contre l'oubli. Histoire et mémoire de la guerre civile, Crítica, Barcelone, (ISBN 978-84-8432-794-3)
  • 2007 - Le printemps du Front Populaire. Les paysans de Badajoz et l'origine de la guerre civile (mars-juillet de 1936), Crítica, Barcelone, (ISBN 978-84-8432-943-5)
  • 2009 - Faire taire le messager. La répression franquiste. Entre la liberté d'information et le droit à l'honneur, Ediciones Península, (ISBN 978-84-8307-889-1)
  • 2011 - Massacre. La répression franquiste à Villafranca de los Barros (1936-1945), Aconcagua Libros, Séville, (ISBN 978-84-96178-43-4)
  • 2012 - Guerre et répression dans le sud de l'Espagne. Entre l'histoire et la mémoire, PUV Universitat de Valencia, (ISBN 978-84-370-8977-5)
  • 2012 - Contre la République. Les "événements de Almonte" de 1932, Aconcagua Libros, Séville, (ISBN 978-84-96178-90-8)
  • 2015 - Lutte d'histoires, lutte de mémoires. Espagne, 2002-2015, Aconcagua Libros, Séville, (ISBN 978-84-943237-2-0)
  • 2021 - Pour la sacrée cause nationale. Histoire d'un temps obscur, Crítica, Barcelone, (ISBN 978-84-919923-2-5)
  • 2023 - 1936. La colonne en marche vers Madrid. Yagüe, Varela et les "Normes" du père Huidobro, La Moderna, Guijuelo, Cáceres, (ISBN 978-84-126930-3-4)
Oeuvres collectives
  • 1990 - Séville, 1936: Révolte fasciste et répression (En collaboration avec Alfonso Braojos et Leandro Álvarez Rey)
  • 1995 - Le métier de vivre (Villafranca de los Barros, 1865-1977) (En collaboration avec Manuel Pinilla Giraldo)
  • 2001 - Miguel Domínguez Soler: Ayamonte, 1936. Journal d'un fugitif (Miguel Domínguez Soler, en collaboration avec Manuel Ruiz Romero)
  • 2002 - Mourir, tuer, survivre: La violence dans la dictature de Franco (Coordonné par Julián Casanova)
  • 2010 - Violence rouge et bleue. Espagne, 1936-1950, Editorial Crítica (Éditeur Francisco Espinosa)
  • 2014 - Pour la religion et la patrie. L'Église et le coup d'Etat militaire de juillet 1936, Editorial Crítica (En collaboration avec José María García Márquez)
  • 2020 - Le jour où s'est levée l'Estrémadure, Atrapasueños, (ISBN 978-84-121993-2-1)
  • 2022 - Punir les rouges: Acedo Colunga, le grand architecte de la répression franquiste, Editorial Crítica, (ISBN 978-84-9199-424-4)

Articles

Espinosa Maestre a publié de nombreux articles dans des revues, parmi lesquels:

  • 2009 - Sur la répression franquiste au Pays Basque, Historia social, ISSN 0214-2570, N.º 63, 2009, pags. 58-76[7].
  • 2007 - Otero Seco, un journaliste d'Estremadure dans l'oubli (avec Miguel Ángel Lama Hernández), VIIIe Congreso de Extudios Extremeños: Livre d'actes / coord. par Faustino Hermoso Ruiz, 2007, (ISBN 978-84-690-7115-1), pages 1933-1951
  • 2007 - Sur la répression en Estrémadure et Andalousie: Entre l'histoire et la propagande, Thèmes pour le débat, ISSN 1134-6574, Nº147 (Fév.), 2007 (Exemplaire consacré à: Manipulations de l'histoire) , pages 47-49[8].
  • 2006 - La mémoire de la répression et la lutte pour sa reconnaissance (Autour de la création de la Commission Interministérielle), Hispania Nova: Revue d'histoire contemporaine, ISSN 1138-7319, Nº6, 2006
  • 2005 - Août 1936: terreur et propagande. Les origines de la Cause Générale, Passé et mémoire: Revue d'histoire contemporaine, ISSN 1579-3311, Nº4, 2005[9]. Exemplaire consacré à: Répression et violence (1936-1945), pages 15-26

Références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Francisco Espinosa Maestre » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) « Editorial Critica » (consulté le )
  2. Élodie Richard et Charlotte Vorms, Transition historiographique ? Retour sur quatre-vingts ans d’histoire de l’Espagne, de la Seconde République à la transition, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2015/3 N° 127, pages 13 à 41
  3. (es) « Aportaremos trozos de verdad a un 'puzzle' que resolvera Garzon » (consulté le )
  4. (es) « Todos (...) los nombres » (consulté le )
  5. « Nuevo UNIA - Arte y Pensamiento - Conferencia de Francisco Espinosa: El fenómeno revisionista en España: una tentativa de interpretación » [archive du 20 de marzo de 2010] (consulté le )
  6. « La ARMH de Zafra (Badajoz) catalogará el fondo documental de Francisco Espinosa » [archive du 22 de enero de 2022] (consulté le )
  7. (es) « Sobre la represión franquista en el País Vasco » (consulté le )
  8. (es) « Sobre la represión en Extremadura y Andalucía » (consulté le )
  9. (es) « Agosto 1936: terror y propaganda. Los origenes de la Causa General » [PDF] (consulté le )

Bibliographie

  • Simoes, « Francisco Espinosa Maestre, Contra el Olvido. Historia y Memoria de la Guerra Civil », Arquivos da Memória, no 1,‎ , p. 81-83
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