Francisco del Puerto
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Francisco del Puerto né en 1501, est un mousse de l'expédition de Juan Díaz de Solís au Río de la Platat. Son nom semble désigner sa provenance, le port de Santa María. En 1516, il échappe au massacre de l'équipage par une tribu cannibale qui l'adopte.
Biographie
Il n'y a pas d'information sur sa vie en Espagne. Le 8 octobre 1515, il s'embarque comme mousse dans l'expédition partie du port de Sanlúcar de Barrameda avec trois navires.
En février 1516 les navires entrent dans le Río de la Plata, bras d'eau douce constitué par l'estuaire des rivières Parana et Uruguay.
Díaz de Solís explore l'estuaire avec une caravelle à la recherche d'un passage vers la mer du Sud.
Francisco del Puerto débarque avec le capitaine et six autres membres de l'équipage sur la côte orientale de la rivière (où se trouve aujourd'hui Nueva Palmyra). Ils tombent dans une embuscade. Les soldats sont transpercés de flèches devant les marins impuissants, restés sur les navires. Les victimes sont ensuite dévorées. Seul Francisco del Puerto est épargné, peut-être à cause de sa jeunesse, le cannibalisme ne s'appliquant qu'aux guerriers, laissant la vie sauve aux enfants et aux femmes.
« Juan Díaz de Solís voulait voir de quel genre de personnes il s'agissait et emmener quelques hommes en Castille. Il débarqua avec autant d'hommes que pouvait tenir sa barque. Les Indiens, qui avaient de nombreux archers en embuscade, aperçurent les Castillans, quelque peu éloignés de la mer et les attaquèrent. Les encerclant, ils les massacrèrent sans que l'artillerie de la caravelle ne leur soit d'aucune utilité, puis ils emportèrent les morts sur leur dos, loin du rivage où ceux qui étaient sur le navire pouvaient les voir. Ils leur coupèrent la tête, les bras et les pieds, rôtirent les corps entiers et les mangèrent. »
— Relation de Herrera (1549-1626)
Cette attaque est attribuée plus tard à des Charrúas, dont le cannibalisme ne figure pourtant pas dans leurs pratiques. Les auteurs peuvent être des Guaranís (ou plus spécifiquement des Chandules) que l'on trouve sur la côte occidentale ou qui naviguent dans des îles proches. Est aussi évoquée l'hypothèse d'une mutinerie au cours de laquelle Juan Diaz de Solis est tué, le meurtre, au retour d'Espagne, étant attribué aux indiens. Cette théorie est contestée par l'historien Lincoln Maiztegui Casas (es) parce qu'aucun des marins impliqués ne modifie sa version des faits par la suite, comme cela se produit généralement dans ces cas-là [1]. Les navires rentrent immédiatement en Espagne après le massacre.
Le jeune mousse est bien traité par les indigènes, incorporé à leur communauté où il reste plus de dix ans. Pendant cette période, il a entre en contact avec l'expédition portugaise de Cristóvão Jacques
En 1527, l'expédition espagnole du vénitien Sébastien Cabot arrive sur les lieux du drame. Francisco se joignit à l'expédition et évoque de fabuleuses richesses d'argent que recèlerait une lointaine chaîne de montagnes, en amont du fleuve Paraná. Cette nouvelle, ainsi que les informations reçues de Ramírez et Montes, rencontrés auparavant à Santa Catalina, incitent Cabot à entreprendre l'exploration de ce fleuve. Francisco del Puerto l'accompagne comme interprète et participe à la fondation du fort Sancti Spiritus. Selon les chroniques, il va jusqu'à la région du Pilcomayo oùil aurait collaboré avec les indigènes dans une attaque par surprise contre les Espagnols.
Le doyen Funes, (Gregorio Funes) indique que Cabot remonte le Parana jusqu'aux rapides de Yacyreta, sur les lieux du barrage.
Puis la trace de Francisco del Puerto se perd, sans que l'on sache s'il est rentré à l'Espagne ou demeuré en Amérique.
Romans historiques
L'histoire romancée de Francisco del Puerto est relatée dans L'ancêtre (1985) de Juan José Saer, ainsi que dans Le mousse Francisco du Port de Gonzalo Enrique Mari (ISBN 987-1027-95-8) et dans Le champ les épines de María Esther de Miguel (en). L'écrivain uruguayen Marcos Salaberry lui consacre un chapitre, « Le premier créole », dans le livre de contes « Historias de gurises » [2].
Notes et références
- ↑ Luis Prats, « Los misterios que dejó Solís », El País, 14 de febrero de 2016 (lire en ligne)
- ↑ (es) Marcos Salaberry, Historias de gurises, , 100 p. (ISBN 978-9974-93-078-0), « El primer criollo », p. 15
Bibliographie
- Orlando Taborda, Reseña histórica de Entre Ríos, Concordia: Editorial Fogón,
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