Francisque Berton

Francisque Berton
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Charles François (Francisque) Montan Berton
Pseudonyme
Francisque Berton
Nationalité
Formation
Activité
Père
Enfant
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Maître

Charles-Francis Berton, dit Francisque Berton, né le à Paris et mort le à Paris 16e, est un comédien français.

Biographie

Petit-fils du compositeur Henri Montan Berton, auteur d'Aline, reine de Golconde, Montana et Stéphanie, etc. Berton est entré, après de solides études au Conservatoire, comme élève de Samson, il débute, en 1837, dans l'École des maris, au Théâtre-Français, qu’il quitte, au bout de quelques années, pour le Vaudeville, où il joue dans la Jolie Fille du faubourg, avant de repasser à la Comédie-Française, où il aborde le rôle de Dorante du Menteur[1]. Bientôt appelé à Saint-Pétersbourg[a][b], où l’attendait l’héritage de Prosper Bressant, il obtient, pendant huit ans, de tels succès au théâtre Michel qu’il est rappelé à Paris aux conditions les plus brillantes[4].

Au Gymnase, où il entre à son retour, il succède de nouveau à Bressant, et devient rapidement, avec Rose Chéri, les étoiles d’une troupe comme aucun autre théâtre n’en possédait alors[5], contribue au succès d’un répertoire qui a fait la fortune du directeur de ce théâtre[4]. Arrivé au développement complet d’un talent qui ne demandait qu’à s’élargir, Berton aborde ensuite le drame et, après avoir quitté le Gymnase, se produit tour à tour sur toutes les grandes scènes du boulevard parisien, où son nom est bientôt devenu populaire, car il savait se rendre sympathique à toutes les classes de spectateurs, tout en conservant sa distinction native et en restant correct et élégant, et il était applaudi au balcon en même temps qu’au paradis[5].

Connu pour son caractère querelleur, passant d’un théâtre à l’autre, on le voit à l’Ambigu, dans le Drame de la rue de la Paix, à la Gaîté dans la Belle Gabrielle, à la Porte-Saint-Martin dans Patrie ! On le voit surtout à l’Odéon, où son talent se développe tout entier dans les créations du Marquis de Villemer, de la Conjuration d’Amboise, du Bâtard, etc[4].

En pleine possession de ses moyens et dans toute la plénitude de sa renommée, il préfère, au moment de la guerre de 1870, s’enfermer dans Paris, avec son fils Pierre, au lieu de trouver quelque brillant engagement à l’étranger. Tous deux s’incorporent dans la Garde nationale, il fait faction, sac au dos, sur le rempart. Faisant même partie d’une compagnie de marche, il a été plus d’une fois en sentinelle aux avant-postes[5]. Souvent, sans quitter l’uniforme, il se produisait dans les représentations organisées alors par les théâtres restés ouverts, au bénéfice des victimes de la guerre ou pour la fabrication des canons. Son concours, à ces représentations, consistait à lire l’Expiation, des Châtiments, de Victor Hugo[5].

Après le siège de Paris, Berton, dont l’âme patriotique était restée en quelque sorte accablée de l’immensité des désastres français, a peu joué, donnant ses dernières représentations, fin de 1872, époque où il ressent les premières atteintes d’une maladie mentale dont il ne devait pas guérir. Après avoir joué dans les Deux Reines, de Legouvé au Théâtre-Italien, il a été perdu pour le public. Une maladie mentale, dont rien n’a pu entraver les progrès, a détruit en quelques mois cette intelligence si artistique[6]. La raison le désertant peu à peu, il est mort, jeune encore, après une carrière de trente-cinq de théâtre, à la clinique du docteur Blanche, où sa folie l’avait fait conduire[c].

De la fille du sociétaire de la Comédie-Française, Joseph Samson, Julie Félicie Caroline Samson, romancière, il a eu un fils, Pierre, également comédien, et dramaturge[1]. À l’issue de ses obsèques, à l’église de Passy[8], il a été inhumé au cimetière de Montmartre.

Jugements

« Quiconque n’a pas entendu Berton lire l’Expiation, cette pièce d’une longueur et d’une difficulté inouïes, ne sait pas jusqu’où peut s’élever l’art de bien dire, quels effets peut produire la chaleur communicative d’un artiste convaincu[5]. »

— Charles Darcours

Iconographie

Le théâtre de l’Odéon conserve un Portrait de Francisque Berton dans le rôle du Prince de Condé, dans la pièce de Louis-Bouilhet "La Conjuration d’Amboise, dû à Adolphe Yvon.

Notes et références

Notes

  1. En Russie, où les moustaches étaient interdites aux comédiens, celles de Berton ont résisté à deux ukases de Nicolas Ier, qui les avait condamnées, sur les décisions des plus grandes dames de la cour[2].
  2. Berton a raconté, à son retour de Russie, qu’il avait été convoqué chez le ministre de la police, moins d’une heure après son arrivée, pour s’être exclamé : « Fichtre, il ne fait pas chaud ici ! » devant celui qui avait transporté sa malle à l’hôtel. À Berton qui lui disait : « je ne croyais pas avoir fait d’opposition en constatant que j’étais gelé », le ministre a répondu « en Russie, on doit toujours se borner à des réflexions intimes[3]. »
  3. Dans la maison de santé, Berton regardait les bateaux à vapeur filer le long du fleuve avec leur panache de fumée, de sa fenêtre donnant sur la Seine. Lorsque parfois, le sifflet de la vapeur se faisait entendre, il souriait tristement et disait : « Ainsi, voilà comment sont les camarades ! Ils envoient une cabale pour me siffler jusqu’ici[7] »

Références

  1. Gérome, « Mort de Francisque Berton », L’Univers illustré, Paris, Lévy, vol. 17, no 983,‎ , p. 54 (ISSN 2419-5839, lire en ligne sur Gallica).
  2. « Causerie parisienne », Le Derby, Paris, vol. 12, no 4,‎ , p. 3 (ISSN 2711-6344, lire en ligne sur Gallica).
  3. « Berton père… », L’Événement, Paris, vol. 3, no 657,‎ , p. 1 (ISSN 2781-4009, lire en ligne sur Gallica).
  4. « Berton », Le Petit Journal, Paris, vol. 12, no 4044,‎ , p. 3 (ISSN 2419-6215, lire en ligne sur Gallica).
  5. Charles Darcours, « F. Berton », Le Journal illustré, Paris, vol. 11, no 4,‎ , p. 3 (ISSN 3038-1339, lire en ligne sur Gallica).
  6. « Le théâtre… », Journal amusant, Paris, Aubert et Cie, vol. 27, no 908,‎ , p. 1874-01-24 (ISSN 2419-0497, lire en ligne sur Gallica).
  7. Jules Claretie, « Mouvement parisien », The Levant Times, Constantinople, vol. 7,‎ , p. 4 (lire en ligne sur Gallica) !
  8. « Aujourd’hui… », Paris, Paris, vol. 7, no 20,‎ , p. 3 (ISSN 2592-4494, lire en ligne sur Gallica)

Liens externes

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