Free party

Public devant le mur de son d'un sound system

Une free party, parfois écrit free-party (plus communément nommée free, teuf, ou tawa selon les régions et générations), est une réunion musicale festive, underground et contre-culturelle organisée par un collectif de bénévoles appelé sound system, durant laquelle est diffusée de la musique électronique, et pouvant réunir de quelques dizaines à plusieurs milliers de participants. Au-delà de la composante musicale qui est essentielle et tout à fait caractéristique, ces fêtes promeuvent une idéologie et des valeurs de liberté, de partage et d'autogestion, relayant des messages politiques forts et engagés.

Ces fêtes sont souvent organisées en dehors du cadre légal, sur des terrains squattés. L'engouement pour les free parties est tel qu'il a influencé d'autres soirées essayant d'en reprendre les codes, mais dans un cadre légal et apolitique (les soirées Possession à Paris ou "l'usine" à Genève par exemple).

Terminologie

L'usage du terme « free party » plutôt que du terme « rave party » est attribué au Spiral Tribe, un des collectifs anglais réputés pour avoir fait connaître la free party à travers l'Europe[1],[2].

La free party propose un accès gratuit ou sur donation, avec une absence d'encadrement ou de déclaration contrairement à la rave party, qui « désigne les fêtes techno déclarées, payantes et sécurisées »[3].

Le terme « son » désigne souvent le système de sonorisation en lui-même, comme dans l'expression « mur de son » qui désigne l'alignement d'enceintes diffusant la musique ou dans l'expression « poser du son » qui désigne l'action de mettre en place un tel système de sonorisation. Mais ce terme peut aussi s'employer comme synonyme francophone de « sound system » pour désigner l'ensemble des personnes participant à l'organisation de la free party. Utilisé dans ce sens, il peut aussi être synonyme de tribe (anglais pour « tribu »), terme qui met en avant l'organisation, comme le mode de vie tribal et communautaire souvent adopté par les participants. Selon les régions francophones, et les générations, une free party est également appelée simplement free, rave, teuf, ou tawa[4]. Les participants à de tels événements sont appelés teufeurs[5], ou par ambiguïté ravers. Au pluriel, on parle de free parties.

Le terme free ne doit pas être seulement entendu dans le sens de « gratuit » mais avant tout dans le sens de « libre » (comme en anglais). Ces fêtes tiennent à se démarquer des soirées « conventionnelles » que les organisateurs de free party considèrent comme du mercantilisme[6]. Elle porterait une vision utopique, une volonté d'émancipation des restrictions et des règles gouvernementales, une idéologie d'autogestion, de transgression de certaines règles (propriété privé, discriminations). Ces revendications permettrait d'expliquer la plus forte répression que subit ce mouvement par rapport à d'autres espace festif non déclarés[7].

La sonorisation est assurée par le sound system qui s'érige sous forme d'un « mur de son » (mur d'enceintes acoustiques qui peut parfois atteindre plusieurs mètres de longueur et de hauteur) et devant lequel officient les DJ. Dans une même fête, il peut y avoir plusieurs de ces sound systems. Le nombre de kilowatts (standard RMS) que le mur va générer et ses dimensions sont des éléments souvent préciser lors de l'annonce de la teuf. Plus le sound system sera important, plus la free-party aura d'importance et attirera de monde.

Histoire

Free party, vue d'ensemble (UK Tek, , Pays de Galles).

Les premières free parties voient le jour en , lors de la restriction de la vie nocturne anglaise instituée par Margaret Thatcher. Celle-ci interdit les rassemblements nocturnes au-delà de 2 h du matin, ce qui engendra une vague contestataire qui se traduisit par l'émergence de fêtes illégales. À cela s'ajoute un cadre socio-économique particulier, en effet le pays est alors en pleine crise industrielle. Bientôt les entrepôts et les usines abandonnés serviront de lieu de réunion pour toute une jeunesse désenchantée : c'est la naissance des warehouse parties (« fêtes de hangars »), à proprement dit les premières teufs[8].

Après l'émergence des parties acid house durant la fin des années 1980, 4 000 personnes[9] étaient attendues pour danser en free party. Ces événements étaient organisés chaque fin de semaine. Le bruit et les incidents qu'engendraient ces fêtes en milieu rural, comme Genesis '88, ont été dénoncés dans les médias de masse. Le gouvernement britannique sanctionne ces parties illégales de 20 000 £ et de six mois de prison[9]. En France, la première free party nommée Teknival, a été organisée en 1993 près de Beauvais[10]. Les interventions policières ont mené ces parties souvent illicites à être organisées en milieu rural. Le mot « rave » était utilisé pour qualifier ces fêtes semi-spontanées habituellement organisées hors du M25 Orbital et qui attiraient pas moins de 25 000 personnes[9]. C'est à cette occasion qu'un groupe du même nom, Orbital, a été fondé. Durant les années 1990, les raves commencent à devenir un phénomène mainstream. Dans les années 1989-1992[9], les personnes ayant voyagé pour participer aux premières raves tentent d'organiser leurs propres fêtes. Au milieu des années 1990, des compagnies majeures sponsorisent les événements et adoptent le style des free parties à des fins commerciales.

Au début des années 2000, le terme « rave » sert à désigner la communauté impliquée dans la musique électronique particulièrement en Europe. Certains européens s'identifient eux-mêmes comme des « clubbers » plutôt que des ravers. Le terme free party a été utilisé de temps à autre et peut être aperçu dans la vidéo de Spiral Tribe intitulée Forward the Revolution datant de 1992. Certaines communautés préféraient le terme de « festival », tandis que d'autres préféraient le terme « parties ». Depuis que des lois sont adoptées pour empêcher voir bannir l'organisation de ces fêtes illicites au Royaume-Uni, ces raves anarchiques sont organisées en Europe et en France, pays dans lesquels les lois donnaient au maximum l'organisation de 4 teknivals par an : deux dans le sud, et deux dans le nord.

Caractéristiques et composantes

Idéologie et valeurs

Free party à Cahors.

Les free party sont porteuses de valeurs et d'idéologies s'opposant au norme marchandes et normative du capitalisme. Ceci se retrouve par exemple dans le rejets des clubs et de leurs normes : code vestimentaire[11], sélection à l’entrée, horaires, soumission à la législation en matière de stupéfiants, l'entre-soi. Ces dimensions des clubs et autres espaces festifs encadrés sont reniées et remplacées par des pratiques alternatives comme la solidarité, le troc, la gratuité, la liberté d’entrée et de sortie, la diffusion de messages politiques engagés ou l'utilisation de psychotropes. Ces valeurs sont présentes chez un nombre significatif de participants[12]. Les festivals peuvent aussi être considérés comme des espaces de liberté, mais celle-ci est avant tout définie par une vision libérale de la liberté, c'est à dire une vision individualiste où les règles sont transgressées temporairement avant un retour à la quotidienneté du travail. Au contraire, les free party seraient porteuses d'une vision plus critique de la liberté, notamment du fait du mode de vie alternatif qui y est associé et qui sort du cadre du néolibéralisme. Pourtant cette idéologie néolibérale est aussi présente dans les discours de participants aux Free party, notamment via une vision de la liberté comme étant une simple transgression des règles[13]. La dimension collective de la fête est aussi une valeur centrale et caractéristique qui rivalise avec les fêtes commerciales. Celle-ci se manifeste par la participation du public à l’événement (pour le nettoyage, le montage, le soin, etc). Ce système social du don est une nécessité pour que les free party fonctionnent. Il peut atteindre ses limites lors de l'organisation de gros événements comme les teknival pour lesquels la participation d’institutions peut être considérée comme indispensable [14].

Flyer d'une free party du sound system des Amplithorynques.

La communication passe par des flyers qui ne citent que rarement le nom des DJ, privilégiant le nom des sound systems. Les DJ ne sont pas mis en avant sur une scène comme c'est le cas dans les rave party. Au contraire, ils sont souvent discrets, derrière la scène. Ceci peut être vu comme une forme de résistance à la marchandisation de la musique : les DJ ne sont pas hiérarchisés, posés en idoles ou utilisés comme objets publicitaires, la dimension collective est favorisée et la marchandisation de la musique est rejetée [15],[16]. Toutefois certaines logiques commerciales alternatives existent en particulier chez les travellers : bar improvisé, stands (produits de seconde main, ou fabriqués par des teufeurs), donations etc[15].

En tant qu'espace de rencontre physique entre des personnes partageant une conscience commune et qui génère des émotions, une free party peut être décrite comme un rituel[17]. La consommation de drogue, et la dimension psychédélique de la musique renforcent cette dimension.

Certain auteurs établissent un lien fort entre les free party et les espaces revendiquant un droit à la ville comme les ZAD/TAZ, les squats ou les modes de vie alternatifs[18],[12]. En effet, une free party est habituellement organisée dans un espace squatté. Leur caractère illégal et la répression forcent les free party à se faire discrètes. Le lieu — inhabituel pour une soirée : champs, forêts, massifs, grottes, bâtiments désaffectés — est tenu secret et n'est dévoilé qu'au dernier moment, de façon parfois très sommaire, et avec une logique de cooptation[12].

Musique et influences culturelles

La free party est née de la répression de la musique électronique (difficulté de trouver des lieux, stigmatisation de la musique, horaire de fermeture, etc). L'idéologie du mouvement se reflète dans la musique qui y est créée : une musique en marge des styles dominants où le bruit, le chaos à une place proéminente [19],[15].

« La clef, c’est le bruit – la vie est pleine de bruit – seule la mort est silencieuse ! Voilà pourquoi le bruit est banni de la radio, de la télé, des supermarchés, etc. Les fréquences moyennes font monter l’adrénaline dans votre corps. Lorsque les gens sont excités, en colère, emplis d’émotions, etc., ils font plein de bruit ! […] Les bruits d’émeutes suscitent des émeutes ! Le digital hardcore est une musique fonctionnelle, pas de la musique pop. Du combustible pour le feu[20]. »

Trois synthétiseurs utilisés pour produire de la musique.

Les « basses » et leur répétition sont aussi une caractéristique des genres diffusés en free party[19]. Ainsi, parmi les styles les plus représentatifs, on trouve la tekno, la hardtekno, la techno hardcore (breakcore, speedcore, acidcore…), la tribe, l'acid ou encore la mental, sous-genre de la tribe. Ces styles se différencient de la musique techno, house et trance quiintègrent plus d'éléments issus des musiques acoustiques[19] et qui sont plus réappropriés commercialement[15]. L'utilisation de samples graves aux séquenceurs, la dimension gratuite et aléatoire de bruit donne un penchant populaire à ces styles[19]. Ces styles dépourvus de mélodies et centrés sur le bruit encouragent l'apparition de nouveaux instruments sans claviers, comme l'influente TB 303[19]. Mais la free party est héritière de plusieurs autres cultures comme le punk, le reggae ou celle des soundsystem de Jamaique[21]. Ainsi on y trouve d'autres genres plutôt originaires de la culture afro-américaine comme la jungle, la drum and bass, la Bassline[12],[11] et aussi le hip-hop.

La musique est souvent mixée par les DJ sur des platines (avec des disques vinyles issus de productions pour la plupart libres de droits SACEM et distribuées via des réseaux alternatifs tels que la vente par correspondance ou de petits magasins spécialisés[réf. nécessaire]). Elle peut aussi être produite en direct comme le font les livers, et parfois avec des interventions vocales en direct pour accompagner le son (musiciens et rappeurs).

La culture musicale et l'esthétique des free party ont une influence culturelle internationale qui se propage dans les sphères mainstream de la société[22]. Par exemple, le gabber aux BPM plus rapides, et aux sonorités inspirées des jeux vidéo, sort du cadre des free party pour devenir une musique commerciale[15].

Culture nomade et hippie

Tekno traveller chargeant un camion au Czech teknival 2003.

Des liens sont établis entre la culture free party et les beatniks puis les hippies. Ils ont comme points communs d’être des mouvements contre-culturels, avec une forte influence de la musique et une dimension nomade[16]. La première rencontre de ces mouvements aurait eu lieu en 1989 au festival de Glastonbury. La répression de Margaret Thatcher serait un autre élément qui aurait lié ces deux cultures au Royaume-Uni, alors qu’elles n’étaient pas exemptes de dissensions[15]. Ainsi Spiral Tribe, rejeté d’Angleterre dans les années 1990, aurait associé le mouvement tekno à celui des travellers[16]. Ce sont des personnes vivant principalement dans des camions aménagés, leur grande mobilité leur permet de faire la tournée des divers teknivals et leur camions de transporter le matériel nécessaire à l'organisation des fêtes. Ils sont des figures emblématiques du mouvement free party[23]. On les appelle aussi Tekno Travellers[24]ou technomad [21]. Ceux-ci participent à une diffusion internationale du mouvement[16]. Pourtant Laurent Tessier considère que cette culture est surtout présente en Angleterre et en France[25].

Styles vestimentaires

Comme pour les autres contre-cultures, la free party est porteuse d'une esthétique vestimentaire. Crâne rasé, treillis, pantalon cargo, cette esthétique très militaire pourrait renvoyer à une idéologie extrémiste voire fasciste. Pourtant ces codes sont détournés (vêtements porté trop grands, déchirés), leur signification est distordue. Ainsi il s'agirait d'une rupture du mouvement par rapport aux champs institutionnels de l’armée et de l’usine qui aurait même une dimension thérapeutique [26].

Autres arts représentés

Décoration lors du FrenchTek 2014.

Dans son aspect de « fête libre », la free party laisse une part importante à diverses formes de création artistique. La décoration est une part importante et prend plusieurs formes : structures métalliques décorées, tentures, tags/graphes, sculptures, totems sur lesquels sont projeté des image (VJing). On y retrouve aussi les arts de rue, qui peuvent prendre la forme d'échassiers, de spectacles pyrotechniques improvisés ou non (cracheur de feu, jonglerie avec torches enflammées, bolasetc.) ou aussi des réalisations de tags en direct, ou plus rarement des concerts et des prestations de théâtre de rue[27].

Sociologie

Peu de données existent sur la répartition et sur le nombre de sound systems. En France, le Collectif des Sounds Systems — créé en 2001 pour s'opposer au projet de loi sur la sécurité quotidienne (LSQ) — dénombre en 2005 plus d'une centaine de groupes de sound systems possédant en commun un matériel de sonorisation destiné à être utilisé en free party[28].

En dehors d'un usage plus fréquent de drogues et d'une moyenne d'âge assez basse, les participants au fête techno (clubs, festival inclus) n'ont pas de caractéristiques sociologiques particulières par rapport au reste de la population[29].

Controverses

Le refus d'encadrement et les nuisances générées par le mouvement sont soumises à différentes critiques.

Propriété privée

L'usage de terrain privé sans autorisation est l'un des principaux enjeux. En effet ces événements ont lieu dans des espaces squattés : terrains agricoles, hangars, anciennes zones industrielles, terrains militaires, etc.[30],[18] Cet état de fait peut être considéré comme une critique du droit de propriété et comme une revendication à rendre accessibles (en terme de prix et de législation) et non marchands des espaces pour l'organisation d’événements festifs[12],[18], ce qui répondrait aux difficultés rencontrées pour trouver des espaces[25]. De manière plus générale, on peut aussi y voir une critique de la propriété intellectuelle qui résonne avec les autres valeurs du mouvement[30]. Les institutions étatiques ont essayé en 2002 de proposer des solutions mais les conditions d'accès aux terrains ont divisé le mouvement et cela n'a pas abouti[27],[31]. En 2010, de nouvelles négociations sont entamées mais le gouvernement se désengage[32]. La presse met souvent en avant la colère des agriculteurs et des propriétaires des terrains mais on ne trouve pas de rapports sur les dégâts objectifs.

Environnement

En 2018, les organisateurs d'une free party sont condamnés à 30 000 euros d'amende et à la confiscation de leur matériel pour avoir provoqué de graves dégâts écologiques dans la réserve naturelle de la Crau[n 1]. En 2021, deux associations environnementales soulignent l'impact néfaste des free party sur des espèces protégées en Bretagne, l'une d'entre elle reconnaît la nécessité de trouver des lieux adaptés[33].

Les nuisances sonores sont régulièrement évoquées dans les médias en particulier pour les habitants et plus rarement pour la faune [réf. nécessaire].

Drogues

La consommation de drogue est plus élevée dans les milieux électro que dans le reste de la population[34],[35],[29]. Il n'existe pas de donnée quantitative spécifique au free party. L'usage est varié et correspond à l'hétérogénéité des participants. Cet usage est associé à une forme de ritualisation, une approche collective d'une expérience qui s'écarte de la vie quotidienne[36]. Les risques associés à la consommation de drogue sont pondérés par la présence de stands de réduction des risques (RDR) où l'on trouve souvent des brochures de prévention notamment sur les drogues, la sexualité, la perte d'audition due au bruit, et éventuellement d'un espace de repos désigné sous le nom de « chill-out », souvent proche ou associé au stand RDR[27]. Parmi les associations de teufeurs ou d'usagers en France on peut citer ASUD, Preven'teuf, Spiritek, Techno+. On trouve ausse des ONG (en France Médecins du monde et Croix-Rouge).

Les free party sont moins dangereuses en terme de consommation de drogue que les fêtes commerciales, notamment du fait du développement des pratiques de RDR dans ce milieu. Malgré cela, les pouvoirs publics ne considèrent pas les stands de RDR comme des acteurs légitimes et les associent aux organisateurs des free party. Ainsi les stands de RDR subissent la répression de l'Etat[37].

Les principales drogues consommées sont le cannabis, le speed (amphétamine), les champignons hallucinogènes, l'ecstasy, le LSD, la cocaïne et la kétamine[38],[39].

Féminisme

Affichage lors d'un Teknival : « Seule la musique peut me toucher ».

La place des femmes est rarement étudiée dans le cadre des contre-cultures[17]. Ceci est donc aussi le cas dans le cadre des free party[40]. Les femmes seraient moins présentes en free party que en festival[40]. Des études mettent en avant la reproduction des rôles de genre dans les Free party, comme le manque de représentation des femmes DJ (malgré des améliorations notables), le travail social invisibilisé (gestion de conflits, charge mentale…) ou les violences sexistes et sexuelles. Ceci est aussi présent dans les autres événement musicaux et les autres indices suggèrent que malgré sa dimension contre culturelle la free party reflète la population générale en terme de rôle de genre [40],[17]. La danse en free party rompt avec ses normes traditionnelles, la danse n'est pas réservée aux femmes, la danse de couple n'est pas centrale. Néanmoins cela fait apparaître une nouvelle forme de violence masculine, comme la sexualisation de la danse. La consommation de drogue a également une dimension sexuée[17]. Les associations de réduction des risques (RDR) spécialisés se développent (Association Consentie, Association Redflag[41]) pour sensibiliser le public et les organisateurs aux violences sexistes et sexuelles[42].

Non-respect des mesures sanitaires

Lors du nouvel an 2021, à Lieuron (Bretagne), une free party réunit 2 500 personnes, dépassant largement le seuil sanitaire réglementaire et présentant un très fort risque de diffusion du virus dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la covid-19[43]. Elle a été l'occasion d'une forte répression, avec de très nombreuses contraventions — 1 645 verbalisations, dont 1 225 pour non-respect des gestes barrières[44] — sans que celle-ci ne produise pourtant de cluster[45], grâce à la prévention des organisateurs, la distributions de masques et de gel hydroalcoolique mise en place. Les six organisateurs poursuivis par la justice ont été relaxés en [46].

Répression

Le mouvement free party fait l'objet d'une répression par la mise en place d'un arsenal législatif, visant à empêcher la tenue de tels rassemblements.

Les observateurs remarquent fréquemment à ce sujet que les États préfèrent avoir une approche sécuritaire de la culture free, plutôt que de s'attacher au fait culturel qui y est associé[44],[47]. Cette répression peut être analysée comme forme de contrôle social et de normalisation d'une culture qui se démocratise [48].

Allemagne

En Allemagne, de manière générale mais avec quelques variations selon les Länder, participer à un rassemblement non autorisé peut conduire à une amende de plusieurs milliers d'euros[49].

Espagne

En Espagne, selon le cas, la participation à une free party peut conduire à une amende de 30 000 euros, voire 600 000 euros en cas de mise en danger (es) des personnes ou des biens[49].

France

En France, la répression tient principalement à des amendes et contraventions au civil.

Elle débute dès l'arrivée du mouvement free en France. Le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua signe en une circulaire intitulée « Les soirées raves : des situations à hauts risques »[50].

La première législation spécifique, tentant d'encadrer les free parties remonte à 2002, au travers du décret no 2002-887 « pris pour l'application de l'article 23-1 de la loi no 95-73 du et relatif à certains rassemblements festifs à caractère musical[décret 1]. » Dit « décret Vaillant »[décret 1], il est signé par le Premier ministre Lionel Jospin. Cette première réglementation avait pour objectif « d'accompagner » les free parties mais, selon Techno+, malgré une volonté gouvernementale initiale de « partir du principe que les raves doivent être autorisées, et non pas l’inverse » dans un discours du ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy[51], cette réglementation a été détournée pour devenir un outil répressif, empêchant l'organisation de fêtes légales, et menaçant les organisateurs de fêtes illégales[51]. Pour ces raisons l'association Technopol, association pour la défense, la reconnaissance et la promotion des cultures, des arts et des musiques électroniques, dépose un recours auprès du Conseil d'État mais il est rejeté[décret 2]. Le décret Vaillant est abrogé par le décret no 2011-1113 créant la partie réglementaire du code de la sécurité intérieure[décret 3] à date d'effet le , et remplacé par des dispositions similaires, prévues à la section II Rassemblements festifs à caractère musical du chapitre Ier du titre Ier du livre II de ce code ; néanmoins, cette modification fait passer du régime d'autorisation au régime de déclaration, dès lors que le festival dépasse 500 personnes, selon son nouvel article R. 211-3. En cas de non-respect de l'obligation de déclaration ou d'une interdiction, le matériel peut être saisi pendant une durée maximale de six mois selon l'article L. 211-15 du code de la sécurité intérieure[52]. L'encadrement réglementaire se poursuit avec plusieurs textes jusqu'en 2019[50].

Menant une enquête statistique, le média Mouvances libres établit par exemple que, sur quatre ans, entre début 2012 et fin 2015, sur 120 manifestations, 87,4 % se trouvent sous surveillance des forces de l'ordre ; dans 24,4 % des cas, cette présence se borne à une prise de contact avec les organisateurs. Dans 63 % des cas, la présence des forces de l'ordre implique la mise en place de contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants, 23,5 % avec une coupure du son, 7,6 % à des saisies de matériel, avec restitution dans la moitié des cas[53]. Les manifestations de soutien aux free parties et autres teknivals gardent comme mot d'ordre : « rien n'arrête un peuple qui danse[50]. »

En parallèle de l'appareil répressif, l'État a tenté la mise en place de médiateurs au niveau départemental, d'abord par l'instruction interministérielle du , renforcée par celle du relative aux mesures à mettre en œuvre dans le cas de rassemblements festifs de jeunes de type festivals (tout type de musique) ou de rassemblements festifs de type free party, puis celle du relative au « Dispositif national Jeunes et fêtes »[54]. Néanmoins, bien que les médiateurs disposent d'instructions et de guides accessibles au grand public[55], ce dispositif a peu de succès[56]. La coconstruction de ces dispositifs a marqué le pas en 2018, lorsque Freeform, association qui défend la culture des free parties et sert de médiateur entre les soundsystems et les pouvoirs publics, est sorti du dispositif ; dans le cadre des débats autour de l'organisation du teknival annuel, les débats n'ont pu aboutir, faute selon l'association d'une compréhension entre pouvoirs publics et monde de la free[57] :

« L’enjeu de cette année, c’est qu’on avait vraiment réussi à déplacer le questionnement au niveau politique, à se demander si l’important, c’était la légalité, ou le fait que le terrain d’entente corresponde à nos valeurs : pas de fouilles à l’entrée, la gratuité, les gens peuvent venir avant, etc… Et c’est là où on a vraiment un sentiment d’échec, que le gouvernement n’a pas su saisir la balle au bond. Là, on va se retrouver dans une idée de confrontation, où on revient au débat binaire légal/illégal, alors que notre idée c’est de développer le vivre-ensemble. Et à ce niveau-là il y a une vraie dégradation. »

La tension entre teufeurs s'est intensifiée après la mort de Steve Maia Caniço en , et plus encore après la free party de Redon le , en hommage à ce dernier. Après l'intervention de 400 gendarmes et plusieurs heures d'affrontement, la préfecture annonce qu'onze gendarmes sont blessés et qu'un homme de 22 ans a perdu la main[58],[59], arrachée par l'explosion d'une grenade[56]. Une « disproportion manifeste du recours à la force » selon Amnesty International[60],[56], dans des « conditions d'intervention contraires aux "principes de base des Nations unies" », selon Le Figaro, relayant le rapport d'Amnesty International, intitulé « Redon : Freeparty de la répression »[61]. En outre, la saisie s'est apparentée à une destruction du matériel, les CRS intervenant à coups de hache[62]. Dans un article de 2025, les étudiants du master 2 journalisme de Sciences Po Rennes constatent que les interdictions de free parties sont en augmentation, avec une multiplication par 2,4 de la durée des arrêtés d'interdiction en Bretagne entre 2023 et 2024[56].

Le , 500 teufeurs manifestent devant l'hôtel de ville à Brest, en Bretagne, pour dénoncer les interventions policières lors des free parties dans la région[63],[64].

L'amendement Mariani à la loi sur la sécurité quotidienne de 2001 demeure la principale base pour la répression des free parties[56] ; les free parties sont illégales dès lors qu'elles dépassent 500 personnes sans déclaration préalable, font par ailleurs l'objet du pouvoir d'interdiction du préfet, peuvent aboutir sur des amendes (contravention de 5e classe, contravention la plus lourde en droit français) assortie de la saisie du matériel de sonorisation pendant un maximum de six mois (peine complémentaire)[65].

Ces mesures répressives sont contestées par les organisateurs et les participants. Des manifestations ont lieu afin de faire connaître les enjeux de la culture free et les menaces de répression qui pèsent sur le mouvement, pointant une « volonté de criminaliser une culture alternative », à l'image de l'interdiction prise en par le préfet de l’Hérault qui a interdit les fêtes libres et le transport de matériel sonore pour toute l'année 2025[66]. Cet arrêté est contesté devant le tribunal administratif, mais la procédure peut prendre des années, à l'instar d'un arrêté similaire pris en 2016 dans le département de l'Aveyron, que le juge du tribunal administratif de Nîmes avait fini par annuler en 2018[67]. D'autres préfectures ont pris des arrêtés similaires en 2025, interdisant de tels rassemblements pour une période plus ou moins longue, pour deux mois en Ille-et-Vilaine, et en Aveyron pour toute la période estivale[56].

Des « manifestives » ont lieu dans plusieurs villes de France le , devant la menace de pénalisation des organisateurs de free parties que fait peser la Proposition de loi visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties déposée le par la député Horizons Laetitia Saint-Paul[66],[68]. Ces « manifestives » ont rassemblé plus de 20 000 personnes dans 23 cortèges[69], défendant le « droit fondamental à la fête », face au texte contre les free parties vu comme des espaces qui « se transforment souvent en lieux de dérapages » selon les promoteurs du projet de loi[69].

Toutefois, à la suite de la free party qui s'est tenue entre les et entre Fontjoncouse et Coustouge, dans le massif des Corbières, les débats ont été relancés quant à une éventuelle pénalisation de l'organisation de free parties[70]. La presse a en effet relayé l'émotion d'un territoire meurtri à la suite de l'incendie du massif des Corbières de 2025, pointant également la dégradation des espaces agricoles et naturels[71] ; la préfecture de l'Aude évoque un rassemblement « dangereux pour les participants et indigne pour les habitants », pour une free rassemblant 2 500 personnes en pointe, dans une zone Natura 2000[72]. La free party a mobilisé quatre unités des forces mobiles, engendré le contrôle de 1 800 personnes et 1 090 véhicules, aboutissant à 787 verbalisations et trois gardes à vue ; elle a aussi découlé sur des affrontements entre teufeurs et habitants[70],[72], certains venant avec des barres de fer et dégradant les véhicules des participants[71]. Il a fallu que les forces de l'ordre s'interposent entre fêtards et un groupe d'agriculteurs et de villageois, venus avec tracteurs et bulldozer[70].

En , le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a envisagé de faire de l'organisation de rave partys « un délit, et non pas seulement une contravention », citant la situation en Italie comme une référence[71]. En , un cortège « Tekno Party » défile dans Paris pour dénoncer la répression que subit le mouvement free[73]. Les arrêtés d'interdiction pris par les préfets sont courants, France 3 Occitanie évoquant une « chasse aux sound systems » en Ariège fin  ; l'arrêté préfectoral prévoit notamment que « la circulation de véhicules transportant du matériel de sonorisation, sound systems, amplificateurs » est également interdite dans de département sous peine de sanctions et saisie du matériel[74].

En , en Bretagne, une free party en marge des Transmusicales de Rennes réunissant plusieurs Sounds Systems attire plusieurs milliers de personnes dans l'entrepôt de l'ancienne usine Entremont à Carhaix. A la suite d'affrontements lors de l'évacuation un gendarme ouvre le feu sur un véhicule transportant deux personnes sortant du site. Une enquête est toujours en cours à ce jour[75].

La proposition de loi no 1133, déposée le par Laetitia Saint-Paul et les autres députes du groupe parlementaire Horizons et indépendants, arrive en devant le Parlement pour la séance de débat devant l'Assemblée nationale le [76]. Le texte prévoit de compléter le code de la sécurité intérieure par un arsenal renforcé de mesures et de sanctions contre les organisateurs de free parties et prévoit une peine pouvant aller jusqu'à six mois de prison et une amende de 30 000 euros contre le fait de « contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement » d'une free party, qu'elle soit interdite ou non déclarée[77].

Pour faire front contre cette proposition jugée attentatoire aux libertés individuelles, plusieurs DJ de renom — dont Laurent Garnier, Chloé, Manu le Malin, Rebeka Warrior, Pedro Winter, Barbara Butch, Ascendant Vierge, Jen Cardini, Acid Arab — des journalistes de plusieurs médias — Tsugi, Radio FG — ou des organisateurs d'événements — le Rex Club, le Glazart — signent le une tribune dans Libération : « Député·es, ne criminalisez pas les free parties ! »[78]. Puis ce sont plusieurs associations et collectifs qui se revendiquent comme « défenseurs de la fête libre » ont cosigné une tribune, publiée le dans le média Télérama, intitulée : « Répression des rave parties : “Une jeunesse qui danse n’est pas une menace, un corps qui danse n’est pas un ennemi »[79].

Tableau de suivi
Date de début Date de fin Lieu Département Affluence Intervention des forces de l'ordre Conséquences Sources
Dans les entrepôts d’une ancienne société de transport à Lieuron (« Maskarade ») 35 - Ille-et-Vilaine 2 500 personnes Oui 1 645 verbalisations, dont 1 225 pour non-respect des gestes barrières. Affrontements avec les forces de l'ordre, un véhicule des gendarmes incendié. Les organisateurs ont été relaxés en . [44],[46]
Redon 35 - Ille-et-Vilaine 1 500 personnes Oui ; intervention de 400 gendarmes Plusieurs heures d'affrontement, 11 gendarmes blessés, un teufeur a perdu sa main ; destruction du matériel par les CRS. [58],[59],[62]
Sur l'aérodrome de Pluguffan 29 - Finistère 15 000 personnes au cumulé Oui 83 personnes prises en charge par les services de secours, dont 14 ont été évacuées, dont une en état grave.
4 interpellations (3 pour détention de stupéfiants, 1 pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique).
[64]
Terrain privé à Jussas 17 - Charente-Maritime 100 personnes environ Oui Plainte du propriétaire du terrain ; interruption par l'arrivée des forces de l'ordre. [80]
Terrain agricole privé, Parnay 49 - Maine-et-Loire 10 000 personnes (presque) 200 personnes prises en charge par les urgences, 10 transportées à l'hôpital, décès d'un participant des suites de la consommation de stupéfiants ; verbalisations ; plainte du propriétaire du terrain ; trois organisateurs condamnés à 12, 15 et 9 mois de prison avec sursis et d’amendes allant de 1 000 à 2 000 euros. [81],[82],[83],[84]
Sur un terrain privé entre Recloses et Villiers-sous-Grez 77 - Seine-et-Marne 50 à 100 personnes Oui Une dizaine d’infractions (principalement pour conduite sous stupéfiants ou détention) entraînant des amendes forfaitaires délictuelles. [85]
Sur un terrain privé à Rouvroy-sur-Marne 52 - Haute-Marne 400 personnes Oui ; une cinquantaine de gendarmes Une cinquantaine d’infractions (notamment alcoolémie). [86]
Sur un terrain privé à Saint-Pierre-d'Exideuil, près de Civray 86 - Vienne 300 personnes environ Oui Contrôles routiers, stupéfiants, alcoolémie. [87]
Locaux désaffectés du cinéma le Cinéville, à Rennes 35 - Ille-et-Vilaine 100 personnes maximum (quelques dizaines) Oui Évacuation par les forces de l'ordre. Jets de projectiles, une policière légèrement blessée. Accusations d'agression des teufeurs par les videurs d'une boîte de nuit voisine. [88]
Sur les communes de Montvalent et Rocamadour 46 - Lot 10 000 personnes Oui Blocage des accès. [89]
Dans un champ de Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte 42 - Loire 600 personnes Pas d'incident. [90]
Entre Fontjoncouse et Coustouge, dans le massif des Corbières 11 - Aude 2 500 personnes Oui 787 verbalisations et trois gardes à vue à la suite du contrôle de 1 800 personnes et 1 090 véhicules ; évacuation par les forces de l'ordre ; dégradation d'espaces agricoles et naturels. [70],[71]
À proximité du col du Pignon, Aspres-sur-Buëch 05 - Hautes-Alpes 1 400 personnes Oui, 415 gendarmes (dont pilote de drone, équipe cynophile et section aérienne) Saisie du matériel. [91],[92]
Au pied d’une éolienne, aux confins des communes de Kergrist-Moëlou, Rostrenen et Plounévez-Quintin 22 - Côtes-d’Armor 400 personnes Oui 500 verbalisations au moins, saisie du matériel. [93]
Dans une carrière à Saint-Pierre-de-Chandieu 69 - Rhône 2 000 personnes Oui 1 300 verbalisations (tapage, usage de stupéfiants, infractions routières, détention d’armes et traversée illégale de voies ferrées) ; barrages routiers ; saisie et destruction du matériel (dont les platines). [94],[95]
Dans un pré au milieu d'un bois à Savigné-sous-le-Lude 72 - Sarthe 150 personnes Oui, une vingtaine de gendarmes 11 verbalisations (conduite sous l'emprise de stupéfiants ou en état d'ivresse, défaut de permis de conduire) ; évacuation dans le calme. [96]
Aux abords d'éoliennes à Allibaudières 10 - Aube 400 personnes Oui « Évacuation sans encombre ». [97]

Italie

En Italie, la loi a évolué après l'arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni. Après une soirée d'Halloween 2022, intitulée « Witchtek » qui a rassemblé 3 000 personnes et qui a été encadrée puis évacuée sans heurts par les forces de l'ordre, le nouveau gouvernement italien a « annoncé que la répression contre les free party ferait partie des priorités lors de son mandat », selon le média spécialisé Electro news[98].

L'organisation de free parties a été pénalisé (it) fin 2022, le décret-loi prévoyant des peines pouvant aller jusqu'à six années d'emprisonnement et plusieurs dizaines de milliers d'euros d'amende[71] pour les organisateurs ainsi que la saisie du matériel, et jusqu'à quatre ans de prison pour les participants[99]. Les organisateurs sont potentiellement soumis au régime de détention renforcé prévu par l'article 41-bis (it), normalement réservé aux terroristes et aux mafieux[99]. Des « peines de prison totalement disproportionnées », selon l'ancien journaliste et correspondant de Libération en Italie Éric Jozsef (it), interrogé par France Info[100], et qui a fait réagir jusqu'au secrétaire du Parti démocrate, Enrico Letta, pour qui « les raves n’ont rien à faire dans un tel texte »[101].

Toutefois, il était constaté en qu'aucune condamnation n'avait été prononcée[102] ; au cours des deux premières années après l'entrée en vigueur de la loi, il y a eu huit inculpations et aucune condamnation[49].

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, la répression de la culture free est quasi immédiate. Le Criminal Justice and Order Act (en) du « criminalise les rassemblements de plus de vingt personnes avec de la musique répétitive »[50]. Cette loi prévoit qu'en cas de refus de dispersion, les personnes récalcitrantes s'exposer à une amende et à une peine de prison allant jusqu'à six mois de détention[49].

Suisse

En Suisse, l'organisation de free parties fait l'objet d'une réglementation cantonale, qui peut être complétée par les réglementations de police[103]. Une free party sans autorisation préalable est illégale. Elle peut aboutir à des amendes et à une saisie du matériel[103]. Si la violation de domicile est retenue, cela peut aussi conduire à trois ans de prison[49].

L'organisateur de la free « Réveillon tekno » s'est ainsi vu condamné en sous huit chefs de condamnation, tenant à l'occupation illégale du terrain, et à la rémunération sans patente, l'organisateur ayant reçu des sandwiches et des bières « contre des dons », ce qui s'assimile à une rémunération[104]. Alors qu'il avait fait appel de la décision[105], les peines ont été aggravées en deuxième instance, en [106].

Notes et références

Notes

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    « Le tribunal correctionnel a aussi confisqué tous les sound systems saisis lors des contrôles de gendarmerie. Les prévenus ont également été condamnés à verser aux propriétaires des terrains et aux associations de défense de l'environnement un total de près de 30.000 euros de dommages et intérêts. »

Décrets

Références

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Voir aussi

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