Fulvio Testi

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Fulvio Savojano |
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Fulvio Testi né le à Ferrare et mort le à Modène est un poète italien du XVIIe siècle.
Biographie
Fulvio Testi nait à Ferrare le ; quelques années après il quitte cette ville avec son père, pharmacien, pour suivre à Modène son prince, dépossédé d'une partie de ses États. Il fait ses premières études chez les jésuites, à Modène et à l'âge de treize ans, il est envoyé à l'Université de Bologne, où il est admis à l'académie des Ardenti. Revenu au sein de sa famille, il obtient une place de commis dans les bureaux de César d'Este[1].
Il se rend à Rome où il fait la connaissance de Alessandro Tassoni et à Naples, pour connaître Giambattista Marino . Fulvio Testi, à l'âge de vingt ans, a déjà publié un volume de Rime. En 1617, il dédie la seconde édition de ses Rime à Charles-Emmanuel, duc de Savoie ; et comme ce prince était en guerre avec l'Espagne, il crut le flatter en se permettant des expressions peu mesurées contre l'ambition de la cour de Madrid. Cette liberté le fit reléguer par son prince dans une maison de campagne. Après onze mois d'exil, il obtint son rappel par une requête en vers ; et le duc de Savoie, pour le dédommager de ce qu'il venait de souffrir, le nomma chevalier de Saint-Maurice.
Il est envoyé auprès d'Urbain VIII puis ministre en Espagne où Philippe IV lui accorde une riche commanderie et le nomme chevalier de Saint Jacques. Son duc, François Ier, le comble également de fiefs et d'honneurs. Ayant quitté l'emploi de ministre et de secrétaire d'État, François Ier d'Este le nomme en Garfagnana gouverner des montagnards sur les Alpes tout en espérant être rappelé à Modène[1]. Il réapparaît brièvement en politique, en prenant part aux conférences de Castel Giorgio, d’Acquapendente et de Venise, pour la stipulation du traité qui devait terminer la guerre de Castro. En 1646, il entretient une correspondance secrète avec le cardinal Mazarin, et en accepter la nomination de secrétaire du protectorat de France à Rome. Une lettre de l’abbé de St-Nicolas, agent de la cour de France en Italie, finit entre les mains du duc de Modène qui fait arrêter Testi sur-le-champ. En , Testi est envoyé comme traître à la prison de Modène, où il meurt après sept mois d’emprisonnement.
François Ier d'Este en aurait ordonné le supplice mais sur la foi de Francesco Saverio Quadrio[2]un homme puissant, contre lequel le poète avait lancé une pièce satirique[3], ne serait pas étranger à la fin tragique de Fulvio Testi[1].
Dans le Mercure de Vittorio Siri, (t. 6, p. 295), on a les détails sur les derniers moments de ce ministre que le duc François Ier allait rendre à la liberté, lorsqu’on vint lui apporter la nouvelle de sa mort, arrivée le .
Dans sa lettre à Girolamo Graziani du , Jean Chapelain lui demande des détails sur la mort du comte Fulvio Testi, «ce grand et malheureux poète», ajoutant : «Le monde a parlé diversement de sa mort aussi bien que de la cause de sa disgrâce et de sa prison, ce qui me donne curiosité d'apprendre de vous le vray de ce qui s'en peut sçavoir, à condition toutesfois de le tenir secret, s'il vous importoit que la connoissance en demeurast supprimée.»[4]
Fabio Testi est inhumé dans la basilique San Domenico de Bologne[1].
Œuvres
Il nous reste de lui, des poésies diverses (Rime), parmi lesquelles des odes, écrites à l'imitation d'Horace, dont la Canzone adressée à Montecuccoli. Ses Œuvres choisies ont été publiées à Modène en 1817.

Lyriques
- Rime, Venise, 1613, in-12, et ibid., 1653, édition plus complète que les précédentes : elle contient, outre les différents morceaux lyriques, un drame intitulé L'Arsinda, ou la Discendenza de' Principi d'Este ; le premier chant d'un poème épique, qui a pour titre Costantino ; le commencement d'un second poème sur la Conquête des Indes, et une tragédie intitulée L'isola di Alcina.
- Poesie liriche, Modena, presso Giuliano Cassani, (lire en ligne)
- Opere scelte, vol. I (Poesie), Modena, Presso la Società tipografica, (lire en ligne)
Politiques
- L'Italia all'inuittissimo, e gloriosissimo prencipe Carlo Emanuel Duca di Sauoia, Torino, s.e., (lire en ligne). Ce petit poème, composé de quarante-trois stances, est excessivement rare, ayant été supprimé à la demande du gouverneur de Milan. Le poète y représente le malheureux état de l'Italie sous la domination espagnole. C'est un chef-d'œuvre de poésie.
- Ristretto delle ragioni che la serenissima Casa d'Este ha colla Camera apostolica, con le risposte di Roma, & contrarisposte per parte del serenissimo di Modena, s.e., s.l. 1643.
- Scritti inediti, Tip. Negri alla Pace, Ferrara 1838.
- Le filippiche e due altre scritture contro gli spagnuoli, (sous le pseudonyme de Fulvio Savojano), éd. F. Bartoli, Sonzogno, Milano 1902.
Lettres
- Opere scelte, vol. II (Lettere), Modena, Presso la Società tipografica, (lire en ligne)
- Lettere inedite in nome del duca Francesco I. a Francesco Sassatelli, luogotenente di Vignola, s.e., Modena 1841.
- « Lettere inedite », Memorie di religione, di morale e di letteratura, Modena, Real tip. Soliani, , p. 49-85 (t. XV) e 333-346 (t. XVI) (lire en ligne, consulté le ).
- Quattro lettere inedite del Conte Fulvio Testi, éd. A. Lazzari, Faenza, Conti, 1892.
- Lettere, 3 voll. (1609-1633, 1634-1637, 1638-1646), a cura di M.L. Doglio, Laterza, Bari 1967.
Notes et références
- (it) Marco Leone, « Fulvio Testi », sur treccani.it, (consulté le ).
- ↑ Storia della poesia, t. 2, p. 314.
- ↑ Cette Canzone (Ruscellello orgoglioso, etc.), est adressée au Montecucculi, auquel on prétend que le poète avait reproché, sous une allégorie, la bassesse de son origine et la fierté de son caractère. Tiraboschi a prouvé sans réplique que le personnage attaqué dans ces vers est le cardinal Antonio Barberini, qui avait cherché un asile en France contre les persécutions d’Innocent X.
- ↑ Jean Chapelain, Lettere inedite a corrispondenti italiani, Gênes, Di Stefano, (OCLC 3611552), p. 46.
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- « Testi (Fulve) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Fulvio Testi » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)
- P.L. Ginguené et F. Salfi, Histoire littéraire d'Italie, vol. 12, Paris, Michaud frères, (lire en ligne), p. 277-291
- (it) Luigi Fassò, « TESTI, Fulvio », dans Enciclopedia Treccani, Enciclopedia Italiana, Rome, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne)
- (it) Marco Leoni, « TESTI, Fulvio », dans Enciclopedia Treccani, vol. 95 : Dizionario Biografico degli Italiani, Rome, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne)
Sur les rapports de Fulvio Testi avec la littérature française, voir :
- (it) Cecilia Rizza, « L'influenza italiana sulla lirica francese del primo Seicento », Studi Francesi, vol. I, nos 2;3, , p. 264-270/432-436 (lire en ligne, consulté le )
- (it) Cecilia Rizza, « Sulla fortuna di Fulvio Testi nella Francia del secolo XVII », Lettere italiane, vol. IX, no 2, , p. 145-167 (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
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