Génocide du Timor oriental

Génocide du Timor oriental
Image illustrative de l’article Génocide du Timor oriental

Date l'occupation dura de 1975 à 1999, même si la plupart des assassinats furent perpétrés au cours des années 1970 et 1980.
Type Disparition forcée, genocide, représaille,famine, terrorisme d'état, viol de masse, internement, torture, exécution de masse, fusillade de masse

Le génocide du Timor oriental désigne la campagne de massacres systématiques, de répression et de terrorisme d'État menée contre le peuple timorais oriental par le régime du Nouvel Ordre indonésien entre 1975 et 1999, durant l'invasion et l'occupation du Timor oriental.

L'armée indonésienne a présenté ses opérations de répression insurrectionnelle comme des opérations de « pacification » et de « stabilisation anticommuniste » [1] tout en opérant en toute impunité et en se livrant à un extermination à grande échelle de la population du Timor oriental, y compris des massacres, de la déportation, la famine et la destruction du tissu social et politique du Timor oriental. Durant la période d’occupation, des forces étrangères comme l’Australie ou les États-Unis ont apporté un soutien militaire et diplomatique au gouvernement indonésien[2].

De nombreux travaux de recherche universitaire ont conclu que l'Indonésie avait perpétré un génocide au Timor oriental. Selon les bibliographies d’Oxford, « la majorité des sources considèrent les massacres indonésiens au Timor oriental comme constituant un génocide »[3]. De nombreux chercheurs, dont Ben Kiernan, qui a documenté les atrocités en détail, qualifient la campagne de génocide[4]. Cependant, d’autres chercheurs, comme Ben Saul et David Lisson, contestent l’utilisation de ce terme pour décrire la campagne, mais ne nient pas l’ampleur des atrocités commises[5],[6].

On estime que 60 000 à 308 000 Timorais orientaux sont morts des suites de l'occupation indonésienne, ce qui représente une part importante de la population du Timor oriental. Parmi les victimes figuraient des civils tués lors de massacres, victimes de famine forcée et de maladies dans les camps administrés par l'Indonésie. On dénombre aussi des victimes de torture et d'emprisonnement politique[7]. Ainsi, les résistants timorais et les civils ont été pris pour cible dans une campagne génocidaire coordonnée. L'indépendance du Timor oriental en 2002 est finalement intervenue après des années de résistance soutenue et de médiatisation internationale, mais l'Indonésie n'a jamais été tenue responsable du génocide qu'elle a commis[1].

Notes et références

  1. Southgate, « The Indonesian Invasion of East Timor », ASEAN Resistance to Sovereignty Violation,‎ , p. 25–70 (ISBN 978-1-5292-0220-5, DOI 10.1332/policypress/9781529202205.003.0002, lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  2. « East Timor truth commission finds U.S. "political and military support were fundamental to the Indonesian invasion and occupation » [archive du ], nsarchive2.gwu.edu, (consulté le )
  3. Payaslian, « 20th Century Genocides » [archive du ], Oxford bibliographies, Oxford University Press (consulté le )
  4. Ben Kiernan, War and State Terrorism: The United States, Japan, and the Asia-Pacific in the Long Twentieth Century, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-1-4175-0350-6), « War, Genocide, and Resistance in East Timor, 1975-99: Comparative Reflections on Cambodia »
  5. Saul, « Was the Conflict in the East Timor 'Genocide' and Why Does it Matter? », Melbourne Journal of International Law, vol. 2, no 2,‎ , p. 477– (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  6. Lisson, « Defining National Group in the Genocide Convention: A Case Study of Timor-Leste », Stanford Law Review, vol. 60,‎ , p. 1459
  7. Sidell, « The United States and genocide in East Timor », Journal of Contemporary Asia, vol. 11, no 1,‎ , p. 44–61 (DOI 10.1080/00472338185390041)
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