Géographie de la Guyane

Géographie de la Guyane
carte : Géographie de la Guyane
Continent Amérique du Sud
Coordonnées 4° N • 53° O
Superficie
Côtes 378 km
Frontières 1 183 km
Altitude maximale 851 m (Bellevue de l'Inini)
Altitude minimale 0 m
Plus long cours d’eau Maroni (520 km)
Plus importante étendue d’eau Lac de Petit-Saut (350 km2)

La Guyane occupe la partie septentrionale du continent sud-américain, entièrement située sur le plateau des Guyanes, au nord de l'équateur, par 53° de longitude Ouest et par 4° de latitude Nord.

Le plateau des Guyanes constitue la limite Nord de la région géographique, botanique et zoologique que constitue l'Amazonie et dont la Guyane en occupe la bordure océanique, étant longée par l'océan Atlantique.

La Guyane est ainsi recouverte à 97 % de son territoire par la forêt amazonienne, forêt équatoriale appelée forêt guyanaise, et jouit d'une biodiversité qui ne se retrouve dans aucune autre région française.

S’étendant sur 83 846 kilomètres carrés[1],[2], c'est la deuxième plus vaste région de France se situant après la Nouvelle-Aquitaine[3]. Elle est la seule collectivité française d'outre-mer de nature continentale[4].

Frontières

Ses frontières sont délimitées à l'est par l’Oyapock, à l'Ouest par le fleuve Maroni, au sud par la ligne de partage des eaux et au nord par l'océan Atlantique. La Guyane est entourée par le Suriname à l'ouest et le Brésil à l'est et au sud.

Au sud-ouest, un territoire de 6 000 kilomètres carrés est en litige entre la France et le Suriname. Le Suriname émet de faibles revendications ; la zone revendiquée depuis 1885[réf. souhaitée] et ayant déjà fait l'objet d'une médiation du Tsar Nicolas II[réf. souhaitée] de Russie dans les années 1890[réf. souhaitée] n'est pas incluse dans la superficie de la Guyane française. C'est une zone couverte par la forêt amazonienne, équivalente à la superficie d'un département français, et peuplée de quelques dizaines d'Amérindiens. Cette zone est administrée par l'armée et la gendarmerie française, et elle est souvent indiquée au niveau international sur les cartes officielles de la géographie du Suriname.

Les frontières ne font pas partie des cultures amérindiennes, qui ont une variété d'autres conceptions de l'organisation spatiale[5]. De nombreuses personnes amérindiennes et marronnes vivent sur les fleuves de manière transfrontalière[6].

Topographie

Le relief de la Guyane s'est modelé à partir d'un socle ancien bordé par une plaine littorale. L'essentiel de la région se trouve à une altitude comprise entre 100 et 200 mètres, signe d'une très ancienne évolution morphologique et géomorphologique qui explique la faiblesse des contrastes topographiques.

Deux grandes régions topographiques peuvent être distinguées :

  • la plaine côtière ou "terres basses" s'étend sur quelques dizaines de kilomètres de largeur depuis la bordure littorale de l'océan Atlantique et est longée de petites îles d'origine granitique qui, du nord-ouest au sud-est sont respectivement les îles du Salut, au large de Kourou, les îles de Rémire, face à Cayenne, et les îles du Connétable, au débouché du vaste estuaire de l'Approuague. Le littoral de la Guyane, qui fait partie de la Côte Sauvage de l'Amérique du Sud, s'étire du nord-ouest au sud-est sur 378 kilomètres de rivage et est peu découpé, étant ponctué par quelques caps (Pointe Isère au débouché de la Mana, Pointe Béhague au débouché de l'Approuague), échancré par les estuaires du Maroni, de la Mana et de l'Approuague et évasé au sud-est par la large baie de l'Oyapock. La plaine maritime de la Guyane représente environ 450 000 ha et bien qu'elle soit recouverte de marécages et de savanes, elle concentre l'essentiel de la population et des activités économiques du département. Il s'agit en fait d'une plaine alluviale, plus ou moins inondable, d'une altitude le plus souvent inférieure à 30 mètres;
  • les "terres hautes", par opposition à la plaine littorale, se développent sur le plateau des Guyanes par une ligne de dénivelés et représentent près de 95 % du territoire départemental. L'absence de mouvement tectonique depuis l'ère primaire et l'érosion importante qu'il a subie ont sculpté des formes communes de reliefs tabulaires, qui évoquent de loin les tepuys, comme ceux sculptés par le mont Itoupé, également appelé sommet Tabulaire au nom très évocateur, la montagne Machoulou, point culminant des monts Atachi-Bakka (780 m.), la montagne Kotika (730 m.) ou encore le massif du Mitaraka (690 m.). Par ailleurs, des structures géomorphologiques originales émergent des reliefs du plateau guyanais. Parmi ces dernières, la plus importante et caractéristique est une colline convexe qualifiée de "demi-orange", grossièrement circulaire, haute de plusieurs dizaines de mètres pour un diamètre supérieur au kilomètre. Ces demi-oranges, présentes en grand nombre, donnent aux terres hautes l'aspect d'une "mer" de collines.

Toponymie

Les noms amérindiens des lieux sont peu présents sur les cartes. Un projet du Parc amazonien de Guyane avec les Teko et les Wayãpi a permis de collecter une grande densité de toponymes. L'Institut national de l'information géographique et forestière a refusé de les intégrer dans ses cartes[7].

Climat

La Guyane bénéficie d'un climat équatorial humide. Ses variations sont liées aux oscillations de la zone de convergence intertropicale (longue zone de dépression), qui résultent du contact entre les anticyclones des Açores et de Sainte Hélène. Sa position proche de l’équateur et sa façade océanique lui confèrent une bonne stabilité climatique. La température annuelle moyenne est de 26 °C. Elle ne diffère en général que de 2 °C du mois le plus chaud au mois le plus froid. Les amplitudes sont faibles sur la zone côtière et un peu plus marquées à l'intérieur.

On distingue quatre saisons[8],[9]:

  • la grande saison des pluies, d'avril/mai à mi-août;
  • la grande saison sèche, de mi-août à novembre;
  • la petite saison des pluies, de novembre/décembre à janvier/février;
  • la petite saison sèche appelée aussi « petit été de mars » en février/mars.

Les mois les plus pluvieux sont mai et juin.

Au niveau mondial la Guyane est l'une des régions les plus humides au monde, les précipitations variant de 2 000 mm[réf. souhaitée] à 4 000 mm par an et au niveau de la disponibilité d'eau par rapport aux réserves d'eau elle est la troisième au monde après le Groenland[réf. souhaitée] et l'Alaska.[réf. souhaitée]

Hydrographie

L'hydrographie de la région est caractérisée par un réseau dense de zones humides ou périodiquement inondées, de cours d'eau (à méandres souvent, et aux berges densément végétalisées, entrecoupés de sauts ou chutes). Les précipitations abondantes, la structure des terrains et l'imperméabilité du sol expliquent la densité et la configuration de ce réseau hydrographique.

Les grands fleuves que sont le Maroni, l'Oyapock, l'Approuague le Mana et le Sinnamary sont les axes de pénétration à l'intérieur du pays. Cependant, la navigation moderne est rendue difficile par la présence de sauts et de rapides infranchissables, en basses eaux, sans transbordement. Le barrage de Petit-Saut a fortement modifié l'hydrographie d'une partie du bassin du Sinnamary.

L'île de Cayenne, isole un espace original dans la Guyane. Étant bordée par l'océan Atlantique au nord, elle est cernée par trois rivières qui l'individualisent du reste du continent. Elle regoupe les villes de Cayenne, Matoury et Rémire-Montjoly formant une agglomération urbaine.

Géologie

La Guyane se situe sur le plateau des Guyanes qui s'est constitué dans des terrains encaissés qui ont disparu sous l'action de l'érosion, ne laissant que quelques lambeaux métamorphisés au contact des plutons granitiques. On trouve aujourd'hui deux ensembles géologiques : des formations sédimentaires récentes et des formations précambriennes.

L'absence de couverture sédimentaire, érodée au cours du temps, laisse affleurer les formations précambriennes qui ont chacune leur forme de relief caractéristiques: "collines en amandes" pour les schistes de l'Orapu, semis de collines identiques de même hauteur et à pentes convexes pour le granite guyanais. Outre une influence sur l'exploitation forestière (peuplements, accessibilités...), la géologie explique la richesse en divers minerais (or, bauxite, tantalite...) à la base des activités minières de Guyane, comme l'orpaillage.

Végétation

La Guyane est couverte à 98 % d'une forêt équatoriale[10] appelée forêt guyanaise. Celle-ci a connu une légère réduction en superficie entre 1990 et 2010.


La déforestation touche environ 3000 hectares par an, dont 1500 à 2000 hectares par an pour les espaces agricoles, 800 à 1000 hectares par an pour l'orpaillage clandestin, et 400 hectares par an pour les infrastructures (routes, urbanisation, etc.)[11].

Réserves naturelles

Il existe sept réserves naturelles : la réserve naturelle nationale des Nouragues, la réserve naturelle nationale de Trinité, la réserve naturelle nationale de l'île du Grand Connétable, la réserve naturelle nationale des marais de Kaw, la réserve naturelle nationale de l'Amana, la réserve naturelle nationale du Mont Grand Matoury et la réserve naturelle régionale de Trésor.


Le territoire compte aussi le Parc Naturel Régional de Guyane (PNRG) et le Parc amazonien de Guyane (PAG), plus grand parc national français par sa superficie.

Éléments géographiques

Montagnes

Fleuves et rivières

Le fleuve Kourou
  • Maroni, frontière naturelle avec le Suriname, est aussi un lieu de passage et d'échanges entre les populations d'origines amérindiennes ou africaines, les Bushinegues — littéralement, les noirs des forêts — installés sur l'une ou l'autre des rives du fleuve.
  • Oyapock, frontière naturelle avec le Brésil

Îles

L'île Saint-Joseph vue depuis l'île Royale

Communes

La Guyane compte 22 communes. Les principales agglomérations sont situées en bord d'océan. Les trois plus grandes sont :

  • Cayenne, ville historique au passé colonial original, a été établie originellement vers la seconde moitié du XVIIè siècle avec l'édification du fort Cépérou, sur le bord de l'océan Atlantique. Puis, au siècle suivant, la ville a tourné le dos à l'océan et été typiquement organisée selon un plan urbain en damier. Elle s'est organisée autour de la place des Palmistes d'où convergent les avenues principales telles que l'avenue De Gaulle, l'avenue Pasteur, la rue Lalouette. Cayenne concentre les activités de commandement administratives, judiciaires et financières ainsi que les équipements tertiaires et médicaux de par son statut de préfecture. De ce fait, elle est au cœur de la première agglomération urbaine de la Guyane avec plus de 126 500 habitants.
  • Kourou, avec plus de 24 400 habitants, est devenue une ville moderne depuis la décennie des années 1960. Établie à l'origine près du rivage de l'océan Atlantique, la ville a développé des installations portuaires sur l'estuaire du fleuve Kourou qui y abritent un port manutentionnaire pour les cellules et éléments de fusées et un port de plaisance. Située à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Cayenne, la ville est avant tout, un important centre d'emplois, étant considéré comme la locomotive économique de toute la Guyane grâce à ses fonctions urbaines modernes (hôpital) et sa fonction universitaire (IUT, Ecole d'ingénieurs), du fait surtout de l'implantation du Centre Spatial Guyanais pour l'Europe et de son futur statut de pôle international avec l'accueil de Soyouz.
  • Saint-Laurent-du-Maroni, deuxième ville de la Guyane avec près de 52 000 habitants, sous-préfecture et centre de la 2e circonscription, est un port fluvial sur la rive droite de l'estuaire du fleuve Maroni. Ancien pénitencier agricole fondé en 1858, puis le plus grand bagne de France actif jusqu'en 1944, la ville a définitivement tourné le dos à son passé bagnard, en aménageant son vaste centre pénitencier en un site culturel de grand intérêt historique. Ville transfrontalière avec le Surinam, notamment avec la cité voisine d'Albina que sépare le fleuve, elle est devenue un actif centre d'échanges et de commerces et un grand lieu de marché exotique, favorisée par le multiculturalisme, à l'origine de son dynamisme urbain. Elle est haussée au rang de pôle d'influence dans toute la partie ouest de la Guyane.

Voies de communication

Notes et références

  1. Christiane Taubira, « Question n°47507 à M. le ministre de la défense sur la superficie de la Guyane », sur questions.assemblee-nationale.fr, (consulté le )
  2. « La cartographie et le suivi régulier des forêts ultramarines à l'heure des priorités », IGN Magazine, Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), no 88,‎ , p. 18/32 (lire en ligne [PDF], consulté le ) :

    « La guyane - Superficie : 83 846 km2 »

    .
  3. Bruno Delsol (dir.), Direction générale des collectivités locales, Les collectivités locales en chiffres - 2016, Paris, Direction générale des collectivités locales, , 113 p. (ISBN 978-2-11-138893-2, lire en ligne [PDF]), p. 90
  4. Marion Tours, « Guyane : petite leçon de géographie », sur Le Point, (consulté le )
  5. Éric Glon, « Une approche géographique des lignes au pays des textures. L’exemple de Camopi en Guyane: », L'Information géographique, vol. Vol. 87, no 3,‎ , p. 48–62 (ISSN 0020-0093, DOI 10.3917/lig.873.0048, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Fabio Santos, « Re-mapping Europe. Field notes from the French-Brazilian borderland », InterDisciplines. Journal of History and Sociology, vol. 8, no 2,‎ (ISSN 2191-6721, DOI 10.4119/indi-1050, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Matthieu Noucher, « The Place Names of French Guiana in the Face of the Geoweb: Between Data Sovereignty, Indigenous Knowledge, and Cartographic Deregulation », Cartographica: The International Journal for Geographic Information and Geovisualization, vol. 55, no 1,‎ , p. 15–28 (ISSN 0317-7173 et 1911-9925, DOI 10.3138/cart-2018-0027, lire en ligne, consulté le )
  8. Cnes CSG - La Guyane en bref
  9. Région Guyane : Région Française en Amazonie, économie, aménagement du territoire et développement durable
  10. Rémy Louis Budoc, « Quelle place pour la Forêt amazonienne dans le développement territorial guyanais ? », Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement. Territory in movement Journal of geography and planning, no 36,‎ (ISSN 1954-4863, DOI 10.4000/tem.4295, lire en ligne, consulté le )
  11. Institut Géographique National, « L’évolution de l’occupation des sols, Magazine, Guyane française », Magazine, Guyane française, no 80,‎ octobre - novembre - décembre 2015, p. 19-23

Bibliographie

  • E. Aubert de la Rüe, Reconnaissance géologique de la Guyane française méridionale, 1948-1949-1950, Office de la recherche scientifique d'Outre-mer, 1953, 127 pages
  • Matthieu Noucher, Laurent Polidori et Hilary Dyer, Atlas critique de la Guyane, CNRS Éditions, (ISBN 978-2-271-13213-0)
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