Günther Zainer
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Günther Zainer (ou Zeyner ou Zeiner) (c. 1430 - 1478) est le premier imprimeur d'Augsbourg, où il est actif de 1468 jusqu'à sa mort. Il a produit environ 80 livres, dont deux éditions allemandes de la Bible et le premier calendrier imprimé.
Venu de Strasbourg, il a imprimé entre 1472 et 1476 trois grands ouvrages d'instruction morale. Il a aussi imprimé le premier grand livre illustré, La Légende dorée de Jacques de Voragine, en deux volumes illustrés par 131 gravures sur bois (1471-1476).
Johann Zainer (de), le premier imprimeur d'Ulm, était probablement son frère.
Biographie
Originaire de Reutlingen, Günther Zainer est apparenté à Johann Zainer (de), imprimeur à Ulm, peut-être son frère[1],[2],[3].
Il aurait étudié à l'université de Heidelberg en 1462[2].
En 1463, il épouse Agnes Krieg à Strasbourg et exerce les métiers d'artiste peintre et d'orfèvre dans cette ville[4]. Il y apprend probablement l'imprimerie auprès de Johannes Mentelin[2],[a].
Prototypographe, Zainer s'installe à Augsbourg en 1467, où il fonde la première imprimerie en 1468[5], et dont on sait que la première impression datée est du [2],[6]. Il devient bourgeois de la ville en 1472[2]. Il est l'un des imprimeurs de la nouvelle imprimerie de l'abbaye Saint-Ulrich-et-Sainte-Afra d'Augsbourg.
Günther Zainer meurt à Augsbourg le [2],[4].
Œuvres
On sait que Zainer a imprimé environ 80 livres, la plupart destinés au clergé. Il a également imprimé des ouvrages populaires en allemand, des traités de construction et de médecine, ainsi que des calendriers[6].
En 1468, les Méditations sur la vie du Christ (en) furent le premier livre imprimé connu de Zainer. L'année suivante, son ouvrage Joannis de Balbis de Janua summa quae vocatur Catholicon est remarqué[3].
L'édition allemande de la Legende dorée de Jacques de Voragine est le premier ouvrage illustré qu'il imprime. En 1471-1472, Zainer réalise la première édition imprimée du très populaire La Vie des Saints (en)[7].
Zainer publie en 1472 les Etymologiae d'Isidore de Séville[b]. Vers 1475, il imprime une édition allemande de la Bible, suivie d'une seconde édition en 1477[4].
Les éditions de Günther Zainer sont d'une grande qualité, tant au niveau du papier que de l'impression et des caractères typographiques : selon Steiff, « la beauté et la taille des caractères, la netteté de l'impression et la qualité du papier blanc épais, aux larges marges, placent les publications de Zainer parmi les plus belles productions de l'époque des incunables »[4]. Il se distingue aussi pour orner abondamment — « voire excessivement » —, ses estampes de décorations picturales, faisant de lui un pionnier en la matière, quoique ses gravures sur bois ne soient pas d'un grand intérêt artistique[4]. Il est par la suite contraint d'abandonner cette pratique par décision de justice suite à une plainte déposée par des graveurs locaux[5].
32 livres illustrés et feuilles volantes, totalisant 100 illustrations, témoignent de son intérêt pour la décoration. Sa première Bible allemande est ornée de 73 initiales. On retrouve également une marque d'imprimeur dans son œuvre (dans la Bible de 1477) : dans un cadre élégant, un homme sauvage tient un blason orné d'un lion couronné ; une massue gît au sol[4].
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Initiale tirée de la Bible allemande, imprimée par Zainer à Augsbourg en 1477. -
Liste imprimée des œuvres imprimées par Zainer, vers 1480. -
Premier exemple imprimé d'une carte classique en T et O (par Günther Zainer, Augsbourg, 1472), illustrant la première page du chapitre XIV des Etymologiae d'Isidore de Séville. Elle montre les continents comme domaines des fils de Noé : Sem (Sem), Iafeth (Japhet) et Cham (Cham). -
Gravure sur bois ancienne représentant un saint agenouillé devant trois femmes, par Zainer, vers 1473.
Notes et références
Notes
- ↑ Et nom à l'imprimerie Johann Fust et Peter Schoeffer de Mayence, comme on le pensait préalablement (par exemple dans Meyers Konversations-Lexikon 1890, p. 826)[4].
- ↑ Steiff signale qu'il a été réfuté (une information notamment publiée dans Meyers Konversations-Lexikon 1890, p. 826) que Günther Zainer fût l'introducteur en Allemagne les caractères romains (Antiqua) avec cet ouvrage[4].
Références
- ↑ (en) S. H. Steinberg, Five Hundred Years of Printing, Penguin Books, , p. 53-56.
- « Notice de Günther Zainer », sur catalogue.bnf.fr (consulté le ).
- Meyers Konversations-Lexikon 1890, p. 826.
- Steiff 1898, p. 673.
- Brockhaus et Efron 1903, p. 789.
- Steiff 1898, p. 672.
- ↑ (en) Marianne E. Kalinke, The Book of Reykjahólar : The Last of the Great Medieval Legendaries, Toronto, University of Toronto Press, , p. 4.
Bibliographie
- (ru) Brockhaus et Efron, « Цайнер, Гюнтер », dans Dictionnaire encyclopédique Brockhaus et Efron [« Zeiner, Gunther »], vol. XXXVII : Ходский — Цензура, (lire sur Wikisource), p. 789.
- (de) Karl Falkenstein, Geschichte der Buchdruckerkunst in ihrer Entstehung und Ausbildung, Leipzig, 1840, p. 157.
- (de) Frits Funke, Buchkunde, Munich-Pullach, 1969, p. 86, 164, 226, 228.
- (de) Günter Hägele et Melanie Thierbach, Augsburg Macht Druck : die Anfänge des Buchdrucks in einer Metropole des 15. Jahrhunderts, Augsburg, Universität Augsburg, (lire en ligne [PDF]).
- (en) Arthur Mayger Hind, « Augsburg-Günther Zainer », dans An introduction to a history of woodcut: with a detailed survey of work done in the fifteenth century, New York, Dover, (ISBN 0-486-20952-0, lire en ligne), p. 286-293.
- (de) Karl Steiff, « Zainer, Günther und Johannes », dans Allgemeine Deutsche Biographie, vol. 44, Leipzig, Duncker & Humblot, (lire sur Wikisource), p. 672–674.
- (de) « Zainer (Zayner, Tzainer, Czeiner), Günther und Johann », dans Meyers Konversations-Lexikon, vol. 16, (lire sur Wikisource), p. 826.
Liens externes
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