GW230529

GW230529
Distribution de probabilité des paramètres de GW230529
Distribution de probabilité des paramètres de GW230529
Détection
Date de détection
Publication des résultats
Détecté par LIGO Livingston
Données
Source Coalescence trou noir-étoile à neutrons
Masse principale 3,6+0,8
−1,2
 M
Masse secondaire 1,4+0,6
−0,2
 M
Masse totale 5,1+0,6
−0,6
 M
Masse chirp 1,94 ± 0,04 M
Spin principal 0,44+0,4
−0,37
Spin effectif 0,10+0,12
−0,17
Décalage vers le rouge (z) 0,04 ± 0,02
Distance de luminosité 201+102
−96
 Mpc
Rapport signal sur bruit 11.5


GW230529 (ou GW230529_181500) désigne un signal d'ondes gravitationnelles observé par le détecteur LIGO-Livingston le . Survenu alors que les détecteurs LIGO-Hanford et Virgo étaient hors-ligne, il a tout de même été détecté et rapporté 16 s après que le signal a atteint les détecteurs[1],[2],[3].

Source

Le signal est issu de la fusion de deux objets compacts. Le moins massif, avec une masse entre 1,2 et 2,0 M, est une étoile à neutrons. La nature du plus massif, entre 2,4 et 4,4 M, est moins claire ; bien qu'il s'agisse très probablement d'un trou noir, la possibilité qu'il soit une étoile à neutrons n'est pas exclue.

Le système est situé à 201+102
−96
 Mpc de la Terre, correspondant à un décalage vers le rouge de 0,04 ± 0,02[2].

Détection

GW230529 a été détecté uniquement par le détecteur LIGO-Livingston, LIGO-Hanford étant hors-ligne au moment de l'arrivée du signal. Le détecteur européen Virgo n'était pas opérationnel durant cette période. KAGRA, un détecteur japonais, était en ligne, mais sa sensibilité n'était pas suffisante pour une détection. L'évènement a été identifié par trois chaînes d'analyse à faible latence, GstLAL, PyCBC et MBTA, avec un rapport signal sur bruit autour de 11.5[2].

Intérêt scientifique

La détection d'une fusion d'un trou noir et d'une étoile à neutrons ("NSBH") revêt un intérêt particulier, ce type d'évènement étant encore rare (GW230529 étant seulement le troisième NSBH confirmé). Ces détections permettent ainsi de réévaluer les taux de tels évènements, encore mal connus[2].

Cet évènement a de particulier que son objet le plus massif reste très léger comparé aux observations habituelles de trous noirs. De plus, il est théorisé que les objets d'une entre 3 et 5 M sont rares. En effet, les étoiles à neutrons peuvent difficilement avoir une masse supérieure à 3 M, leur équation d'état interdisant des objets plus massifs. A l'inverse, la formation de trous noirs lors d'une supernova ne permet pas d'en former avec des masses en dessous de 5 M. L'observation d'un objet avec une masse dans ce "trou" pose donc la question de sa formation ; elle appuie également les observations d'évènements précédents comme GW190814, qui supportaient également ce type d'objet. Les possibilités de formation incluent la retombée de gaz suite à une supernova, l'accrétion de gaz externe sur une étoile à neutrons, ou une fusion précédente entre deux étoiles à neutrons[2],[4],[5].

GW230529 a aussi été utilisé pour réaliser des tests de la relativité générale, permettant notamment de tester les modèles avec des objets relativement légers[6].

Notes et références

  1. « GraceDB | S230529ay », sur gracedb.ligo.org (consulté le )
  2. A. G. Abac, R. Abbott, I. Abouelfettouh et F. Acernese, « Observation of Gravitational Waves from the Coalescence of a 2.5–4.5 M Compact Object and a Neutron Star », The Astrophysical Journal Letters, vol. 970, no 2,‎ , p. L34 (ISSN 2041-8205 et 2041-8213, DOI 10.3847/2041-8213/ad5beb)
  3. Observatoire de Paris-PSL- Centre de recherche en astronomie et astrophysique, « GW230529 : Observation de la fusion d'une étoile à neutrons et d'un objet compact inconnu », sur Observatoire de Paris - PSL - Centre de recherche en astronomie et astrophysique, (consulté le )
  4. Jin-Ping Zhu, Rui-Chong Hu, Yacheng Kang et Bing Zhang, « Formation of GW230529 from Isolated Binary Evolution », The Astrophysical Journal, vol. 974, no 2,‎ , p. 211 (ISSN 0004-637X et 1538-4357, DOI 10.3847/1538-4357/ad72f0, lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Justin Janquart, David Keitel, Rico K L Lo et Juno C L Chan, « What is the nature of GW230529? An exploration of the gravitational lensing hypothesis », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 537, no 2,‎ , p. 1001–1014 (ISSN 0035-8711 et 1365-2966, DOI 10.1093/mnras/staf049, lire en ligne, consulté le )
  6. Elise M. Sänger, Soumen Roy, Michalis Agathos et Ofek Birnholtz, Tests of General Relativity with GW230529: a neutron star merging with a lower mass-gap compact object, (DOI 10.48550/arXiv.2406.03568, lire en ligne)
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