Gaëtan-Octavien Souchet d'Alvimare
Gaëtan-Octavien Souchet d’Alvimare ou Alvimart à Versailles et mort le à Paris est un officier, aventurier, espion, peintre et écrivain français.
Famille
La famille Souchet est originaire d'Épernay où les ancêtres ont été huissier, sergent-royal, greffier jusqu'à François Octavien receveur des Finances de Montauban 1670 qui épouse en 1658 Elisabeth d'Alvimare fille de François, receveur général à Montauban. Leur fils Octavien sera conseiller secrétaire du roi en la chancellerie près le Parlement de Grenoble, receveur du Change à la monnaie de Paris, fermier général des poudres et Conseiller secrétaire du Roy en la chancellerie près le Parlement de Grenoble, receveur du Change à la monnaie de Paris, fermier général des poudres et salpêtres. La famille d'Alvimare est originaire du pays de Caux [1].
Il nait à Versailles le . Son père Octavien Souchet d’Alvimart, major de l’école militaire de Paris, lieutenant-colonel des dragons de la reine est après sa retraite gouverneur des Pages du Roi Louis XVI. Sa mère Joséphine Geneviève Dupont est la fille de Gaëtan Lambert Dupont avocat en Parlement, conseiller secrétaire du roi, conseiller d'Etat et trésorier en 1752 puis intendant du Prytanée national militaire [2].
Il avait deux frères cadets, l'un, Louis (1772-1836), qui devint colonel du 1er régiment de la garde royale, dit le comte d'Alvymare, maréchal de camp (H ), gentilhomme honoraire de la chambre du roi Charles X, créé baron héréditaire par lettres-patentes du , l'autre, Alphonse officier d’artillerie et aide de camp de son oncle le général Desbrulys
Sous la Révolution, la famille est obligée d’émigrer, le père ayant été guillotiné le pour avoir appelé l’uniforme des gardes nationaux un habit de singe.
Blason
D'argent au chevron d'azur, accompagné de trois merlettes de sable
Carrière
En il entre à l’école militaire de Paris ou Napoléon Bonaparte arrive fin octobre.
En 1788 il intègre les dragons de la reine comme sous-lieutenant de remplacement mais doit fuir après avoir tué un officier en duel. Sous-lieutenant au Régiment de Dillon (), lieutenant (), il passe au service de l'Angleterre le . Capitaine en Jamaïque (). Il est blessé, fait prisonnier et déporté vers les États-Unis en 1796. Il s'échappe et rejoint à nouveau les Britanniques en Jamaïque.
En 1795 à Londres il est présenté à l’ambassadeur du Sultan, par l’ambassadeur de Suède, relations de son père à Versailles, qui lui offre un commandement dans l’armée turque pour combattre les Russes[3]. Il est envoyé à Anapa pour accroitre les fortifications puis quitte le service turc et visite la région jusqu’en Perse.
Après diverses péripéties il se trouve en Égypte quand Bonaparte débarque à Alexandrie. Il est alors en prison depuis 7 jours à Rosette les Egyptiens s’étant inquiétés de sa présence. Libéré il demande à rencontrer son ancien condisciple qui lui propose d'intégrer la mission scientifique et artistique qui accompagne l'expédition militaire, mais il refuse préférant retourner dans l'armée et rentre en France. Il sert d'abord en Vendée, puis en Suisse sous les ordres du général Jacques Nicolas Gobert. Il est nommé capitaine de cavalerie et officier adjoint d'état-major le . Il participe à la campagne d'Italie dirigée par Bonaparte et se distingue lors de la bataille de Marengo. Il est promu chef de brigade par Masséna () et confirmé chef d'escadron () pour prendre rang du .
Il participe à l' Expédition de Saint-Domingue en tant qu'aide de camp du général Boyer () puis est attaché le au général Leclerc. Dalvimart, entre autres affaires, fut chargé de recruter des animaux pour la ménagerie du Jardin des Plantes. Le gouverneur de Carthagène le fournit en animaux exotiques et Norvins souligne “Dalvimart était un diplomate l’épée au côté, d’autant plus qu’à un esprit très pénétrant et à des formes agréables il joignait un caractère armé de pied en cap”
Rochambeau qui remplace Leclerc l’envoie faire différents missions à Caracas, La Havane dans le but d'obtenir des secours pour cette expédition, muni d'une lettre officielle datée du et au nouveau Mexique. Soupçonné de s'être enrichi illicitement en 1803, il est arrêté et emprisonné, mais il est déclaré innocent peu après. Rochambeau l'intègre alors, en tant que chef de bataillon, à son état-major () pour ses faits d'armes. Blessé par une balle à la cuisse droite lors de l'assaut du fort de la Paix à Saint-Domingue (), il retourne en mission en France à bord de la goélette La Torche en septembre avec des lettres destinées au gouvernement et une nouvelle proposition visant à obtenir le grade de général de brigade, qui n'est pas acceptée.
Envoyé en Hollande au camp d'Utrecht, il se voit, après une lettre de Marmont du qui le décrit comme prétentieux et acrimonieux, admis au traitement de réforme le suivant. Mais, lors du passage de Napoléon à Mons, il présente un mémoire () où il reconnait avoir été en prison pour détournement. Le il reçoit l'ordre de se rendre à Strasbourg pour servir à l'état-major de la Grande Armée mais il ne prend pas ses fonctions. En il est de retour à Nantes et aurait suivi l’armée en Prusse mais il prétendit plus tard avoir été blessé à Iéna, ce que soutenait sa mère qui le décrivit comme "un officier compétent mais avec un vilain caractère".
Premier séjour au Mexique
Absent de France, rayé des contrôles il est en septembre 1807 à Madrid pour voir son frère au service de Joseph Bonaparte, roi d’Espagne. Il demande l‘autorisation de se rendre au Mexique.
Il débarque à Philadelphie au début de 1808 où il rencontre Moreau, récemment banni par Napoléon, il prétend d’avoir été missionné par l’Empereur pour prendre part, en tant que général français, à une mission secrète. Il arrive à la frontière de la Nouvelle Espagne avec le Texas fin . Il voyage sous le nom de son frère. En route pour Guanajuato, il rencontre Ignacio Allende, opposant au gouvernement de Joseph Bonaparte. Arrêté à San Luis Potosí, il est envoyé sous escorte militaire à Monclova mais ayant tenté de s’échapper il est emprisonné au fort de San Juan de Ulúa. En il est remis aux Anglais et reste prisonnier quelque temps à la prison d’Odiham en Angleterre, avant d’être remis aux Espagnols qui l’enferment dans la forteresse de Ceuta sous l’inculpation d’avoir voulu fomenter la révolte en Nouvelle-Espagne. Il parvient à rentrer en France au début de l'année 1810.
Il est alors nommé chef de bataillon le . Intégré le de la même année au 111e régiment d’infanterie de ligne, il est nommé major () et chargé de l’organisation et du commandement de plusieurs régiments en 1811-1812. Major du 231e régiment d'infanterie légère (), il est confirmé dans ses fonctions le . Il prend position en faveur de Louis XVIII et démissionne lors du retour de Napoléon de l'île d'Elbe le , étant démis de ses fonctions le . Il est jugé en 1818 pour son emprisonnement de 1808 et déclaré innocent par la décision unanime d'un conseil de guerre () et reçoit son acquittement le .
Rentré en France il écrit pour se présenter comme une victime de Napoléon espérant un retour en grâce auprès de la Restauration il prétend, que Joseph Bonaparte l'a nommé lieutenant général, que ses brevets s'étaient perdus au Mexique, qu'il devait être lieutenant général au service de France.
Second séjour au Mexique
D'Alvimar retourne en 1820 au Mexique, se présentant comme un parent de Napoléon afin, entre autres, « réclamer les bijoux qui lui avaient été confisqués ainsi que les dommages et intérêts qui lui avaient été causés » lors de son arrestation en 1808. Il se met au service d’Agustín de Iturbide espèrant obtenir, un grade de capitaine général dans l'armée. En 1822 il publie « Reflexiones sobre la Libertad de Prensa ». En 1823, après la chute d'Agustín de Iturbide, il prend part à un complot visant à installer un prince de la maison royale de France à la tête du nouveau gouvernement. Il participe à l'attaque de la ville de San Miguel El Grande (en) en septembre. Le complot étant découvert, il est emprisonné puis est expulsé et son signalement [4] diffusé à tous les commandants des ports mexicains pour empêcher le débarquement de cet étranger indésirable.
En 1825, il sollicite le poste de précepteur du Duc de Bordeaux.
En 1832, il sollicite sans succès Louis-Philippe pour être nommé attaché militaire au Portugal
Il meurt à Paris le et inhumé le 22 au Cimetière du Montparnasse [5]
Peu connu en France, il a fait l’objet de nombreuses études en Amérique latine et son livre The costume of Turkey, qui est très recherché par les collectionneurs atteint des prix élevés.
Décoration
- Légion d'honneur[6] sous le nom d'Octavien d'Alvymare :
- Chevalier (25/2/1813)
- Officier ( )
- Commandeur ().
Son dossier de la Légion d'honneur indique qu'il a accompli «plusieurs missions pour le compte du ministre de la Marine et des Colonies entre 1806 et 1809 ».
Œuvres
- The costume of Turkey, illustrated by a series of engravings ; with descriptions in english and french. London, 1802 printed for W. Miller In-fol., 27 x 36 cm, 5 ff. n. chiff., 60 ff. n. chiff. explication des pl. bilingue], 60 aquatintes hors-texte, dessinées par Octavien Dalvimart, gravées par Dadley, et entièrement rehaussées à la main.
- Reflexiones sobre la Libertad de Prensa (México, 1822).
- Mentor des Rois. Paris, J.-G. Dentu, 1826 réédité en 1852 ALVIMART (Octavien-Pierre-Louis d') ou Général d' Alvimar Mentor des Rois. Mentor des rois et de ceux que le sort appelle à gouverner les peuples, nouvelle édition augmentée et corrigée avec trente ans de plus d'expérience et de réflexion, Paris : Impr. de E. Thunot, 1852. fort vol. in-8,
- Œuvres poétiques Paris : Parent-Laloge, 1850

Bibliographie
- Arthur Chuquet, La jeunesse de Napoléon. 1. Brienne- Armand Colin 1897. VII-494 pages.
- Jacque Houdaille, Gaëtan Souchet D'Alvimart, the Alleged Envoy of Napoléon to Mexico: 1807-1809 Academy of American Franciscan History 1959
- Jacques Marquet de Montbreton de Norvins : Souvenirs d’un historien de Napoléon : Mémorial de J. de Norvins, publié, avec un avertissement et des notes, par L. de Lanzac de Laborie, Paris : E. Plon, Nourrit et Cie, 1896-1897, 3 vol.
- Arturo Aguilar Ochoa, Gaëtan Souchet D’Alvimar, filibustero y artista. Sus dos visitas a México: 1808 y 1822
- Salon de 1834, analyse de ses productions les plus remarquables, Paris : impr. de G.-A. Dentu, 1834 ; Notice des tableaux et des aquarelles du général d’Alvimar, que le jury a refusés pour l’exposition du Musée royal, et que le public peut voir, depuis dix heures jusqu’à quatre au Musée Colbert, rue Vivienne 2, Paris :
- Dictionnaire de biographie française sous la direction de Jean-Charles Roman d'Amat.
- Patrick Puigmal: Diccionario de los militares y agentes napoleónicos durante la independencia México, centroamérica, el caribe y Brasil (1791-1840) compilación e investigación eDiciones biblioteca nacional De chile. 2020
Notes et références
- ↑ https://www.google.fr/books/edition/Annuaire_de_la_noblesse_de_France_et_des/JFsoAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=famille+d%27alvimare&pg=PA188&printsec=frontcover
- ↑ https://www.google.fr/books/edition/L_Interm%C3%A9diaire_des_chercheurs_curieux/0jTedNhyabIC?hl=fr&gbpv=1&dq=Souchet+d%E2%80%99Alvimare&pg=PA351&printsec=frontcover
- ↑ lettre au Maréchal Gérard du 27 mai 1826
- ↑ yeux bleus, barbe clairsemée, nez proéminent, âge : cinquante-quatre ans, cheveux blonds grisonnants, taille moyenne, oreilles percées pour porter des boucles d’oreilles, dix grains de beauté sur le visage ».
- ↑ Inhumation https://fi.geneanet.org/rekisterit/view/214093
- ↑ Notice.
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