Gabriel Adrien Marie Poissonnier Desperrières

Gabriel-Adrien-Marie Poissonnier Desperrieres
Naissance
Paris
Décès (à 89 ans)
Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade Général de brigade
Années de service 1780 – 1821
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis

Gabriel Adrien Marie Poissonnier Desperrières, né le à Paris, mort le à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie

Il entre en 1780, comme aspirant au corps royal d'artillerie. Lieutenant en deuxième surnuméraire au régiment de La Fère, artillerie le , il passe titulaire au régiment de Toul le , et lieutenant en premier au même corps le . Aide de camp du général La Fayette le , il commande le suivant l'artillerie de la garde nationale parisienne soldée.

Ayant donné sa démission du corps royal le , Poissonnier est nommé le , major de division dans la garde soldée de Paris. Lieutenant-colonel au 104e régiment le suivant, il passe colonel du 81e régiment le , et le de la même année, colonel du 49e régiment d'infanterie. Le , il couvre le roi de son corps, quand le peuple force le château des Tuileries, et tient le Dauphin dans ses bras, lorsque Santerre défile devant la famille royale à la tête de ses troupes.

Employé à l'armée de la Moselle, le général en chef Kellermann lui confie, à l'avant-garde, le commandement de 2 500 grenadiers réunis qui font des prodiges de valeur à la bataille de Valmy, le , et lui méritent le titre de colonne infernale. La conduite de Poissonnier, dans cette journée est telle, que Kellermann demande pour lui le grade de maréchal de camp.

Aux trois journées de Buzancy, à la tête des grenadiers réunis, il combat constamment l'arrière-garde de l'ennemi, et lui prend beaucoup d'équipages. La campagne d'été finie, les représentants du peuple veulent faire exécuter le décret qui ordonne l'arrestation de Desperrières, mais le général en chef et ses grenadiers refusent de le livrer. Dans la campagne d'hiver de la même année, sous le général Beurnonville, entre Sarre et Moselle, il passe la Sarre avec ce corps, et repousse les ennemis jusqu'au pont de Kous-Sarrebruck ; en trois jours il leur enlève Bilbausen, Vavreen et Pelingeh. Cette guerre terminée, et les grenadiers réunis renvoyés à leurs corps respectifs, le décret reçoit son exécution ; mais les mentions honorables que cet officier présente en sa faveur détruisent les préventions ; le décret est rapporté, et Poissonnier, rendu à ses fonctions, revient à l'armée. Il fait la campagne de 1793, sous le général Houchard, et se couvre de gloire au combat et à la prise d'Arlon le . Sa colonne traverse la plaine en bon ordre, sous le feu très-vif des batteries ennemies, et y reste exposé pendant trois quarts d'heure. Poissonnier a l'honneur d'aborder le premier les retranchements et de mettre les canonniers autrichiens dans le plus grand désordre.

Promu général de brigade le , il est suspendu de ses fonctions le suivant. Destitué comme noble vers la fin de cette année, et jeté dans un cachot, au dépôt de la Conciergerie, il y reste cinq mois et demi ; il n'en sort qu'après la mort de Robespierre. Réintégré et remis en activité à l'armée de la Moselle le , il passe le , à la 17e division militaire. Employé à l'armée des côtes de Cherbourg le , il revient à l'armée de l'intérieur le .

Le général Poissonnier commande au camp du Trou-d'Enfer, près Paris, les troupes que la Convention nationale appelle à son secours le , contre les sections de Paris qui refusent d'obéir au décret par lequel les deux tiers de cette assemblée doivent être admis dans le nouveau corps législatif. Pour ne pas obéir à cette injonction, il feint d'être malade. De là, sa disgrâce auprès de Napoléon Bonaparte, qui prend le commandement des troupes conventionnelles dans cette journée, Le général Poissonnier est destitué ; mais ayant offert ses services après le 18 brumaire an VIII (), il obtient par arrêté du premier Consul du , sa réintégration dans son grade à l'armée du Rhin le 19 du même mois.

Cet officier général mérite d'être cité honorablement aux affaires d'Engen, Mœrskirch et de Biberach le . Le , il est chargé, à la tête de deux bataillons et de trois escadrons, de la défense d'Aschau, lorsque l'archiduc Jean s'y porte par Craïbourg. Les Autrichiens, qui se sont avancés sur Riecherslheim, attaquent le général Poissonnier sur le pont d'Aschau avec des efforts incroyables ; celui-ci fait la plus vive résistance ; mais à la fin, il se replie emmenant avec lui plus de 700 prisonniers, dont vingt-deux officiers de tous grades. En arrêtant pendant six heures l'archiduc, qui a 25 000 hommes sous ses ordres, il donne le temps au général Moreau de venir le dégager avec deux divisions, et sauve les équipages, 49 bouches à feu et le trésor. Mis en non-activité le , il obtient de l'emploi dans la 6e division militaire le . Il est nommé membre de la Légion d'honneur le , et commandeur de l'Ordre le .

Le général Poissonnier a dit dans sa Vie politique, publiée en 1823 : « Lors du procès, je me prononçai pour Moreau dont je plaignis la destinée ; Bonaparte le sut ; je fus suspendu de mes fonctions, mis à la demi-solde, etc. » Il y a ici une erreur que nous nous contenterons de réfuter par des dates. Moreau, arrêté le , est condamné le suivant ; et M. Poissonnier, employé dans la 6e division militaire le , a conservé son commandement jusqu'au , époque de sa mise en non-activité.

Cette décision est motivée :

  1. Sur la mésintelligence qui régnait entre lui et les autorités civiles du département du Jura, dont il avait le commandement ;
  2. Sur les moyens qu'il employait pour soutenir les dépenses excessives auxquelles il se livrait dans ce département. Son admission à la retraite, le , après cinq ans de non-activité, prouva qu'on ne le jugea plus susceptible d'être employé, et le il reçut, par suite de l'affaire Malet, l'ordre de se retirer à Rouen, disposition contre laquelle il réclama vivement sans succès.

Créé chevalier de Saint-Louis le , le roi lui confie le , le commandement du département de l'Hérault, en récompense, sans doute, du dévouement dont il a fait preuve en le suivant à Gand. Le , il commande le département de la Lozère, et le , celui de l'Aveyron. Remis en non-activité le suivant, il obtient le , la place de lieutenant de roi à Perpignan. Sa conduite dans ce commandement et sa manière de servir donnent lieu à des plaintes qui déterminent son changement, et il passe à Besançon le . Sur de nouvelles plaintes, il est définitivement admis à la retraite le .

En , il fait hommage au roi et à chacun des membres de la famille royale d'un livre que nous avons cité plus haut : Vie politique et militaire du général A.-M.-G. Poissonnier-Desperrières, un volume in - 8°. On y lit, pages 218 et 223, que cet officier général est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Commentaire du règlement du , et supplément aux manœuvres d'infanterie, que le duc d'Angoulème voulut bien, en 1814, honorer de son approbation et faire déposer au ministère de la guerre.

Il épouse avant 1795 Ève Régine Louise Walburge de Guaita (1762-1833), fille d'Antoine-Marie Guaita, qui était divorcée de Pierre-Louis, comte Roederer.

État de service

Décorations, titres, honneurs

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’histoire militaire
  • icône décorative Portail de la Révolution française
  • icône décorative Portail du Premier Empire