Gamma Pegasi

γ Pegasi
Algenib
Description de cette image, également commentée ci-après
Courbe de lumière de Gamma Pegasi, obtenue à partir des données du satellite TESS[1].
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 00h 13m 14,151s[2]
Déclinaison +15° 11 00,94[2]
Constellation Pégase
Magnitude apparente +2,82 à 2,86[3]

Localisation dans la constellation : Pégase

(Voir situation dans la constellation : Pégase)
Caractéristiques
Type spectral B2IV[4]
Indice U-B −0,87[5]
Indice B-V −0,23[5]
Indice R-I −0,19[5]
Variabilité β Cep + SPB[3]
Astrométrie
Vitesse radiale −0,66 ± 0,14 km/s[6]
Mouvement propre μα = +1,98 mas/a[2]
μδ = −9,28 mas/a[2]
Parallaxe 8,33 ± 0,53 mas[2]
Distance 390 ± 20 al
(120 ± 8 pc)
Magnitude absolue −2,51 ± 0,15[7]
Caractéristiques physiques
Masse 8,8 ± 0,3 M[7]
Rayon 5,4 ± 0,4 R[7]
Gravité de surface (log g) 3,95 ± 0,05[7]
Luminosité 6 000+900
−800
 L[7]
Température 22 000 ± 400 K[7]
Métallicité [Fe/H] = −0,07[6]
Rotation 8 km/s[4]
Âge 21,9+1,0
−1,4
 Ma[7]

Désignations

Algenib, γ Peg, 88 Peg, HD 886, HIP 1067, HR 39, BD+14°14, FK5 7, SAO 91781, WDS J00132 +1511A[8]

Gamma Pegasi (en abrégé γ Peg), également nommée Algenib, est une étoile variable de troisième magnitude de la constellation de Pégase. Elle est située dans l'angle inférieur gauche du Grand carré de Pégase. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, l'étoile est située à environ 390 années-lumière de la Terre[2].

Nomenclature et histoire

la figure de الفرس al-Faras, dans une édition du traité de ᶜAbd al-Raḥmān al-Sūfī al-Ṣūfī ca. 1009, Bodleian Library, Oxford.

γ Pegasi, latinisé Gamma Pegasi, est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de 88 Pegasi[8].

Algenib est aujourd’hui le nom approuvée pour γ Peg par l’Union astronomique internationale (UAI)[9] On pourrait imaginer que c’est l’arabe الجنب al-Ğanb, « le Flanc », mais ce n’est pas le cas. En fait, cette étoile, située « au bout de l’aile » (ἐπὶ ἄκρου τοῦ πυέρου), dans la Μαθηματική σύνταξις de Ptolémée[10], est placée par les Arabes sur l’astrolabe sous le nom de جناح الفرس Ğanāh al-Faras, « l’Aile du Cheval », ainsi que le signale ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī[11],[12].

On lit Gena alfaraz sous la plume de Yehūda b. Mošè (ca. 1270)[13], puis yenahalferaz dans un traité de l’astrolabe dédicacé au pape Clément VI et daté de 1342[14]. Alors que tous les textes médiévaux et jusqu’à l’Uranometria de Johann Bayer (1603) donnent in estremâ alâ[15], on ne sait comment on passe, du nom correctement transcrit au XIXe siècle à Algenib, arab. lucida in extema ala chez Giovanni Battista Riccioli (1665) qui, en notant vel in late Persei, voie bien qu’il y a confusion avec γ Per, qui l’arabe الجنب ‘’al-Ğanb’’, « le Flanc », que Jean de Londres notait ‘’algemb .i. latus persei dextrum’’[16]. Repris par des catalogues suivants, notamment celui de John Flamsteed (1725)[17], il est relevé par Richard Hinckley Allen (1899)[18], qui signale bien ‘Al Janāḥ’ comme son origine arabe, et il sert dans plusieurs catalogues du XXe siècle[19],[20].

Propriétés

Gamma Pegasi est classée comme une étoile sous-géante bleu-blanc de type spectral B2IV[4]. C'est à la fois une variable de type Beta Cephei (β Cep) ainsi qu'une étoile de type B à pulsation lente (SPB) dont la magnitude apparente varie entre +2,82 et +2,86[3]. En effet, elle est située à l'intersection des deux bandes d'instabilité de ces variables pulsantes[21]. La période principale de variation pour les oscillations de type β Cep est de 3,64 h, tandis que celle pour les variations de type SPB est de 1,47 jour[3].

Gamma Pegasi est 8,8 fois plus massive que le Soleil et elle est âgée d'environ 22 millions d'années[7]. Sa luminosité totale vaut environ 6 000 fois celle du Soleil, son rayon est égal à 5,4 fois celui du Soleil et sa température de surface est de 22 000 K[7]. L'étoile apparaît tourner très lentement sur elle-même, ne montrant qu'une vitesse de rotation projetée de 8 km/s. Soit sa rotation est réellement peu élevée, soit elle est vue par les pôles depuis la Terre[4].

Il a été proposé que Gamma Pegasi soit une binaire spectroscopique, sur la base de variations de sa vitesse radiale. Les variations observées s'expliquent en réalité par les oscillations intrinsèques de l'étoile, et ne sont pas provoquées par la présence d'un compagnon en orbite[21].

Notes et références

  1. (en) « MAST: Barbara A. Mikulski Archive for Space Telescopes », Space Telescope Science Institute (consulté le )
  2. (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2,‎ , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752)
  3. (en) « VSX : Detail for gam Peg », sur The International Variable Star Index, AAVSO (consulté le )
  4. (en) I. Negueruela et al., « The IACOB project: XII. New grid of northern standards for the spectral classification of B-type stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 690,‎ , article no A176 (DOI 10.1051/0004-6361/202449298, Bibcode 2024A&A...690A.176N, arXiv 2407.04163)
  5. (en) D. Hoffleit et W. H. Warren, « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050,‎ (Bibcode 1995yCat.5050....0H)
  6. (en) A. Hourihane et al., « The Gaia-ESO Survey: Homogenisation of stellar parameters and elemental abundances », Astronomy & Astrophysics, vol. 676,‎ , article no A129 (DOI 10.1051/0004-6361/202345910, Bibcode 2023A&A...676A.129H, arXiv 2304.07720)
  7. (en) María-Fernanda Nieva et Norbert Przybilla, « Fundamental properties of nearby single early B-type stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 566,‎ , article no A7 (DOI 10.1051/0004-6361/201423373, Bibcode 2014A&A...566A...7N, arXiv 1412.1418)
  8. (en) * gam Peg -- beta Cep Variable sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  9. (en) IAU, « Star Names », 2021. »
  10. (el + fr) Claude Ptolémée, « Μαθηματική σύνταξις / Composition mathématique, traduite du grec en français sur les manuscrits originaux de la Bibliothèque impériale de Paris, par M. Halma et suivie des notes de M. Delambre, 2 vol, Paris : H. Grand, 1813-1816, II, pp. 46-47. »
  11. (ar) ᶜAbd al-Raḥmān Abū l-Ḥusayn b. ᶜUmar al-Ṣūfī, «  Kitāb Ṣuwar al-kawākib al-ṯābita, 960, ms. arabe 5036 : Copie anonyme et non datée réalisée pour Zāhir al-Dīn Ulūġ Beg Kūrakan, petit-fils de Tamerlan, probablement à Samarqand, ca., 1430-1449, fol. 90v. »
  12. (ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du Xe siècle de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, p. 120 (fr.).
  13. (es) Manuel Rico y Sinobas (éd.), Libros del Saber de Astronomia del Rey D. Alfonso X de Castilla, vol. I, II et III, s.v « § 18. Caballo Major / alfaraz alaadam »
  14. (la) Leo Judaeus de Bagnoli, tractatus instrumenti astronomici, ms Bnf, Lat. 7293 A, 1342, fol. 16r.
  15. (la) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 19r.
  16. (la) Giovanni Battista Riccioli, « Astronomia reformata, Bononiae : ex typ. Haeredis Victorii Benatii, 1665, p. 125. »
  17. (en) John Flamsteed, Historiae coelestis Britannicae, 2 vol., Londini, H. Meere, 1725, pp. 13-14.
  18. (en) Richard Hinckley Allen, « ''Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, p. 326. »
  19. (de) Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, p. 113.
  20. Roland Laffitte, Héritages arabes... , pp. 191-192.
  21. (en) G. Handler et al., « Asteroseismology of Hybrid Pulsators Made Possible: Simultaneous MOST Space Photometry and Ground-Based Spectroscopy of γ Peg », The Astrophysical Journal Letters, vol. 698, no 1,‎ , L56-L59 (DOI 10.1088/0004-637X/698/1/L56, Bibcode 2009ApJ...698L..56H, arXiv 0905.1193)

Liens externes

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