Gamme synthétique
En musique, une gamme synthétique est une gamme dérivée d'une gamme majeure diatonique par l'altération d'un de ses degrés en montant ou descendant d'un demi-ton[1].
Le compositeur Ferruccio Busoni (1886-1924) est le premier à avoir étudié ces gammes dans son manifeste Esquisse d'une nouvelle esthétique musicale (1907)[2]. Leur nombre et leur variété ont été précisés plus tard par Murray Barbour qui a utilisé le même procédé pour les gammes non heptatoniques (ayant plus ou moins de sept notes)[1].
Ces ensembles de notes dits « synthétiques » servent de base mélodique et/ou harmonique pour construire un passage musical. Cependant, ces gammes qui se comptent par milliers font dire à Murray Barbour que « leur intérêt est davantage théorique que pratique »[1].
Gamme de Prométhée

En partant de do, la gamme de Prométhée est constituée des notes do ré mi fa♯ la si♭. En ajoutant un sol à l'échelle, on peut se retrouver avec le mode Lydien ♭7, le quatrième degré de l'échelle mineure mélodique. Cette gamme est définie par les intervalles 2, 2, 2, 3, 1, 2 (en demi-ton).
L'accord mystique de Scriabine, représentant la gamme de Prométhée, est un exemple d'accord synthétique : il est construit sur une gamme par tons dont un degré est altéré.
Notes et références
- (en) "Synthetic Musical Scales". Author(s): J. Murray Barbour. Source: The American Mathematical Monthly, Vol. 36, No. 3, (Mar., 1929), pp. 155-160.
- ↑ Ferruccio Busoni, Esquisse d'une nouvelle esthétique musicale et autres écrits, préface de Pierre Michel, traduits de l'allemand par Martin Kaltenecker, Daniel Dollé et Paul Masotta, Paris, Minerve, 2018.
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